Actualités

Le 11 janvier, Sven est convoqué au tribunal de grande instance de Bar le Duc.

Si Sven Lindström est convoqué devant les tribunaux c’est parce qu’il s’est déclaré occupant de la forêt libérée de Mandres en Barrois. L’ANDRA entend le déloger. Elle remet en cause les conditions de salubrité et de confort de son habitat. Pourtant, ni lui, ni personne ne manque d’installation dans la forêt, mieux, il y a de la place pour accueillir de nouveaux projets.

L’avocat en charge du dossier de Sven étudie une demande de renvoi, malgré cela tout votre soutien pour cette journée du 11 sera le bienvenu ! La menace d’expulsion plane à nouveau et se matérialise à travers des démarches judiciaires. On reste soudé-e-s et on donne des nouvelles ASAP!

 

Mise-à-jour au 14 janvier : La convocation est repoussée au 25 janvier. A la fin du mois, l’Andra pourrait disposer à la fois d’une ordonnance d’expulsion et d’un arrêté préfectoral autorisant la reprise des défrichements. Il y a un gros risque d’intervention policière : surveillez les nouvelles de près, on aura besoin de monde.

Bure, une année déter’ contre le projet CIGÉO !

[ARTICLE PUBLIÉ SUR GAZETTE DEBOUT]

 

À Bure, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on a connu une année exceptionnelle de mobilisation contre le projet d’aménagement de la plus grande poubelle nucléaire européenne. Ce sont des milliers de personnes qui, tout au long de l’année ont pour beaucoup découvert cette lutte, ont semé avec nous au printemps, ont partagé les durs et beaux moments d’un été particulièrement intense d’occupation et défense du Bois Lejuc, se sont installés sur place pour certains et reviennent fidèlement nous voir depuis, pour d’autres.

Imposer l’ineluctable

Un grand concept sociologique de l’aménagement du territoire par les grandes entreprises, c’est l’acceptabilité, ou comment faire en sorte de faire accepter l’inacceptable à la population qu’on envahit. Comme pour les soins palliatifs, on fait accepter progressivement au malade sa disparition prochaine. Après une première phase de rejet violente dans les années 90, lorsque 10000 personnes défilaient dans les rues de Bar-le-Duc et que deux tiers des habitant-es de la Meuse signaient une pétition contre l’implantation d’un « simple laboratoire d’étude » de l’Agence Nationale d’enfouissement de Déchets RAdioactifs, ou que des agriculteurs en colère enflammaient des bottes de pailles contre les grilles du chantier, est arrivée la résignation puis le fatalisme.

Durant 15 années, l’ANDRA a bénéficié d’un fort appui financier du GIP Meuse, une officine chargée d’arroser abondamment le territoire, d’acheter la bienveillance des élus locaux par un « accompagnement économique » difficile à contourner pour un territoire appauvri et désertifié après la désindustrialisation. Certains qui ont essayé ont perdu leur mairie, ont vu leurs conseillers municipaux se retourner.

En parallèle, les paysans et habitant-es de Bure et de ses environs, parfois jusqu’à quelques dizaines de kilomètres, se sont vus proposer des sommes coquettes pour le rachat de leurs terres. Et au fur et à mesure que l’ANDRA s’est constitué une réserve foncière suffisante, un troc de terre est venu accompagner les rachats : « si tu me cèdes ta terre à Bure, tu récupères un lopin à 2km et on te rajoute 30% au prix de ton ancien terrain qu’on te rachète ». Au final, ce sont 1000 hectares de terres agricoles et 2000 de forêts et autres terrains non-agricoles que l’ANDRA a mis dans son escarcelle, alors que le projet CIGEO ne dit nécessiter à ce jour que 300 hectares de surface. Cette politique d’acquisition agressive, assortie d’une menace d’expropriation future en cas de refus et de passages et appels répétés de l’ANDRA, ont eu raison de bien des gens et de leurs illusions.

Un faux débat public, fortement chahuté en 2013, et une propagande intensive dans les journaux locaux, auprès des écoliers et commerçants, ont suffi à imposer l’image de l’ineluctabilité du projet dans les consciences, en quelques années seulement. Entretemps le projet de laboratoire est devenu un projet de stockage en profondeur de déchets hautement radioactifs puis un stockage de surface de déchets faiblement et moyennement radioactifs est venu s’ajouter au tout. Bref, la pilule est amère pour la Meuse, qui depuis longtemps est déjà l’enfant pauvre, méprisé et désertifié de la Lorraine. Si on ajoute à cela les a prioris à l’encontre de la région, qui voient en elle un terrain argileux, caillouteux de champ à perte de vue, quelconque et sans charme, il n’en faut pas plus pour qu’une entreprise comme l’ANDRA puisse creuser son nid paisiblement dans une indifférence générale.

Carte distribuée à l’entrée de la World Nuclear Exhibition 2014 à Paris

Seulement, aujourd’hui il ne s’agit plus seulement d’enterrer les déchets gênants de plusieurs décennies d’incurie de la filière nucléaire, d’abord massivement jetés dans les eaux internationales au large de la Somalie, puis stockés dans le permafrost sibérien ou dans des piscines saturées à la Hague. Avec la faillite récente d’Areva, son incompétence avérée dans les projets de centrales EPR à Flamanville et en Finlance ou encore dans la dépollution de Tchernobyl, avec l’arrivée en fin de vie de 17 centrales nucléaires en France, c’est toute la filière nucléaire qui a du plomb dans l’aile.

Quoi de plus opportun qu’un territoire peu peuplé et dévalorisé comme la Meuse, qu’on pourrait transformer en vitrine de l’industrie nucléaire en y implantant un « pôle de compétence », une sorte de Silicon Valley nucléarisée ? Un projet de retraitement de déchets nucléaires à Gudmont-Villiers porté par Derichebourg, une blanchisserie d’habits du nucléaire à Joinville, une usine de montage de pièces de centrales à St Dizier, une autre à Velaines : la colonisation nucléaire du territoire est en marche, à l’insu de ses habitant-es, bien entendu ! La consultation publique n’est généralement qu’un moment de présentation de décisions et projets déjà bien ficelés et actés dans les coulisses parisiennes.

Acceptabilité rime avec ineluctabilité : comme à Sivens, on mise sur le mal déjà fait pour atteindre le point de non-retour, celui des dégâts déjà irréversibles. Ironique, quand on pense que CIGÉO s’appuie entièrement sur une loi votée par 20 députés le 11 juillet dernier au parlement et qui stipule que l’enfouissement est réalisable à la condition qu’on puisse l’interrompre, rendre réversible le processus n »importe quand durant les 140 années qu’est censée durer l’exploitation. Mais réversible ne veut pas dire récupérable : en Allemagne, la mine d’Asse peut en témoigner, les fûts gisent dans le sel des mines, corrodés, et libèrent leur radiations sans qu’on sache comment y remédier. La stratégie de l’ANDRA et de ses collègues atomisés est de bâtir le plus vite possible, le plus possible, pour que surtout on ne se rende pas compte assez tôt qu’au-delà des coûts faramineux, les moyens techniques et scientifiques d’assurer le principe de précaution le plus élémentaire, ne sont pas remplis.

Enraciner la résistance

C’est ainsi qu’on s’affranchit de la légalité pour ratiboiser une forêt bien mal acquise, en 2015 lors d’un conseil municipal organisé à 6h du matin, à l’insu des habitant-es du village de Mandres. 84 forages dans le Bois Lejuc justifient qu’en juin 2016 on défriche 8 hectares, qu’on érige une clôture sur 3 km, sous surveillance de vigiles armés de manches de pioches, boucliers et casques.

Pour un projet qui doit encore obtenir son autorisation de création en 2018 et ne dispose par conséquent pas encore du label magique de l’utilité publique (le droit de dénaturer un territoire en profondeur sous prétexte de nécessité publique), CIGÉO est déjà bien implanté. Ce ne sont pas des « travaux préliminaires », bien entendu, ce ne sont que des sondages géologiques destinés à établir la faisabilité du projet. En attendant, la forêt est rasée sur 11 hectares, un remblais de 30 cm est déposé sur un chemin de ronde de 3 km et de 10 à 15 mètres de large et l’ANDRA affirme que tout est amovible.

Que reste-t-il comme recours quand une forêt disparaît à vue d’oeil, excepté celui de se placer entre la machine et ce qu’elle prétend détruire ? Mi-juin le Bois Lejuc est occupé par 250 personnes, une soixantaine de personnes l’occupe durant 3 semaines avant qu’une expulsion violente par les forces de l’ordre ne permette à l’ANDRA de revenir en force. Un mur de 2 mètres en béton et prévu sur 3km est érigé en « protection » contre les hordes violentes d’empêcheurs de déboiser en rond. Il faudra attendre le 1er août et une destruction importante de la forêt, malgré une réoccupation partielle de celle-ci mi-juillet, pour qu’une décision de justice ne déclare le défrichement illégal et ne suspende les travaux. Ce n’est que deux semaines plus tard, après moultes actions menées contre les sous-traitants, en lisière de forêt, devant le laboratoire, entre humour et offensivité, rires et colère, légalité et clandestinité, projectiles et farces, que les gendarmes mobiles et vigiles se retirent, livrant le bois à notre joyeuse détermination.

400 personnes détruisent le mur, le couvrent de centaines de slogans drôles, puissants, beaux et révolutionnaires. « Le mur de Bure est tombé« , le mot circule partout en France, les vidéos et images fusent sur les réseaux sociaux, par sms et sur les sites internet. La presse nationale elle-même est momentanément captée, se déplaçant jusqu’à Bure pour assister à la joyeuse débourrade du mur. Libération titre « La faillite du nucléaire » un dossier de quatre page qui dresse un sévère bilan de la débâcle de l’industrie nucléaire, d’autres médias suivent, Bure sort de son anonymat comme jamais en 20 ans : 1,6 millions d’euros de sabotage ça ne passe pas inaperçu !

L’été d’urgence décrété à Bure en juin a porté ses fruits : des centaines de personnes sont venues tout au long des deux mois qui ont suivi. La forêt, la Maison de la Résistance et le terrain de la gare de Luméville, lieux d’organisation et d’accueil de la lutte, n’ont pas désempli, habités par une furieuse et joyeuse détermination, un puissant et contagieux vent de résistance. Une forte solidarité financière et une belle autogestion, parfois un peu chaotique, ont fait des merveilles : dépassés par une mobilisation au-delà de nos espérances, nous avons en revanche grandement amélioré les possibilités offertes à la lutte sur place.

Habiter sans s’imposer

Depuis plusieurs années, les volontaires de la Maison de la Résistance ont vu certains d’entre eux s’installer aux environs et drainer à Bure des solidarités qui ont peu à peu contribué à tisser un réseau de soutiens militants, agricoles, artistiques, logistiques à 10, 30 ou 60 kilomètres. Ces soutiens précieux permettent depuis plusieurs années d’organiser des festivals, des manifestations qui rassemblent régulièrement jusqu’à un millier de personnes.

Ce réseau et ceux qui sont venus s’ajouter suite au campement anti-autoritaire d’août 2015, ont grandement contribué au succès des mobilisations de cet été : une alchimie précieuse entre des mois et années de travail de terrain et une forte proximité avec de nombreux réseaux de lutte sociales, antinucléaires, environnementales, de territoires, en villes comme ailleurs.

Une dynamique agricole s’est engagée dès l’été 2015, avec des rencontres entre paysans de Notre-Dame-des-Landes et Bure, et qui s’est poursuivie à l’automne avec des semis de pommes de terre, dans les champs laissés en friche par l’ANDRA. Cet automne-ci deux nouveaux hectares ont été labourés avec la complicité de nos amis paysans locaux, une rencontre et formation nationale du réseau européen Reclaim The Fields s’est tenue à la maison de la résistance en novembre, et d’autres projets fleurissent déjà pour ne pas seulement occuper mais également habiter Bure et ses environs.

Face à un projet qui s’impose par la force, qui peu à peu supprime à un territoire son histoire pour réécrire la sienne, nous voulons au contraire l’habiter, nous laisser habiter par lui et par ceux qui y vivent et vivaient avant nous. Nous avons entrepris d’en recueillir les mémoires à travers les récits de ses grands-mères et pères. Un journal que nous éditons, le Couarail, reprend son appelation à l’histoire de la Lorraine : une rencontre sur le seuil, pour discuter de tout mais surtout pas de rien. Comme les praesidio du No Tav, le Couarail c’est le lien social que l’ANDRA brise savamment en dressant les habitant-es les un-es contre les autres. Nous ne prétendons pas le reconstruire, mais simplement le faire exister entre nous et celles et ceux qui nous acceptent et nous apportent autant que nous espérons leur apporter en luttant non pas pour eux mais avec eux.

Bientôt deux nouvelles maisons permettront d’accueillir celles et ceux parmi nous qui se sont installé-es à Bure à la fin de l’été et depuis quelques mois. Des projets de bibliothèque, d’université populaire, de chorale, de four à pain et bien d’autres choses émergent déjà à travers des commissions qui se multiplient. Un groupement d’achat se prépare pour acheter collectivement et localement légumes et sec que nous finançons déjà avec une partie de nos finances mises en commun. Entre forêt, maison et terrain de la gare, une assemblée dite « des gravitant-es », celles et ceux qui vivent, vont, viennent et gravitent autour de Bure, détermine chaque semaine agenda, dépenses, aspects de la vie collective, projets, etc. Une commission juridique porte nos attaques contre le projet, une autre anti-répression nous défend des attaques pénales que nous subissons en réponse à nos actions. L’automédia répartit les responsabilités de la parole publique, de la communication écrite, orale, radio, vidéo, photo entre nous tout-es, selon les jours et les sensibilités. Des chantiers publics et collectifs de travaux nombreux se préparent et s’échelonneront tout au long de l’année à venir.

Si l’année passée était placée sous le signe de la spontanéité, celle à venir le sera, nous l’espérons, sous celui de la construction et de la résistance : vivre et lutter dans un même élan !

 

John, pour l’automédia de Bure

automedia.bure@riseup.net

 

 

Fête du solstice d’hiver

BURE : LA FORCE EST AVEC NOUS !

Nous relayons ici le témoignage d’un ami venu le temps d’un week-end s’ensauvager dans le bois Lejuc à Bure. C’était la fête du solstice d’hiver et la joie fut contagieuse.  

« Quel bonheur, après avoir galéré dans un brouillard à couper au couteau pendant une heure, d’arriver en pleine nuit dans la forêt occupée par les valeureuses et valeureux résistant.e.s et de pouvoir se réchauffer autour d’un bon feu de camp, entouré par rien que des bonnes gueules. Des bonnes gueules prêtes à chanter, à boire à dévorer la bonne bouffe apportée par tout le monde et à hurler de rage si l’ennemi se présente, des bonnes gueules c’est qu’il y en a des dizaines et des dizaines dans cette forêt magique, occupée maintenant depuis 6 mois, à la grande rage de l’Andra, des industriels du nucléaire, des pouvoirs publics et des élus locaux à leur service.

Bon dieu que ça fait plaisir de continuer à leur damer le pion!

 

15578099_1604727872886946_2093234942073878018_o

Je suis accueilli par un bon punch maison qui me met tout de suite dans l’ambiance. Et après on cause ! Et avec nous, leur société pourrie en prend un coup ! Ici les gens viennent de partout, de près et de loin. Outre les locaux, il y a des gens de toute la France mais aussi d’ailleurs… bref des êtres humains qui n’en ont rien à foutre des frontières et qui sont là pour lutter contre la pire horreur jamais imaginée par le capitalisme : enfouir les déchets hautement radioactifs à 400 m sous terre !
La pire horreur car le poison qu’on va mettre là, personne ne sait ni quand, ni comment, par quels chemins, par quels interstices il va revenir dans la gueule de la planète, personne ne sait quelle sera l’immensité des dégâts qu’il va produire ce poison, sur les végétaux , sur les animaux sur les êtres humains et où ça ? Où se cacher ? va-t-il ressortir à l’est, à l’Ouest, en Champagne , en région parisienne, à Nancy , partout ?

La seule chose qu’on sait, c’est qu’il reviendra, peut être même demain, et que cette fois ci, on n’aura plus aucune chance de contrôler quoi que ce soit.Alors on lutte. Et on luttera jusqu’au bout du bout.Car s’il n’y a pas de bonne solution avec le nucléaire, la pire du pire du pire, c’est bel et bien l’enfouissement et l’abandon de l’espoir.

Et ce qui est beau c’est que les gens s’installent, dans la forêt mais aussi tout autour, à la maison de la résistance, à la gare, dans des logements loués ou achetés, certains disent qu’ils viennent pour 6 mois, d’autres pour un an, d’autres pour 8 jours, d’autres pour toujours, on s’en fout on est tous là, de plus en plus nombreuses et on va gagner. On va gagner parce qu’on a l’enthousiasme et la rage alors que les salopard.e.s d’en face n’ont que leur pouvoir et leur pognon. (et ils en ont de moins en moins du pognon vu que EDF et Areva sont au bord de la faillite).

15542194_1604727842886949_8559788542871770145_n

Bon cela dit c’était la fête du solstice, il faisait froid et on voulait montrer que rien ne pouvait nous arrêter, ni le froid ni le brouillard ni la pluie. C’est pour ça qu’on était des dizaines et des dizaines. En soutien aux courageuses et courageux permanents de la forêt. Moi je voulais dormir en haut d’un arbre à 25 ou 30 m de haut (il y a plein de cabanes) c’était mon rêve, mais bon vu que j’avais jamais grimpé, on m’a déconseillé d’essayer en pleine nuit. Alors sagement, j’ai dormi à la Communale, c’est une chouette maison au sol tout en palettes (voir photo) d’où l’on peut voir les étoiles quand il y en a. Bien emmitouflé et après le schnaps, un très très bon ami à côté de moi pour tchatcher et refaire le monde, juste rien que du bonheur.
Le matin grasse matinée bien méritée, levée du corps à 10h, et extraordinaire petit déjeuner au boudin noir et blanc sur le grill. Après : essai de grimpe (voir photo de l’objectif) mais pitoyable échec pour moi, encore moins souple qu’un bout de bois. Mais je reviendrai habillé comme il faut!

Ca fait rien quand on repart de Bure, on a des étoiles plein les yeux, et on sait, on sent que le monde peut changer! pas seulement ici à Bure mais partout parce que nous sommes des millions à le vouloir. Allez y faire un tour vous verrez comme c’est bien, on peut y passer pour le nouvel an (il y a une fête) et tous les week ends

Vive la lutte ! Vive l’espoir ! A bas le capitalisme ! A bas leurs projets pourris ! A bas les frontières ! A bas les murs! (Il est toujours par terre, comme le symbole de leur déconfiture) Et à bas Cigeo !  »

 

Fil info décembre 2016

31 décembre

Chouette soirée de nouvel à la maison, avec pas mal d’ami-es d’ici et d’ailleurs qui nous ont rejoint-es. Danse jusqu’à 7h du matin pour certain-es, discussions passionnées dans la cuisine pour d’autres, promenade nocturne pour d’autre et crise de foie pour les dernières.

22 décembre – le retour de l’huissier

16h00 : L’huissier missionné par l’ANDRA était de retour dans le Bois Lejuc, avec son escorte de vigiles et sous la surveillance distante des gendarmes. Quelques photos prises, il est reparti.

19 juin-19 décembre : ça fait 6 mois qu’on occupe le bois Lejuc !!

20161217_082122

6 mois d’occupation, c’est aussi 6 mois de rencontres, de fêtes, de pique-niques, 6 mois de bricolages et constructions, au sol et dans les airs. 6 mois d’intensification de la lutte locale contre Cigéo et son monde, de manifestations, de déambulations… Le 19 juin par un pique-nique en forêt s’est prolongé en une occupation joyeuse et déterminée. On s’est fait expulser, on a détruit un mur, on est revenus. 6 mois après, on (s’)y trouve toujours des feux, des chants, des courges farcies cuites au feu de bois, de l’énergie, plein de discussions, de la musique… Les hiboux de la forêt de Mandres sont toujours chez eux et comptent bien y rester !img_0060

D’ailleurs, le premier habitant officiel du bois, Sven, y a fêté son anniversaire, le 13 décembre dernier ! L’occasion d’un bon repas autour du feu, et d’inaugurer une (l)hutte de sudation, histoire de se réchauffer pendant ces froides nuits d’hiver !

Rebelote ce week-end, pour la fête du solstice d’hiver déter ! On était environ 80 personnes à venir passer une journée en forêt. Au programme : ateliers grimpe, construction de barricades, bardage de cabanes, séances digestives de badmington sur la « badrricade », balade pour aller admirer le travail de reboisement de l’Andra, repas et soirée autour du feu… On remercie chaleureusement tou.te.s les ami.e.s qui sont (re)venus nous voir et nous ont apporté, avec leur bonne humeur, matos et bouffe pour tenir l’hiver. L’esprit festif et déterminé de l’été flotte encore sur la forêt !

reboisement

Dans le même temps, la mascarade de l’Andra continue… Son « reboisement » de quelques 2300 plants est presque terminé : une charmante attention de la part de nucléocrates so green (nous les remercions) mais leurs arbrisseaux ne feront pas oublier les souches mortes à quelques centimètres de là. D’ailleurs, qu’on ne se méprenne pas sur la sincérité de ce mea culpa : sur le terrain, l’Andra continue de nous envoyer régulièrement ses flics et ses vigiles pour créer une atmosphère de tension aux alentours du bois… en attendant une expulsion ? Sur le plan juridique, la prochaine audience concernant la forêt se tiendra le 5 janvier 2017… Affaire à suivre.

Et sinon, à la maison de la résistance, la cuisine se pare de nouvelles couleurs ! A découvrir en exclusivité quand vous voulez !

pc110354

 

 

 

 

 

 

 

Enfin, à lire ailleurs ! Le communiqué de Stop Bure 55 sur la réunion du « Comité de Haut Niveau de Cigéo » (rien que ça !!) à Bar-le-Duc vendredi dernier. Ou comment les grands de ce monde se barricadent d’eux-même dans la préfecture !

Week-end du 17-18 : fête du solstice d’hiver en forêt

solstice-dhiver-afficheDeutsch: https://linksunten.indymedia.org/de/node/198938

A Bure, après un été où elle a été mise en échec, l’Andra repasse à l’attaque pour implanter son projet de poubelle nucléaire. Elle utilise le prétexte d’un reboisement sur des parcelles qu’elle a saccagées pour revenir dans la forêt et s’acheter une conscience écolo. Une véritable hypocrisie : nous savons qu’à terme le bois sera de nouveau défriché pour laisser place à la zone des puits de ventilation des déchets.

Sur le terrain, la pression augmente : les vigiles rodent en lisière, les gendarmes approchent les barricades. L’Andra se met en règle sur le plan juridique pour rendre possible une expulsion. Le 15 décembre se tiendra une audience au tribunal qui risque d’accélérer la reprise des travaux.

Face aux menaces, les hiboux restent sur le qui vive et appellent tou.te.s leurs ami.e.s à un rassemblement festif dans la forêt, le week-end du 17 décembre.

Solstice d’hiver, solstice déter’ !

 

Nous invitons tous nos soutiens à une marche forestière contre la mascarade du greenwashing, samedi 17 à 14h, au départ de la vigie sud : nous irons planter une haie d’arbres morts pour rappeler l’absurdité de leur reboisement.

Dès 10h30, un accueil sera organisé en forêt pour celles et ceux qui voudraient aider aux chantiers collectifs. La soirée se poursuivra en musique et au coin du feu, avec la crémaillère des cabanes. Des couchages en forêt sont prévus, ainsi qu’à la Maison de la Résistance.

Le froid tombe sur l’occupation et il est urgent pour nous de retrouver la chaleur des liens qui se sont tissés cet été, pour clouer la première planche d’un hiver déterminé.

Programme

Samedi 17

  • 10h30 : début de l’accueil à la forêt (vigie sud), petit dej’, possibilité de départ depuis la Maison de la Résistance, lancement des chantiers
  • 13h : pique nique tiré du sac en forêt
  • 14h : départ de vigie sud vers la zone reboisée au nord (vers Ribeaucourt)
  • 17h : retour au sud de la forêt, feu de camp, chansons, musique et apéro
  • Nuit en forêt pour les volontaires ; couchages disponibles à la Maison

Dimanche 18 : réunion des habitant.e.s et occupant.e.s, suite des chantiers. Et comme tous les dimanche : vin chaud en forêt et initiations à la grimpe

Pour diffuser l’appel

Jeudi 1er décembre – La fête de l’éco-enfouissemement continue!

La contre-attaque médiatique de l’ANDRA se poursuit avec la régularité d’un métronome. Après le début de « reboisement » du bois Lejuc le 30 novembre : une réunion de concertation pour « les milieux naturels et la biodiversité » le 1er décembre. Eteindront-ils enfin demain les hideuses lumières de leur laboratoire pour être plus éco-citoyens? On ne peut que le souhaiter.

En attendant, heureusement, des hibous veillent…

 

Opération « haie d’honneur » pour la consultation – étape 1 !

photo3Des nouvelles fraîches de la biodiversité à Bure ! On a signalé ce matin dans l’écosystème meusien la présence de quelques hibous forts déçus de ne pas avoir été invités à une « concertation » organisée par l’ANDRA avec les « acteurs du territoire » en vue de l’étude d’impact globale de la poubelle nucléaire. C’est dommage, ils avaient pourtant quelques idées sur la question…

C’est donc pour réparer cette injustice qu’un défilé bariolé s’est mis en route à 13h40 vers la salle des fêtes de Bure, puis vers l’espace technologique du labo, où des nucléocrates à court d’idées retorses avaient déplacé leur réunion en catimini. Le cortège arrive malgré tout assez tôt à destination pour accueillir les participants et leur rappeler en musique avec qui ils allaient se « concerter ». Leur tract précisait : « les prétendues consultations ne sont qu’un autre des rouages d’une stratégie de communication à grande échelle. Comme pour le débat public de 2013, tout est ficelé d’avance. »photo2

 

Opération « haie d’horreur » pour le greenwashing – étape 1bis !

Après la consultation, la fête de l’éco-enfouissement se poursuit au nord du bois Lejuc. Comme hier, le tracteur, flanqué de quelques gendarmes, d’Emmanuel Hance et de ses vigiles, trace son sillon infernal. La scène est surréaliste : à quelques centimètres des souches des arbres abattus quelques mois plus tôt, on prépare la plantations de quelques dérisoires arbrissimg_20161201_145747eaux. Pourtant, nul besoin de préciser que, si rien n’est fait, c’est une portion encore plus grande du bois qui sera de nouveau rasée pour construire la zone des puits de ventilation. Mais peut-être que, là encore, on assistera au spectacle absurde d’un tracteur creusant des sillons sur un désert pour y replanter quelques arbrisseaux : c’est ça l’esprit de la réversibilité façon Cigéo.

 

Face à cette absurdité, une évidence s’empare des hibous : une haie d’arbre morts, une « haie d’horreur » pour une mascarade de reboisement, une rangée de branches sans vie pour rappeler que l’Andra a déjà massacré le bois et le massacrera encore. L’insolence de ce greenwashing vire au sinistre, mais les hibous choisissent encore une fois la dérision : c’est encore en musique et dans la joie de lutter ensemble que se déroule cette parodie de reboisement. L’esprit de l’été revient sur les hibous.

zone-des-puits

La future zone des puits (selon eux), largement défrichée…

 

Vite, l’étape 2 pour un hiver déter’ !

Devant nous, encore au moins 12 jours de pépiniériste reboisant ce qui a été déboisé pour mieux redéboiser plus tard, encore des réunions de concertation fantoches, et bientôt l’anniversaire de Sven Lindstroem dans la forêt. Il y aura l’étape 2, et les autres suivront. L’hiver s’annonce déter’ mais on a besoin de monde!

On ne nous éco-enfouira pas.

On ne nous atomisera jamais.

 

img_20161201_150203

Les pancartes présentées devant l’entrée de l’ANDRA aux participants à la réunion de concertation :

naturalistes_andra8 naturalistes_andra7 naturalistes_andra5 naturalistes_andra6 naturalistes_andra4 naturalistes_andra3

Fil info Novembre/Décembre 2016

Quelques nouvelles d’ici et là !

  • La maison fête son annif

affiche-anniv_maison_coloriseePour fêter ses 12 ans, ce 3 décembre, la maison était en pleine effervescence : entre la cuisine, la salle multiactivité, le bureau, chacun-e y allait de ses préparatifs pour le cabaret du soir.

Confection de pochoirs pour faire des drapeaux, préparation de galettes, répétition de chansons, impression de paroliers, écriture de petits mots pour la criée publique, une chouette créativité et bonne humeur contagieuse.

Après un repas plus que copieux, agrémenté de photos d’un passé déjà bien rempli de mobilisations et de chantiers, la tablée s’est joyeusement époumonée à chants et à cri, transformant tables, assiettes, couverts et tout ce qui passait à portée de main en instruments improvisés. Violons, guitares, tambours se sont joints à la fête, d’abord en solo, duos, trios superbes, puis dans un boeuf musical endiablé. Les tables repoussées hâtivement ont laissé la place aux danseurs, la fête s’est étirée jusqu’à tard dans la nuit, entre plusieurs ambiances : slam ici, techno là, discussions un peu partout …

Un bien bel annif, avec plein de visages qu’il fait bon revoir dans notre petit coin de Meuse réfrigéré !

  • Dans le bois ça sillonne

Suite à un mail de leur part, on les attendait mardi, ils sont finalement venus dans nord du Bois Lejuc mercredi à 16h avec des vigiles, un tracteur et une poignée de gendarmes. L’ANDRA avait été condamnée en août à remettre le Bois en état dans les 6 mois, 5 mois plus tard les voilà qui prennent l’ouvrage à coeur et creusent un sillon durant 2h d’intense activité. À ce rythme là, ça va prendre du temps de remettre en état 8 hectares de défrichement, de remiser quelques centaines de tonnes de remblais et de murs en béton et de replanter plusieurs centaines d’arbres déracinés.

Pour leur donner du coeur à l’ouvrage, on leur tient compagnie, avec musiques et encouragements.

Jeudi 1er décembre on a remis ça, après une petite visite à l’entrée du pôle technique où se tient une réunion de concertation entre l’ANDRA et les « acteurs du territoire » : universitaires, associatifs et autres, invités à s’intéresser à « l’impact de CIGEO sur Biodiversité et les milieux naturels » pour les futures études d’impact destinées à ravager le Bois Lejuc et bien d’autres espaces destinées à accueillir la poubelle nucléaire.

  • Gudmont dit non !

gudmont-dit-non-vignetteEn plus de la poubelle nucléaire, le lobbie electro-nucléaire sûr de lui, cherche à implanter tout un ensemble d’infrustructures liées au nucléaire sur ce même territoire. Après la plateforme de Void-Vacon, un stockage de déchets FA-VL à Soulaine, une blanchisserie à Joinville, … le dernier projet est une recyclerie à Gudmont, à quelques km de Joinville .. Mais c’est sans compter sur les habitant-e-s du coins qui depuis la nouvelle ne cessent de dire massivement NON ! Dernière action en date dimanche 27 Novembre où tout le village se trouvait à vendre .. à voir par là !

 

 

On compte bien vous tenir au courant des prochaines mobilisations à Gudmont. Les habitant-e-s ont besoin de soutien ! Il est vraiment temps de mettre en place une inter-luttes locales contre la nucléarisation du territoire !

Plus d’informations sur la page facebook de mobilisation des habitant-es de Gudmont-Villiers

  • Une blanchisserie à Joinville.. bin non!

Poursuivons avec ces projets horribles .. Unitech souhaite implanter une blanchisserie pour les vêtements de travail du nucléaire à Joinville. Pratique ! C’est quand même pas loin de Soulaine pour le stokage… Mais pas sûr que la Marne s’en remette .. Rassurez vous, des collectifs commencent à se bouger sur la question. En voila d’ailleurs une belle affiche!

 

  • Barricades agricoles contre la poubelle nucléaire !

img_5612Ce 13 Novembre dès le bon matin, des personnes convergent vers l’ancienne gare de Luméville .. Sur place, l’ancien champ de patates planté en avril 2016 à la place des friches mortifères de l’ANDRA, s’est transformé en champ de blé … Il ne reste qu’à reconstruire des haies avec joie et coeur pour parachever cette remise en culture ! Toute la journée des gens du coin et de plus loin vont se succéder derrières les pioches, pelles, … Un beau renfort aussi de personnes du réseau Reclam the field, qui avaient leur assemblée annuelle ce même we à la maison de résistance .. L’ANDRA souhaite transformer des terres agricoles en poubelle nucléaire? Alors, nous les reprendrons !

La nuit venue, une chorale s’est improvisée devant la vigie patate transformée en bar autour d’un dernier vin chaud ..

 

Mercredi 30 novembre – La fête de l’éco-enfouissement a commencé !

Mercredi 30 novembre après-midi, l’Andra, Hance, ses vigiles et le petit prince Dubois, sont venus dans le bois, pas pour nous serrer la pince. Ni pour poursuivre des travaux de déboisements, ou même de sondages géotechniques. Non : pour faire des travaux de « reboisement ».

Car il est clair que l’agence agit maintenant « dans les clous ». C’en est fini des attitudes m’as-tu-vu de cet été, à coups de défrichements illégaux, de coups de lattes des vigiles, de militarisation énorme du territoire. Qu’on se le tienne pour le dit, l’Andra et la « justice », ça fait un !

Donc, ce fameux reboisement permet à l’Andra de remplir ses obligations vis-à-vis des tribunaux, conformément à la décision du TGI du 1er août enjoignant l’Andra à obtenir l’autorisation de défrichement dans un délai de 6 mois, ou remettre en état les zones défrichées. L’agence est en cours pour l’autorisation. Et là, elle commence donc à reboiser….pour mieux pouvoir revenir complètement dans la forêt sous peu et continuer ses travaux dégueus.

À 14h30 donc, à l’entrée nord du bois Lejuc (accès Ribeaucourt), Hance, flanqué de 3 vigiles est arrivé – après que deux véhicules de flics sont venus vérifier le terrain un peu plus tôt, certains posant tranquillement en treillis militaire, boucliers etc. De quoi reposer une ambiance très sympathique. Les cerbères attendent, sans que le beau soleil d’hiver semblent aller plus loin qu’effleurer leur crâne sans y faire rentrer de lumière. Pendant ce temps-là, trois véhicules de gendarme mettent un coup de pression à l’entrée sud.

À 16h, l’objet de l’attente paraît : un tracteur, flanqué à nouveau d’un pick-up de vigiles. La machine est munie d’une roue dentée qui peut creuser des sillons.

img_20161130_161952

Un reboisement tout en douceur.

  De 16h à 17h30, le tracteur, vaguement protégé par les vigiles, va tracer 2 sillons de 15-20 cm sur environ 100 m, sous la direction de Emmanuel Hance, qui, quand il ne pousse pas les agriculteurs à bout ou au cancer pour récupérer leurs terres, ou quand sa maison n’est pas crottée, endosse volontiers le rôle de chef de chantier. La roue trace ses sillons, en passant proche de quelques souches. Drôle de manière de reboiser.

img_20161130_162419

Emmanuel Hance, aux « manettes » du reboisement.

À 16h45, 4 véhicules de gendarmerie débarquent, avec le commandant Dubois à leur tête. Le tableau de famille était ainsi complet. On se croirait ramené 3 mois et demi en arrière, avec vingt degrés et 4 heure de jours en moins.

Une dizaine de hiboux du bois étaient là pour observer et prendre acte de leur retour. À 17h45 les véhicules repartent dans la nuit tombante.

Le même manège est, a priori, censé se répéter pendant les 15 jours. Le 15 décembre une des audiences de l’appel de l’Andra sur le jugement du 1er août aura lieu. Les coups de pression et les patrouilles de flics risquent de se renforcer encore. Tout ça pour nous mettre à bout et expulser ensuite la forêt tranquillement ?

Ça ne se passera pas comme ça ! Même en hiver, les hiboux restent déters !

Avec l’Andra, la novlangue devient réalité : la destruction de la forêt, c’est son reboisement !

Les prochaines dates de la fête de l’éco-enfouissement :

– Tous les jours à venir, en lisière du bois, surveillance et présence auprès de leurs travaux en lisière.

Jeudi 1er décembre, à 14h, salle des fêtes de Bure, « haie d’honneur » pour la réunion d’enfumage « Ateliers biodiversité et milieux naturels ».

Vendredi 2 décembre à 19h, assemblée stratégique autour de la forêt à la Maison de résistance à la poubelle nucléaire.

1er décembre à Bure – Fête de l’éco-enfouissement !

Le 1er décembre à Bure : Fête de l’éco-enfouissement

Rendez-vous à 13h50 devant la salle des fêtes de Bure pour accueillir comme il se doit la magnifique « concertation pour l’étude d’impact » avec moult naturalistes et autres experts ès environnement !

Cigéo : une démarche à haute qualité environnementale

Des associations locales de protection de la nature ont été récemment invitées à une première réunion organisée par l’Andra qui fait mine de se préoccuper des « Milieux naturels et de la Biodiversité ». Et les nucléocrates n’ont pas froid aux yeux car ils ont par exemple convié des associations opposées à l’enfouissement nucléaire ou ayant porté le recours contre le défrichement dans le Bois Lejuc.

La première réunion sera justement consacrée à cette forêt communale extorquée aux habitant-e-s de Mandres. Puis, après l’avoir défrichée et expulsé ses occupant-e-s, creusé, remblayé, érigé un mur en béton de 2 m de haut, c’est maintenant que l’Andra s’inquiète des impacts de ses travaux !

Rappelons que lorsque que nous avons voulu prospecter le bois de Mandres le 23 juillet dernier, nos camarades « moins naturalistes » que nous avaient été empêché-e-s d’entrer dans la forêt. Et le groupe qui y a été autorisé s’était vu imposer un trajet assez précis en même temps  qu’une escorte de gardes mobiles (gendarmes en armure et armés).

Il s’agit encore une fois pour l’Andra de rendre Cigéo acceptable aux populations :
– en saucissonnant le projet en tranches pour poser seule le cadre des débats, éviter les questions fâcheuses (par exemple les risques liés aux transports et à l’entreposage des déchets radioactifs avant enfouissement) et rendre plus difficile l’arrêt du processus une fois que plusieurs phases sont réalisées (comme dans le cas de Syndièse).
– en lâchant un peu de lest face aux réserves des structures officiellement représentantes de la protection de la nature en faisant des concessions (par exemple des mesures compensatoires comme pour les lignes grandes vitesse ou à Notre-Dame-des-Landes) et sans remettre en cause la totalité du projet. Ca permet de présenter le projet comme soumis à débat et de lui donner une caution verte et démocratique.

Comme pour le débat public de 2013, tout est ficelé d’avance et les structures qui participeront aux réunions « Milieux naturels et la
Biodiversité » de l’Andra ne peuvent que cautionner Cigéo.

Notre colère n’est pas réversible ! Boycottons et empêchons la tenue de ces réunions !

Des Naturalistes en Lutte contre Cigéo et son monde

La première réunion de l’Atelier « Milieux naturels et Biodiversité » aura lieu le jeudi 1er décembre à la salle des fêtes de Bure de 14h à 17h30. Venons nombreux-euses pour pour leur faire une « haie d’honneur » !

LA TENSION MONTE, les bleus ouvrent le jeu : appel à renforts ! Le 13 du 12 anniv’ déter !

MISE À JOUR 29/11 :

Ce matin l’équipe bleue a ouvert les hostilités.

Après la décision du 24, la police essaie par tous les moyens de pénétrer dans le bois. Elle utilise tantôt l’excuse d’un « reboisement », tantôt celle de flics en civil qui viennent se balader avec leurs « familles » le dimanche après-midi. Aujourd’hui, ils sont venus trois fois à la barricade Sud, entre 6h30 et 8h. Ils ont même tenté de prendre cette barricade*. Il est évident qu’ils testent nos réactions, essaient de nous épuiser, et préparent leur prochaine venue.

Puisque l’équipe bleue a entamé la partie, venez jouer côté forêt ! Nous avons un besoin urgent de renforts. Alors que Sven, premier squatteur officiel du bois Lejuc, fête son anniversaire le 13/12 des trouble-fête commencent déjà à se pointer à sa porte. Nous invitons dès à présent tou-te-s nos ami-e-s à venir veiller et garder loin de la forêt les reflets de bleu!

« Venez avec vos bières et vos copains! », rappelle Sven

PS : Pendant que nous défendons notre planète ici, au nom du profit elle est agressée de partout : ainsi, d’autres combattent ailleurs. Nous voulons faire part de notre amour, notre rage et notre solidarité à celles et ceux qui font face à une brutale répression  à Standing Rock, Dakota du Nord — même combat!

* Heureusement on en a plein. Venez les défendre avec nous !

Communication forêt du 25/11 :

Vous savez bien comment vont ces occupations la plupart du temps : les méchant-es commencent à détruire l’environnement, les gentil-les interviennent, et à fin les méchant-es reçoivent un papier les autorisant à démarrer les bulldozers encore une fois. C’est pour ça qu’on a besoin de vous. Que vous veniez. Ici. Pour résister.

20161125_160205

«Quelques personnes ont réoccupé la forêt il y a deux mois. Pour les soutenir j’ai décidé de me joindre à eux et j’ai officiellement squatté l’endroit. J’ai changé mon domicile pour la forêt, il y a une boîte aux lettres et tout le reste, et je suis résidant officiel du bois Lejuc. J’espère faire en sorte de rendre la destruction du bois un peu plus difficile à ces pourris de l’Andra!» dit Sven Lindstrom, premier squatteur officiel de la forêt. Pour d’évidentes raisons, il a son mot à dire dans cet appel.

«Pour rendre les choses encore plus difficile pour l’Andra, j’ai décidé de faire ma fête d’anniversaire ici, à l’occupation de la forêt. Mon anniversaire est le 13 décembre, et bien sûr la soirée est à thème. Et comme il semblerait qu’on doive s’attendre à des trouble-fêtes en bleu, je pense commencer à le fêter au plus tôt. Venez donc, «bring your own beer» et tous vos ami-es!»

Le 1 août, le monstre nucléaire qu’est l’Andra a reçu l’ordre du tribunal d’arrêter le défrichement et la construction du mur d’enceinte commencés sans autorisation. Aujourd’hui 24 novembre, l’autorité l’environnementale a décidé que l‘Andra est libre de continuer sans avoir à faire d’étude d’impact environnemental. Il lui faut simplement obtenir une autorisation de défrichement qui pourrait lui être accordée très rapidement. Ils pourraient ainsi continuer des travaux préparatoires de CIGEO. Donc la prochaine fois qu’ils viennent avec leurs flics et leurs bulldozers : ils viennent pour détruire.

Une nouvelle audience concernant la forêt se tiendra le 15 décembre. S’ils jouent dans les règles, ils attendront cette date, peutêtre même que le répit tiendra jusqu’en janvier. Mais s’ils en decident autrement, l’expulsion peut avoir lieu n’importe quand. Donc ceci est un appel urgent à nous rejoindre pour s’y préparer et faire face.

essai

Pour soutenir Sven, des gens ont mis à disposition de quoi se loger, de la nourriture et des matériaux de construction pour celles et ceux qui voudraient passer ou se balader dans la forêt. Si vous ne pouvez pas venir, organisez vos actions décentralisées. Vous pouvez aussi envoyer une carte postale à Sven à ladresse suivante : Sven Lindstrom, Le Haut Chemin 55290 Mandres-En-Barrois, France.