Occupation forêt

Andra pas content, gendarme grognant

Nouveaux coup de pression policière sur les barricades du bois Lejuc, alors que l’Andra s’enlise dans ses demandes d’autorisation. Récit et appel à occupation.

Ce matin à 6h, quatre fourgons de gendarmerie se sont avancés jusqu’à la barricade mobile à trente mètres de la vigie sud et ont embarqué cette dernière, sans aucun doute pour dépôts d’ordures sur la voie publique. Devant cette équipe bleue très entreprenante, les chouettes hiboux présent.e.s prirent la décision de mettre le feu à la première barricade fixe devant la vigie. S’ensuivit une demie heure de face-à-face avant que, n’en mettant pas leur main au feu, les casqué.e.s présent.e.s retournent se morfondre dans leurs tristes casernes.


Dans la lignée de toutes les précédentes, cette stratégie de pression policière et de militarisation témoigne de la situation de faiblesse de L’Andra et du projet Cigéo. Il y a seulement cinq jours, la commission environnementale laissait sans réponse (et rejetait de fait) sa demande de défrichement dans le bois Lejuc, la contraignant à produire ses études d’impact environnemental, renvoyant aux calendes une date légale de début des travaux. pour ne pas perdre la face, la préfecture de Meuse choisit de répliquer par l’intimidation, à laquelle les chouettes hiboux répondirent par le feu.

Aujourd’hui plus que jamais nous vous invitons à venir habiter le bois et nous aider à préparer l’hiver. Ce 22 octobre nous commencerons la construction de la cabane solidaire. Le 24 à Bar-Le-Duc se tiennent deux procès de paysans amis ; et jusqu’à début novembre de nombreux chantiers sont prévus à la barricade nord ! Ramenez vos outils, vos matériaux, vos rires et vos chants, n’hésitez pas à venir habiter pour quelques jours, et n’hésitez pas non plus à rester six mois ! Aujourd’hui il pleut, mais il fait chaud autour des barricades.

 

Week-end de chantiers en forêt

L’hiver approche à grands pas et les chouettes et hiboux du Bois Lejus se préparent à hiberner plus que jamais! Suivant le chantier de la cabane solidaire le 22 octobre et le rendu du procès de Jean-Pierre le 24 octobre à Bar-le-Duc, on invite toutes personnes motivées à rester ou nous rejoindre en forêt du 26 au 29 octobre afin de réaliser différents chantiers; entres autres un dortoir collectif (chauffé!) à la Barricade Nord, une cuisine d’hiver et de nouvelles barricades. La Maison de la résistance sera là comme d’hab pour vous accueillir et il sera possible de mettre en place une navette en voiture de la forêt à la maison (au besoin). L’idée est de se donner rendez-vous tous les matins à 10h à la Barricade Nord pour établir les besoins des différents chantiers et ensuite se diviser petites équipes.
Ce sera l’occasion de faire des rencontres, d’apprendre à bricoler et de partager nos différents savoirs en mode convivial. Que vous ayez vos outils ou non, que vous sachiez construire des château-forts ou des châteaux de sable, toutes formes d’aide seront les bienvenues! Et comme l’ANDRA est en attente de recevoir une autorisation de défrichage d’ici novembre, n’hésitez surtout pas à vous installer avec nous à court, moyen ou long terme. Nous ne serons jamais trop pour défendre le Bois Lejus et faire capoter leur projet de poubelle nucléaire!
Infos pratiques pour la semaine de chantiers:
    Quand? du 26 au 29 octobre, rendez-vous tous les matins à 10h
    Où? à la Barricade Nord
    Où dormir? dans une des cabanes en forêt avec un bon duvet ou à la Maison de la résistance
    Comment venir à Bure? voir le lien ici.
    Quels sont les besoins de matos? bois, planches, scies, marteaux, visseuses, clous, vis, baches, poêles à bois, etc.
    Pour une liste exhaustive des besoins de matos voir le lien ici.

Après les perquisitions, l’A.G. du mouvement appelle à créer des comités Bure partout !

Ce 23 septembre, nous étions une soixantaine de personnes, issues de toutes les composantes de la lutte, à l’assemblée du mouvement contre la poubelle nucléaire et son monde, pour réagir aux perquisitions qui nous ont frappées trois jours plus tôt. Ce qui a été fouillé de fond en comble par les gendarmes ce jour-là, ce n’est pas juste deux lieux collectifs et trois logements de militant-e-s. Ce sont nos vies, nos intimités, nos amitiés. C’est tout un mouvement dans la diversité de celles et ceux qui le font vivre, depuis quelques mois ou depuis 25 ans. Voir et entendre des gendarmes fracasser des portes et entrer dans des dortoirs en tenue anti-émeute, les armes à la main, était un choc : il a fallu toute la solidarité entre nous et les soutiens immédiats de l’extérieur, des habitant-e-s et des militant-e-s, pour le dépasser.

C’est pourquoi nous avons été très ému-e-s par les rassemblements qui se sont organisés partout dès ce jour-là. Emu-e-s aussi par le fait que des personnes souhaitent former des comités de soutien ou de lutte. Cette perquisition se retourne contre ceux qui l’ont organisée, car ce déferlement de soutiens et de dons nous a unies et a redonné du courage pour affronter le pouvoir gigantesque de l’industrie nucléaire.

Notre lutte ne veut pas simplement sauver un territoire rural de l’enterrement de première classe que lui offre le nucléaire. Elle concerne tout le monde. Le projet Cigéo en Meuse est le dernier espoir pour l’État de gagner du temps face à l’inexorable accumulation des déchets radioactifs. En le bloquant, nous remettons en question l’existence de toute la filière, depuis l’extraction de l’uranium au Niger, au Gabon…, jusqu’aux centrales, jusqu’à la poubelle finale. Et nous questionnons aussi plus généralement la violence de l’État envers tout ce qui vit.

Toutes les personnes qui se sentent touchées peuvent rejoindre la lutte depuis leurs lieux de vie, en créant si ielles le souhaitent des comités locaux, pour former un réseau de soutien mutuel. Pour que les intérêts de l’institution nucléaire soient attaqués partout où elles ont pignon sur rue, et qu’il y ait partout des des soirées de soutien, des info-tours, des actions contre les nucléocrates et leurs sous-traitants (Vinci, Eiffage, EDF, Areva, Biotope…). Libérez votre imaginaire !

Nous vous invitons dès le week-end du 21 et 22 octobre à venir à Bure : samedi 21, pour se rencontrer entre comités et dimanche 22, pour construire une cabane d’accueil dans la forêt libérée ! Pour affronter l’hiver, les matériaux de construction, d’étanchéité et d’isolation sont les bienvenus. D’autres rencontres suivront.

Si vous voulez relayer la lutte ou créer un comité de lutte chez vous, envoyez un contact (et éventuellement un petit texte si le coeur vous en dit!) à la liste burepartout@riseup.net, et inscrivez-vous sur la liste bure-intercomites@lists.riseup.net

Vous pouvez aussi venir nous voir, deux jours ou un an, renforcer la lutte locale et l’occupation de la forêt. Et partout, créons des espaces communs, reprenons nos vies volées !

On ne nous atomisera jamais !

L’Assemblée de lutte de Bure du 23 septembre.

Infos : vmc.camp/comites-de-lutte/  /  Contact : burepartout@riseup.net 

APPEL EN ANGLAIS

After the police searches, our General Assembly calls for the creation of Bure support committees everywhere!

On September 23rd, about sixty people from all the components of the struggle met for the the general assembly of the movement against the nuclear dump and its world, and in reaction to the police searches which happened three days before. What was thoroughly violated by the police on that day wasn’t only two collective and three private life spaces shared by opponents. It was our lives, our intimacies, our relationships and our diversity. To see and hear cops demolish doors and break into our dormitories wearing riot gear, weapons in their hands, was quite a shock: it took all the solidarity among ourselves and from our outside supporters, from locals and activists, to overcome it.

This is why we were so moved by all the meetings that took place from that day on. Moved, also, by how people are willing to create support and action committees. This search has turned back against those who organized it, because the tremendous wave of support and donations that followed has united us and given us more courage to oppose the gigantic powers of nuclear industry.

Our struggle doesn’t only aim at saving some rural area from the first class burial which nuclear industry has to offer. It extends to everyone. The CIGEO project in Meuse is the State’s last hope to gain time when it is faced by the inexorable accumulation of radioactive waste. By blocking it, we are questioning the very existence of the entire industry, from uranium extraction in Niger and Gabon, to nuclear factories, to the final dump. And we are more generally questionning the State’s violence against all form of life.

Every person who feels concerned can join the struggle from where they live, by creating if they so wish a local committee, to build a solidarity network. So that the nuclear institution will be attacked wherever it exists, and that everywhere there can be support parties, infotours, actions against nucleocrates and their subcontractors (Vinci, Eiffage, EDF, Areva, Biotope…). Unleash your imagination!

We invite you on the week end of October 21st/22nd to come to Bure: On Saturday 21st to meet with all the local support committees and on Sunday 22nd to build a welcome house in the freed forest! To survive winter, all construction/water and weather proofing materials are welcome. Other meetings will follow.

If you want to spread the struggle or create a local committee, send a contact (and even a text if you want!) to the burepartout@riseup.net list, and register on the bure-intercomites@lists.riseup.net list.

You can als come visit us, for two days or a year, to reinforce the local struggle and forest occupation. And lets create common places and take our stolen lives back everywhere!

We shall never be atomized!

Bure General Struggle Assembly on September 23rd

Coup de pression sur barricades sud et nord au Bois Lejuc

Samedi 1 juillet

Nouvelle pression policière ! A 18h, quatre fourgons se sont garés à l’antenne à quelques centaines de mètres du bois Lejuc avant de se rapprocher  de la vigie Sud. Une vingtaine de gendarmes sont sortis des camions en tenue anti émeute et menaçants. Pour les maintenir à distance nous avons allumé la barricade sud.

Pendant une heure, nous nous sommes retrouvés fac à face. Les gendarmes nous visaient avec des flashball mais ils n’ont pas tiré. Comme hier, cela ressemble à un exercice pour préparer une future expulsion.

Nous appelons dès maintenant à venir nous rejoindre pour défendre le bois Lejuc. Le mois de Juillet va être décisif vu les pressions policières.

Nous appelons également à venir lors de la journée de mobilisation du 15 août pour faire une grande manifestation et consolider l’occupation du bois Lejuc. 

vendredi 30 juin

C’est devenu classique. Tous les mois, on a le droit à notre petite virée de gendarmes mobiles. Sauf qu’aujourd’hui, ils étaient une bonne cinquantaine, flashball et bouclier en main et ils n’avaient pas le sourire. Ils se sont dirigés vers les premières barricades au sud tandis qu’au nord, une quinzaine de GM fouillaient la vigie Nord alors même qu’elle se situe sur le champ privé d’un ami agriculteur.

A 17 heure, l’opération policière a débuté, elle s’est terminée vers 18h30. On appelle tout le monde à rester vigilant, cela ressemble fort bien à une action de reconnaissance pour préparer une éventuelle expulsion. Les gendarmes nous ont assuré, « on est là pour un bon moment et on va se revoir ». On saura les attendre.

 

 

Chouette c’est mon anniversaire! Du 19 au 26 juin : Goûter interminable!

Attention : Un nouvel onglet pour la semaine du Goûter interminable vient d’être créé en haut de votre écran. Retrouvez y toutes les dernières infos.

 

Goûter interminable

1 an qu’on est dans le bois !

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On sent bien maintenant que le sens de nos vies se cherche dans des lieux communs et autonomes : dans les salles autogérées de fac, dans les cantines urbaines, dans les zones à défendre… A Bure, la recherche d’autonomie politique prend place à la fois dans des maisons collectives achetées et dans le bois Lejuc. Après un pique nique interminable pour empêcher les premiers travaux de CIGEO, il y a un an, nous y avons fait notre nid. Du 19 au 26 juin prochains, on veut fêter ça par un goûter d’anniversaire interminable au coeur du bois !

Il paraîtrait que le bois Lejuc est expulsable. Il paraîtrait que les hiboux ne tiendront pas l’été. Voici la petite ritournelle fataliste que les autorités veulent nous mettre dans la tête. Mais nous ne sommes pas de celles et de ceux qui se font imposer une playlist. On n’imagine pas une célébration nostalgique, mais l’occasion de faire fleurir une nouvelle intensité de vie en forêt, de nouveaux liens, et des pratiques offensives.

Dès lundi matin deux permanences accueil seront assurées à Vigie Sud et à Barricade Nord. La semaine se déroulera autour d’une vie de camp autogérée en forêt (un espace de non-mixité MTPG est prévu), avec des chantiers (douches solaires, cabane pour discu collectives, barricades…), des ateliers et auto-formations (grimpe, Bolas, flex-yourte, déplacements collectifs, médic, chimie…), une assemblée sur les perspectives des luttes autonomes en France et ailleurs, des lectures au coin du feu, des actions anti-contrôle policier (et autres surprises…), des jeux de rôle à 50, et évidemment boum accoustique le week-end !

Venez avec tout ce qui vous paraît utile (tente, duvet, matos de construction, gamelles…). Même si on préparera des repas ensemble, n’hésitez pas à ramener un peu de bouffe pour être le plus autonome possible. On espère que ce goûter anniversaire ouvre le champ des possibles pour tout l’été. Alors débordez nous !

BOOM BOOM BOOM BOOM ! I WANT YOU IN MY WOOD !

Des chouettes hiboux de Bure.

Pour optimiser les trajets, pensez à notre site de covoiturage Bure’car’Bure

Votre carton d’invitation au format pdf (pour impression RV / 2 pages par feuilles)

Votre carton d’invitation au format pdf deux pages par feuille (pour impression recto-verso)

Et pour décorer votre salon : affiche 1 (yourte), affiche 2 (barricade), affiche 3 (vigie), le tout au format pdf

Et d’ici là, en cas d’expulsion :

  • RDV le jour même à 18h à la maison de Résistance
  • Convergence vers Bure dans les jours qui suivent
  • Manif de réoccup dans les semaines qui suivent
  • Appel à actions décentralisées contre les promoteurs et sous-traitants de la poubelle nucléaire : Vinci, Eiffage, Edf, Andra, Areva, le CEA…

L’affiche et le tract, à diffuser largement !

Récit de la confrontation du mardi 23 mai à Barricade Nord

Bure, 10h30 : un appel téléphonique et un épais nuage noir à l’horizon nous signalent qu’une barricade du bois Lejuc est en feu ; la police est à Vigie Sud. Nous nous équipons en vitesse, puis partons en courant ou en vélo pour rejoindre nos ami-e-s qui résistent.

Les hiboux ont enflammé une barricade devant Vigie Sud pour dissuader les gendarmes d’aller plus loin.

En approchant de Vigie Sud, nous constatons que la quinzaine de gendarmes – deux fourgons et trois voitures – est repartie, les hiboux sur place ont défié le coup de pression. La barricade la plus avancée vers la route n’a pas fini de brûler, qu’ielles sont déjà en train d’en faire une nouvelle, bravo les ami-es ! Pensant que l’escouade ira à Barricade Nord, nous nous y rendons massivement pendant que des copain-ines restent là au cas où les forces du désordre reviendraient. (suite…)

18 mai – Appel à rassemblement massif devant la mairie de Mandres !

Dernier pique-nique avant le désert nucléaire ?

Empêchons un nouveau vote autorisant l’échange du bois Lejuc ! Rassemblement à partir de 18h devant la mairie de Mandres-en-Barrois !

 

Le 18 mai, le conseil municipal de Mandres-en-Barrois va tenir une session à 20h. À l’ordre du jour, un seul sujet : voter une nouvelle délibération pour régulariser l’échange du bois Lejuc. Le 28 février, le tribunal administratif de Nancy avait invalidé la précédente délibération tenue à 6h du matin le 2 juillet 2015, qui était entachée d’irrégularités, et sommé la commune de Mandres de « régulariser » la situation sous 4 mois. Après 2 mois et demi, nous y voilà, l’Andra contre-attaque : rassemblons-nous massivement pour dissuader tout vote en faveur de l’échange du bois. Ramenons de quoi boire et manger,, instruments de musique, concerts de casseroles, pancartes et banderoles, et surtout soyons le plus nombreux-euses possible. C’est un tournant déterminant de la lutte contre la poubelle nucléaire, nous ne laisserons pas l’Andra se rhabiller des atours de la « légalité » comme ça !

Ce conseil municipal est une mascarade « démocratique » de plus dans un projet qui a fait de l’acceptabilité sociale un art. Mascarade démocratique, de faire peser sur les épaules d’une dizaine d’élus d’un village de 130 habitants sous pression l’échange d’un bois permettant le début des travaux du plus gros projet industriel européen. Mascarade démocratique, de restreindre la décision au conseil municipal, alors qu’en 2013 pour un premier projet d’échange de bois, ce même conseil avait jugé qu’il ne pouvait décemment pas voter seul une décision qui « engagerait l’avenir de la commune pour des milliers d’années », et que lors d’une consultation les habitant-e-s du village avaient voté NON à la majorité des 2/3. Mascarade démocratique, alors qu’au moins 5 élus sur les 11 sont entachés d’une situation de conflits d’intérêt : obtention de baux de chasse via l’Andra, membres de la famille salarié-e-s du laboratoire, obtention de dizaines d’hectares de terres agricoles en baux précaire via l’Andra/SAFER, etc, etc. Comment ces élus pourraient-ils repousser la main qui les nourrit ? Comment croire sérieusement que ce conseil serait « neutre » de l’influence de l’Andra ? Dans le village et autour, personne n’est dupe.

Tout cela est une hypocrisie, et la délibération positive qui risque d’en sortir sera illégitime d’avance ! En réalité le sort de ce bois, bien communal, concerne toutes celles et ceux qui – à Mandres, en Meuse et ailleurs – l’aiment, l’utilisent, y vivent, ne veulent pas le voir transformer en désert nucléaire. Soutenons massivement les quelques conseillers courageux-ses qui vont voter NON à cet échange, et ceux qui, par notre présence, en viendront à s’abstenir. Cette délibération doit refuser l’échange, ou ne pas se tenir. Et, dans tous les cas, la forêt restera libérée de l’Andra jusqu’à l’abandon du projet !

Soyons le plus nombreux-euses possible ! Prévenez vos ami-e-s, votre sœur, votre frère, vos collègues, etc, etc, toutes celles et ceux qui ne sont pas revenus à Bure depuis longtemps, c’est un moment déterminant de la lutte contre CIGEO ! Nous avons boycotté le Débat Public en 2013, nous bloquons les travaux dans le bois depuis près d’un an, nous avons fait tomber des grilles de l’Andra en février dernier : jeudi 18 mai, nous pouvons, avec les habitant-e-s résistant-e-s de Mandres, libérer la commune de l’influence néfaste de l’Andra et porter un nouvel arrêt au projet Cigéo !

Infos pratiques :

  • Rassemblement à partir de 18h sur la place de la mairie pour être là en masse pour 20h. Il risque d’y avoir du bleu, donc assurez vous que vos véhicules sont en règle !

  • Ramenez de quoi faire un joyeux banquet partagé, des instruments, des banderoles, des déguisements, des casseroles, de quoi faire des concerts endiablés et faire résonner à mille lieux l’écho de notre résistance, quand ils voudraient décider en catimini dans une petite salle de mairie de l’avenir de notre territoire pour 100 000 ans.

  • Faites tourner un maximum ! Vmc.camp / sauvonslaforet@riseup

  • Tel média : 07 53 54 07 31  / Un point presse aura lieu à 19h à côté de la mairie, avec les différentes composantes de la lutte contre la poubelle nucléaire.

La suite du dossier Échange du bois de Mandres :

 

Expulsables mais pas expulsé.e.s !

Sans trop de surprises, le TGI de Bar-le-Duc a tranché ce mercredi 26 avril en prononçant l’expulsabilité des occupant.es du Bois Lejuc. Après plusieurs mois de bataille juridique pour faire reconnaître l’illégitimité de l’Andra à conduire des travaux dans cette forêt, nous revoilà au moment où machines et gendarmesque menacent à nouveau à l’horizon et où il va nous falloir être nombreu.ses à être mobilisé.es pour les tenir une fois de plus à distance.

Selon l’avis rendu par le tribunal de Bar-le-Duc, Sven Lindstroem devrait faire ses bagages, sous prétexte que sa maison forestière de palettes n’est pas « attachée matériellement au sol par un dispositif de liaison ou d’ancrage ou de fondation (…) et repose simplement au sol » et ne saurait donc être considérée comme un « immeuble bâti« . En outre, « le droit de propriété est un droit fondamental et l’occupation sans droit ni titre (…) constitue un trouble manifestement illicite ». Bien mal acquis, au  passage, puisque l’Andra s’est vue, le 28 février dernier, annuler par le Tribunal Administratif de Nancy le contrat d’échange avec la commune de Mandres-en-Barrois qui l’avait rendu propriétaire du Bois Lejuc en janvier 2016. Mais propriété à demi reste propriété et la propriété c’est sacré : étant donné que la commune dispose de 4 mois pour renouveler un vote d’échange avec l’Andra en conseil municipal, cette décision d’annulation n’est qu’un contretemps avant que tout rentre l’ordre et que l’Andra puisse à nouveau défricher en rond. La commune ne semble cependant pas vouloir réitérer le vote puisque le maire a fait appel fin mars de la décision d’échange.

Évaporée au final, dans cette décision d’expulsion, la raison profonde de la présence de notre ami Sven dans cette forêt, outre qu’il fait bon dormir à la cime des arbres et fleurer la rosée matinale en compagnie des chevreuils. Car, au-delà du « droit au respect du domicile et à la dignité » qui légitimerait à lui seul bien des discussions autour du caractère fondamental de la propriété, quand tant d’humains en sont privés, il ne s’agissait évidemment pas pour Sven de revendiquer ici un droit au logement opposable (DALO) au cœur des sous-bois. Mais il s’agit bien plutôt de s’opposer physiquement à la destruction d’une forêt, déjà bien entamée avec les travaux de défrichement menés sur 7 Ha par l’Andra, au cours de l’été 2016. (suite…)

Le Bois Lejuc est expulsable sans délais !

Mercredi 26 Avril – Nous y revoilà, quelques mois après une expulsion brutale de l’occupation du Bois Lejuc survenue en juillet 2016, ce mercredi 26 avril le tribunal de grande instance de Bar-le-Duc a tranché : le bois est à nouveau expulsable sans délais, la préfecture peut réinvestir les sous-bois à grands renforts de grenades et bruit de bottes ! Mais cela ne se passera pas de la même manière, depuis un an nous nous sommes renforcés : nous avons été des centaines à réinvestir cette forêt, à y manifester, y lutter, y construire, y vivre et apprivoiser chacun de ses reliefs.

Des dizaines d’opposant.es se sont installées au fil des mois dans les villages autour de Bure, nous avons remporté une série de victoires juridiques et fait perdre de précieux mois à un projet qui joue la course contre la montre. À plusieurs reprises nous avons bloqué les tentatives de l’ANDRA de pénétrer dans le Bois et de reprendre des travaux.

Dès à présent nous appelons à venir nous rejoindre, nombreu.ses, durant les jours et semaines à venir. Nous sommes déterminées à opposer une résistance farouche en cas d’expulsion du Bois Lejuc !

La décision rendue par le TGI de Bar-le-Duc

La revue de presse mise à jour

A Bure, nous ne nous laisserons pas interdire de territoire

Suite à l’expulsion mouvementée du Bois Lejuc en Juillet 2016, Florent avait été condamné, outre ses six mois de sursis, à deux ans d’interdiction de territoire. Ce lundi 27 mars, pour enrayer la mécanique de la répression, il transgresse publiquement la contrainte en franchissant symboliquement la frontière Haute-Marne – Meuse. Nous publions ici sa déclaration, suivie de quelques réflexions.

Ces derniers jours à Bure, un verrou a sauté. Celui de la rage contenue et de la résignation. La manifestation du 18 février a vu tou.te.s les opposant.e.s à Cigéo se rendre ensemble aux grilles de l’ANDRA et les renverser. Même si encore de nombreuses années de luttes nous attendent, nous sommes déterminé.e.s. Le moment me parait venu d’assumer publiquement ma décision de me soustraire à mon interdiction de territoire.

En effet, interpellé le 7 juillet dernier lors de l’expulsion du bois Lejuc, j’ai été condamné en septembre à 6 mois de prison avec sursis et 2 ans d’interdiction d’apparaître dans le département de la Meuse. Ne voulant pas donner corps à la répression, j’ai continué d’aller et venir à Bure et ses environs comme bon me semblait, et de renforcer les liens avec mes copains et mes copines de lutte. Si quelques photos pixelisées doivent dormir dans quelque service de renseignement, les gendarmes ne m’ont pas remis la main dessus.

Si aujourd’hui je me positionne publiquement, c’est pour garder l’initiative et ne pas rester à la merci du premier contrôle routier venu. C’est pour dénoncer et combattre, ici comme ailleurs, une arme répressive qui se systématise et qui repose sur l’intimidation. Je veux ainsi dire aux autorités : « Nous n’avons plus peur. Libre à vous de vous enfermer dans votre course en avant répressive. Je vous laisse penser que votre désert nucléaire se construira à coup d’interdictions de territoire. Nous continuerons à lutter !”

Parce que si le projet Cigéo se réalise, nous serons tou.te.s à terme interdit.e.s de territoire, soyons solidaires et dénonçons la répression.

Tou.te.s interdit.e.s de territoire ? C’est peut-être effectivement ce qui nous guette dans une Meuse que les autorités nucléaires promettent à des millénaires de radioactivité. Car si l’Andra est venue chargée de promesses de croissance et d’emplois pour mieux faire accepter l’inacceptable dans une région déjà désertifiée, la réalité de sa présence est tout autre. Qui voudra vivre dans un territoire accaparé, années après années, par l’agence (plus de 3000 ha en 2015) ? Qui voudra vivre entouré de projets nucléaires (le stockage Cigéo à Bure, l’usine « Bison » à Gudmont, la blanchisserie à Joinville…) ? Cultiver une terre souillée par des colis radioactifs à vie longue ? Subir chaque nuit les envahissantes lumières du laboratoire ?

Plus de 1600 interdictions de territoire en 2015

C’est bel et bien d’une lutte de territoire qu’il s’agit, une lutte dans, par, et pour un territoire : en interdisant Florent de Meuse, le tribunal ne s’y est pas trompé. Face à la logique mortifère d’invasion et d’aménagement que met en place l’Andra, nous voyons au contraire une Meuse vivante et tissée de solidarités. Nous avons fait le choix de l’habiter, d’y construire nos cabanes et d’y retaper nos maisons. En un mot, nous nous projetons gaiement dans le futur dont on aimerait nous chasser. Et comme partout où il y a résistance, il y a répression. Le 18 février des centaines de grenades (lacrymogènes, assourdissantes et de désencerclement) ont été tirées par la police, deux personnes ont été blessées, deux autres interpellées. Pourtant Bure n’a pas connu son opération César comme Notre-Dame-des-Landes, Bure ne connaît pas la violence et l’humiliation quotidienne des banlieues. Nous sommes une goutte de plus dans un océan de colère.

Il est chaque jour plus difficile de nier cette répression généralisée. La criminalisation des opposant.e.s à la Loi Travail et la violence (physique, administrative et judiciaire) à laquelle ils et elles ont fait face ne le permet plus. Parmi l’ensemble des dispositifs de contrôle dirigés ces dernières années contre les militant.e.s, le pouvoir semble affectionner tout particulièrement les plus insidieux : ceux qui font de nous nos propres gardiens et nous obligent à restreindre notre propre liberté. Lors de la COP 21, 26 militant.e.s avaient été assigné.e.s préventivement à résidence et les interdictions de manifester pleuvent désormais avant chaque rassemblement d’ampleur : la marche pour la justice et la dignité du 19 mars n’a pas fait exception à la règle. Quant aux interdictions de territoire comme celle dont Florent a fait l’objet, la justice en a prononcé plus de 1600 en 2015 ! Cette mesure, longtemps utilisée pour éloigner les agresseurs des victimes (notamment dans le cas de violences sexuelles), devient ainsi l’un des moyens de contrôle politique les plus prisés par la police et les tribunaux.

L’état d’urgence, sous le régime duquel nous vivons depuis le 14 novembre 2015, a abattu certaines délimitations entre mesures administratives et mesures judiciaires. En moins d’un an et demi, ce qui n’était il y a peu qu’un scenario catastrophe (« et si le FN était élu et déclarait l’état d’urgence… ? ») est devenu une réalité quotidienne : on peut être puni en France préventivement et administrativement pour ce que l’on est (un militant politique), et pas seulement par un tribunal, postérieurement à une infraction supposée. Ainsi s’accélère le basculement d’un état de droit (fût-il bourgeois) à un état policier. Pour autant, critiquer l’état d’urgence ne suffit pas. Avant lui, un rapport parlementaire proposait déjà de mettre en place des interdictions administratives de manifester. Après lui, nous voyons dès aujourd’hui ce qui se profile à l’horizon : de loi sécuritaire en loi sécuritaire, l’inscription dans le droit commun de l’ensemble des dispositions de l’état d’urgence, jusqu’à le rendre superflu.

Toutes les frontières sont à franchir !

Dans ce contexte, passer la frontière entre la Haute-Marne et la Meuse alors qu’on est interdit de territoire, c’est d’abord refuser à cet état policier le droit de décider qui est légal ou illégal, où et pour combien de temps. Car les procédures administratives ou judiciaires restreignant la circulation ne sont pas seulement le lot des militant.e.s politiques : elles sont également un moyen de faire peser la menace répressive sur les migrant.e.s et de continuer à faire exister en nous-même les frontières.

La création de l’Espace Schengen promettait l’ouverture des frontières européennes et la libre circulation des individus en son sein. Mais si les frontières ont été dématérialisées, ce sont désormais des frontières administratives et policières qui les remplacent. Celles et ceux qui parviennent à les franchir se retrouvent une fois ici criminalisé.e.s et soumis.e.s à ces mêmes dispositifs de contrainte. Ainsi la procédure européenne dite « Dublin III » nie totalement les choix, les envies et besoins de l’individu qui, au hasard d’un contrôle pendant son voyage, se voit obligé de demander l’asile dans un pays où il ne faisait que transiter. Cette assignation à un territoire que l’on n’a pas choisi est en soi une violence : on ne se projette pas dans tel ou tel endroit par hasard ; on y rejoint souvent des ami.e.s, de la famille qui pourra nous venir en aide, on a une histoire avec le pays, des affects, des projections.

La vie de celles et ceux qu’on prive d’un territoire et/ou à qui on en assigne un est déjà marquée par l’interdiction d’accéder à des droits essentiels : interdiction de travailler, difficultés ou impossibilité d’accès à la formation, notamment pour l’apprentissage de la langue du pays. La rétention administrative de migrant.e.s dans des centres (48 000 personnes en 2015) et leur assignation à résidence (2274 en 2014) vont encore plus loin en réduisant le champ des possibles à néant pour l’individu. Sa vie est alors définie par son statut, rythmée par les impératifs judiciaires et par les mêmes déplacements répétés jour après jour  : le quotidien devient la prison toute entière.

La fabrique de l’isolement

Franchir la frontière et transgresser la contrainte, c’est donc aussi se libérer d’un emprisonnement psychologique, d’un conditionnement à l’auto-flicage. L’interdiction de territoire n’est pas une abstraction juridique. Elle marque le corps parce qu’elle amène les interdit.e.s à intérioriser en eux la frontière. En s’interrogeant constamment sur les lieux où il est possible d’aller, en s’inquiétant en permanence des contrôles de flics sur les routes, l’interdit.e doit devenir son propre geôlier. Tout comme dans le reste de la société, la « personnalisation des peines » pousse à l’hyper-responsabilisation de l’individu : je ne suis libre que de me contrôler… Il ne s’agit donc jamais pour l’État que de réprimer, de freiner, de bloquer, de neutraliser, mais aussi de nous fabriquer en tant qu’individus responsables : responsables de gérer, de mesurer, de contrôler nos propres déplacements… On sort des espaces disciplinaires de la prison, mais pour mieux construire des murs et des barbelés dans les têtes.

Lorsqu’un.e militant.e, pour parler du cas de Florent, est frappé.e d’interdiction de territoire, pour quelques semaines, mois ou années, c’est toute sa vie qui est chamboulée. Pour rendre l’individu transparent au pouvoir, il faut le priver des liens grâce auxquels il trouvait sa valeur, le priver des ami.e.s avec lesquel.le.s il ou elle vivait. Pour neutraliser : isoler. Dans l’imaginaire capitaliste, l’individu bien adapté est atomisé et surtout mobile, détaché de tout ancrage pour pouvoir mieux se livrer au flux de la marchandise, de l’information, de la communication, du tourisme : tu es interdit.e de Meuse ? Ce n’est pas grave, va sur la côte d’Azur… Le personnel judiciaire ou administratif chargé d’ « accompagner » les interdit.e.s veille également à ce qu’il ou elle devienne un.e bon.ne travailleur-euse et un.e bon.ne consommateur-rice.

Rappelons enfin que l’interdit.e ne l’est pas que du village ou de la zone restreinte où il militait, mais bien de tout un territoire, d’un département. Le message est clair : cet individu est présenté comme une menace pour toute la population, alors même que son « délit » était directement dirigé contre des institutions politiques ou économiques. Ainsi se construit le climat sécuritaire que nous connaissons : celui ou celle qui désobéit devient l’ « autre », qui fait peur et qu’on éloigne pour s’en protéger.

Refuser de suivre ce dispositif, comme le fait notre copain de Bure, c’est refuser de se retrouver seul.e, c’est refuser de devenir ce qu’ils voudraient que nous devenions tou.te.s. Et parce que ces gestes prennent d’autant mieux leur sens lorsqu’ils sont massifs, nous appelons tou.te.s les interdit.e.s de territoire à chercher du soutien pour initier à terme un mouvement collectif de refus.

Des chouettes hiboux libres et solidaires

Une brochure d’entretien avec Florent (alias Eric) sur les événements de l’été et la répression subie :

Une Interview de Florent sur Reporterre

Un entretien sur mediapart

La revue de presse Burestop et le communiqué de soutien des associations

Le communiqué de soutien de NDDL

 

Quelques photos de l’action :

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