Actualités

ANDRA, we are watching you !

 

Nous, habitante.es et opposant.e.s au projet CIGEO, décidons, ce mercredi 3 août, de construire une vigie à l’orée du bois Lejuc pour contrôler les agissements de l’Andra. L’agence a été condamnée par le TGI de Bar le Duc et doit cesser impérativement ses travaux.

Qu’est-ce-qui justifie aujourd’hui la présence de dizaines de gendarmes sur notre territoire, les hélicoptères qui survolent les villages et les barrages de police au travers des routes?

2016-08-02 12.36.26

Pas de nucléaire sans répression policière

Nous, habitant.e.s de la Meuse, sommes exténué.e.s par ces mois de contrôle et de fichage généralisé. Filmé.e.s à longueur de journée, arrêté.e.s en permanence par des hommes armés de mitraillette, nous ne voulons plus que nos vies soient rythmées au son des gyrophares. Stop à la militarisation du  territoire !

Après la décision de justice du lundi 1er août qui oblige l’Andra à arrêter ses travaux, nous nous interrogeons sur les motifs de la mission des forces de l’ordre. La centaine de gendarmes mobiles postée en lisière du bois Lejuc défend-elle les intérêts d’un chantier illégal ?

Les entreprises doivent quitter la forêt

A l’entrée de la forêt, une quarantaine d’habitants et opposants au projet CIGEO ont décidé de construire une vigie en bois haute de quatre mètres. Tandis que certains posaient les murs ou écrivaient des slogans, d’autres chantaient et jouaient de la musique. Un pique-nique a conclu l’événement. La vigie, sur un champ ami n’est pas expulsable.

Nous soupçonnons l’Andra de continuer en catimini ses travaux sans respecter la décision de justice. Encore hier, un camion transportant des murs en béton a pu accéder à la forêt. Aujourd’hui des travaux divers se poursuivaient avec la présence d’une quinzaine d’ouvriers.

Désormais, nous surveillerons les allées et venues des différents prestataires et les alerterons du risque de poursuites judiciaires : ils se rendent en effet complice d’un défrichement et de travaux illégaux.

2016-08-02 12.30.21vigie

Construire des barricades juridiques et physiques

La décision du tribunal de grande Instance de Bar le Duc est une victoire historique qui marque un tournant dans la lutte contre CIGEO. C’est la première fois, en vingt ans de lutte, que la justice donne raison aux opposants. Grâce à cette victoire, des habitants reprennent espoir. C’est un coup d’arrêt à la politique du fait accompli pratiquée par l’Andra sur le territoire.

Nous sommes déterminés.e. à continuer ce type de recours et à accroitre la pression. Mais nous sommes conscient.e.s que l’efficacité des actions juridiques est aussi liée rapport de force que nous exerçons sur le terrain et à la médiatisation de la lutte. L’occupation du bois nous a permis de récolter les preuves du défrichement. C’est ensemble, dans la diversité de nos pratiques – blocage, recours juridique, occupation, pétition – que nous continuerons de stopper le rouleau compresseur de l’Andra.

Retrouvons nous donc toutes et tous ensemble le week-end du 13 et 14 août pour un grand rassemblement contre la poubelle nucléaire et son monde.

Plus d’info sur le progamme sur vmc.camp

 

Attentifs ensembles : signalez-nous tous travaux illicites !

Mercredi 3 août à 11h, habitants et opposants à la poubelle nucléaire installeront une vigie en bordure de la forêt pour surveiller les agissements de l’Andra et son respect de la décision de justice du TGI de Bar le Duc. Nous invitons également tous les joueurs de Pokemon Go à venir capturer dans la forêt du Bois lejuc un spécimen rare de Sulfura. 

Évènement inédit et historique : en vingt ans de luttes à Bure la justice tranche pour la première fois en notre faveur et déclare le défrichement du Bois Lejuc illicite. Elle enjoint l’ANDRA à remettre en l’état la forêt, en enlevant le mur, le revêtement plastique et en replantant des arbres. Pour nous assurer que l’ANDRA respecte bien la décision rendue, nous avons mis en place des rondes qui surveillent qu’aucun camion de matériaux ou véhicule de chantier ne se rendent au bois. Selon la gendarmerie, toujours stationnée à l’orée du bois, les engins « auraient » tous quitté les lieux aujourd’hui, et les travaux seraient bel et bien gelés. À se demander comment on décharge un camion sans engin de chantier quand chaque pan de mur pèse 1 tonne …

L’Andra ou la stratégie de l’autruche meusienne

Pourtant ce midi, un riverain nous a encore signalé l’arrivée d’un camion transportant des portions de mur.  Nous avons joint par téléphone, en vain, le service de communication de l’Andra pour qu’il nous justifie cette dernière livraison. Comme à chaque moment de déconvenue, l’ANDRA communique peu ou pas. Le bientôt regretté M. Baillet, qui quitte son poste de Directeur du site Meuse – Haute-Marne et d’adjoint de l’ANDRA pour une retraite (ir)radieuse (1), nous gratifiera-t-il d’une ultime déclaration laconique dont il a le secret, en persistant à dire que tout le monde a « bien fait son travail »  ? Tellement bien que le Bois de Mandres devra bientôt avoir retrouvé son charme originel, à défaut de décision préfectorale …

Nous attendons avec impatience l’étude d’impact, précédant l’arrêté préfectoral, qui devra déterminer comment un mur de 3 km garantit à la faune une libre circulation, et comment un défrichage de dizaines d’ares de forêt contribue à préserver l’équilibre harmonieux d’une flore luxuriante. Nul doute qu’avec 3000 hectares de possessions en Meuse, l’ANDRA trouvera bien un petit recoin de compensation écologique (2) …

D’ici là, et parce que nous sommes convaincu.es que l’ANDRA est une entreprise de parole, d’une intégrité à toute épreuve, nous avons décidé d’installer, ce mercredi 3 août 2016 à 11h, en bordure sud du Bois Lejuc, une vigie afin de constater les allers et venues aux abords de la forêt. Nous invitons  les riverains à nous signaler tout mouvement de camions  et engins de chantier en direction du Bois de Mandres en appelant au 07.52.54.24.82.

Pokemon go s’invite au bois Lejuc ! 

Nous invitons également tout.es celles et ceux qui le peuvent à nous rejoindre pour faire vivre la vigie aussi souvent que possible. Pour les joueurs de pokemon go, nous avons repéré dans le Bois Lejuc un spécimen rare de Sulfura, comme l’attestent les photos très authentiques ci-dessous parues respectivement dans Le Républicain Lorrain et l’Est Républicain.

 pokemon_go_mandres2 pokemon_go_mandres3

On vous attend demain à la maison de la résistance à 11h pour la construction de la vigie, suivie d’un pique-nique !

 

Contact presse : 07.58.65.48.89

Contact mail : sauvonslaforet@riseup.net

(1) Mercredi 3 août nous organisons son pot de départ à 16h devant l’ANDRA (cf. programme de la mobilisation du 8 au 19 août)

(2) Cf. l’article intéressant sur le sujet de la compensation écologique dans le dernier numéro de l’Utopik

 

Fil info du 1 au 7 août

 

Week-end 6-7 août

  • Ca s’active entre la Maison et la Gare de Luméville pour préparer l’accueil lors de toute la semaine à venir, et bien sûr le grand week-end de résistance et de « remise en état » de la forêt de Mandres le 13/14/15 août ! Rangements, réunions, bouffes collectives, bains de poussière (et de soleil) !
  • Samedi matin : en amont de la vigie les gendarmes contrôlent systématiquement les allers et venues, les identités, les véhicules. Un ami passé par les champs et n’ayant pas sa carte d’identité a été emmené au poste de Ligny-en-Barrois pour vérification d’identité. Il a été relâché près de deux heures après.
  • Dimanche : rangement intensif de la Maison de la résistance en prévision de l’afflux de la semaine à venir. Des barnums sont installés du côté de la gare de Luméville. Ca s’active de tous les côtés.

Vendredi 5 août

karaoke_mandresLa vigie continue d’être occupée, ce soir un karaoké s’y organise pour fêter comme il se doit l’anniversaire d’un ami.

Après-midi : les gendarmes mobiles contrôlent et fichent systématiquement les opposants et les habitants. Fouille de voiture, vérification d’identité. 3 personnes sont bloquées au carrefour de Mandres alors que la route est publique.  Des camions de BTP ont accédé au bois.

16h : l’ANDRA a sorti son communiqué, on travaille à y répondre, mais ici tout le monde est consterné d’un argumentaire aussi minimaliste et inconséquent : « L’Agence reconnaît une erreur d’appréciation ». L’ANDRA reconnaîtra-t-elle aussi une simple erreur d’appréciation pour 100 000 ans de pollution radioactive ?

Soirée : une chouette soirée tout en joie malgré la forte présence gendarmesque pour assurer « que tout se passe bien ». On retiendra la mémorable danse « Je mets l’ANDRA devant, je mets l’ANDRA derrière » devant la ligne de keufs. Un super récit ici.

 

 

 

Jeudi 4 août

2016-08-02 12.13.24

 

8h : Réveil humide pour ceux qui ont dormi à l’orée du bois : il pleut des cordes mais il y a bien longtemps que les caprices de la météo lorraine ne nous font plus peur ! On continue la vigie !

10h  : Livraison de café, de petits déj’ et de bâche pour la vigie. Les flics contrôlent les voitures, qui ne font que se déplacer sur un chemin communal. Les gendarmes demandent aux gens d’ouvrir les coffres des véhicules et contrôlent les voitures. A la maison de la résistance, on coupe du bois pour l’hiver.

12h : Le repas de midi se prépare à la maison de la résistance pour être déposé à la vigie sous l’oeil de la cinquantaine de gendarmes en faction devant notre abri de fortune !

16h : Deux camions sont sortis du bois chargé de quelques engins de chantiers. Pendant ce temps là, on joue au tarot, on bouquine, on écrit, on cherche à s’abriter un peu plus de la pluie, on discute… et bien sûr, on surveille !

Toute la journée, la stratégie de la tension s’est accentuée. Alors que nous sommes à peine une dizaine autour de notre petite construction en palettes, on a vu défiler un nombre incalculable de forces de polices : autour du bois, c’est pas moins de 5 fourgons, 4 voitures banalisées, une cinquantaine de flics qui sont mobilisés. L’hélico a survolé de façon rasante pendant une bonne demi-heure, faisant des allers-retours entre la vigie et la maison de la résistance. Les encravatés ont même fait le déplacement dans leur rutilante berline. On ne fait même pas mention des vigiles qui nous surveillent, de loin, du coin de leur cabane ! Mais on ne lâche rien ! On reste dormir à la vigie ce soir !

Mercredi 3 août

Au programme : à 11h, édification d’une vigie en bordure sud du Bois Lejuc pour surveiller que les travaux ne se poursuivent pas dans la forêt.

11h : effervescence à la maison de la résistance, on finit de préparer le repas tandis qu’à la Gare de Luméville la vigie achève d’être chargée pour rejoindre bientôt son emplacement en lisière de forêt.

13h : Fin de la construction à l’orée du bois, à quelques dizaines de mètres des vigiles et des gendarmes mobiles. On mange, chante et danse au pied de leur mur de béton. Des ouvriers de chantier sont toujours présents dans le bois, ils consolident le mur.

16h : lecture collective de la supplication ( témoignages sur la catastrophe nucléaire de Tchernobyl) à l’ombre de la vigie.

Toute la soirée, contrôle des identités et des voitures, à plusieurs reprises pour certains, verbalisation pour des infractions anecdotiques ( insuffisance du nombre de gilets jaunes dans la voiture), le fichage et les menaces se poursuivent mais on lâche rien !!

Cette nuit, une petite dizaine de personnes a dormi à la Vigie, éclairée par le doux projecteur des forces de police…

Politis4

 

 

Mardi 2 août

9h : une vigie a été mise en place pour surveiller les allées et venues autour de la forêt et s’assurer qu’aucun engin de chantier et de camions de matériaux n’entrent dans le bois, conformément à l’ordonnance prise hier par le TGI de Bar-le-Duc

12h : un camion transportant des pans de murs nous a été signalé, nous nous rendons à deux voitures à la forêt pour signifier aux gendarmes, ordonnance en main, qu’aucun chantier ne doit plus avoir lieu dans les bois, qu’aucun camion n’est plus censé acheminer quoi que ce soit, ni même sortir du bois coupé de la forêt. On nous répond que c’était la dernière livraison de pans de murs, que les prochaines ne seront pas faites dans la forêt et que tous les engins de chantier ont quitté les lieux ce matin, à l’exception d’un tracteur agricole et du camion qui a livré les pans de mur.

Lundi 1er août

15h : première historique  : le tribunal de grande instance de Bar-le-Duc a rendu un jugement en notre faveur qui interrompt provisoirement tous travaux dans le Bois Lejuc et qui demande la remise en état des lieux dans un délai de 6 mois si aucun arrêté préfectoral ne vient autoriser les défrichements d’ici là.

16h : ça fuse dans les médias, on reçoit de nombreux appels de journalistes. Un communiqué unitaire entre toutes les associations à l’initiative de la plainte vient d’être publié. Rappel, on peut nous suivre sur twitter (@ZIRAdies] et facebook

18h : nous nous sommes rendus à l’entrée sud du Bois Lejuc pour nous assurer que les travaux avaient bien cessé et questionner les gendarmes sur les justifications de leur présence en protection d’un chantier jugé illégal. Une trentaine de gendarmes mobiles restent stationnés en permanence dans le bois, aux côtés de vigiles qui, à défaut de manches de pioches à la main, n’abhorrent toujours pas le nom de leur entreprise.

Soirée : fête à la Maison de la résistance ! Première victoire juridique en 20 ans de lutte ça se fête !

L’ANDRA est condamnée par le TGI de Bar-le-Duc !

Communiqué de presse commun du Réseau « Sortir du nucléaire, MIRABEL – Lorraine Nature Environnement, Meuse Nature Environnement, ASODEDRA, CEDRA 52, Les Habitants vigilants de Gondrecourt, BureStop55, Bure Zone Libre et des opposant-e-s et habitant-e-s en lutte contre CIGÉO de Bure et d’ailleurs – 1er août 2016

L’ANDRA est condamnée par le TGI de Bar-le-Duc ! Les travaux de CIGÉO sont stoppés !

Un rappel à l’ordre cinglant et historique pour l’ANDRA, faisant suite à deux mois de mobilisation sur le terrain

Le tribunal de grande instance de Bar-le-Duc vient de donner raison aux huit associations et aux quatre habitants de Mandres-en-Barrois qui, dans un référé déposé le 25 juillet, exigeaient l’arrêt des travaux effectués par l’Agence pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA) dans le Bois Lejuc, en vue de la construction de CIGÉO, ce projet de centre de stockage en profondeur des déchets radioactifs les plus dangereux. Ces travaux sont bien illégaux : l’ANDRA doit les suspendre et est condamnée à la remise en état du site.

Pour rappel, 7 hectares de feuillus avaient déjà été détruits, dont des chênes quasi centenaires, le sol avait été arraché et recouvert de gravier et l’édification d’un mur de 2m de haut et 3 km de long avait commencé, alors même que l’ANDRA ne disposait pas des autorisations nécessaires auprès des autorités compétentes et n’avait même pas envisagé qu’une étude d’impact puisse être nécessaire !

Lors de l’audience, qui s’était tenue le jeudi 28 juillet, l’ANDRA s’était surpassée dans la mauvaise foi et les contradictions : tout en reconnaissant effectuer ces travaux dans la perspective de la construction de CIGÉO, elle prétendait n’effectuer que des travaux destinés à une gestion durable de la ressource forestière du Bois Lejuc ! Par ailleurs, arrivée en cours d’audience, l’ANDRA a sorti un pitoyable lapin de son chapeau, un arrêté municipal daté du jour même, signé du maire de Mandres-en-Barrois et autorisant les travaux de construction du mur commencés illégalement depuis plusieurs semaines ! Rendu le 1er août à 14h, le délibéré du tribunal est formel : il ordonne la suspension des travaux de défrichement jusqu’à ce que l’ANDRA obtienne une autorisation (sous astreinte provisoire de 10 000 euros par are nouvellement défriché). Il enjoint de même à la remise en état des lieux sauf autorisation obtenue par l’ANDRA dans un délai de 6 mois. D’après la décision du tribunal cette remise en état des lieux doit être entendue comme « une restitution de l’état boisé de l’ensemble des parcelles défrichées, nécessitant la suppression du géotextile, de l’empierrement et de la clôture en murs de béton – au vue de l’importance de son emprise – et la replantation dans le respect du plan d’aménagement forestier du bois Lejuc arrêté par l’Office National des Forêts pour 2007-2018 ».

Travaux illégaux, embauche de mercenaires pour « protéger » le mur : les manoeuvres et manipulations de l’Andra pour imposer CIGÉO sont maintenant exposées au grand jour. Cette décision marque également le bien-fondé et la légitimité de la mobilisation de plusieurs centaines de personnes et des habitants qui s’opposaient depuis plusieurs semaines aux travaux de l’ANDRA.

Les associations, habitants et opposant-e-s à CIGÉO se réjouissent de cette décision historique du tribunal et ne comptent pas en rester là. D’autres recours et actions sont en préparation pour enfin rendre le Bois Lejuc aux habitants de Mandres-en-Barrois et donner un coup d’arrêt au projet CIGÉO.

Un nouveau temps fort de manifestation est prévu du 13 au 15 août 2016 !

Contacts presse :

Avocat Étienne Ambroseli : 06 09 30 80 67

Pour les opposants et associations : 06 88 27 16 06 / 06 73 49 33 84 / 06 85 23 05 11/ 07.58.65.48.89 (Collectif sauvons la forêt)

Chargée de communication : 06 64 66 01 23

 L’Ordonnance du TGI

 

Portes-ouvertes-Andra-detournement

Détournement de l’affiche des portes ouvertes de l’ANDRA de septembre, parue dans le dernier journal de l’ANDRA

Du 8 au 19 août : Deuxième manche de l’été d’urgence à Bure !

arbre-bombe-nucleaireV2 Cigeo-mon bouleV4

Aux confins de la Meuse, il se trame quelque chose. Depuis le début de l’été, nous avons multiplié les manifestations contre la poubelle nucléaire et son monde. Nous nous sommes rassemblé.e.s à plusieurs milliers devant le « laboratoire » et avons occupé, pendant 3 semaines, le bois Lejuc pour bloquer les travaux. La résistance au projet CIGEO a trouvé le point de ralliement qui lui manquait. Un nouveau front s’ouvre contre le diktat des aménageurs.

Tout au long de ces semaines, nous avons été de plus en plus nombreux-euses. Des personnes venues de toute la France et d’Europe ont convergé vers Bure pour de grands rassemblements festifs. Beaucoup de vies ont été bouleversées par les événements récents. Certain.e.s habitant.e.s se sont retrouvé.e.s à dormir sur les barricades, dans la chaleur du mois de juillet. Des paysan.ne.s ont bloqué les voies d’accès avec leurs tracteurs. Des gen.te.s d’ici et d’ailleurs sont présent.e.s au quotidien, pour quelques jours, ou pour s’installer progressivement. 
Ils plongent dans la lutte et s’attachent à cette terre qu’ils ne connaissaient pas il y a encore deux mois, décidés à peupler ce territoire hostile d’une joie indestructible.

Après nos premiers succès, nous avons aussi essuyé des coups au moral et sur les corps. Nous avons été expulsé.e.s de la forêt, puis nous y sommes retourné.e.s, fort.e.s d’une énergie collective encore jamais ressentie. L’intensité du mouvement a poussé l’Andra, derrière sa propagande bien rôdée, à révéler son vrai visage répressif : des manifestant.e.s ont été blessé.e.s par les flashballs des gendarmes, par les manches de pioche des vigiles ou placé.e.s en garde à vue. A l’orée du bois, l’agence érige maintenant des murs et des barbelés. Les hélicoptères de la gendarmerie survolent les villages.

 Plus que jamais, à Bure, l’été d’urgence est déclaré.

#Occupybure



Une première étape a été franchie. Nous devons désormais penser au coup d’après et enraciner la résistance. Nous appelons à deux semaines de rencontres, du 8 au19 août pour poursuivre les chantiers en cours,  à l’ancienne Gare de Luméville (à 5 kilomètres de Bure). Nous y installerons un campement pour construire, échanger et s’organiser sur le long terme. Venez avec vos envies, vos idées et votre matériel. Nous imaginons promenades, blocages, débats, jeux grandeur nature, ateliers… Toutes les énergies seront les bienvenues pour  faire le procès du nucléaire et de son monde !

Le week-end du 12-13-14 août sera le point d’orgue du campement. Vendredi 12 août au soir : concerts ; samedi 13 : ballades et présentation de la lutte et dimanche 14, à 11h : grande manifestation contre le projet CIGEO et l’accaparement du bois Lejuc. 

Retrouvons-nous massivement à Bure pour ensevelir la poubelle nucléaire sous une irréversible marée humaine !

C’est maintenant que ça se passe !!!



ANDRA, DEGAGE ! RESISTANCE ET AFFOUAGES !
 CONSTIPONS LE NUCLEAIRE ET LE CAPITALISME !

Tract version « CIGEO ? Mon cul !« 

Tract version champignon arbre atomique

Informations pratiques

Nous aider

Informations médics

Recueillir une goutte de soleil

Avant le campement des 8 au 19 août prochains, voici un témoignage de la libération du bois Lejuc. Pendant 18 jours, c’est le projet de poubelle nucléaire qu’on a enterré et nos désirs qu’on a plantés dans le sol.

« L’air qu’ils boivent ferait éclater vos poumons. » 

Capture d’écran 2016-07-29 à 13.53.06

Nous sommes rentrés dans le bois le 19 juin 2016. Le jour même il y a eu : une manifestation d’animaux divers déguisés en humains (des hiboux surtout), la mise en cage de sept ou huit vigiles fantomatiques, un banquet collectif et un joyeux sabotage de masse des clôtures déjà installées sur plusieurs kilomètres. Des gosses cherchaient des scies à leur taille, des habitants du coin jouaient de la pince, on construit déjà des barricades avec les morts de l’Agence. Un préau en bois massif est érigé au milieu d’une plateforme, moche et déserte encore le matin : « Salamandre » (ou Salle-à-Mandres), on l’appelle aussi le « couarail », ce qui désigne dans le patois lorrain le lieu de sociabilité villageoise.

La Salamandre, la Gaie Pierre (à peine moins pacifique que l’abbé), la Rue-râle, la Hutte des classes… Des noms qui remplissent nos souvenirs et nos imaginaires ! Pour le monde, ces lieux n’ont jamais existé. Une ou deux mentions indifférentes dans « l’actualité » (ou dans l’oubli). Nous, on les construisait encore qu’on vibrait déjà de se battre pour eux. Et pourtant, n’importe quel architecte, ingénieur, journaliste ou touriste les aurait sans doute trouvées ridicules, ces cabanes, ces préaux, ces barricades : si fragiles mais tellement, tellement plus précieux que leurs immeubles smart en béton, leur laboratoire ou leur centre d’enfouissement ultra-sophistiqué. Presque tout lieu aujourd’hui est destiné à nous vendre des services. Mais quiconque est passé par le bois connaît la différence immense entre un lieu qui est fait pour nous et un lieu qui est fait par nous. Par nos foutues mains, grâce aux savoir-faire qu’un ami ou qu’un inconnu nous partage, grâce aux matériaux trouvés là autour – comme les arbres abattus par l’ANDRA -, ou que des voisins nous apportent en quantité.

Bon gré, mal gré, la cohabitation s’organise avec les oiseaux, les chiens, les hiboux et les tiques. Avec les humains au moins, il y a comme une complicité tenace : la complicité des fugitifs, des amis, des baroudeurs, ou des enfants qui jouent quand le (radio)chat de l’ANDRA n’est plus là. On n’aime pas trop parler de ZAD. Pour l’ANDRA, c’est une Zone d’Intérêt pour la Recherche Approfondie. Un jargon presque mignon. Parmi tant d’autres détours, on s’est appelés les ZIRAdieux, habitants de la Zone d’Insoumission à la Radio-Activité.

Personne ne parle de paradis, l’image de carte-postale faite pour les luttes en phase de récupération. On parle d’une auto-organisation qui avance à force d’expériences et de leçons, d’attention aux comportements sexistes entêtants, de fatigue due aux veilles prolongées sur les barricades. Mais au moins rien n’est jamais définitif puisque c’est une histoire qu’on écrit par nous-mêmes.

Capture d’écran 2016-07-29 à 13.53.41

 

Cette courte vie en forêt n’aurait rien signifié de plus qu’un caprice sans l’engagement politique, amical, combattif et logistique de villages voisins ou de la région, de Nancy, de Metz, de Verdun, des Vosges, de Reims, et souvent de plus loin encore. Des habitants du coin ont semblé dépasser une certaine gêne pour venir prendre l’apéro dans le bois libéré. On projette des films, on fait des balades, on plante des potagers, on construit au sol ou en haut d’un grand arbre, on gère un poil, on sabote encore un peu, on s’enhardie à caillasser un mannequin pendant des heures, on apprend à connaître les bois et reconnaître les plantes, on partage des savoirs d’auto-médecine, on parle stratégie, on se murmure autour du feu des histoires de lutte et de cœur, on fait des conneries, on transe en musique sur les énormes tuyaux métalliques laissés là par l’Agence… De foutues fêtes où tu vois des bolas voltiger, une disqueuse saboter, des copains-copines jouer, danser et hurler à la lune pleine.

Quand j’ai dû partir une ou deux fois de la forêt, c’était pour m’enfoncer dans les tubes souterrains, crasseux et trop lumineux du métro parisien. Ce n’est pas qu’un problème de paysage, hein. C’est que dans la forêt, l’abolition momentanée du Contrôle nous rend à une vie en commun infiniment plus intense et concrète. On n’a pas cherché à en faire une place-forte, mais plutôt une place de village qui se ramifie au creux les arbres. Avec enthousiasme, frénésie, fatigue ou douleur, nous avons tenté d’y ménager la place pour que s’y épanouisse quelque chose comme la liberté. Lorsqu’à l’expulsion, nous avons nous-mêmes brûlé une partie des habitations pour ralentir un peu le rouleau compresseur de la gendarmerie, après avoir fui, après qu’un copain a été brûlé, après qu’un paysan ami a vu son tracteur et sa bétaillère saisis, avant qu’un copain soit bientôt interdit de territoire, il a semblé que ces déchirements douloureux étaient le prix à payer pour avoir osé sentir « ce que vivre veut dire ».

A présent, quand on retourne dans le bois, on n’entend rien d’autre que l’inlassable et mortel ronronnement des machines du Progrès. Jusqu’à ce qu’on y mette un grain de sable assez puissant.

 

Et de ces fêtes, et de ces abris de fortune, il reste peu de photos, peu de textes, mais un souvenir qui restera longtemps tapi dans nos tripes et prêt à resurgir pour enfanter d’autres rêves et d’autres combats.

 

 Un enfant perdu qui n’est plus seul, parmi les ZIRAdieux.

 

 

NOUS NE SOMMES PAS DES GUERILLEROS

Quelques éclaircissements sur les affrontements et ledit « durcissement » du week-end de réoccupation du 16 & 17 juillet à Bure

P7160005

Dans la lutte contre la poubelle nucléaire, tout le monde a sa place. Notre objectif n’est pas l’affrontement avec les forces de police, mais la construction d’un mouvement large, ouvert à toutes celles et ceux qui souhaitent bloquer ce projet et refuser la résignation. Nous l’avons dit et nous le répétons : il y a les barricades physiques, politiques, juridiques et médiatiques. C’est notre stratégie commune qui permettra d’intensifier la résistance et de stopper partout l’aberration CIGEO.

Ce qu’il s’est passé ce week-end du 16 & 17 juillet à Bure est fort. Ce n’est pas si souvent que ça, dans la tranquille campagne meusienne, que l’on voit un cortège hétéroclite de 500 personnes déterminées à reprendre un bois « sécurisé » par les forces de l’ordre. Il n’en fallait pas plus pour que la couverture médiatique locale, par ailleurs plutôt positive, commence à installer – après les tentatives de « zadification » des dernières semaines – l’imaginaire d’une « guérilla rurale » ou d’un « durcissement » du mouvement. Il est vrai que, en vingt ans d’implantation diffuse de l’ANDRA, d’achat des terres et des consciences, c’est la première fois que des gaz arrosent un cortège, que des pierres sont jetées, et surtout que des dizaines de personnes sont blessées sous les attaques de la milice privée de l’Andra ou par les tirs de flashballs.

Il est pourtant hors de question de réduire la portée historique de ce week-end aux affrontements et à la répression, même si la préfecture, l’ANDRA et ses vigiles ont voulu installer ce climat de tension. Parler « d’escalade de la violence » vise à faire peur, réduire et homogénéiser la diversité de ce qui se vit.

Nous sommes multiples

A l’inverse, ce qui s’est joué ce week-end témoigne d’une intelligence prometteuse. Tandis que des centaines de personnes couraient à travers champs pour contourner les gendarmes, d’autres restaient à distance, sur la colline, pour être à l’abri des gaz et des grenades. Certains rampaient dans les blés pour s’infiltrer dans la forêt alors que d’autres jouaient de la musique devant la flicaille ou chantaient, d’autres encore préparaient la cuisine. Des tracteurs ouvraient des chemins dans les céréales pour acheminer le ravitaillement. Une chaîne humaine prenait la suite : pelles, pioches, gamelles, tentes, sourires. C’est ainsi que tout le monde a pu pique niquer dans la forêt. Certains enlevaient les masques de plongées tandis que d’autres garaient les poussettes d’enfants. A l’ombre des grands hêtres, un camp de base se montait et au dessus de nos têtes certains construisaient des ponts suspendus dans les arbres. Des jeunes du coin rencontraient des militants d’ailleurs et une AG sur les perspectives de la lutte s’organisait à deux cent personnes, interrompue pendant 1h30 par une attaque policière, elle reprenait plus tard à l’orée d’une barricade.

Ce week-end, il n’y a pas eu de militant-e-s surentraîné-e-s ou « professionnels » mais un cortège peuplé de nombreuses personnes différentes qui, devant l’affront du blocage policier empêchant d’accéder à un chemin communal, décide de ne pas reculer et de tenter, par différentes manières, de rentrer dans la forêt. Il y a eu, dimanche après-midi, devant les attaques des gendarmes mobiles sur les barricades construites la veille, une foule compacte qui décide, aussi, de ne pas battre en retrait. Cheveux noirs, cheveux blancs, visage découvert ou masqué, violon et accordéon, jets de pierre ou banderole. Non, il n’y a pas de « guérilla zadiste » et de technique particulièrement rodée qui s’appliquerait partout mais une multiplicité de pratiques qui dans l’intensité d’un moment se complète et s’harmonise. Une saine et légitime défense.

ET LA FORET ELLE EST A QUI ? ELLE EST A NOUS !

ANDRA, DEGAGE ! RESISTANCE ET AFFOUAGES !

Les rendez-vous à venir : 

– Tout l’été (et au-delà) à Bure : #Étéd’urgence est déclaré, actions, discussions, blocages, chantiers, contre les travaux de CIGEO dans le bois de Mandres, l’ANDRA et son monde !

– Prochain gros temps fort pour continuer de bloquer le chantier dans la foulée du week-end de réoccupation du 16 & 17 juillet : week-end d’action et de mobilisation du 13 & 14 août !

Contact : sauvonslaforet@riseup.net / tel media 07 58 65 48 89 / tel info générales 07 58 13 18 61

Infos : vmc.camp / burestop.eu / burezonelibre.noblogs.org

19 juillet – Récit du blocage d’un camion transportant le mur de l’ANDRA

Récit du blocage d’un camion transportant le mur de l’ANDRA

Nous publions ici un récit du blocage matinal d’un camion transportant des morceaux de mur de l’ANDRA, mardi 19 juillet entre 8h30 et 10h.

Un camion chargé de morceaux de murs de béton, immatriculé SK, s’arrête dans Bure. Le conducteur est sorti du véhicule avec une feuille où était noté l’adresse du laboratoire de l’ANDRA. Il demandait sa route. Il ne parlait pas bien français. Il a demandé si nous étions des touristes. Des copains se sont approchés pour parler avec lui et certains avec l’intention de monter sur le camion. Comme le chauffeur était dans l’incompréhension de la situation, nous lui avons demandé quelle langue lui parler. Il parlait italien. Une copine lui a donc expliqué en italien notre opposition au projet et que les murs qu’il transportait étaient destinés à la construction du mur autour de la plateforme dans le bois Lejuc. Il a alors exprimé qu’il comprenait qu’on s’oppose au projet et qu’il trouvait ça bien, et que ça ne le dérangeait pas que son camion reste bloqué là pendant trois jours. On lui a proposé de prendre un café, il a souri. Il a cependant demandé à ce qu’on appelle son patron avec son téléphone pour lui expliquer la situation. Personne n’a appelé car dans l’agitation, il ne nous a finalement pas donné son téléphone. Des copains ont commencé à peinturlurer le camion et le chargement ( « Première sommation » a été inscrit sur la cabine).

IMG_0470Un deuxième camion est arrivé et a essayé de dépasser le premier. Le conducteur arrêté a alors demandé pourquoi nous laissions passer son collègue. Nous avons alors arrêté le second camion en pensant qu’il travaillait pour la même entreprise. Un copain a alors aspergé le pare-brise avec de la peinture. Le second camion s’est arrêté un peu plus haut que le premier, en laissant le passage libre aux voitures.

La gendarmerie est arrivée par la route de l’église. Ils étaient quatre, plus le commandant Dubois (responsable principal des opérations sur le projet). Les copains se sont éloignés du camion sauf deux qui se sont fait arrêter. D’un coup environ 70 personnes ont accouru en criant : « Libérez nos camarades !». Un copain arrêté a essayé de s »échapper mais un gendarme lui a couru après et l’a rattrapé. Ils ne voulaient pas les relâcher. Sous la pression des opposant-e-s qui commençaient à entourer les gendarmes, ils ont dû rendre les deux copains. Ensuite, d’autres gendarmes sont arrivés en renfort. Plusieurs fourgons de gendarmes sont arrivés par trois côtés. Ils se sont déployés dans les rues adjacentes. La route principale était dégagée. La tension a monté et pas mal de personnes se sont faites gazer de bon matin.

Un(e) copain(e) est venu(e) prévenir que le second conducteur était vraisemblablement un conducteur indépendant qui travaillait pour une papeterie et que son camion était un camion loué. Nous avons alors pris l’initiative de nettoyer le camion, pensant que celui-ci n’avait pas de liens avec le projet. Un(e) copain(e) a essayé de porter un café au premier conducteur, les flics ont refusés. Il/Elle est allé(e) vers le second conducteur pour lui en proposer.

3 fourgons de gendarmes mobiles sont arrivés et se sont déployés notamment à proximité du campement et des véhicules. Quelque temps plus tard (15-20min), les policiers se sont repliés sous les huées, les chants et les danses des opposants. Sur fond de musique « Alors on danse » de Stromae, les gendarmes s’en sont allés, sous le regard amusé de quelques habitant-e-s du village… « Ce n’est que le début », prédisait l’un d’entre eux, regardant avec satisfaction les gendarmes reculer, lesquels montraient pour la première fois en 20 ans le village de leur sales gueules casquées.

IMG_0482

À Mandres, l’ANDRA emploie une milice de mercenaires armés, avec la bénédiction de la gendarmerie

Jeudi 21 juillet, Jean-Paul Baillet a continué la contre-offensive médiatique de l’ANDRA débutée depuis quelques jours en accordant une interview rapide à l’Est Républicain, sous titrée « le droit de manifester, pas celui de détruire », où le directeur technique déplore « l’escalade de la tension chez les antinucléaires ». Interrogé sur les agissements très violents de la milice privée sur des manifestant-e-s lors du week-end du 16 & 17 juillet, filmés par France 3, il répond, de manière mensongère, que « les images (télévision) ne sont pas claires, il est toutefois possible qu’il y ait eu un geste maladroit, mais ce sont les manifestants qui se sont risqués dans le bois, dont ne sortent pas les gardiens ». Remettons les choses à leur place : ce week-end, la vraie violence était du côté de l’ANDRA et ses milices, et des plaintes vont bientôt être déposées, non pas pour « gestes maladroits », mais pour violences volontaires, ayant pour certaines entraîné des jours d’ITT.

Lors de la manifestation pour la réoccupation du bois Lejuc à Mandres-en-Barrois, les vigiles de l’ANDRA ont multiplié les agissements extrêmement agressifs et violents à l’encontre des manifestant-e-s, et ce sous l’œil bienveillant, voire avec la collaboration, de la gendarmerie nationale.

Il est nécessaire de souligner que ces « vigiles » sont en fait de véritables mercenaires, des nervis à la solde de l’ANDRA, dont le rôle n’est bien sûr pas d’assurer la protection du bois Lejuc, mais bel et bien de terroriser les manifestant-e-s et l’opposition populaire au saccage de ce bois par l’emploi de méthodes paramilitaires d’intimidation et d’agression.

En témoigne ainsi leur équipement, complètement hétéroclite, mélange de matériel militaire, de boucliers en plexiglas, de protections sportives, de lunettes de ski, etc. On est bien loin de la tenue particulière que doivent revêtir les agents de sécurité privée. On pourra notamment remarquer sur les photos prises ce week-end par divers journalistes l’absence totale d’identification ou d’insigne, pourtant obligatoire.

mercenairesmandres_16-juil-2016_b

Mais, outre leur accoutrement, le plus frappant est probablement leur armement, comprenant bombes lacrymogènes d’importante capacité, gants plombés, voire manches de pioches et bâtons de fortune en guise de matraques. Les gendarmes sont à peine mieux équipés !

Et si, lorsque les caméras de France 3 filment les débordements violents de ces vigiles contre des manifestant-e-s pacifiques, les gendarmes ont tôt fait d’endosser le beau rôle et de s’interposer, il ne faut pas se leurrer : les hommes de main de l’ANDRA constituent pour les gendarmes mobiles un appui incontestable, prêts qu’ils sont à faire toute la sale besogne que les forces de l’ordre « officielles », bridées par leur « code de déontologie », ne peuvent se permettre.

Pour preuve, on pourra par exemple constater la présence de ces nervis de l’ANDRA au beau milieu des gendarmes mobiles sur les photos ci-dessus, prises samedi midi sur la Voie Romaine (une voie publique, donc, située hors du bois Lejuc), équipés et armés de bâtons, sans le moindre insigne ou brassard, avec la bénédiction du commandant de gendarmerie, positionné seulement à quelques mètres d’eux. Peu de temps après que ces images ont été prises, ces vigiles ont même été jusqu’à frapper des personnes assises à terre, comme l’attestent les images explicites diffusées par France 3.

Le samedi après-midi, ce sont des charges très violentes, indéniablement concertées et coordonnées entre gendarmes mobiles et vigiles, qui ont été menées contre les manifestant-e-s qui souhaitaient s’approcher de l’imposant mur d’enceinte en béton que l’ANDRA est en train d’ériger tout autour du bois Lejuc. À plusieurs reprises, les manifestant-e-s, pris-es sous une pluie de grenades lacrymogènes, furent attaqué-e-s sur le flanc par des groupes de vigiles frappant aveuglément tou-te-s celles et ceux qui passaient à leur portée.

Les personnes qui furent attrapées par les vigiles lors de ces charges ont alors été exfiltrées derrière leur position puis, maintenues au sol, elles ont été rouées de coups (pieds, poings, bâtons, etc.) et aspergées de gel lacrymogène à bout portant en plein visage. Plusieurs interminables minutes plus tard, leur supplice enfin achevé, ces personnes furent remises aux gendarmes, bien contents d’avoir pour une fois le beau rôle dans cette tactique éculée de manipulation psychologique du « good cop / bad cop ».

oeil beurre noir détouré

Les témoignages recueillis par l’équipe juridique, et les nombreuses blessures qui ont dû être soignées sur le terrain par les équipes médicales, attestent tou-te-s de l’extrême violence déployée par les mercenaires de l’ANDRA, et de l’impunité que les gendarmes leur accordaient.

IMG_4656

Dimanche 17 juillet lors de l’après-midi, l’assaut de la barricade sud fut à nouveau une opération concertée et coordonnée entre forces de gendarmerie et miliciens de l’ANDRA, comme en témoigne la photo publiée le lendemain par l’Est Républicain. Encore une fois, les vigiles (situés sur la droite de la photo) ne portent aucun insigne ni brassard, mais sont bel et bien armés : un imposant gourdin en bois est très nettement visible, par exemple.

mandres_17-juil-2016

Dans un contexte électrique où la seule réponse du pouvoir aux mouvements sociaux massifs qui traversent le pays est une répression policière et judiciaire violente et systématique, sans cesse renforcée par un état d’urgence prolongé jusqu’à la nausée ;

Dans un contexte où l’opinion publique face à l’atome tend à s’inverser, et où le nucléaire civil ne pourra bientôt plus servir de cache-sexe aux intérêts militaires, économiques, industriels, et néo-coloniaux de la France ;

Nous ne pouvons que nous inquiéter de voir l’État et l’ANDRA recourir à des milices privées, formées de mercenaires armés et violents, agissant en toute impunité et hors de tout cadre légal. Nous dénonçons la présence de tels groupes paramilitaires au sein du bois Lejuc, ainsi que la connivence des forces de l’ordre qui profitent bien de cette situation.

« Quand le cirque politicien ne suffit plus à nous faire parler, à nous faire taire, on maintient l’ordre à coups de sabre, on lâche la bride à la flicaille. »

Infos : vmc.camp / sauvonslaforet@riseup.net / 0758654889

Communiqué : mais qui sont les complices de la poubelle nucléaire ?

lundi18juillet

Lundi 18 juillet, de bon matin, un groupe de 15 personnes s’est positionné devant l’entreprise Vichard Frères, située 58 Grande rue à Suzannecourt, juste à côté de Joinville. Cette boîte participe à la construction du projet d’enfouissement de déchets radioactifs.

Leur objectif était d’empêcher les camions de sortir de l’entreprise et cela tombait bien puisqu’une main rebelle avait auparavant pris soin de cadenasser la grille. Les personnes ont ensuite déployé une banderole « entreprise complice de la poubelle nucléaire » sur la route. À chaque voiture qui passait a été distribué de l’information sur le projet CIGEO et des explications sur la raison du blocage, à savoir la participation régulière de l’entreprise Vichard frères aux travaux de l’ANDRA, à Bure et ailleurs.

La même matinée, des ouvrier-e-s de Cattanéo SAS, (suite…)

Aller à la barre d’outils