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Ce que les images des flics ne montrent pas – Manif 3 Mars

Depuis l’expulsion du bois, des nouveaux gendarmes avec l’étiquette « Communication Gendarmerie » filment les interventions des flics. Les vidéos sont ensuite, après un montage, upload sur leur chaîne YouTube : « L’essor de la Gendarmerie » et sont reprises massivement par les médias.

Ce sont des images prisent au coeur des affrontements et ces dernières sont soigneusement sélectionnées. On ne voit comme par hasard aucune violence des forces de l’ordre alors qu’il est évident qu’ils ont des images compromettantes comme le démontre cette vidéo. Ce nouveau service de communication des gendarmes est un outil de propagande et de manipulation des faits. Pire que les images des médias, les images des flics reprisent par les médias.

À Bure, pour le 3-4 mars, après les arrêtés d’exception : quel non-droit voulons-nous ?

Ce texte est une réaction à chaud de quelques personnes et ne prétend pas « représenter » la diversité des points de vues et attitudes face à ces nouveaux arrêtés que la Préfecture vient de poser. 

Hier soir jeudi 1er mars à 23h la Préfecture de Meuse a dégainé l’artillerie lourde avec plusieurs arrêtés préfectoraux interdisant les manifestations, le stationnement et la circulation sur Bure et Mandres-en-Barrois, ainsi que tout survol par aéronef. Seule la circulation piétonne et des résident-e-s sera autorisée. Une bien belle décision administrative qui nous renvoie aux premières époques de la contre-insurrection dans les colonies et aux pratiques les plus aggressives de zonage militaire.

Probablement que les consignes du Ministère de l’Intérieur, et en plus haut lieu encore, sont claire : « Muriel, n’hésite pas, fermeté et dialogue, fermeté et dialogue ». Toute manifestation sera interdite ce week-end, mais « la porte » de la Préfète au « dialogue » avec les opposant-e-s « légaux » resterait toujours ouverte. La petite musique de la dissociation continue d’égréner ses fausses notes mais ne trompe plus personne, moins que jamais. Comme si un prisonnier pouvait vraiment « dialoguer » avec son geôlier pour négocier l’évolution de sa condition ! À Bure il n’y aura pas de syndrôme de Stockholm.

Cela fait maintenant plusieurs années que l’évolution du contexte sécuritaire en France, et globalement, rend de plus en plus caduc, pour tout le monde, toute notion de légalité ou d’illégalité, toute notion d’État de droit. En Meuse par petites touches et depuis plusieurs mois cet arbitraire d’État tout le monde le connaît mais ce week-end c’est un nouveau cran dans ce dispositif d’exception qui a été franchi.

L’État prétend lutter contre une « zone de non-droit », en en créant une plus grosse encore grâce à l’aide de toute sa mafia légale en jeep, fourgons de GM… Tout le décorum ronflant des « considérant que », « considérant que », toute la novlangue administrative cherche à masquer le fait qu’il est de plus en plus manifeste aux yeux de tout le monde que ces décisions n’ont plus rien de légitime ni de légal. Ces arrêtés préfectoraux, alors même qu’ils semblent relever d’un « Etat d’exception », révèlent en fait ce qu’est fondamentalement l’Etat : la maîtrise militaire d’un territoire et de ses habitant-e-s par des forces armées suffisamment puissantes.

Alors voilà, ce week-end nous sommes un certain nombre à avoir prévu de nous rencontrer, discuter, nous tenir chaud, vibrer ensemble après l’épreuve dure de l’expulsion du 22 février. Nous avons prévu de construire une lutte dépassant largement les frontières de la Meuse et de la France, précisément pour mettre en échec toute cette asphyxie. Nous avons prévu de marcher vers la forêt pour montrer qu’elle est toujours en nous de multiples manières. Nous avons prévu de continuer de construire, sur place, des lieux d’accueil et d’ancrage pour enraciner la lutte sur le long-terme, malgré la perte momentanée de cette belle forêt.

Si cela doit être passible d’une interdiction, être considéré comme un délit ou un crime, être catégorisé dans des instructions judiciaires « d’associations de malfaiteurs », alors ainsi soit-il. La question qui est posée est plus claire que jamais : quelles « zones de non-droit » voulons-nous habiter et inventer ? Quelles attitudes adopter, massivement, face à l’État d’exception ? Ce matin, d’ores et déjà le verglas a décidé de rendre les routes difficilement praticables pour les militaires…

Nous appelons toujours à venir, plus que jamais, pour ce week-end. Nous mettons tout en œuvre pour répondre au mieux au niveau de répression hallucinant de ces arrêtés. Il y a sur place de quoi accueillir, manger, dormir, discuter. Nous trouverons ensemble des solutions et nous ne nous laisserons pas diviser, apeurer et diminuer notre joie de vivre par ces manœuvres préfectorales.

À ce week-end,

Quelques hiboux de Bure et des environs.

Suivi des rassemblements passés et à venir partout en France et en Europe !

Le 22 février après l’expulsion du bois Lejuc et l’intervention très violente dans la Maison de résistance, à 18h, plusieurs dizaines de rassemblements ont eu lieu devant de nombreuses Préfectures en France. On ne réalise pas bien tout ce que ça signifie, c’est un peu nouveau de sentir que Bure résonne partout à ce point, ça donne une force incroyable et ça émeut. Après la perquiz’ du 20 septembre il y avait eu une vingtaine de rassemblements, c’était déjà inédit. Cette fois on a du mal à les compter et tant mieux.

On publie ici une liste détaillée au maximum des rassemblements par ordre alphabétique, des photos, des textes ou articles publiés à l’occasion, des récits qu’on nous a envoyé.

On essaie de suivre dans l’onglet « Rassemblements partout » à droite dans le site la liste des rassemblements à venir.

N’hésitez pas à continuer de nous en envoyer à sauvonslaforet at riseup.net ou burepartout at riseup.net. Ce n’est pas trop tard ! À nous informer d’où vous en êtes, de vos questionnements, de vos envies, de la dynamique des comités (vos adresses de contact, rendez-vous réguliers s’il y en a) etc. Nous croulons actuellement sous les mails, les messages de solidarité, les arrivées de hiboux toutes plumes dehors à Bure… mais nous essaierons d’actualiser au mieux tout ce que nous recevons !

N’hésitez pas non plus à continuer d’organiser régulièrement des rassemblements devant les Préfectures ou les locaux des nucléocrates (EDF, Enedis, etc)…

Ici à Bure l’effervescence est maximale entre les réoccupations dans les arbres, l’organisation de la Maison, des hiboux de loin qui arrivent par dizaine, des discussions et réunions pour savoir comment aborder les jours et les semaines à venir.

Un énorme soutien pour tous-tes les hiboux actuellement en prison.

Quelques hiboux.

Ajout le vendredi 23 février à minuit et le samedi 24 février à 16h 

Ajouts le 24 février à 17h : Aude (Narbonne & Carcassonne), Orléans, Avignon, Besançon, Vannes, Dijon…

Ajouts le 25 février à 16h : Poitiers, Nantes (vidéo du rassemblement de la manif sauvage & photos), Toulouse (photos), Rennes (récit du rassemblement et date des prochains temps), Strasbourg (récit de la manif sauvage), Briançon…

Ajout le 26 février à 16h : Leipzig, Skouries (Grèce, près de la mine de Halkidiki), La Réunion, Blois

Et bien d’autres à venir !

(suite…)

Ziradio n°5: expulsion N°2( antirép ,ZDSR, plus interview)

Suite des interview sur l’expulsion avec tout d’abord un point antirép , suivi du Rap de ZSR en soutient à Bure et ses occupant-es (merci les copaines), puis on fini sur un retour de la journée d’expulsion d’un-e copaines.

ERRATUM: Pour le point antirép la première personne à passer à Bar le duc à refuser la comparution immédiate 

ziradio@riseup.net

Lien vers l’emmission:

http://audioblog.arteradio.com/post/3083883/ziradio_n_5____expulsion_n_2/

Compte rendu de seconde journée suivant les expulsions. Nous sommes toujours dans le bois !

Le 16 octobre 2012, le préfet de Loire Atlantique déclarait fièrement à la France entière ces quelques mots : « A 10 heures ce matin, tout était terminé ». 6 années plus tard, la zad de Notre-Dame des Landes vit toujours.
Hier Matin, à Bure, de nombreuses personnes représentantes de l’autorité ont assuré avec la même lueur de pouvoir dans les yeux que le Bois Lejuc était évacué de tout.e opposant.e. Cela fait pourtant plus de 40 heures que les cabanes dans les arbres sont toujours occupées, l’avenir de la forêt est décidément loin d’être vouée à sa destruction.

La maison de la résistance en ébullition

Aujourd’hui, vendredi 23 février, alors que certains nous disent au plus bas nous ressentons à contrario pleinement notre force. Ces deux derniers jours des dizaines de personnes ont afflué vers la maison de la résistance et désormais ses multiples autres lieux de vie qu’elle a engendrée, notamment ces derniers mois. 70 rassemblement de solidarité ont eu lieu partout en France. Depuis deux jours nous passons du rire aux larmes, de la colère à la joie. La frénésie a envahit ceux qui ne veulent pas de l’immonde projet Cigéo. La rage nous anime, la rage qu’ils aient détruit une partie de ce que nous avons pris un an à construire, la rage que la justice ait envoyé deux de nos ami.e.s cet après-midi en prison, la rage qu’une minorité de personne tente par la force de détruire la vie.

Toujours dans le bois

Depuis très tôt ce matin de nombreuses personnes ont réussi à s’infiltrer dans la forêt. Les unes pour aller ravitailler les occupant.es dans les arbres en couvertures, baches, nourriture. Les autres pour surveiller les agissements du personnel de l’Andra et de sa police.
L’agence a annoncé vouloir tout d’abord remettre le bois en état, on ne parle pas de replanter les nombreux hectares défrichés, mais d’enlever le mur détruit qui est devenu le symbole leur défaite. Aujourd’hui il n’y avait pas de signe d’activité d’ampleur dans le bois, ni près du mur, ni dans les parcelles qui doivent être prochainement rasées. Seulement de nombreux véhicules patrouillants sur les chemins remplis d’hommes armés.

Police partout
Le rapport d’égalité homme/femme s’est sérieusement dégradé dans les rues de Bure et ses alentours ces derniers jours. En effet plusieurs dizaines d’hommes (avec bien sur quelques femmes) ont pris position à de nombreux endroits et ne décollent plus d’un poil. Le village s’est brutalement vu une nouvelle fois envahi lors de la visite de Sébastien Lecornu ce matin à la mairie de Bure venu faire un discours plein d’éloquence et vide de sens.

Quand la justice digère le travail
Cet après-midi, deux ami.es ont été transferés à la maison d’arrêt de Nancy pour une détention préventive dans l’attente de leur procès le 19 mars. C’est avec tristesse et amertume que nous recevons cette nouvelle. Le seul juge et procureur s’occupant des affaires de Bure, et espérant visiblement jouer leur carrière dessus, firent preuve de la même condescendance et intolérance qu’à leur habitude. Messieurs,soyez prudent, prenez garde quand vous semez les graines de la colère.

 

Nous sommes là, nous resterons là.

Un.e défenseureuse du vivant parmi tant d’autres.

Lecornu n’achètera pas nos âmes !

On nous annonce depuis 3 jours la venue (pas si) discrète à Bure du secrétaire d’état auprès de Nicolas Hulot, M. Lecornu, en tournée sur les sites nucléaires de l’est. Effet d’annonce réussi : les journalistes se pressent au portillon pour la seconde fois consécutive en une semaine. Après nous avoir bombardé de questions, plus absurdes les unes que les autres, sur un éventuel exode massif zadiste entre Notre-Dame-des-Landes et Bure, la blitz-presse aimerait savoir ce que nous suscite cette visite impromptue ?

À la suite de Fessenheim où il a fait miroiter les promesses d’un avenir radieux pour racheter un passé irradié avec des billets verts, l’encorneur vient visiblement rejouer sa partition dans la Meuse auprès d’un parterre « d’élus du territoire« . Après une petite descente dans le gouffre des enfers, Lecornu prévoit de moissonner quelques âmes déjà convaincues par des années de corruption institutionnalisée. L’occasion de prendre par exemple l’habituelle petite photo de poignée de main avec Stéphane Martin, Maire de Gondecourt-le-Château, président de la codecom de la vallée de l’Ornois et fervent promoteur du projet Cigéo devant l’éternel. Mais il manquera, sans aucun doute, un certain nombre d’élu-e-s à l’appel, ceux-là ne signeront pas pour une nouvelle décennie de mensonges éhontés : emplois, développement économique et démographique ne sont toujours pas au rendez-vous, bien au contraire, malgré plus de 800 milliions d’euros déversés par les GIP de Meuse et Haute-Marne en 15 ans.

Étrange de voir M. le secrétaire d’état pointer son nez à l’encornure lorsque M. Hulot n’a pas daigné recevoir lui-même les opposant-e-s à Cigéo venus pour le rencontrer au ministère de l’environnement, il y a un peu plus d’un mois. Cela dit, M. Lecornu n’a pas plus exprimé cette fois-ci le souhait de rencontrer les opposant-e-s lors de sa visite … au moins une hypocrisie qui nous est épargnée.

Et si on nous demande malgré tout ce que nous pourrions attendre de MM Lecornu et Hulot ?  Rien, sinon d’enterrer sans attendre le projet Cigéo dans son propre trou et ouvrir la porte de sortie immédiate et inconditionnelle au nucléaire. Après 70 ans de mensonges outranciers et une dangereuse inconséquence envers l’avenir de l’humanité, il paraît inconcevable qu’un gouvernement puisse à la fois se prévaloir de poursuivre le nucléaire et compter un ministère de l’écologie en son sein ; c’est un peu comme vouloir préserver d’une main ce que l’on a condamné de l’autre.

En tout état de cause, l’agenda des ministres n’est pas le nôtre ! En deux ans nous avons engagé près d’une trentaine de procédures administratives qui, pour certaines ont abouti à la condamnation de l’Andra (pour le défrichement illégal du Bois Lejuc au 1er août 2016), pour d’autres ont permis de l’astreindre à des études d’impact (avis de l’autorité environnementale annulé au printemps 2017) et les dernières qui attendent encore impatiemment des suites devant les tribunaux. Dans l’attente, nous avons eu satisfaction de voir l’Autorité de Sûreté Nucléaire reconnaître officiellement dans ses derniers avis et rapports la légitimité de nos arguments scientifiques, qui mettaient sérieusement en doute la viabilité et sûreté du projet Cigéo. Sauf à apporter des réponses à ces questions, que l’Andra elle-même n’est pas en mesure de fournir, la visite de M. Lecornu relève juste à nos yeux d’un énième exercice de langue de bois destiné à rendre l’inacceptable acceptable aux populations locales.

Qu’on se le dise, après les Christian Bataille, les Gérard Longuet; Le Cornu n’achètera pas nos âmes, sa venue ne fait que souffler sur les braises d’un incendie de colère qui n’a pas fini de s’éteindre !

 

A l’attention des journalistes souhaitant venir à Bure cette semaine

L’engouement médiatique suscité par l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes commence à déferler sur Bure. Car maintenant que s’achève cette farce grotesque qui a vu les gouvernements successifs s’obstiner dans la défense d’un projet vieux de cinquante ans, où donc, sinon dans la Meuse, retrouver à peu de frais ce parfum de « scandale zadiste » qui fait vendre tant de papier?

Nous voulons préciser d’emblée que nous ne sommes pas la « ZAD de rechange » de l’après-NDDL. Aujourd’hui, toutes nos pensées vont à nos ami.es de l’ouest et à la célébration de leur victoire. Nous ne souhaitons pas profiter de la situation pour faire du sensationnel facile sur le sujet de Bure : ce qui se joue ici, les failles de sécurité de Cigéo pointées par l’ASN, les manipulations de l’Andra, notre volonté d’habiter un territoire que d’autres vouent à l’enfer nucléaire, tout cela mérite bien davantage !

Pour cette raison, nous demandons aux journalistes qui souhaiteraient nous rencontrer de nous adresser leur demande détaillée par mail sur automedia.bure (at) riseup.net ou par téléphone au 07.53.54.07.31. Nos lieux de lutte sont aussi nos lieux de vie. C’est pourquoi, sans contact préalable, nous ne recevrons pas des équipes qui se présenteraient spontanément à la Maison de Résistance ou au Bois Lejus.

Nous invitons également à prendre connaissance du communiqué résumant la position commune du mouvement anti-Cigéo avant de nous contacter.

 

Communiqué des opposant-e-s à CIGEO : Après l’abandon de l’aéroport de NDDL, défendons la ZAD, renforçons la lutte à Bure et partout ailleurs !

C’est officiel : le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est abandonné. Il y a peu de mots pour décrire le mélange d’émotion qui nous assaille, un sentiment profond de joie, de dignité, de justesse et de force. Aujourd’hui, pour de très nombreuses personnes en France et au-delà, est un jour historique : un de ceux, encore trop rares, où une force collective entêtée fait plier les puissants.

Ce n’est pas si souvent dans une vie que l’on peut ressentir de telles joies, une telle force. Cela faisait depuis 2006 et le CPE qu’un large mouvement populaire et déterminé n’avait plus remporté une victoire. Aujourd’hui ce n’est pas seulement un projet d’aéroport (parmi des centaines d’autres en construction dans le monde) qui est abandonné, c’est un sentiment de victoire possible qui renaît et nous inspire pour toutes les luttes que l’on mène partout, pour tous les mondes que nous essayons de bâtir.

Ni le rejet systématique des recours juridique des opposant-e-s, ni les parodies de consultation démocratique, ni le recours à la force militaire comme en 2012, n’ont pu permettre de mener à bien ce projet. Pour autant, il nous faut nous garder de tout triomphalisme. L’abandon de l’aéroport est la fin d’une première phase de lutte, qui aura duré plus de 50 ans. Maintenant il faudra déjouer, dans les jours et mois à venir, toutes les tentatives d’évacuation de la ZAD – même « partielle », même à minima. Il faudra crever la baudruche de la communication va-t-en guerre et la montrer pour ce qu’elle est vraiment : une mise en scène de l’État pour ne pas perdre totalement la face. Il faudra par dessus tout battre en brêche toute tentative de dissociation entre occupants légaux et illégaux, agriculteur-ices et squateur-euses, bons ou mauvais anti-aéroport. Il en va de l’avenir de la ZAD et de tous les rêves qu’elle a suscités.

Ce que les gouvernants et les technocrates, qui ne pensent qu’avec des chiffres, ne comprendront jamais c’est que l’on peut être prêt à se battre pour des attachements qui nous dépassent. Nous réaffirmons que nous appelons à défendre la ZAD de manière unie. Nous appelons à un moratoire sur toute expulsion, et au transfert des 1650 hectares de terres à l’ensemble du mouvement pour une gestion collective, basée sur les 6 points du mouvement anti-aéroport. Nous appelons à venir massivement le 10 février pour la fête de la victoire, qui promet d’être inoubliable, sur la ZAD.

L’aéroport ne se construit pas : le capitalisme, un temps, trébuche, mais il continue son avancée destructrice ailleurs. Certains medias pourraient maintenant annoncer de manière pétaradante le « départ des zadistes » en premier lieu vers Bure. Cela pour mieux légitimer une future intervention policière d’ici à quelques mois sur le bois Lejuc occupé depuis juin 2016.

Mais à Bure, nous avons toujours dit que nous refusions le label ZAD pour mieux inventer la richesse singulière de notre lutte en Meuse. Le fantasme de la « horde de zadiste radicale », fréquemment agité pour son parfum de sensationnel, ne fonctionnera pas plus aujourd’hui qu’il y a 1 an et demi, quand le bois Lejuc a commencé à être défendu.

L’abandon de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes n’est pas plus la victoire des « zadistes » que des « agriculteurs-ices », des « associations » ou des « comités » : c’est celle de tout un mouvement protéiforme, dépassant largement le cadre local, qui a su faire de sa diversité une force, malgré toutes les frictions, et ne pas camper sur des positions identitaires. Demain, nous espérons qu’il en ira de même dans la lutte nécessaire contre le projet de poubelle nucléaire de Bure. Nous appelons à continuer de construire et renforcer des comités partout et rejoindre tous ceux qui se créent depuis des mois.

Non aux expulsions ! Que vivent la ZAD et ses mondes !

Communiqué signé par : Des chouettes hiboux en réunion hebdomadaire, Bure Stop, CEDRA

À NDDL comme à Bure, abandon du projet, aucune expulsion, que la vie foisonne !

Ce matin du 17 janvier 2018, l’annonce de la décision gouvernementale sur le projet de Notre-Dame-des-Landes est imminente. Le suspense est à peine supportable, même si l’hypothèse de l’abandon est plus probable que jamais. Le battage médiatique sur l’évacuation imminente de la ZAD, l’arrivée de renforts de gendarmes mobiles prêt à intervenir, les hôtels réservés à Nantes jusqu’à mi-février, sature nos cerveaux et nos capacités d’analyse.

Pourtant, ce matin, et hier soir, comme tous les autres derniers jours, nous nous sentons profondément relié-e-s, quoi qu’il advienne, et serein-e-s, dans l’attente de la décision. Nous imaginons que le pire est toujours probable, et nous nous tenons prêt-e-s, à Bure comme ailleurs.

(suite…)