Bilan de la répression un mois après l’expulsion

Depuis l’expulsion de la forêt, le 22 février dernier, une répression sans pareille s’abat sur les militants anti-Cigeo. Ce jour-là l’État s’est senti obligé de nous montrer son vrai visage en mobilisant plusieurs centaines de flics pour à tour de rôle venir jouer à la reconstitution de la campagne française sous occupation millitaire. Tout l’arsenal punitif s’est actionné : surveillance, condamnations judiciaires, emprisonnement, coups et blessures, intimidations, peur…

Aucun mot ne peut expliquer le bouillonnement d’émotion que nous ressentons, ce bilan restera le plus factuel possible.

Les informations sont incomplètes, nous savons combien de nos ami.es sont en prison mais nous n’avons pas connaissance ou nous n’avons pas enregistré de nombreux actes répressifs de la part de la police. Ces chiffres doivent donc être vus à la hausse, particulièrement sur le nombre de vérifications d’identités.

Du 22 février au 19 mars :

Plusieurs dizaines de contrôles routiers + fouilles du véhicule
1 nuit au commissariat en cellule de dégrisement et une amende pour visage masquée et ivresse sur la voie publique (personne arrêtée à 20 m de la maison)

73 vérifications d’identité, la plupart ayant duré 4 heures.

25 gardes à vues :

  • 8 gav de 24 heures
  • 17 gav de 48 heures
  • 5 comparutions immédiates
  • 2 détentions provisoires

Interdictions administratives :

  • 1 interdiction de Meuse et Haute-Marne
  • 1 interdiction de Meuse et Haute-Marne + pointage deux fois par semaine dans l’attente du procès
  • 6 interdictions de Meuse + pointage au comico toutes les 2 semaines dans l’attente de procès
  • 1 interdiction de Mandres-en-Barrois

Peines des procès passés pour des faits ayant eu lieu à partir du 22 février :

  • 3 mois de prison ferme avec mandat de dépot (1 mois déjà fait en détention provisoire) + 5 mois de prison avec sursis et 18 mois d’obligation de travailler, d’interdiction de territoire de la Meuse et de la Haute-Marne (alors qu’il avait un hébergement à Bure).
  • 3 mois de prison ferme avec mandat de dépot
  • 4 mois de prison avec sursis après 1 mois de provisoire
  • 3 mois de prison avec sursis + 1 an d’interdiction de Meuse et Haute-Marne

Jeudi 8 mars, un camarade arreté à Bure il y a quatre mois, écoppe de 8 mois fermes supplémentaires (après avoir déjà passé 4 mois en prison pour une autre affaire) + 4 mois de prison avec sursis + 2 ans de mise à l’épreuve avec obligation de suivi psychologique et obligation de suivre une formation ou d’avoir un emploi

Procès à venir pour des faits ayant eu lieu à partir du 22 février :

  • 3 avril 2018 : 1 personne en procès au TGI de Bar le Duc à 15h (procédure de comparution immédiate avec demande de délai). Le procureur avait demandé sa mise en provisoire jusqu’à son procès, la juge lui a mis un contrôle judiciaire (pointe 2 fois par semaine dans le comissariat de son lieu d’hébergement) avec interdiction de territoire de la Meuse et de la Haute-Marne.
  • 27 avril 2018: une personne en procès au TGI de Bar le Duc. Un peu moins de 24h de garde à vue. Procès pour refus de se disperser après sommation, participation à une manif interdite. Procureur en charge : Olivier Glady.
  • 23 mai 2018 : 12 personnes en procès :

– Procès de 6 personnes arrêtées à la manif du 4 mars. 48h de garde à vue. Procès pour participation à un attroupement après sommations avec visage dissimulé, certaines personnes pour refus de sygnalétique et d’adn. Procureur en charge : Olivier Glady.
– Procès de 6 autres personnes arrêtées à la balade en forêt le 14 mars. 48h de garde à vue. Procès pour participation à un attroupement en vue de la préparation de violences volontaires contre les personnes ou de destruction ou dégradation de bien (et beaucoup de phrasées de décoration). Procureur en charge : Olivier Glady.

  • 12 juin 2018: 3 personnes en procès au TGI de Bar le Duc pour outrage (suite à l’expulsion du bois lejuc)

Arretés préfectoraux :

De nombreux bouts de papier remplis de pouvoir tous plus époustouflants les uns que les autres sont apparus sur le site de la préfecture jours après jours.

  • Du 22 février au 26 février : arrêté préfectoral d’interdiction de circulation des piétons et automobilistes sur divers chemins autour du Bois Lejuc
  • Les 2,3,4,5 mars : arrêté préfectoral d’interdiction de manifestation, interdiction de circulation en véhicule et de stationement sur les communes de Bure et Mandres, interdiction de survol
  • Du 22 février au 22 mars : interdiction de transports de matériaux combustibles et pyrotechniques, interdiction de transports de matériaux de constructions : bois, paille…

Si on additionne, suite aux arrestations de ces 30 derniers jours, cela donne 1300 heures de mise en cellule (gardes à vue + vérifications d’identité), 18 mois de prisons distribué et 17 procès ces deux prochains mois.

À cela nous rajouterons :
– Les menaces de procès et de perquisitions aux voisin.es qui soutiennent la lutte
– L’instruction en cours qui n’a encore mis personne en charge et mettra d’ici quelques mois / années des personnes à charge. Pour inf o: mettre une personne à charge leur oblige à ouvrir l’accès au dossier d’instruction, c’est une stratégie de nous laisser dans le flou au sujet du contenu (ou du vide) de ce dossier. En attendant ça leur donne plus de pouvoir pour réouvrir d’anciens dossiers ou pour lancer des perquisitions quand ils le souhaitent par exemple.
– Et tous les anonymes qu’on ne connait pas directement mais qui subissent le harcélement policier/judiciaire de la Meuse sous occupation étatique. (amendes, procès divers). Un exemple sur le site de l’Est-Républicain.

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