Automedia

VMC.Camp c’est fini

Ce site a été créé pour le camp vmc en résistance à la poubelle nucléaire comme support d’automédia. Ayant toujours servi collectivement, l’appareil judiciaire en voit d’un autre oeil et souhaite le relier à certaines personnes.

Ainsi pour raison de sécurité contre la répression de l’Etat a été décidé de clore vmc.camp. Cependant la lutte continue, et son automédia aussi.

En attendant l’ouverture du prochain site internet, les publications liées à la lutte auront lieu sur manif’est qui est le média libre de l’est de la France. Que tu souhaite publier ou recevoir les informations sur Bure tu peux aller par ici:

https://manif-est.info/+-Bure-+.html

Des astuces générales pour publier de manière sécurisée sur un média libre:
https://paris-luttes.info/publier-sur-paris-luttes-avec-une-811?lang=fr

Il existe aussi un flux rss des opposant.es à Cigéo par ici: http://www.stopcigeo-bure.eu/publications-des-opposant-e-s-a-cigeo/

Vague de perquisitions et d’arrestations à Bure

Mercredi 20/06 : perquisitions et arrestations à Bure

Résumé de la vague de perquisitions et arrestations

Le mercredi 20 juin entre 7h et 18h, des perquisitions ont eu lieu dans plusieurs lieux de vie (collectifs ou non) à Bure et aux alentours. Au total, 11 perquisitions ont eu lieu à partir de 7h du matin à :

  • La Maison de Résistance à Bure (deux arrestations, nombreux contrôles d’identité, du matériel saisi)
  • Cirfontaines-en-Ornois (une arrestation, du matériel saisi)
  • Verdun (une arrestation)
  • Montier-sur-Saulx (pas d’arrestation, du matériel saisi)
  • Commercy (deux arrestations)
  • Biencourt-sur-Orge x 2 (une première perquisition le matin et une seconde l’après-midi dans une autre maison et une arrestation)
  • Ancerville (convocation à une audition libre)
  • Chennevières (convocation à une audition libre)
  • Paris au domicile d’un avocat (une arrestation)
  • Joinville

Il y a déjà au moins 10 interpellations, 2 personnes sorties, 8 garde-à-vue confirmées encore en cours et deux auditions libres dans cette journée. Les opérations sont terminées.

Fil info :

Vendredi 22/06

Mise à Jour 21h

Toutes les personnes ont finalement été relachées, après près de 60h de garde à vue pour les dernières. Certaines ont un contrôle judiciaire.

Mise à Jour 19h

3 des 4 personnes encore en garde à vue ont été libérées entre cette nuit et aujourd’hui.

Ces libérations ont été accompagnées d’un défèrement pour deux des personnes, la troisième ayant été libérée sans suite immédiate.

Jeudi 21/06

Soirée : 4 personnes (arrêtées respectivement à Bure, Biencourt-sur-Orge, Paris et une de Commercy) sont sorties de garde à vue. 4 personnes ont vu leur garde à vue prolongée au delà de 48h.

Mercredi 20/06

19h30 : sortie d’une des personne interpelées à Bure sans suite.

18h : la perquisition se termine à la Maison de Résistance à Bure (2 arrestations).

13h12 : Acab

11h55 : arrestation ciblée d’une personne aux alentours de Bure par des gendarmes stationnés dans un village.

10h : fin de la perquisition à Biencourt-sur-Orge. Pas d’arrestation. Des choses ont été saisies (matériel informatique etc).

9h : plus personne n’est dans la Maison de Résistance (à part les flics et les personnes témoins de la perquisition). Les flics sont en train de fouiller les camions et caravanes.

8h30 : fin de la perquisition à Cirfontaines-en-Ornois. Une personne arrêtée. Des choses ont été saisies (matériel informatique, peinture etc).

7h30 : À la Maison de Résistance, les flics font sortir les personnes une par une avec contrôle d’identité et photo. Les flics semblent vouloir évacuer tout le monde et commencer la perquisition. Il y aurait une cinquantaine de flics et un camion de déménagement. À Mandres-en-Barrois la présence policière est accrue (quelques flics aux coins des rues, un camion de gendarmes mobiles devant l’Affranchie, ils ne contrôlent pas quand on passe devant eux).

Infos obtenues via les médias

Les perquisitions, qui ont débuté à 7H, sont effectuées « dans le cadre d’une commission rogatoire d’un juge d’instruction » portant sur trois faits commis en 2017″, a indiqué à l’AFP le procureur de la République à Bar-le-Duc, Olivier Glady.

(article de France24 qui reprend une dépêche de l’AFP) (suite…)

Action de soutien par l’EZLN

Notre dernière action: EZLN VS ENGIE

Les activistes de l’EZLN rapportent les déchets nucléaires d’ENGIE-Electrabel dans ses bureaux à Bruxelles.   

Cette après-midi dans le quartier de la gare du Nord, une soixantaine d’activistes de l’Ensemble Zoologique de Libération de la Nature (EZLN) se sont introduits dans les locaux d’ENGIE pour dénoncer le projet d’enfouissement de déchets radioactifs en Belgique. Déguisés en animaux, les activistes de l’EZLN ont abandonné une dizaine de faux barils nucléaires dans le hall d’entrée. Ils accusent ENGIE de crimes environnementaux et climatiques avec la complicité des ministres fédéraux Kris Peeters et Marie Christine Marghem.

Cette année, le gouvernement devra prendre une décision finale sur la manière de gérer les déchets radioactifs de nos centrales, et ce, sur base d’un avis de l’organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies (ONDRAF). Cet avis propose d’enfouir les déchets radioactifs de haute activité et/ou de longue durée de vie sous des couches géologiques considérées comme hermétiques telle que l’argile. Alors que la région de Boom était nommée en 2010, la nouvelle note de 2018 ne précise plus de lieu de stockage suivant ainsi une demande expresse du gouvernement fédéral. Malgré ce changement, aucune évaluation stratégique supplémentaire des incidences sur l’environnement n’est nécessaire selon l’ONDRAF.

«Il n’existe aucune solution pour ce type de déchets nucléaires mais les enfouir sans étudier l’impact environnemental que cela aura sur le long terme et sans aucune possibilité d’y accéder en cas d’incident, c’est potentiellement un crime contre l’environnement et un crime contre l’humanité que les ministres en charge s’apprêtent à autoriser», déclare l’EZLN. Cette action vise à mettre la pression sur le gouvernement belge afin qu’il mette en place une politique de stockage sécurisé mais qui reste accessible afin de pouvoir réagir en cas de besoin. L’EZLN déclare également qu’”il faudrait fermer les centrales bien avant 2025 tel que prévu par le plan énergie-climat 2030 car la meilleure manière de gérer les déchets c’est de ne pas en produire”.

Au-delà de la question des déchets nucléaires, ENGIE Electrabel est le pire fournisseur belge en matière d’énergie renouvelable selon le classement “Mon électricité verte”. L’EZLN déclare que l’énergie nucléaire est souvent considérée à tort comme une alternative aux énergies fossiles car la disponibilité de cette forme d’énergie a pour conséquence de freiner les investissements et le développement des secteurs de l’énergie renouvelable comme l’éolien et le photovoltaïque. « L’idéal pour l’environnement et le climat mais aussi pour la sécurité et la justice fiscale serait de voir disparaître des géants comme ENGIE, qui placeront toujours le profit avant la sécurité des citoyens et le respect de l’environnement, pour laisser émerger des coopératives de production d’énergies renouvelables.».

Cette action de l’EZLN s’inscrit dans une campagne menée pour la transition énergétique et la justice climatique qui avait commencé en décembre 2017 avec une action similaire menée contre Fluxys et ses projets gaziers.

http://ezln-zoologique.be/

Ce que les images des flics ne montrent pas – Manif 3 Mars

Depuis l’expulsion du bois, des nouveaux gendarmes avec l’étiquette « Communication Gendarmerie » filment les interventions des flics. Les vidéos sont ensuite, après un montage, upload sur leur chaîne YouTube : « L’essor de la Gendarmerie » et sont reprises massivement par les médias.

Ce sont des images prisent au coeur des affrontements et ces dernières sont soigneusement sélectionnées. On ne voit comme par hasard aucune violence des forces de l’ordre alors qu’il est évident qu’ils ont des images compromettantes comme le démontre cette vidéo. Ce nouveau service de communication des gendarmes est un outil de propagande et de manipulation des faits. Pire que les images des médias, les images des flics reprisent par les médias.

À Bure, pour le 3-4 mars, après les arrêtés d’exception : quel non-droit voulons-nous ?

Ce texte est une réaction à chaud de quelques personnes et ne prétend pas « représenter » la diversité des points de vues et attitudes face à ces nouveaux arrêtés que la Préfecture vient de poser. 

Hier soir jeudi 1er mars à 23h la Préfecture de Meuse a dégainé l’artillerie lourde avec plusieurs arrêtés préfectoraux interdisant les manifestations, le stationnement et la circulation sur Bure et Mandres-en-Barrois, ainsi que tout survol par aéronef. Seule la circulation piétonne et des résident-e-s sera autorisée. Une bien belle décision administrative qui nous renvoie aux premières époques de la contre-insurrection dans les colonies et aux pratiques les plus aggressives de zonage militaire.

Probablement que les consignes du Ministère de l’Intérieur, et en plus haut lieu encore, sont claire : « Muriel, n’hésite pas, fermeté et dialogue, fermeté et dialogue ». Toute manifestation sera interdite ce week-end, mais « la porte » de la Préfète au « dialogue » avec les opposant-e-s « légaux » resterait toujours ouverte. La petite musique de la dissociation continue d’égréner ses fausses notes mais ne trompe plus personne, moins que jamais. Comme si un prisonnier pouvait vraiment « dialoguer » avec son geôlier pour négocier l’évolution de sa condition ! À Bure il n’y aura pas de syndrôme de Stockholm.

Cela fait maintenant plusieurs années que l’évolution du contexte sécuritaire en France, et globalement, rend de plus en plus caduc, pour tout le monde, toute notion de légalité ou d’illégalité, toute notion d’État de droit. En Meuse par petites touches et depuis plusieurs mois cet arbitraire d’État tout le monde le connaît mais ce week-end c’est un nouveau cran dans ce dispositif d’exception qui a été franchi.

L’État prétend lutter contre une « zone de non-droit », en en créant une plus grosse encore grâce à l’aide de toute sa mafia légale en jeep, fourgons de GM… Tout le décorum ronflant des « considérant que », « considérant que », toute la novlangue administrative cherche à masquer le fait qu’il est de plus en plus manifeste aux yeux de tout le monde que ces décisions n’ont plus rien de légitime ni de légal. Ces arrêtés préfectoraux, alors même qu’ils semblent relever d’un « Etat d’exception », révèlent en fait ce qu’est fondamentalement l’Etat : la maîtrise militaire d’un territoire et de ses habitant-e-s par des forces armées suffisamment puissantes.

Alors voilà, ce week-end nous sommes un certain nombre à avoir prévu de nous rencontrer, discuter, nous tenir chaud, vibrer ensemble après l’épreuve dure de l’expulsion du 22 février. Nous avons prévu de construire une lutte dépassant largement les frontières de la Meuse et de la France, précisément pour mettre en échec toute cette asphyxie. Nous avons prévu de marcher vers la forêt pour montrer qu’elle est toujours en nous de multiples manières. Nous avons prévu de continuer de construire, sur place, des lieux d’accueil et d’ancrage pour enraciner la lutte sur le long-terme, malgré la perte momentanée de cette belle forêt.

Si cela doit être passible d’une interdiction, être considéré comme un délit ou un crime, être catégorisé dans des instructions judiciaires « d’associations de malfaiteurs », alors ainsi soit-il. La question qui est posée est plus claire que jamais : quelles « zones de non-droit » voulons-nous habiter et inventer ? Quelles attitudes adopter, massivement, face à l’État d’exception ? Ce matin, d’ores et déjà le verglas a décidé de rendre les routes difficilement praticables pour les militaires…

Nous appelons toujours à venir, plus que jamais, pour ce week-end. Nous mettons tout en œuvre pour répondre au mieux au niveau de répression hallucinant de ces arrêtés. Il y a sur place de quoi accueillir, manger, dormir, discuter. Nous trouverons ensemble des solutions et nous ne nous laisserons pas diviser, apeurer et diminuer notre joie de vivre par ces manœuvres préfectorales.

À ce week-end,

Quelques hiboux de Bure et des environs.

Suivi des rassemblements passés et à venir partout en France et en Europe !

Le 22 février après l’expulsion du bois Lejuc et l’intervention très violente dans la Maison de résistance, à 18h, plusieurs dizaines de rassemblements ont eu lieu devant de nombreuses Préfectures en France. On ne réalise pas bien tout ce que ça signifie, c’est un peu nouveau de sentir que Bure résonne partout à ce point, ça donne une force incroyable et ça émeut. Après la perquiz’ du 20 septembre il y avait eu une vingtaine de rassemblements, c’était déjà inédit. Cette fois on a du mal à les compter et tant mieux.

On publie ici une liste détaillée au maximum des rassemblements par ordre alphabétique, des photos, des textes ou articles publiés à l’occasion, des récits qu’on nous a envoyé.

On essaie de suivre dans l’onglet « Rassemblements partout » à droite dans le site la liste des rassemblements à venir.

N’hésitez pas à continuer de nous en envoyer à sauvonslaforet at riseup.net ou burepartout at riseup.net. Ce n’est pas trop tard ! À nous informer d’où vous en êtes, de vos questionnements, de vos envies, de la dynamique des comités (vos adresses de contact, rendez-vous réguliers s’il y en a) etc. Nous croulons actuellement sous les mails, les messages de solidarité, les arrivées de hiboux toutes plumes dehors à Bure… mais nous essaierons d’actualiser au mieux tout ce que nous recevons !

N’hésitez pas non plus à continuer d’organiser régulièrement des rassemblements devant les Préfectures ou les locaux des nucléocrates (EDF, Enedis, etc)…

Ici à Bure l’effervescence est maximale entre les réoccupations dans les arbres, l’organisation de la Maison, des hiboux de loin qui arrivent par dizaine, des discussions et réunions pour savoir comment aborder les jours et les semaines à venir.

Un énorme soutien pour tous-tes les hiboux actuellement en prison.

Quelques hiboux.

Ajout le vendredi 23 février à minuit et le samedi 24 février à 16h 

Ajouts le 24 février à 17h : Aude (Narbonne & Carcassonne), Orléans, Avignon, Besançon, Vannes, Dijon…

Ajouts le 25 février à 16h : Poitiers, Nantes (vidéo du rassemblement de la manif sauvage & photos), Toulouse (photos), Rennes (récit du rassemblement et date des prochains temps), Strasbourg (récit de la manif sauvage), Briançon…

Ajout le 26 février à 16h : Leipzig, Skouries (Grèce, près de la mine de Halkidiki), La Réunion, Blois

Et bien d’autres à venir !

(suite…)

Ziradio n°5: expulsion N°2( antirép ,ZDSR, plus interview)

Suite des interview sur l’expulsion avec tout d’abord un point antirép , suivi du Rap de ZSR en soutient à Bure et ses occupant-es (merci les copaines), puis on fini sur un retour de la journée d’expulsion d’un-e copaines.

ERRATUM: Pour le point antirép la première personne à passer à Bar le duc à refuser la comparution immédiate 

ziradio@riseup.net

Lien vers l’emmission:

http://audioblog.arteradio.com/post/3083883/ziradio_n_5____expulsion_n_2/

Compte rendu de seconde journée suivant les expulsions. Nous sommes toujours dans le bois !

Le 16 octobre 2012, le préfet de Loire Atlantique déclarait fièrement à la France entière ces quelques mots : « A 10 heures ce matin, tout était terminé ». 6 années plus tard, la zad de Notre-Dame des Landes vit toujours.
Hier Matin, à Bure, de nombreuses personnes représentantes de l’autorité ont assuré avec la même lueur de pouvoir dans les yeux que le Bois Lejuc était évacué de tout.e opposant.e. Cela fait pourtant plus de 40 heures que les cabanes dans les arbres sont toujours occupées, l’avenir de la forêt est décidément loin d’être vouée à sa destruction.

La maison de la résistance en ébullition

Aujourd’hui, vendredi 23 février, alors que certains nous disent au plus bas nous ressentons à contrario pleinement notre force. Ces deux derniers jours des dizaines de personnes ont afflué vers la maison de la résistance et désormais ses multiples autres lieux de vie qu’elle a engendrée, notamment ces derniers mois. 70 rassemblement de solidarité ont eu lieu partout en France. Depuis deux jours nous passons du rire aux larmes, de la colère à la joie. La frénésie a envahit ceux qui ne veulent pas de l’immonde projet Cigéo. La rage nous anime, la rage qu’ils aient détruit une partie de ce que nous avons pris un an à construire, la rage que la justice ait envoyé deux de nos ami.e.s cet après-midi en prison, la rage qu’une minorité de personne tente par la force de détruire la vie.

Toujours dans le bois

Depuis très tôt ce matin de nombreuses personnes ont réussi à s’infiltrer dans la forêt. Les unes pour aller ravitailler les occupant.es dans les arbres en couvertures, baches, nourriture. Les autres pour surveiller les agissements du personnel de l’Andra et de sa police.
L’agence a annoncé vouloir tout d’abord remettre le bois en état, on ne parle pas de replanter les nombreux hectares défrichés, mais d’enlever le mur détruit qui est devenu le symbole leur défaite. Aujourd’hui il n’y avait pas de signe d’activité d’ampleur dans le bois, ni près du mur, ni dans les parcelles qui doivent être prochainement rasées. Seulement de nombreux véhicules patrouillants sur les chemins remplis d’hommes armés.

Police partout
Le rapport d’égalité homme/femme s’est sérieusement dégradé dans les rues de Bure et ses alentours ces derniers jours. En effet plusieurs dizaines d’hommes (avec bien sur quelques femmes) ont pris position à de nombreux endroits et ne décollent plus d’un poil. Le village s’est brutalement vu une nouvelle fois envahi lors de la visite de Sébastien Lecornu ce matin à la mairie de Bure venu faire un discours plein d’éloquence et vide de sens.

Quand la justice digère le travail
Cet après-midi, deux ami.es ont été transferés à la maison d’arrêt de Nancy pour une détention préventive dans l’attente de leur procès le 19 mars. C’est avec tristesse et amertume que nous recevons cette nouvelle. Le seul juge et procureur s’occupant des affaires de Bure, et espérant visiblement jouer leur carrière dessus, firent preuve de la même condescendance et intolérance qu’à leur habitude. Messieurs,soyez prudent, prenez garde quand vous semez les graines de la colère.

 

Nous sommes là, nous resterons là.

Un.e défenseureuse du vivant parmi tant d’autres.

Lecornu n’achètera pas nos âmes !

On nous annonce depuis 3 jours la venue (pas si) discrète à Bure du secrétaire d’état auprès de Nicolas Hulot, M. Lecornu, en tournée sur les sites nucléaires de l’est. Effet d’annonce réussi : les journalistes se pressent au portillon pour la seconde fois consécutive en une semaine. Après nous avoir bombardé de questions, plus absurdes les unes que les autres, sur un éventuel exode massif zadiste entre Notre-Dame-des-Landes et Bure, la blitz-presse aimerait savoir ce que nous suscite cette visite impromptue ?

À la suite de Fessenheim où il a fait miroiter les promesses d’un avenir radieux pour racheter un passé irradié avec des billets verts, l’encorneur vient visiblement rejouer sa partition dans la Meuse auprès d’un parterre « d’élus du territoire« . Après une petite descente dans le gouffre des enfers, Lecornu prévoit de moissonner quelques âmes déjà convaincues par des années de corruption institutionnalisée. L’occasion de prendre par exemple l’habituelle petite photo de poignée de main avec Stéphane Martin, Maire de Gondecourt-le-Château, président de la codecom de la vallée de l’Ornois et fervent promoteur du projet Cigéo devant l’éternel. Mais il manquera, sans aucun doute, un certain nombre d’élu-e-s à l’appel, ceux-là ne signeront pas pour une nouvelle décennie de mensonges éhontés : emplois, développement économique et démographique ne sont toujours pas au rendez-vous, bien au contraire, malgré plus de 800 milliions d’euros déversés par les GIP de Meuse et Haute-Marne en 15 ans.

Étrange de voir M. le secrétaire d’état pointer son nez à l’encornure lorsque M. Hulot n’a pas daigné recevoir lui-même les opposant-e-s à Cigéo venus pour le rencontrer au ministère de l’environnement, il y a un peu plus d’un mois. Cela dit, M. Lecornu n’a pas plus exprimé cette fois-ci le souhait de rencontrer les opposant-e-s lors de sa visite … au moins une hypocrisie qui nous est épargnée.

Et si on nous demande malgré tout ce que nous pourrions attendre de MM Lecornu et Hulot ?  Rien, sinon d’enterrer sans attendre le projet Cigéo dans son propre trou et ouvrir la porte de sortie immédiate et inconditionnelle au nucléaire. Après 70 ans de mensonges outranciers et une dangereuse inconséquence envers l’avenir de l’humanité, il paraît inconcevable qu’un gouvernement puisse à la fois se prévaloir de poursuivre le nucléaire et compter un ministère de l’écologie en son sein ; c’est un peu comme vouloir préserver d’une main ce que l’on a condamné de l’autre.

En tout état de cause, l’agenda des ministres n’est pas le nôtre ! En deux ans nous avons engagé près d’une trentaine de procédures administratives qui, pour certaines ont abouti à la condamnation de l’Andra (pour le défrichement illégal du Bois Lejuc au 1er août 2016), pour d’autres ont permis de l’astreindre à des études d’impact (avis de l’autorité environnementale annulé au printemps 2017) et les dernières qui attendent encore impatiemment des suites devant les tribunaux. Dans l’attente, nous avons eu satisfaction de voir l’Autorité de Sûreté Nucléaire reconnaître officiellement dans ses derniers avis et rapports la légitimité de nos arguments scientifiques, qui mettaient sérieusement en doute la viabilité et sûreté du projet Cigéo. Sauf à apporter des réponses à ces questions, que l’Andra elle-même n’est pas en mesure de fournir, la visite de M. Lecornu relève juste à nos yeux d’un énième exercice de langue de bois destiné à rendre l’inacceptable acceptable aux populations locales.

Qu’on se le dise, après les Christian Bataille, les Gérard Longuet; Le Cornu n’achètera pas nos âmes, sa venue ne fait que souffler sur les braises d’un incendie de colère qui n’a pas fini de s’éteindre !

 

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