Sauvons la forêt

Solidarité depuis le territoire Mi’kmaw non-cédé

Nous avons reçu cette photo de solidarité réalisée par des gentes impliquées dans la lutte contre la pétrolière Junex en territoire Mi’kmaw non-cédé (territoire surtout connu sous le nom de Gaspésie). Située dans l’est du Québec, la « péninsule gaspésienne » est menacée de toute part par de nouvelles réglementations qui autorisent l’extraction pétrolière dans la région. En août dernier, des dizaines de militant.e.s écologistes et anticolonialistes ont bloqué l’accès à un site de forage de la compagnie Junex pendant plusieurs jours. Suite à leur expulsion, illes se sont retrouvé au bord de la route 198 où un campement de solidarité s’était mis en place. Le « Camp de la rivière » (ou « Junexit ») entamera bientôt son deuxième mois d’existence et les gentes sur place se prépare maintenant à affronter l’hiver! Le camp est devenu un lieu de rencontre incontournable dans la lutte contre les hydrocarbures et la destruction coloniale dans les provinces de l’est du Canada.

NON AUX PÉTROLIÈRES! NON AU NUCLÉAIRE! One world, one struggle!

Pour info: campdelariviere.info

Chouette c’est mon anniversaire! Du 19 au 26 juin : Goûter interminable!

Attention : Un nouvel onglet pour la semaine du Goûter interminable vient d’être créé en haut de votre écran. Retrouvez y toutes les dernières infos.

 

Goûter interminable

1 an qu’on est dans le bois !

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On sent bien maintenant que le sens de nos vies se cherche dans des lieux communs et autonomes : dans les salles autogérées de fac, dans les cantines urbaines, dans les zones à défendre… A Bure, la recherche d’autonomie politique prend place à la fois dans des maisons collectives achetées et dans le bois Lejuc. Après un pique nique interminable pour empêcher les premiers travaux de CIGEO, il y a un an, nous y avons fait notre nid. Du 19 au 26 juin prochains, on veut fêter ça par un goûter d’anniversaire interminable au coeur du bois !

Il paraîtrait que le bois Lejuc est expulsable. Il paraîtrait que les hiboux ne tiendront pas l’été. Voici la petite ritournelle fataliste que les autorités veulent nous mettre dans la tête. Mais nous ne sommes pas de celles et de ceux qui se font imposer une playlist. On n’imagine pas une célébration nostalgique, mais l’occasion de faire fleurir une nouvelle intensité de vie en forêt, de nouveaux liens, et des pratiques offensives.

Dès lundi matin deux permanences accueil seront assurées à Vigie Sud et à Barricade Nord. La semaine se déroulera autour d’une vie de camp autogérée en forêt (un espace de non-mixité MTPG est prévu), avec des chantiers (douches solaires, cabane pour discu collectives, barricades…), des ateliers et auto-formations (grimpe, Bolas, flex-yourte, déplacements collectifs, médic, chimie…), une assemblée sur les perspectives des luttes autonomes en France et ailleurs, des lectures au coin du feu, des actions anti-contrôle policier (et autres surprises…), des jeux de rôle à 50, et évidemment boum accoustique le week-end !

Venez avec tout ce qui vous paraît utile (tente, duvet, matos de construction, gamelles…). Même si on préparera des repas ensemble, n’hésitez pas à ramener un peu de bouffe pour être le plus autonome possible. On espère que ce goûter anniversaire ouvre le champ des possibles pour tout l’été. Alors débordez nous !

BOOM BOOM BOOM BOOM ! I WANT YOU IN MY WOOD !

Des chouettes hiboux de Bure.

Pour optimiser les trajets, pensez à notre site de covoiturage Bure’car’Bure

Votre carton d’invitation au format pdf (pour impression RV / 2 pages par feuilles)

Votre carton d’invitation au format pdf deux pages par feuille (pour impression recto-verso)

Et pour décorer votre salon : affiche 1 (yourte), affiche 2 (barricade), affiche 3 (vigie), le tout au format pdf

Et d’ici là, en cas d’expulsion :

  • RDV le jour même à 18h à la maison de Résistance
  • Convergence vers Bure dans les jours qui suivent
  • Manif de réoccup dans les semaines qui suivent
  • Appel à actions décentralisées contre les promoteurs et sous-traitants de la poubelle nucléaire : Vinci, Eiffage, Edf, Andra, Areva, le CEA…

L’affiche et le tract, à diffuser largement !

Récit de la confrontation du mardi 23 mai à Barricade Nord

Bure, 10h30 : un appel téléphonique et un épais nuage noir à l’horizon nous signalent qu’une barricade du bois Lejuc est en feu ; la police est à Vigie Sud. Nous nous équipons en vitesse, puis partons en courant ou en vélo pour rejoindre nos ami-e-s qui résistent.

Les hiboux ont enflammé une barricade devant Vigie Sud pour dissuader les gendarmes d’aller plus loin.

En approchant de Vigie Sud, nous constatons que la quinzaine de gendarmes – deux fourgons et trois voitures – est repartie, les hiboux sur place ont défié le coup de pression. La barricade la plus avancée vers la route n’a pas fini de brûler, qu’ielles sont déjà en train d’en faire une nouvelle, bravo les ami-es ! Pensant que l’escouade ira à Barricade Nord, nous nous y rendons massivement pendant que des copain-ines restent là au cas où les forces du désordre reviendraient. (suite…)

Nous n’avions plus peur

Ce texte est un récit situé de la journée du 18 mai, entre Bure et Mandres-en-Barois (Meuse), l’épicentre de la contestation autour du bois Lejuc. Le 18 mai a eu lieu un nouveau vote du conseil municipal de Mandres pour confirmer la spoliation du bois communal au profit de l’Andra et de son projet démentiel de cimetière radioactif.

Mandres sous état de siège

En 2013, les habitant-e-s de Mandres ont affirmé par référendum ne pas vouloir se séparer de leur bois communal (le bois Lejuc), malgré les promesses mirobolantes que l’Andra offrait en échange. En 2015, le maire et son conseil forcent malgré tout l’échange du bois, dans des conditions qui, même dans le cadre du fantoche « État de droit », ne valaient pas grand-chose. En avril dernier la justice administrative reconnaît certaines des irrégularités de ce premier vote, ce qui contraint la Mairie à en faire un nouveau. C’est contre celui-ci que nous avons marché jeudi 18 mai.

Nous avons voulu quelque chose de plutôt festif et carnavalesque. Ça changeait du noir un peu lassant des manifs et qui ne correspond pas trop au terrain. Et puis la dérision, ça rappelle aussi la grotesque absurdité de ce vote où six ou sept conseillers municipaux comptent engager l’avenir d’un territoire (ou plutôt son absence d’avenir…). L’idée était d’abord de faire un repas en fanfare devant la mairie pour contester la tenue du conseil. Et si la situation s’y prêtait, on espérait bloquer les entrées de la mairie pour empêcher la mascarade (pseudo/anti-)démocratique de jouer sa partition.

Mais voilà, Mandres-en-Barois, ce village de 130 habitants du sud-Meuse, était complètement quadrillé, accaparé, infesté de flics. Même si on s’y attendait à moitié, entrer dans un petit village où t’attend une centaine de Gendarmes mobiles, où les rues autour de la mairie sont bouchées par des grilles anti-émeutes, ça fait tout drôle… Imaginez une « zone rouge » de sommet international en version miniature, au fin fond de la campagne française. Au coeur des métropoles capitalistes, ça devient une habitude, un tel siège policier (et ça l’était bien plus tôt dans les quartiers populaires). Mais dans ce tout petit village, il n’y a rien d’autre hormis les maisons privées qu’un lavoir et un garage… Alors voilà, notre petit cortège musical arrive et il n’y a presque pas âme qui vive dehors. Rien que des robots bleus qui occupent le village et semblent dire : ce soir, il ne doit rien se passer. Ils espéraient que par leur simple présence, ils réussiraient non seulement à décourager et intimider tou-tes les villageois-es, mais aussi à nous construire comme une menace qu’ils auraient pour mission de conjurer. (suite…)

J-0 : Lettre au maire de Mandres : appel à une démission au pied Levet !

Monsieur Levet,

Depuis des années vous êtes confronté à une situation qui dépasse largement les cadres de la commune dont vous êtes le maire. Vous devez, depuis 2013, endosser des responsabilités très lourdes à porter : celles de l’échange d’un bois permettant le début des travaux d’un projet engageant, pour 150 ans, pour 100 000 ans, l’avenir de tout un territoire.

M. Levet, votre pugnacité dans le fait de mener à bien l’échange du bois Lejuc dans de bonnes conditions vous honore. Après avoir essuyé un premier refus de la part de vos administrés en janvier 2013, lors de la consultation que vous aviez décidée, vous avez eu le courage de faire peser uniquement sur le conseil municipal de Mandres en juillet 2015 « une décision engageant la commune pour 150 ans » de travaux. Malgré les recours gracieux, un recours administratif, puis la décision du tribunal administratif du 28 février 2017, et l’intense campagne d’opposition que nous avons menée, vous avez tenu bon. Vous avez su montrer votre étoffe d’homme d’État. Vous avez prouvé aux yeux de tous que vous étiez un Vice-président de Communauté de Communes prometteur. Vous êtes à Mandres-en-Barrois ce que le général De Gaulle était à Colombey-les-deux-Églises. Vous aviez déclaré en 2013 que vous respecteriez la parole des habitants donnée lors de la consultation : un refus à la majorité. Vous êtes parvenu, au-delà de tout souci moral, à la trahir deux ans après : c’est là l’étoffe des grands politiciens.

Tout cela, M. Levet, vous honore dans votre fonction, plus qu’aucun autre maire ayant dû faire face à l’Andra. Mais tout ceci est allé beaucoup trop loin. L’Andra vous a poussé dans vos derniers retranchements. Vous vous êtes soumis à la présence de vigiles pour garder votre mairie en juillet 2015. Vous vous retrouvez obligé de voir garder vos installations agricoles par des fourgons de gendarmerie. Vous en êtes même venu à être payé pour labourer, avec d’autres agriculteurs, 300 ha de terres de l’Andra au printemps 2017, en sachant qu’elle resteront stériles à jamais. En bon père de famille, soucieux de l’avenir de vos enfants, vous avez su accepter une proposition aventureuse : que votre fille obtienne un emploi à l’Andra, prêtant ainsi le flanc à des accusations fallacieuses de conflits d’intérêts. Idem pour l’obtention de dizaines d’hectares agricoles en convention d’occupation précaire d’abord à Bertheléville, puis à Bure depuis 2017. Vous avez porté vous-même en appel un recours contre l’annulation de la délibération du 2 juillet 2015, que l’Andra aurait dû porter de son propre chef. Tant de dévouement force le respect.

Mais aujourd’hui, vous voilà dans une situation très inconfortable. Plus que jamais, le village de Mandres-en-Barrois est divisé. Le bois Lejuc est occupé depuis près d’un an. Vos décisions sont systématiquement attaquées en justice. Cette situation pèse sur votre moral et votre santé, vous n’en dormez plus la nuit. Et, comble de tout, vous voilà aujourd’hui personnellement devant la justice : vous faites face depuis lundi 15 mai à une plainte pour faux et usage de faux. En tant qu’élu de la République Française, dépositaire de l’autorité publique, vous risquez 15 ans de prison et 225 000 euros d’amende. Quel gâchis ! Nous sommes convaincus que, en votre for intérieur, vous savez que tout cela est allé beaucoup trop loin.

La pression qui repose sur vos épaules, M. Levet, est beaucoup trop importante pour un seul homme. Vous vous sentez peut-être acculé, pris au piège dans cette situation. Il n’est pas trop tard pour trouver une porte de sortie honorable. Vous n’avez pas à porter l’avenir du plus gros projet industriel européen sur vos épaules, devenant inévitablement la cible d’attaques juridiques, de la colère de vos administrés, et de la vindicte populaire. Vous n’avez pas vocation à devenir une cible vivante, M. Levet, et vous le savez très bien. Bure n’a pas besoin d’un martyr. Alors, nous vous le disons comme le conseil d’un ami à un autre ami que l’on voit fatigué par le poids des années, des responsabilités. Faites le choix que n’importe qui d’entre nous ferait : démissionnez. Cette charge est beaucoup trop lourde. Votre famille, vos amis, votre exploitation agricole ont besoin de vous plus que l’Andra.

M. Levet, couchez-vous !

Une alternative subsiste, un autre monde est possible. Les portes de la Maison de résistance restent ouvertes.

Nous vous remercions pour votre compréhension et nous vous adressons l’expression respectueuse de nos salutations citoyennes les plus distinguées,

Co-signataires,

Le MANDRES & La SVEN

(Mouvement Apaisé de Négociation Douce Respectueuse Égalitaire et Sensible / Mon Ami Nu Désire Rentrer En Scandinavie)

(Société de Vindicte Exceptionnellement Novatrice)

18 mai – Appel à rassemblement massif devant la mairie de Mandres !

Dernier pique-nique avant le désert nucléaire ?

Empêchons un nouveau vote autorisant l’échange du bois Lejuc ! Rassemblement à partir de 18h devant la mairie de Mandres-en-Barrois !

 

Le 18 mai, le conseil municipal de Mandres-en-Barrois va tenir une session à 20h. À l’ordre du jour, un seul sujet : voter une nouvelle délibération pour régulariser l’échange du bois Lejuc. Le 28 février, le tribunal administratif de Nancy avait invalidé la précédente délibération tenue à 6h du matin le 2 juillet 2015, qui était entachée d’irrégularités, et sommé la commune de Mandres de « régulariser » la situation sous 4 mois. Après 2 mois et demi, nous y voilà, l’Andra contre-attaque : rassemblons-nous massivement pour dissuader tout vote en faveur de l’échange du bois. Ramenons de quoi boire et manger,, instruments de musique, concerts de casseroles, pancartes et banderoles, et surtout soyons le plus nombreux-euses possible. C’est un tournant déterminant de la lutte contre la poubelle nucléaire, nous ne laisserons pas l’Andra se rhabiller des atours de la « légalité » comme ça !

Ce conseil municipal est une mascarade « démocratique » de plus dans un projet qui a fait de l’acceptabilité sociale un art. Mascarade démocratique, de faire peser sur les épaules d’une dizaine d’élus d’un village de 130 habitants sous pression l’échange d’un bois permettant le début des travaux du plus gros projet industriel européen. Mascarade démocratique, de restreindre la décision au conseil municipal, alors qu’en 2013 pour un premier projet d’échange de bois, ce même conseil avait jugé qu’il ne pouvait décemment pas voter seul une décision qui « engagerait l’avenir de la commune pour des milliers d’années », et que lors d’une consultation les habitant-e-s du village avaient voté NON à la majorité des 2/3. Mascarade démocratique, alors qu’au moins 5 élus sur les 11 sont entachés d’une situation de conflits d’intérêt : obtention de baux de chasse via l’Andra, membres de la famille salarié-e-s du laboratoire, obtention de dizaines d’hectares de terres agricoles en baux précaire via l’Andra/SAFER, etc, etc. Comment ces élus pourraient-ils repousser la main qui les nourrit ? Comment croire sérieusement que ce conseil serait « neutre » de l’influence de l’Andra ? Dans le village et autour, personne n’est dupe.

Tout cela est une hypocrisie, et la délibération positive qui risque d’en sortir sera illégitime d’avance ! En réalité le sort de ce bois, bien communal, concerne toutes celles et ceux qui – à Mandres, en Meuse et ailleurs – l’aiment, l’utilisent, y vivent, ne veulent pas le voir transformer en désert nucléaire. Soutenons massivement les quelques conseillers courageux-ses qui vont voter NON à cet échange, et ceux qui, par notre présence, en viendront à s’abstenir. Cette délibération doit refuser l’échange, ou ne pas se tenir. Et, dans tous les cas, la forêt restera libérée de l’Andra jusqu’à l’abandon du projet !

Soyons le plus nombreux-euses possible ! Prévenez vos ami-e-s, votre sœur, votre frère, vos collègues, etc, etc, toutes celles et ceux qui ne sont pas revenus à Bure depuis longtemps, c’est un moment déterminant de la lutte contre CIGEO ! Nous avons boycotté le Débat Public en 2013, nous bloquons les travaux dans le bois depuis près d’un an, nous avons fait tomber des grilles de l’Andra en février dernier : jeudi 18 mai, nous pouvons, avec les habitant-e-s résistant-e-s de Mandres, libérer la commune de l’influence néfaste de l’Andra et porter un nouvel arrêt au projet Cigéo !

Infos pratiques :

  • Rassemblement à partir de 18h sur la place de la mairie pour être là en masse pour 20h. Il risque d’y avoir du bleu, donc assurez vous que vos véhicules sont en règle !

  • Ramenez de quoi faire un joyeux banquet partagé, des instruments, des banderoles, des déguisements, des casseroles, de quoi faire des concerts endiablés et faire résonner à mille lieux l’écho de notre résistance, quand ils voudraient décider en catimini dans une petite salle de mairie de l’avenir de notre territoire pour 100 000 ans.

  • Faites tourner un maximum ! Vmc.camp / sauvonslaforet@riseup

  • Tel média : 07 53 54 07 31  / Un point presse aura lieu à 19h à côté de la mairie, avec les différentes composantes de la lutte contre la poubelle nucléaire.

La suite du dossier Échange du bois de Mandres :

 

Expulsables mais pas expulsé.e.s !

Sans trop de surprises, le TGI de Bar-le-Duc a tranché ce mercredi 26 avril en prononçant l’expulsabilité des occupant.es du Bois Lejuc. Après plusieurs mois de bataille juridique pour faire reconnaître l’illégitimité de l’Andra à conduire des travaux dans cette forêt, nous revoilà au moment où machines et gendarmesque menacent à nouveau à l’horizon et où il va nous falloir être nombreu.ses à être mobilisé.es pour les tenir une fois de plus à distance.

Selon l’avis rendu par le tribunal de Bar-le-Duc, Sven Lindstroem devrait faire ses bagages, sous prétexte que sa maison forestière de palettes n’est pas « attachée matériellement au sol par un dispositif de liaison ou d’ancrage ou de fondation (…) et repose simplement au sol » et ne saurait donc être considérée comme un « immeuble bâti« . En outre, « le droit de propriété est un droit fondamental et l’occupation sans droit ni titre (…) constitue un trouble manifestement illicite ». Bien mal acquis, au  passage, puisque l’Andra s’est vue, le 28 février dernier, annuler par le Tribunal Administratif de Nancy le contrat d’échange avec la commune de Mandres-en-Barrois qui l’avait rendu propriétaire du Bois Lejuc en janvier 2016. Mais propriété à demi reste propriété et la propriété c’est sacré : étant donné que la commune dispose de 4 mois pour renouveler un vote d’échange avec l’Andra en conseil municipal, cette décision d’annulation n’est qu’un contretemps avant que tout rentre l’ordre et que l’Andra puisse à nouveau défricher en rond. La commune ne semble cependant pas vouloir réitérer le vote puisque le maire a fait appel fin mars de la décision d’échange.

Évaporée au final, dans cette décision d’expulsion, la raison profonde de la présence de notre ami Sven dans cette forêt, outre qu’il fait bon dormir à la cime des arbres et fleurer la rosée matinale en compagnie des chevreuils. Car, au-delà du « droit au respect du domicile et à la dignité » qui légitimerait à lui seul bien des discussions autour du caractère fondamental de la propriété, quand tant d’humains en sont privés, il ne s’agissait évidemment pas pour Sven de revendiquer ici un droit au logement opposable (DALO) au cœur des sous-bois. Mais il s’agit bien plutôt de s’opposer physiquement à la destruction d’une forêt, déjà bien entamée avec les travaux de défrichement menés sur 7 Ha par l’Andra, au cours de l’été 2016. (suite…)

Assemblée de lutte contre Cigéo le 6 mai

Alors que le spectre d’une expulsion du Bois Lejuc se profile à nouveau à l’horizon et que l’Andra entame de nouveaux travaux sur le tracé du projet de voie ferroviaire, il nous semble indispensable de nous retrouver en large assemblée de lutte entre voisin.es, opposant.es, habitant.es en lutte contre Cigéo et les autres projets de nucléarisation du territoire.

En effet, nous avons besoin de discuter et de décider ensemble des perspectives de lutte dans les jours, semaines et mois à venir. Faire un point sur les derniers évènements, un état des lieux des mobilisations en Meuse et Haute-Marne et renforcer les liens entre nous pour les prochains rendez-vous qui nous attendent d’ici l’été.

Cette assemblée est ouverte et sera annoncée dans les villages environnants, n’hésitez pas à diffuser largement l’invitation, que nous soyons nombreus.es à construire les prochaines mobilisations.

Nous vous proposons donc de nous retrouver le samedi 6 mai à partir de 10h à Bure (lieu à préciser).

A très bientôt !

Les chouettes hiboux de Bure

Le Bois Lejuc est expulsable sans délais !

Mercredi 26 Avril – Nous y revoilà, quelques mois après une expulsion brutale de l’occupation du Bois Lejuc survenue en juillet 2016, ce mercredi 26 avril le tribunal de grande instance de Bar-le-Duc a tranché : le bois est à nouveau expulsable sans délais, la préfecture peut réinvestir les sous-bois à grands renforts de grenades et bruit de bottes ! Mais cela ne se passera pas de la même manière, depuis un an nous nous sommes renforcés : nous avons été des centaines à réinvestir cette forêt, à y manifester, y lutter, y construire, y vivre et apprivoiser chacun de ses reliefs.

Des dizaines d’opposant.es se sont installées au fil des mois dans les villages autour de Bure, nous avons remporté une série de victoires juridiques et fait perdre de précieux mois à un projet qui joue la course contre la montre. À plusieurs reprises nous avons bloqué les tentatives de l’ANDRA de pénétrer dans le Bois et de reprendre des travaux.

Dès à présent nous appelons à venir nous rejoindre, nombreu.ses, durant les jours et semaines à venir. Nous sommes déterminées à opposer une résistance farouche en cas d’expulsion du Bois Lejuc !

La décision rendue par le TGI de Bar-le-Duc

La revue de presse mise à jour

Il n’y aura pas de Ministre de l’Intérieur va-t-en guerre à Bure !

Après être devenu un « marqueur » politique et l’objet d’une négociation entre Hamon et Jadot, voici que la lutte à Bure s’invite dans l’hémicycle du Sénat. Quand ils ne sont pas occupés à pantoufler leur retraite dorée, quelques sénateurs ont interpellé le ministre de l’Intérieur Bruno le Roux sur l’occupation actuelle du site du bois Lejuc à Bure, sans doute obligés de se positionner suite à la couverture médiatique conséquente de la manif’ du 18 février.

Le Roux, peu inspiré, nous a donc gratifié d’une prestation de sous-Valls, affirmant, bien entendu que « l’autorité de l’État et la loi » seraient respectés. On aurait au moins aimé que, entre Notre-Dame-des-Landes et Bure, la partition change légèrement pour avoir l’impression de ne pas réécouter une énième fois des disques rayés.

Nous rappelons donc à M. Bruno Relou et tous les sinistres encravatés qui l’accompagnent, que jusqu’à présent, sur le terrain, c’est l’Andra qui ne respecte pas l’autorité de l’État et la loi : en étant condamné par le TGI de Bar-le-Duc pour avoir défriché 7 ha de bois de manière illégale ; en obtenant au forcing une forêt à l’issue d’un échange jugé illégal par la rapporteur publique du tribunal administratif de Nancy ; en maquillant les potentiels géothermiques d’ampleur du sous-sol ; en inventant des conclusions jamais prononcées à l’issue de débats publics bidons.

Non, vraiment, la seule « occupation » illégale et illégitime de territoire qu’il faille évacuer est bien celle que, depuis 25 ans, l’Andra inflige à toute la population meusienne et haut-marnaise, vues comme les poubelles d’une filière nucléaire en quête de relance, au mépris du consentement local, des manifs de milliers de personnes des années 90, des pétitions agrégeant plus de 100 000 signatures, des délibérations de certains conseils municipaux, de tous les refus massifs exprimés. Nous avons ainsi évacué l’Andra de son occupation illégale du bois Lejuc depuis juin 2016, et le 18 février, nous avons à 500 entamé le chantier, autrement plus conséquent, de l’expulsion du faux « laboratoire de recherche », une mascarade qui cache la vraie poubelle.

Que l’on ne s’y trompe pas : les politicien-ne-s et préfectures, d’un mandat à un autre, pourront bien jouer l’éternelle scène de la république bafouée rétablissant l’ordre dans les « ZADs », « kystes » et autres « territoires perdus », nous ne nous positionnerons pas par rapport à leurs fantasmes guerriers. Il n’y a pas de ZAD à Bure, mais 25 ans de lutte continue de tout un territoire contre un projet qui s’est implanté au mépris des gens, et 10 ans de vagues de militants qui s’installent peu à peu dans la région. Pas de hordes de cagoulés radicaux arc-boutés sur des cabanes, mais des centaines et des milliers de personnes, jeunes et moins jeunes, de tous horizons, déterminées et solidaires pour bloquer physiquement l’Andra dans la forêt depuis des mois et à s’en prendre aux grilles de son laboratoire pour mettre un frein à la fuite en avant de l’industrie nucléaire.

Il n’y aura pas de ministre de l’Intérieur va-t-en-guerre à Bure ! Expulsons le Sénat et l’Andra, pas le bois !

Des opposant.e.s au projet d’enfouissement de déchets nucléaire à Bure.

Site : www.vmc.camp

Contact : automedia.bure@riseup.net

Tel automedia : 07.53.54.07.31