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Arrestation de Loïc Citation

Hier, après plusieurs semaines de cavales, notre ami Loïc Citation a été retrouvé par la police et placé en garde à vue. On imagine qu’il va être envoyé en détention pour une durée indéterminée, jusqu’à ce que son procès arrive.

Cette arrestation fait suite à un mandat d’arrêt européen qui avait été déposé à son encontre pour des faits qu’il aurait commis lors du G20 à Hamburg. Loïc a alors choisi la cavale, objectant qu’il n’accepterait de se rendre que si la justice acceptait d’annuler 3 de ses procès « qui sont illégitimes au regard de la vérité et de [ses] principes légalistes. »
Voir ce texte qu’il a écrit pour les personnes qui ignorent sa situation : https://blogs.mediapart.fr/…/bl…/140618/je-choisis-la-cavale

Voir ce message écrit par sa soeur :

 

« Loïc est en garde à vue. Il était rentré quelques jours à la maison pour voir la famille, tout en gardant pas mal de précautions.
ça n’a pas suffit. on a sous estimé les caméras et les écoutes téléphoniques.
Ils sont rentrés comme d’habitude, à 15 minimum, de façon violente et déterminée (je veux bien que ce soit le processus, mais si t’es cardiaque, tu meurs direct…)
Même pas le temps de respirer…
La porte est abimée.
C’est sans doute la dernière garde à vue… d’autres infos arrivent dès qu’on en sait plus. »

Face à cet acharnement judiciaire, il nous est impossible de rester silencieux.ses !

Soyons aussi fort.e.s que Loïc a pu l’être durant ces dernières mois !

Il a été pour nous tous.tes à Bure un exemple de sagesse et de courage que nous ne devons pas oublier, et surtout pas aujourd’hui.

 

 

Yesterday, after several weeks of runaways, our friend Loïc Citation was found by the police and placed in custody. We imagine that he will be sent to detention for an indefinite period, until his trial arrives.

The arrest follows a European arrest warrant issued against him for alleged acts committed at the G20 in Hamburg. Loïc then chose the caval, objecting that he would not accept to surrender unless the court agreed to annul 3 of his trials « which are illegitimate with regard to the truth and [its] legalistic principles.  »
See this text he wrote for people who are unaware of his situation: https://blogs.mediapart.fr/…/bl…/140618/je-choisis-la-cavale

See this post written by his sister:

« Loïc is in custody. He had returned home a few days to see the family, while keeping a lot of precautions.
it was not enough. we underestimated the cameras and wiretapping.
They returned as usual, to a minimum, in a violent and determined way (I want it to be the process, but if you’re heart, you die direct …)
Not even time to breathe …
The door is damaged.
This is probably the last custody … more info arrive as soon as we know more.  »

Faced with this judicial relentlessness, it is impossible for us to remain silent.

Let’s be as strong as Loïc could have been during these last months!

For us all, Bure was an example of wisdom and courage that we must not forget, and especially not today.

Tournemire : le retour

On s’en souvient, il y a quelques mois des chouettes hibou aveyronnais rendaient visite à l’IRSN (l’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, rien que ça !) à l’occasion de portes ouvertes.

Ils ont remis le couvert il y a quelques semaines, puisque l’IRSN a décidé de participer à la compet’ de qui-fera-le-plus-de-portes-ouvertes, pour l’instant dominée haut-la-main par l’Andra !

Oui à l’enfouissement des éoliennes !

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Perquisition, arrestations : une compilation d’articles

Pour y voir un peu plus clair sur tout ce qui a été publié depuis le 20 juin dernier, sur la nouvelle phase de l’enquête d’instruction pour association de malfaiteurs, une compilation de quelques articles et communiqués publiés sur vmc & ailleurs

Synthèses et analyses

Communiqué de quelques chouettes hiboux de Bure suite à la vague de perquisitions et d’arrestations

Vague de perquisition et arrestations : tentative de synthèse

Fil info du 20 juin

Communiqués de presses communs et tribunes

Nous ne laisserons pas Bure devenir la nouvelle affaire Tarnac !     Communiqué commun du réseau Sortir du nucléaire, Bure Zone Libre, BureStop55, Cedra 52, EODRA, ACDN du 22 juin

Avec Bure, nous sommes toutes et tous des malfaiteurs !

Un témoignage

Après perquisition, je me décline : exilé de l’état

Des rassemblements de soutien

Soutiens spontanés le 20 juin

Rassemblements du 27 juin : photos et liste

Communiqué de quelques chouettes hiboux de Bure suite à la vague de perquisitions et d’arrestations

Bure, le 28 juin 2018

« On est à Bure, on fait ce qu’on veut! »

(entendu lors d’une perquisition du 20 juin 2018 de la bouche d’un gendarme)

Entre le mercredi 20 et le jeudi 21 juin 2018, 14 perquisitions ont eu lieu dont 12 simultanées dans des lieux de vie de militant.e.s anti-CIGEO. Ces perquisitions, parfois menées dans la plus complète illégalité, (en l’absence de mandat présenté aux occupant.e.s,) semblaient cibler des personnes particulières afin qu’elles soient auditionnées ou placées en garde à vue. Ainsi plus d’une douzaine de convocations pour des auditions ont été distribuées, et 9 interpellations ciblées ont eu lieu. Après des gardes à vue de 36 à 60h, 2 personnes sont relâchées sans suite pour le moment, 2 personnes obtiennent le statut de témoin assisté et 5 personnes sont mises en examen avec un contrôle judiciaire. Ce contrôle comprend des interdictions de territoire, des interdictions de se voir entre personnes concernées par l’instruction et une interdiction de quitter le territoire national.

L’État et son lobby nucléaire ont montré une fois de plus que la seule réponse qu’il savent apporter aux critiques légitimes des opposant.e.s à CIGEO, la méga poubelle de Bure, est une réponse répressive. Cet acharnement répressif se manifeste au travers de l’ouverture d’une instruction pour association de malfaiteurs, pilotée par le juge d’instruction Kevin Lefur . Ce dernier, obéissant aux logiques des nucléocrates, peut ordonner des perquisitions de tous lieux et des arrestations, des écoutes et des filatures de toute personne étant liée de près ou de loin avec la lutte contre CIGEO, et ce jusque la fin de l’instruction qui devrait durer au moins un an et s’étendre plus probablement sur plusieurs années. Une première vague de perquisitions avait déjà eu lieu dans ce même cadre le 20 septembre 2017.

La peine, c’est la procédure

Quand l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) et l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) pointent du doigt les risques énormes liés au projet CIGEO, quand près de 3000 personnes se retrouvent dans les rues de Bar-le-Duc pour dénoncer ce projet absurde, demander la fin du nucléaire et affirmer leur solidarité aux militant.e.s locales, l’État abat sa dernière carte pour imposer sa poubelle nucléaire : la répression. Pour les personnes vivant à Bure et dans les environs, la vie est déjà rendue complexe par une présence policière accrue : plusieurs patrouilles par heure, contrôles et fouille de véhicules et des personnes… Sortir sans sa carte d’identité, c’est risquer une vérification d’identité de 4h; laisser traîner un couteau suisse (et même une pelle à tarte) dans la portière de sa voiture, c’est risquer une garde à vue et des poursuites pénales pour transport d’arme. Quand on parle d’État d’exception à Bure, on fait état de toutes ces mesures qui rendent pénible la vie au quotidien afin que ce bout de territoire se vide toujours plus de ses habitant.e.s et surtout de ses opposant.e.s à la poubelle nucléaire.

L’’instruction ouverte pour association de malfaiteurs décuple les activités répressives contre les militant.e.s, et, en brisant des vies, tente de broyer cette lutte. Ainsi, des personnes installées depuis des années, se retrouvent avec des interdictions de territoire qui les privent de leur vie sociale tissée sur la durée. Des personnes qui luttent depuis des années contre ce projet se retrouve dans l’interdiction de se voir, cassant toute possibilité d’organisation politique. En recherchant jusqu’aux personnes participant aux approvisionnement de nourriture et en mettant en place des filatures et des écoutes généralisées, l’État diffuse la peur parmi tou.te.s les opposant.e.s et tou.te.s les habitant.e.s. La défense collective contre cette attaque judiciaire est d’autant plus compliquée que les personnes concernées n’ont pas le droit de se voir et que le dossier d’instruction est protégé par le « secret d’instruction ». La procédure en cours est chronophage, mobilise des personnes pour la parer, diabolise les mis.e.s en examen aux yeux de voisin.e.s et des personnes qui découvrent les chefs d’inculpation. Elle prend ce temps si utile pour lutter. Cette instruction a pour unique but de paralyser la lutte et d’imposer le projet mortifère de la poubelle nucléaire à Bure.

Mais la lutte n’est plus une lutte locale : avec des comités de soutien et d’action qui se forment et se consolident partout en France et au delà, la résistance prend une tournure internationale. Ainsi, 55 rassemblements ont eu lieu mercredi 27 juin 2018. Ielles veulent museler l’opposition locale à CIGEO, mais ielles n’ont pas compris que cette opposition est totale! Les comités de soutien et d’action, les milliers de personnes présentes lors de la manifestation du 16 juin à Bar-le-Duc, sauront boycotter la concertation organisée par les pouvoirs publics autour du nucléaire à la rentrée pour organiser leurs propres concertations autogérées; sauront suivre l’exemple des MONSTRES de CIGEO (campagne lancée sur le site lesmonstresdecigeo.noblogs.org) et prendre pour cible partout où ils sont atteignables les sous-traitants et soutiens de CIGEO; et saurons enfin se retrouver nombreu.x.ses du 3 au 10 septembre autour de Bure pour une semaine d’ateliers et de mobilisation afin de stopper la construction de la voie ferrée qui servira aux transport des déchets, l’installation du transformateur électrique qui alimentera CIGEO et le défrichement du bois Lejus.

Mise à jour du 10 juillet : on dénombre en fait (au moins) 15 perquisitions.

5 juillet – Rencontre autour de Fukushima

Salut à tou.te.s,

Comme annoncé il y a quelques temps, on recevra le JEUDI 5 JUILLET
prochain la visite de personnes ayant écrit le livre « Fukushima & ses
invisibles », paru récemment aux Editions des Mondes à Faire (dont on me
dit qu’il est rudement bien).

Elles font une petite tournée de présentation à l’occasion du passage en
France d’une dizaine d’activistes japonais.e.s dont certain.e.s ayant
participé à écrire ce livre. Elles précisent ceci :

« Le but de la tournée n’est pas de faire la promotion du livre mais de
se servir de la sortie pour provoquer une rencontre entre les amis que
nous avons rencontré là-bas depuis quelques années maintenant pour
certains et des collectifs engagés dans des dynamiques politiques
situées ici en France. Toutefois, l’idée c’est quand même de présenter
non tant le contenu du livre mais au moins l’analyse collective que l’on
fait de la catastrophe de Fukushima, de la gestion gouvernementale dont
elle est l’objet et enfin des prises délicates auxquelles elle ouvre. On
ne présentera pas stricto sensu le contenu des textes sinon un faisceau
d’anecdotes, d’histoires et de propositions théoriques qui, nous
semble-t-il, peuvent nous aider à penser et agir adéquatement dans cette
situation. »

Pour cette soirée meusienne, elles proposent :
– une projection du film « Kamagasaki. La bataille du grand chaudron »
– une discussion autour des problèmes politiques et existentiels posés
par la contamination des territoires par la radioactivité.
– un repas japonais (vegan)

Rendez-vous à la Maison de Mandres (2 rue de Vinelle,
Mandres-en-Barrois) à partir de 19h.

A très vite,
Belles bises !

16 rendus de procès – une attaque à la défense libre

Aujourd’hui, le tribunal de Bar-le-Duc, sous la présidence de Isabelle Dréan-Rivette, rendait les verdicts des audiences du 23 mai (pour des faits du 03-04 mars et du 14 mars) et du 12 juin (pour des faits du 22 février et du 09 avril) qui n’ont pas donné lieu à un report.

 

Nous attendions donc 16 rendus.

Pour la personne interpellée le 03 mars, le parquet a renoncé à ses poursuites.

Pour les 6 personnes interpellées le 04 mars, 5 d’entre elles ont obtenu la relaxe suite à des nullités de procédure (notament l’absence des Procès Verbaux d’interpellation). La dernière a été condamné à une peine de 3 mois de sursis simple (sans inscription au B2).

Les 6 personnes inculpées pour les faits du 14 mars ont été relaxées pour des nulités similaires (toujours cette fameuse absence du PV d’interpellation).

La personne qui passait pour les faits du 09 avril a aussi été relaxée pour des nulités de forme également.

Une personne a été condamnée à 2 mois de sursis assortis d’une mise à l’épreuve de deux ans avec une interdiction de paraître dans le territoire de la Meuse.

La dernière personne qui a été condamnée pour des faits du 22 février, pour un outrage a pris 1 mois de sursis avec 2 ans de mise à l’épreuve : obligation de payer ses frais de justice et interdiction du terristoire de Meuse. Cette peine peut paraître légère, mais elle est en fait comme une épée de Damoclès sur la tête de personnes qui est installé dans le territoire meusien.

Ce jugement en particulier est une atteinte à la défense libre. Cette personne inculpée est en effet la seule à avoir choisi de venir sans être représentée par un avocat. La présidente du tribunal avait ignoré ses nullités, l’avait complétement censurée et il n’avait pas pu proprement développer sa défense, interrompu définitivement dès que le tribunal considérait qu’il ne parlait pas des faits. (Nous ne reviendrons pas sur le fait que les avocats avaient pu parler de Cigéo, et encore moins sur les longues tirades du procureur Olivier Glady, dans lesquelles ce dernier passe de Proust à la stratosphère tout en traîtant « les gens de Bure » de drogué.e.s…). (Lors du procès du 23 mai, la même juge avait déjà empeché, à 5 reprises, la lecture d’une déclaration par les prévenu.e.s du 4 mars. )

Ceci est clairement une attaque à la défense libre. Cette peine comprenant 2 ans de mise à l’épreuve avec interdiction de territoire est démesurée et éminament politique.

Ils n’arriveront pas pour autant à brîser nos vies et nos luttes!

Vague de perquisitions et arrestations: tentative de synthèse

Mise à jour du 10 juillet : on dénombre en fait (au moins) 15 perquisitions avec non pas 2 mais 3 compléments de perquisition.

Etat des lieux de la dernière grosse vague de répréssion (depuis mercredi 20 juin)

 

On dénombre 14 perquisitions dont 12 simultanées le mercredi 20 juin à 7h du matin et 2 compléments de perquisition ayant eu lieu lors de gardes à vue. Certaines perquisitions ont eu lieu sans mandat de perquisition, et une perquisition n’as pas pu avoir lieu, par manque du bon papier.

Ces perquisitions ont donné lieu à 10 gardes à vue. Une de ces gardes à vue étaient liée aux conditions de la perquisition et n’a pas donné de suite. Pour les autres,

5 ont donné lieu à des mises en examen avec contrôle judiciaire: interdictions de territoire, interdiction de voir les autres personnes liées à l’instruction, et interdiction de quitter le territoire nationale;

2 personnes sont sorties comme témoins assistés;

2 personnes sont sorties sans suites pour le moment.

Les gardes à vue et déferrements des 9 personnes précitées se sont terminées entre jeudi et vendredi soir.

Plus d’une douzaine de personnes ont été convoquées pour des auditions en tant que témoins.

Ces perquisitions, arrestations et auditions, font suite à l’ouverture d’une instruction pour association de malfaiteurs après des faits qui ont eu lieu en 2017. On rappelle qu’une première vague de perquisitions avait eu lieu dans ce cadre le 20 septembre 2017.

Une instruction, kezako?

Une instruction, c’est une enquête en cours, qui peut durer plusieurs années, durant lesquelles un.e juge (le/la juge d’instruction, ici : Kevin Lefur) avec l’aide du/ de la procureur (ici : Olivier Glady), instruisent un dossier (le dossier d’instruction). Afin de trouver les coupables et de les inculper, ielles ont à leur disposition tout plein de façons de rassembler des informations en fonction de la qualification de l’instruction (association de malfaiteurs, terrorisme, bande organisée, série de meurtres…). Dans le cas qui nous intéresse ici, écoutes téléphoniques, géolocalisations des téléphones, traçage des véhicules, perquisitions, gardes à vue de 96h, font partie de leur arsenal. Tant que l’instruction est en cours (et c’est toujours le cas), il est possible pour les mis.e.s en examen, les témoins assistés et leurs avocat.e.s de consulter leurs dossiers. Celleux-ci sont alors soumis.e.s au secret d’instruction et ne peuvent pas parler de ce qu’ielles y ont lu.

L’association de malfaiteurs, kezako?

L’association de malfaiteurs est un délit qui se caractérise par la participation à un groupement d’individu.e.s formé en vue de préparer un ou plusieurs crimes ou délits passibles de plus de 5 ans d’emprisonnement.

 

Nous ne laisserons pas Bure devenir la nouvelle affaire Tarnac !

Appel à rassemblement partout en France mercredi 27 juin à partir de 19h !

 

Alors qu’une nouvelle vague de répression sans précédent touche le mouvement de lutte contre le projet Cigéo et que nous voyons se construire de toute pièce sous nos yeux une nouvelle affaire Tarnac, nous faisons appel à vous pour : 
– relayer l’appel à rassemblement partout en France mercredi 27 juin à partir de 19h – plus d’informations prochainement 
– signer le communiqué commun que nos associations ont diffusé ce jour 

Merci de nous faire connaître d’ici le lundi 25 juin à 14h les démarches de soutien que vous comptez mettre en place et de nous communiquer votre accord pour signer le communiqué commun à l’adresse suivante : soutiensbure@riseup.net  [merci de préciser le nom de l’orga, collectif, comités etc dans l’objet du mail pour un traitement plus rapide)

 

Le point en bref sur la situation

Mercredi 20 juin, une nouvelle vague de répression sans précédent touche le mouvement de lutte contre le projet Cigéo. Au moins 11 perquisitions, 8 personnes placées en GAV et des convocations pour audition à la pelle. Les personnes arrêtées ont en commun d’être fortement investies dans la lutte contre le projet Cigéo et ne sont pas ciblées au hasard : avocat de la lutte, membres d’associations historiques, habitants locaux et personnes qui se sont implantées localement.

 

Les chefs d’accusation qui pèsent sur nos ami.e.s et compagnon.e.s de lutte sont insensés, amalgamant pêle-mêle : association de malfaiteur, violence en réunion, accusation d’avoir « dirigé le black block » au G20 de Hambourg… Ce à quoi rime ce délire, nous le savons trop bien : en réponse aux critiques fondées formulées à l’encontre de Cigéo, à la montée d’une exaspération légitime contre ce projet imposé, les promoteurs du projet n’ont d’autre recours que de saisir n’importe quel prétexte et instrumentaliser des faits isolés pour criminaliser les opposant.e.s. Nous voyons ici se monter sous nos yeux une nouvelle « affaire Tarnac », dont l’objectif est de détourner l’attention des risques réels du projet Cigéo, de construire de toute pièce des suspects et d’affaiblir la lutte … Surtout, en frappant des personnes fortement impliquées, l’état criminalise celles et ceux qui s’organisent et tente de semer la peur et la division dans les milieux militants.

 

A l’heure qu’il est plusieurs de nos ami.e.s sont encore en GAV et nous ne savons pas si ils et elles seront ou non libérées.

 

En réponse à cette construction politique et policière délirante, nous réaffirmons notre unité et notre solidarité. N’en déplaise aux promoteurs de Cigéo, notre mouvement ne se laissera pas écraser ainsi et nos associations ne plieront pas par peur d’être les prochaines sur la liste. 
  

Communiqué de soutien à faire circuler et à signer par vos collectifs, associations, comités de soutien, organisations…

 

Communiqué commun – Réseau « Sortir du nucléaire », Bure Zone Libre, BureStop55, Cedra 52, EODRA, ACDN- 22 juin 2018

Nous ne laisserons pas Bure devenir la nouvelle affaire Tarnac !

Ce mercredi 20 juin, le mouvement d’opposition au projet Cigéo à Bure a été frappé par la vague de répression la plus massive que nous ayons jamais connue en plus de 20 ans de lutte. 11 lieux militants, lieux de vie et lieux de travail ont été perquisitionnés, des portes ont été défoncées sans sommation, des militants jetés à terre et menottés, des intimités ont été violées, du matériel et des documents personnels et militants ont été embarqués. 10 personnes de notre mouvement ont été arrêtées. À l’heure où nous écrivons, plusieurs sont encore en garde à vue et nous ne savons pas si elles vont être libérées ou placées en détention.

Militant.e.s membres des associations ou sans-étiquette, investi.e.s de longue date ou ayant récemment fait le choix de s’installer sur le territoire pour y vivre : dans leur diversité, les personnes arrêtées ont en commun un fort engagement contre le projet Cigéo. Parmi elles, on compte également un avocat de la lutte, qui assistait nombre de militant.e.s. Son bureau a été perquisitionné, suite à quoi il a été arrêté : or comme l’ont rappelé 50 de ses confrères, cette arrestation porte atteinte au droit de défendre et d’être défendu. Il s’agit donc d’un acte extrêmement grave.

Les chefs d’accusation qui pèsent sur nos ami.e.s sont insensés, amalgamant pêle-mêle : association de malfaiteurs, violence en réunion, accusation d’avoir « dirigé le black block » au G20 de Hambourg… Nous savons trop bien à quoi rime ce délire : en réponse aux critiques fondées formulées à l’encontre de Cigéo, à la montée d’une exaspération légitime contre ce projet imposé, les promoteurs du projet n’ont d’autre recours que de saisir n’importe quel prétexte et instrumentaliser des faits isolés pour criminaliser les opposant.e.s. Nous voyons ici se monter sous nos yeux une nouvelle « affaire Tarnac », dont l’objectif est de détourner l’attention des risques réels du projet Cigéo, de construire de toute pièce des suspects et d’affaiblir la lutte. En s’attaquant à des personnes engagées, l’État criminalise celles et ceux qui s’organisent et tente de semer la peur et la division dans les milieux militants.

En réponse à cette construction politique et policière délirante, nous réaffirmons notre unité et notre solidarité. N’en déplaise aux promoteurs de Cigéo, notre mouvement ne se laissera pas écraser ainsi et nos associations ne plieront pas par peur d’être les prochaines sur la liste.

Nous constatons qu’il n’est pas anodin que ce coup de force survienne précisément maintenant, quelques jours après la plus grande manifestation contre Cigéo survenue à Bar-le-Duc depuis une douzaine d’années, marquant un renouveau du soutien populaire à l’opposition à ce projet qui révèle de jour en jour son infaisabilité. Alors même que des ateliers devaient avoir lieu cette semaine à Bure pour ancrer la mobilisation dans la durée. Si cette mobilisation – qui prend de l’ampleur – gêne, c’est bien que le gouvernement est aux abois ! L’État réprime aujourd’hui ce qu’il a tenté d’étouffer pendant des années.

Il n’est pas anodin non plus que la répression frappe alors que la filière nucléaire est en pleine déconfiture, les failles de Cigéo ne faisant que s’ajouter aux retards de l’EPR de Flamanville et aux difficultés économiques d’EDF, qui poursuit sa fuite en avant et refuse de fermer des réacteurs.

Enfin, cette vague répressive survient alors que le gouvernement, suite à l’expulsion du Bois Lejus et à la vague d’émotion qu’elle a suscitée, a annoncé de nombreuses « consultations » et un débat sur les déchets radioactifs à l’automne. De qui se moque-t-on ? Qui peut prétendre que les conditions du débat sont réunies, alors que des personnes fortement impliquées contre Cigéo sont jetées en garde à vue pendant des jours et blessées dans les manifestations ?

Nous ne nous laisserons pas intimider. Nous appelons toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans cette lutte à dénoncer cette répression et à ne pas être dupes des discours du gouvernement.

Nous appelons d’ores et déjà à des rassemblements de protestation et de solidarité mercredi prochain 27 juin dans toute la France à partir de 19h pour soutenir nos ami.e.s, les modalités pratiques seront précisées au fur et à mesure.

La répression ne nous fera pas taire, nous sommes solidaires !

Déchets radioactifs : ni à Bure, ni ailleurs. Ne pas enfouir, arrêter d’en produire !

On ne nous atomisera jamais !

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