Montier en Der ou le monde derrière l’objectif !

On y parle de nature , de milieu naturel, de migration d’oiseaux… tout ce qui fait qu’ un jour n’importe qui s’émerveille pour ce qui l’entoure, et se passionne jusqu’à avoir le désir infini de protéger ces richesses à la portée de tous. L’oiseau a passionné les combattants de la guerre 14 18 au cœur des tranchées… il faisait rêver les « poilus »: chants d’alouettes ou de mésanges charbonnières résonnaient entre deux bombardements. Ils inspirèrent des musiciens comme Messiaen mais ce qu’ils inspiraient aux poilus n’avait pas de prix : s’imaginer à la maison , en liberté , loin de la tranchée.
Et de quelle liberté ont pu être inspiré les occupant-e-s du Bois lejuc
en juin 2016 et autres chouettes de Bure ? La sensation fugace d’être au monde! Le plaisir de vivre dans la forêt, de lutter ensemble, de sentir le contact avec l’humus en écoutant le concert de la grive musicienne, des pouillots véloces, fitis ou siffleur …Walden  ou la vie dans les bois et la résistance aussi à l’occupant nucléocrate !

 



Dans  La région du Der, en Champagne humide, au centre du bocage résiduel considérablement entamé par l’agro-industrie, stationne une multitude de migrateurs.Ils sont venus pour l’essentiel du nord de l’Europe. Des dizaines de milliers de Grues cendrées se retrouvent là chaque année, et leurs concerts et ballets impriment nos cerveaux, avec elles les diverses espèces d’oies cendrées moissons rieuses …  ainsi des foules d’anatidés, de limicoles, de passereaux, de rapaces, et de grandes aigrettes encore si rares il y quelques décennies.
Cette région si attractive pour l’avifaune l’est également pour l’ornithologue voyageur. Les chasseurs y font des prélèvements massifs à la périphérie du lac. Leurs congélateurs se remplissent jusqu’à la lie. Une vaste aubaine pour un business dévorant et envahissant: aller donc voir le prix des chambres d’hôtel! L’installation récente, non pas d’une épicerie mais d’un Casino  ! L’extension du port de plaisance de Gifaumont n’a pas respecté les principes de la loi Littoral. Et c’est tout naturellement que le salon de la photo animalière de Montier en Der est venu s’ajouter à cette expansion économique violà plus de vingt années.Mais ne crachons pas dans la soupe : il se produit là des conférences et des expositions d’un immense talent comme des témoignages inédits, notamment de naturalistes bénévoles engagés de longue date dans la sauvegarde de l’aigle royal ou des busards cendrés. C’ en est au point qu’il est devenu tabou, tandis que l’on s’émerveille, d’y poser des questions concernant une sensation simultanée et glaciale de la destruction du monde qui nous entoure par un système prédateur absolu auquel n’échappent ni les peuples premiers, ni l’humanité en général, ni la faune et la flore mondiales.

Le XXIe siècle est en train de vivre une extinction de masse : faune, flore,  avifaune ; et pas seulement des plus emblématiques, le phénomène est global et touche depuis les organismes les plus méconnus  tels les collemboles qui vivent dans la litière du sol et la strate herbacée, jusqu’aux reptiles amphibiens et jusqu’aux batraciens en passant par l’ entomofaune . Les raisons invoquées  avant toute autre sont  la destruction des biotopes à très grande échelle pour les besoins de l’agro-industrie- chimique . Rivières, ripisylves, zones humides, bocages et forêts livrés aux appétits des industriels et des capitaux .
Les nombreux photographes exposant à Montier viennent nous présenter le spectacle sans doute sincère d’un monde en perdition qu’ils pourront aller chercher, eux seuls,  toujours plus loin sur la planète. Car aux portes de la ville, à quelques coups d’ailes de grues ou d’ oies, nous survolons les installations de stockages de déchets nucléaires de Soulaines, de Morvilliers, le centre de compactage de Briennes. L’ANDRA (l’agence nationale pour la gestion des déchets nucléaires) a tout acheté dans le secteur, des milliers d’hectares de terres agricoles, et la conscience cupide de la plupart des élus locaux. Les leucémies progressent de façon inquiétante dans un rayon de 15 km de la poubelle de Soulaines.Du coté de St Dizier l’avenir est aussi radieux avec l’ implantation fulgurante d’un pôle industriel destiné à la maintenance du parc nucléaire français. Mais la mairie partenaire du festival de Montier se préoccupe de l’avenir de la forêt et des peuples premiers comme les Papous de Nouvelle-Guinée … elle organise une rencontre conférence  : Frères des arbres, l’appel d’un chef papou le 18 novembre prochain. De quoi rêver ! À un avenir sans déforestation criminelle pour les peuples premiers , tout comme à un futur immédiat sans nucléaire ni tombeau nucléaire à BURE . A ces élus si admiratifs de territoires lointains et de peuples en lutte pour leur survie nous disons bravo mais cessez donc de livrer les forêts de Haute Marne et de Meuse à la folie des nucléocrates de l’ANDRA car ce sont l’ensemble des territoires qui en dépendent et l’avenir des populations locales ne dépendra jamais d’un tombeau nucléaire.

 

Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce.

Inscrit sur le mur de béton au bois lejuc

 

A ce jour, et depuis juin 2016 nous vivons toujours dans cette forêt dites Bois Lejuc et en assumons la défense quotidiennement . Avec une multitude de soutiens locaux, régionaux et nationaux implantées également sur le plateau du Barrois à Bure à la maison de la résistance et dans d’autres localités, nous reprenons en main l’avenir d’un territoire avec tous les habitants conscients. Nous savons de par l’histoire des luttes antinucléaires les capacités de type colonial de l’ANDRA qui incarne tel un état dans l’état, la toute puissance de ce dernier. Nous connaissons ses aptitudes à de multiples brutalités, mais l’usage de la force ne nous fera pas abandonner (manifestant/es grièvement blessés le 15 août dernier et perquisition massive en septembre) puis rebond avec la créations de nouveaux comités de lutte. Car notre combat est du côté de l’avenir, de la vie.

 

Objectif Bure … Bois Lejuc !

 

Rejoignez nous dans la forêt, pour un jour, un mois, un an, participez à nos campagnes de recensement d’espèces ornitho, faune, flore, papillons, chiroptères et batraco… et surtout refusez de collaborer avec les services de l’ANDRA ou assimilés !

 

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