Compte rendu de seconde journée suivant les expulsions. Nous sommes toujours dans le bois !

Le 16 octobre 2012, le préfet de Loire Atlantique déclarait fièrement à la France entière ces quelques mots : « A 10 heures ce matin, tout était terminé ». 6 années plus tard, la zad de Notre-Dame des Landes vit toujours.
Hier Matin, à Bure, de nombreuses personnes représentantes de l’autorité ont assuré avec la même lueur de pouvoir dans les yeux que le Bois Lejuc était évacué de tout.e opposant.e. Cela fait pourtant plus de 40 heures que les cabanes dans les arbres sont toujours occupées, l’avenir de la forêt est décidément loin d’être vouée à sa destruction.

La maison de la résistance en ébullition

Aujourd’hui, vendredi 23 février, alors que certains nous disent au plus bas nous ressentons à contrario pleinement notre force. Ces deux derniers jours des dizaines de personnes ont afflué vers la maison de la résistance et désormais ses multiples autres lieux de vie qu’elle a engendrée, notamment ces derniers mois. 70 rassemblement de solidarité ont eu lieu partout en France. Depuis deux jours nous passons du rire aux larmes, de la colère à la joie. La frénésie a envahit ceux qui ne veulent pas de l’immonde projet Cigéo. La rage nous anime, la rage qu’ils aient détruit une partie de ce que nous avons pris un an à construire, la rage que la justice ait envoyé deux de nos ami.e.s cet après-midi en prison, la rage qu’une minorité de personne tente par la force de détruire la vie.

Toujours dans le bois

Depuis très tôt ce matin de nombreuses personnes ont réussi à s’infiltrer dans la forêt. Les unes pour aller ravitailler les occupant.es dans les arbres en couvertures, baches, nourriture. Les autres pour surveiller les agissements du personnel de l’Andra et de sa police.
L’agence a annoncé vouloir tout d’abord remettre le bois en état, on ne parle pas de replanter les nombreux hectares défrichés, mais d’enlever le mur détruit qui est devenu le symbole leur défaite. Aujourd’hui il n’y avait pas de signe d’activité d’ampleur dans le bois, ni près du mur, ni dans les parcelles qui doivent être prochainement rasées. Seulement de nombreux véhicules patrouillants sur les chemins remplis d’hommes armés.

Police partout
Le rapport d’égalité homme/femme s’est sérieusement dégradé dans les rues de Bure et ses alentours ces derniers jours. En effet plusieurs dizaines d’hommes (avec bien sur quelques femmes) ont pris position à de nombreux endroits et ne décollent plus d’un poil. Le village s’est brutalement vu une nouvelle fois envahi lors de la visite de Sébastien Lecornu ce matin à la mairie de Bure venu faire un discours plein d’éloquence et vide de sens.

Quand la justice digère le travail
Cet après-midi, deux ami.es ont été transferés à la maison d’arrêt de Nancy pour une détention préventive dans l’attente de leur procès le 19 mars. C’est avec tristesse et amertume que nous recevons cette nouvelle. Le seul juge et procureur s’occupant des affaires de Bure, et espérant visiblement jouer leur carrière dessus, firent preuve de la même condescendance et intolérance qu’à leur habitude. Messieurs,soyez prudent, prenez garde quand vous semez les graines de la colère.

 

Nous sommes là, nous resterons là.

Un.e défenseureuse du vivant parmi tant d’autres.

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