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Nous n’avions plus peur

Ce texte est un récit situé de la journée du 18 mai, entre Bure et Mandres-en-Barois (Meuse), l’épicentre de la contestation autour du bois Lejuc. Le 18 mai a eu lieu un nouveau vote du conseil municipal de Mandres pour confirmer la spoliation du bois communal au profit de l’Andra et de son projet démentiel de cimetière radioactif.

Mandres sous état de siège

En 2013, les habitant-e-s de Mandres ont affirmé par référendum ne pas vouloir se séparer de leur bois communal (le bois Lejuc), malgré les promesses mirobolantes que l’Andra offrait en échange. En 2015, le maire et son conseil forcent malgré tout l’échange du bois, dans des conditions qui, même dans le cadre du fantoche « État de droit », ne valaient pas grand-chose. En avril dernier la justice administrative reconnaît certaines des irrégularités de ce premier vote, ce qui contraint la Mairie à en faire un nouveau. C’est contre celui-ci que nous avons marché jeudi 18 mai.

Nous avons voulu quelque chose de plutôt festif et carnavalesque. Ça changeait du noir un peu lassant des manifs et qui ne correspond pas trop au terrain. Et puis la dérision, ça rappelle aussi la grotesque absurdité de ce vote où six ou sept conseillers municipaux comptent engager l’avenir d’un territoire (ou plutôt son absence d’avenir…). L’idée était d’abord de faire un repas en fanfare devant la mairie pour contester la tenue du conseil. Et si la situation s’y prêtait, on espérait bloquer les entrées de la mairie pour empêcher la mascarade (pseudo/anti-)démocratique de jouer sa partition.

Mais voilà, Mandres-en-Barois, ce village de 130 habitants du sud-Meuse, était complètement quadrillé, accaparé, infesté de flics. Même si on s’y attendait à moitié, entrer dans un petit village où t’attend une centaine de Gendarmes mobiles, où les rues autour de la mairie sont bouchées par des grilles anti-émeutes, ça fait tout drôle… Imaginez une « zone rouge » de sommet international en version miniature, au fin fond de la campagne française. Au coeur des métropoles capitalistes, ça devient une habitude, un tel siège policier (et ça l’était bien plus tôt dans les quartiers populaires). Mais dans ce tout petit village, il n’y a rien d’autre hormis les maisons privées qu’un lavoir et un garage… Alors voilà, notre petit cortège musical arrive et il n’y a presque pas âme qui vive dehors. Rien que des robots bleus qui occupent le village et semblent dire : ce soir, il ne doit rien se passer. Ils espéraient que par leur simple présence, ils réussiraient non seulement à décourager et intimider tou-tes les villageois-es, mais aussi à nous construire comme une menace qu’ils auraient pour mission de conjurer. (suite…)

J-0 : Lettre au maire de Mandres : appel à une démission au pied Levet !

Monsieur Levet,

Depuis des années vous êtes confronté à une situation qui dépasse largement les cadres de la commune dont vous êtes le maire. Vous devez, depuis 2013, endosser des responsabilités très lourdes à porter : celles de l’échange d’un bois permettant le début des travaux d’un projet engageant, pour 150 ans, pour 100 000 ans, l’avenir de tout un territoire.

M. Levet, votre pugnacité dans le fait de mener à bien l’échange du bois Lejuc dans de bonnes conditions vous honore. Après avoir essuyé un premier refus de la part de vos administrés en janvier 2013, lors de la consultation que vous aviez décidée, vous avez eu le courage de faire peser uniquement sur le conseil municipal de Mandres en juillet 2015 « une décision engageant la commune pour 150 ans » de travaux. Malgré les recours gracieux, un recours administratif, puis la décision du tribunal administratif du 28 février 2017, et l’intense campagne d’opposition que nous avons menée, vous avez tenu bon. Vous avez su montrer votre étoffe d’homme d’État. Vous avez prouvé aux yeux de tous que vous étiez un Vice-président de Communauté de Communes prometteur. Vous êtes à Mandres-en-Barrois ce que le général De Gaulle était à Colombey-les-deux-Églises. Vous aviez déclaré en 2013 que vous respecteriez la parole des habitants donnée lors de la consultation : un refus à la majorité. Vous êtes parvenu, au-delà de tout souci moral, à la trahir deux ans après : c’est là l’étoffe des grands politiciens.

Tout cela, M. Levet, vous honore dans votre fonction, plus qu’aucun autre maire ayant dû faire face à l’Andra. Mais tout ceci est allé beaucoup trop loin. L’Andra vous a poussé dans vos derniers retranchements. Vous vous êtes soumis à la présence de vigiles pour garder votre mairie en juillet 2015. Vous vous retrouvez obligé de voir garder vos installations agricoles par des fourgons de gendarmerie. Vous en êtes même venu à être payé pour labourer, avec d’autres agriculteurs, 300 ha de terres de l’Andra au printemps 2017, en sachant qu’elle resteront stériles à jamais. En bon père de famille, soucieux de l’avenir de vos enfants, vous avez su accepter une proposition aventureuse : que votre fille obtienne un emploi à l’Andra, prêtant ainsi le flanc à des accusations fallacieuses de conflits d’intérêts. Idem pour l’obtention de dizaines d’hectares agricoles en convention d’occupation précaire d’abord à Bertheléville, puis à Bure depuis 2017. Vous avez porté vous-même en appel un recours contre l’annulation de la délibération du 2 juillet 2015, que l’Andra aurait dû porter de son propre chef. Tant de dévouement force le respect.

Mais aujourd’hui, vous voilà dans une situation très inconfortable. Plus que jamais, le village de Mandres-en-Barrois est divisé. Le bois Lejuc est occupé depuis près d’un an. Vos décisions sont systématiquement attaquées en justice. Cette situation pèse sur votre moral et votre santé, vous n’en dormez plus la nuit. Et, comble de tout, vous voilà aujourd’hui personnellement devant la justice : vous faites face depuis lundi 15 mai à une plainte pour faux et usage de faux. En tant qu’élu de la République Française, dépositaire de l’autorité publique, vous risquez 15 ans de prison et 225 000 euros d’amende. Quel gâchis ! Nous sommes convaincus que, en votre for intérieur, vous savez que tout cela est allé beaucoup trop loin.

La pression qui repose sur vos épaules, M. Levet, est beaucoup trop importante pour un seul homme. Vous vous sentez peut-être acculé, pris au piège dans cette situation. Il n’est pas trop tard pour trouver une porte de sortie honorable. Vous n’avez pas à porter l’avenir du plus gros projet industriel européen sur vos épaules, devenant inévitablement la cible d’attaques juridiques, de la colère de vos administrés, et de la vindicte populaire. Vous n’avez pas vocation à devenir une cible vivante, M. Levet, et vous le savez très bien. Bure n’a pas besoin d’un martyr. Alors, nous vous le disons comme le conseil d’un ami à un autre ami que l’on voit fatigué par le poids des années, des responsabilités. Faites le choix que n’importe qui d’entre nous ferait : démissionnez. Cette charge est beaucoup trop lourde. Votre famille, vos amis, votre exploitation agricole ont besoin de vous plus que l’Andra.

M. Levet, couchez-vous !

Une alternative subsiste, un autre monde est possible. Les portes de la Maison de résistance restent ouvertes.

Nous vous remercions pour votre compréhension et nous vous adressons l’expression respectueuse de nos salutations citoyennes les plus distinguées,

Co-signataires,

Le MANDRES & La SVEN

(Mouvement Apaisé de Négociation Douce Respectueuse Égalitaire et Sensible / Mon Ami Nu Désire Rentrer En Scandinavie)

(Société de Vindicte Exceptionnellement Novatrice)

J-1 : Ne tombons pas dans le panneau

Un symbole qui reflète une réalité quotidienne. Le panneau annonçant l’entrée du village de Mandres-en-Barrois a été remplacé par un du laboratoire de l’Andra. Jeudi 20h, le vote de l’échange du bois Lejuc aura lieu à  la mairie du village. Dans le cas d’un résultat positif pour l’Andra, on aura la confirmation de l’appropriation et de l’achat des idées par l’agence d’enfouissement.

 

À voir également les autres actions de la semaine:

J-2 La grand cirque de l’Andra arrive à Mandres-en-barrois

J-3 N’allons pas dans le mur !

 

Avant

Après

J-2 : Le grand cirque de l’Andra arrive à Mandres-en-Barrois

Les habitant-e-s de Mandres-en-Barrois ont pu assister aujourd’hui au défilé de l’Andrastik Circus. L’unique représentation est annoncée pour jeudi soir 20h à la mairie du village. On retrouvera en tête d’affiche Xavier Levet qui vient de s’offrir une jolie casserole pour faux et usage de faux. On attend également avec impatience Emmanuel Hance qui avait su créer le buzz en janvier lors de sa dernière incursion dans le bois Lejuc. Sans oublier bien sûr Brutale et André, les vigi-gorilles qui ne manqueront pas de garder la porte de l’édifice municipal.






18 mai – Appel à rassemblement massif devant la mairie de Mandres !

Dernier pique-nique avant le désert nucléaire ?

Empêchons un nouveau vote autorisant l’échange du bois Lejuc ! Rassemblement à partir de 18h devant la mairie de Mandres-en-Barrois !

 

Le 18 mai, le conseil municipal de Mandres-en-Barrois va tenir une session à 20h. À l’ordre du jour, un seul sujet : voter une nouvelle délibération pour régulariser l’échange du bois Lejuc. Le 28 février, le tribunal administratif de Nancy avait invalidé la précédente délibération tenue à 6h du matin le 2 juillet 2015, qui était entachée d’irrégularités, et sommé la commune de Mandres de « régulariser » la situation sous 4 mois. Après 2 mois et demi, nous y voilà, l’Andra contre-attaque : rassemblons-nous massivement pour dissuader tout vote en faveur de l’échange du bois. Ramenons de quoi boire et manger,, instruments de musique, concerts de casseroles, pancartes et banderoles, et surtout soyons le plus nombreux-euses possible. C’est un tournant déterminant de la lutte contre la poubelle nucléaire, nous ne laisserons pas l’Andra se rhabiller des atours de la « légalité » comme ça !

Ce conseil municipal est une mascarade « démocratique » de plus dans un projet qui a fait de l’acceptabilité sociale un art. Mascarade démocratique, de faire peser sur les épaules d’une dizaine d’élus d’un village de 130 habitants sous pression l’échange d’un bois permettant le début des travaux du plus gros projet industriel européen. Mascarade démocratique, de restreindre la décision au conseil municipal, alors qu’en 2013 pour un premier projet d’échange de bois, ce même conseil avait jugé qu’il ne pouvait décemment pas voter seul une décision qui « engagerait l’avenir de la commune pour des milliers d’années », et que lors d’une consultation les habitant-e-s du village avaient voté NON à la majorité des 2/3. Mascarade démocratique, alors qu’au moins 5 élus sur les 11 sont entachés d’une situation de conflits d’intérêt : obtention de baux de chasse via l’Andra, membres de la famille salarié-e-s du laboratoire, obtention de dizaines d’hectares de terres agricoles en baux précaire via l’Andra/SAFER, etc, etc. Comment ces élus pourraient-ils repousser la main qui les nourrit ? Comment croire sérieusement que ce conseil serait « neutre » de l’influence de l’Andra ? Dans le village et autour, personne n’est dupe.

Tout cela est une hypocrisie, et la délibération positive qui risque d’en sortir sera illégitime d’avance ! En réalité le sort de ce bois, bien communal, concerne toutes celles et ceux qui – à Mandres, en Meuse et ailleurs – l’aiment, l’utilisent, y vivent, ne veulent pas le voir transformer en désert nucléaire. Soutenons massivement les quelques conseillers courageux-ses qui vont voter NON à cet échange, et ceux qui, par notre présence, en viendront à s’abstenir. Cette délibération doit refuser l’échange, ou ne pas se tenir. Et, dans tous les cas, la forêt restera libérée de l’Andra jusqu’à l’abandon du projet !

Soyons le plus nombreux-euses possible ! Prévenez vos ami-e-s, votre sœur, votre frère, vos collègues, etc, etc, toutes celles et ceux qui ne sont pas revenus à Bure depuis longtemps, c’est un moment déterminant de la lutte contre CIGEO ! Nous avons boycotté le Débat Public en 2013, nous bloquons les travaux dans le bois depuis près d’un an, nous avons fait tomber des grilles de l’Andra en février dernier : jeudi 18 mai, nous pouvons, avec les habitant-e-s résistant-e-s de Mandres, libérer la commune de l’influence néfaste de l’Andra et porter un nouvel arrêt au projet Cigéo !

Infos pratiques :

  • Rassemblement à partir de 18h sur la place de la mairie pour être là en masse pour 20h. Il risque d’y avoir du bleu, donc assurez vous que vos véhicules sont en règle !

  • Ramenez de quoi faire un joyeux banquet partagé, des instruments, des banderoles, des déguisements, des casseroles, de quoi faire des concerts endiablés et faire résonner à mille lieux l’écho de notre résistance, quand ils voudraient décider en catimini dans une petite salle de mairie de l’avenir de notre territoire pour 100 000 ans.

  • Faites tourner un maximum ! Vmc.camp / sauvonslaforet@riseup

  • Tel média : 07 53 54 07 31  / Un point presse aura lieu à 19h à côté de la mairie, avec les différentes composantes de la lutte contre la poubelle nucléaire.

La suite du dossier Échange du bois de Mandres :

 

J-3 : N’allons pas dans le mur !

L’avenir du bois appartient à ceux et celles qui se lèvent tôt.

6h, par exemple lorsque l’on veut assister à un conseil municipal entaché d’irrégularités. C’est à cette heure matinale que l’on a pu, le 2 juillet 2015, apercevoir des élus entrer dans une mairie gardée par des gorilles de l’Andra. Sous cet œil vigilant; se votait à bulletins secrets le sacrifice du bois communal de Mandres-en-barrois.

C’est donc à 6h dans la brume opaque qui n’est pas sans rappeler les méthodes de l’Agence, qu’on eût ce matin le plaisir de découvrir des pans de murs déposés devant cette mairie.

S’ils obstruent symboliquement la porte de l’édifice où se rejouera jeudi cette mascarade, ils rappellent surtout qu’en deux ans, l’Andra a révélée ses étonnants dons d’alchimiste. Qui peut encore ignorer que partout où elle passe, elle transforme le bois en béton armé et les villages en déserts ?

NOUS N’IRONS PAS DANS LE MUR.

 

À Bure, si l’Andra réoccupe la forêt, on l’expulse !

Appel à converger en Meuse dés maintenant pour défendre le bois Lejuc !

Dans nos étranges contrées de Meuse, il semblerait que le temps soit devenu cyclique. La faute n’en est pas au réchauffement climatique, mais à des poussées saisonnières de fièvres autoritaires sur le bois Lejuc réoccupé depuis septembre 2016. Le 26 avril, au terme de moult péripéties judiciaires qui nous faisaient gagner du temps depuis décembre, le tribunal de Bar-le-Duc a finalement déclaré que les habitant-e-s du bois étaient expulsables sans délai. Et, le 18 mai, le conseil municipal de Mandres-en-Barrois va se réunir pour prendre une nouvelle délibération pour « régulariser » l’échange du bois. L’État et l’Andra contre-attaquent.

Nous aurons eu 2 mois de répit, pendant lequel de nouvelles personnes se sont installées, des cabanes construites, des maisons investies, 1500 m² de patates et d’oignons plantés sur des terres squattées, des balades naturalistes et des week-end de sorcières, etc, etc. Maintenant, ça recommence. Après l’été d’urgence et la première expulsion, l’été indien et la réoccupation, l’hiver déter, les menaces sur la forêt et la manif au pied du labo, nous entrons dans le printemps résistant ! Les hélicoptères ont repris leurs survols quotidiens – même en plein milieu de la nuit. Les patrouilles de flics, vautours malfaisants, tournent dans les villages, rendant furieux certain-e-s habitant-e-s. Les feuilles ont poussé un peu partout, et même sur certaines barricades : la Meuse est belle et vous accueille dés maintenant.

Le bois est expulsable donc. Mais pas expulsé. Rappelons, au titre des barricades de « papier » – qui tombent toujours, mais nous font gagner du temps pour construire le rapport de force -, que la délibération ayant permis la propriété de l’Andra sur le bois a été invalidée par la justice le 28 février. Que cette forêt n’a donc jamais cessée d’être le bois communal des habitants de Mandres. Que rien n’est fait au sujet de la future « délibération » du 18 mai. Que de mars à juillet de nombreuses espèces d’oiseaux nidifient dans les bois, ce qui bloque l’autorisation de défrichement. Qu’une grosse dizaine d’espèces protégées – chat forestier, chauve souris, oiseaux… – ont été identifiées au cours des derniers mois. Pour ce qui est des barricades réelles, des cabanes, des vigies… il ne tient qu’à nous de les consolider dés maintenant !

Drôle de calendrier. On aura fort peu parlé « d’environnement » ou de nucléaire lors de cette non-campagne présidentielle aux allures de déballages de télé-réalité à mauvais rebondissements. 2007 est loin, avec le « pacte écologique » de M. Hulot et le spectacle du Grenelle de l’Environnement. Et la promesse de fermeture de Fessenheim lancée en 2012 aura tenu, jusqu’au bout, son rang de promesse. En 2017 on a parlé « affaires », immigration-terrorisme-racisme et sécurité-police. On enfouira les déchets nucléaires comme on rase des bidonvilles, comme on mate des prolétaires dans les quartiers populaires et les luttes : avec une police-milice chaque jour plus fascisée et « autonome » dans son action. Bure est le prolongement dans une zone hyper-rurale du laboratoire répressif d’un pouvoir qui durcit son versant autoritaire chaque mois.

Et ce n’est pas l’avènement d’un banquier glabre au sourire fresh (plutôt qu’une matrone fasciste carnassière) rhabillé des habits « anti-système » du « renouvellement » qui va changer quoi ce soit – sinon dans le rythme – à la marche morbide de l’enfer capitaliste, raciste et autoritaire. Que l’on se batte contre un projet de poubelle nucléaire, contre un aéroport vert, contre toutes les polices et les frontières, contre un plan social, contre les oppressions systémiques, c’est toujours ce monde infernal que l’on cherche à fissurer et arrêter, même pour un moment. En luttant contre tout ce qui nous domine, c’est une myriade d’autres espaces que nous essayons de construire par nous-mêmes, d’autres communautés de vie et de lutte émancipatrices, d’autres chants, d’autres songes, d’autres relations où l’on arrête de se vendre, sans l’aval d’aucune autorité.

Dans la langue décharnée de ceux qui prétendent nous gouverner, ces espaces qui se cherchent, ces conflits qui s’ancrent, sont des « kystes ». Prenons-les au mot : ce monde est malade, offrons lui un abcès à faire joyeusement puruler sur la face blême de son ordre pourrissant. Alors, soyons sympas, offrons un cadeau au nouveau potentat poupin du capitalisme débridé et toute sa clique livide d’apprenti start-upers: une intronisation en beauté avec un conflit assumé au cœur de ces 220 hectares de bois.

Dés maintenant – et comme toujours -, toutes les présences à Bure sont cruciales. Gardons nous de tout triomphalisme, de tout fantasme guerrier ...: nous savons que ce que nous construisons est fragile, et, dans un pari, nous y mettons pourtant tout notre amour. Nous savons aussi que, même si nous sommes plus nombreus(e)s à vivre sur place qu’il y a un an, nous ne sommes pas encore suffisamment fortEs pour les bousculer sur tous les fronts. Il y aura à Bure dans les mois à venir besoin, certes, de boucliers, de tranchées, de barricades, mais aussi et surtout de chants, de massages, de cultiver les champs squattés, de construire des moments de vie ensemble, de s’interroger sur nous et nos relationsIl y aura par-dessus tout besoin de joie, de soin, d’attention aux unEs et aux autres pour continuer d’ancrer ici une vie désirable qui fasse mentir leur désert.

On vous attend !

ANDRA DÉGAGE, RÉSISTANCE ET SABOTAGE !

GARDEZ VOS DÉCHETS, ON GARDE LA FORÊT !

PROCHAINS RENDEZ-VOUS

  • Dés maintenant, convergeons nombreux et nombreuses vers Bure pour renforcer l’occupation dans le bois Lejuc : il y a de la place, il y a des gens là pour vous accueillir, ramenez de quoi être le plus autonome possible : tentes, couchage, bottes, bouffe, frontale, de quoi grimpez si vous avez, matos de construction et outils…

  • Le 18 mai : APPEL À RASSEMBLEMENT à partir de 18h devant la mairie de Mandres-en-Barrois pour mettre la pression et empêcher un vote permettant de « régulariser » la propriété de l’Andra sur le bois : ramenez de quoi boire et manger, des casseroles, des instruments de musique, banderoles etc ! Plus d’infos à venir sur vmc.camp

  • 20 mai : grande manifestation des 300 000 pas à Bure contre la nucléarisation du territoire. Plus d’infos sur www.cedra52.fr/300000

  • 17 & 18 juin : Rencontres anticarcérales à Bure, plus d’infos à venir bientôt sur vmc.camp.

  • 19 au 26 juin : SEMAINE D’ACTION ET DE NIDIFICATION: venez « nidifier » en forêt avec les chouettes et hiboux du bois pour renforcer l’occupation ! Et organiser des actions contre l’Andra (et son monde (de merde)) ! Plus d’infos à venir sur vmc.camp

EN CAS D’EXPULSION

  • Le jour même

    • Rassemblement à 18h à la Maison de résistance à Bure pour soutenir les expulsé-e-s et décider de la suite.

    • Rassemblement à 18h devant les préfectures pour celles et ceux qui sont trop loin de Bure

  • Grosse manifestation dans les semaines suivant une tentative d’expulsion, suivre les infos sur vmc.camp

  • Appel à actions décentralisées contre les promoteurs et sous-traitants de la poubelle nucléaire : Vinci, Eiffage, Edf, Andra, Areva, le CEA…

Discussions sur l’autonomie italienne durant les années 70

Du vendredi 12 Mai au dimanche 14 Mai – Partage d’expériences sur l’Italie des années 70 et échanges/réflexions sur ce que cela nous évoque pour aujourd’hui à Bure et ailleurs…

L’idée c’est de prendre ces moments pour partager ce qui s’est passé pendant ces années 70 en Italie, depuis les grèves jusqu’à la lutte armée. C’est de découvrir ce qui a eu lieu, de s’en inspirer et surtout d’échanger sur les questions qui nous habitent autour de l’autonomie : entre les luttes, les espaces de vies en collectif, les coups d’éclats et le long terme etc.

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Vendredi 12 : Projection de « Lavorare con lentezza » sur le mouvement autonome à Bologne dans les années 70, discussions, lectures, auberge espagnole italienne.
Samedi 13 à partir de 13h : Retour sur les années 70 en Italie, avec Alessandro Stella auteur d' »Années de rêves et de plomb » et des traducteur-ices de « la Horde d’Or » + discussions/débats.
Dimanche 14 à partir de 13h : Présentation/discussion autour du livre « Ne crois pas avoir de droits » sur l’expérience d’un groupe de femmes qui, dans les années 70 cherchèrent les ressources nécessaires à l’exercice de leur liberté…

… et peut-être (chut) :  » l’Intervento » -pièce de théâtre sur ces années de luttes et de rêves  .. https://constellations.boum.org/spip.php?article99

Info pratiques : possibilité de dormir sur place (ramène ton duvet:), si vous pouvez/voulez ramener vos tentes et de quoi becter et boire (plus proche commerces à 20 km). Programme mouvant en fonction de la situation de la forêt (expulsion ou pas) – RDV à votre arrivée à la maison de résistance à la poubelle nucléaire. 2, rue de l’Eglise. 55290 à Bure !

Plus d’infos sur les livres :

Au sujet des « Années de rêves et de plomb – Des grèves à la lutte armée en Italie (1968-1980) » : En 1979, dans le Nord de l’Italie, la mort accidentelle de trois membres de l’Autonomie ouvrière donne lieu à une violente répression. Comment en est-on arrivés là ?
Années de rêves et de plombRevenant sur la longue histoire des combats ouvriers italiens, mai 68 et l’influence du Chili de Pinochet sur la militarisation des groupes socialistes, ce livre met au jour la continuité des luttes entre les années 1960 et les années 1970. De l’influence des Brigades rouges aux moyens d’action concrets, des limites de la lutte armée au rôle des intellectuels dans le militantisme, cet hommage à d’anciens camarades revendique le droit de se souvenir et la nécessité de perpétuer un combat pour un monde plus juste. 

« Il n’y avait pourtant pas que le politique dans notre vie. “Le personnel est politique”, nous avaient appris de nos camarades féministes. Et alors que nous plongions tête la première dans la dernière tentative de révolution communiste en Europe, nous révolutionnions aussi nos rapports interpersonnels… Nous avions un désir débordant de mordre la vie, d’aller au bout d’une aventure enivrante, de profiter de tout ce que le monde pouvait nous offrir, ici, tout de suite, sans attendre le paradis céleste, ni le grand soir. “Qu’est-ce que vous voulez ?”, nous demandait-on. On répondait : “Nous voulons tout !” » . http://agone.org/memoiressociales/anneesderevesetdeplomb/

« la Horde d’or. Italie 1968-1977 » : C’est un « Livre d’histoires et d’analyses politiques, horde-dor-couvcompilation de documents, tracts, chansons, articles de revues ou manifestes, témoignages à la première personne et au jour le jour d’une révolte, devenue «transformation radicale de la vie quotidienne, utopie, besoin de communisme, révolution sexuelle, lutte armée, etc. », La horde d’or est un ouvrage de grande ampleur qui parcourt l’histoire politique italienne, depuis les prémisses des années 60 jusqu’à la fin des années 70, qui verront s’exténuer les espérances et les jubilations d’une génération « outrageusement » enthousiaste. Ouvrage transgenre ou transversal, La horde d’or permet de combler un « manque d’histoire » de la fin du XXe siècle, et apporte une information de première main et de première importance sur dix années qui ébranlèrent non seulement l’Italie, mais également l’Europe, et dont l’actualité resurgit, près d’un demi-siècle plus tard, dans les mouvements et les luttes du jeune XXIe siècle, pour signifier l’inanité des réponses institutionnelles qui ont été apportées à la crise « créative, politique et existentielle » à laquelle nous sommes confrontés. ». http://www.lyber-eclat.net/livres/la-horde-dor/

Au sujet de « ne crois pas avoir de droits »  : « Ne crois pas avoir de droits est le récit d’une expérience collective. L’expérience d’un groupe de femmes qui, dans les années 1970 en Italie, cherchèrent les ressources nécessaires à l’exercice de leur liberté, prenant le contre-pied d’une logique de victimisation qui leur conseillait avant tout de réclamer, légalement, les droits qui devaient permettre leur émancipation. Ce livre est l’histoire de leurs victoires comme de leurs échecs, pour que la liberté soit quelque chose de vécu plutôt que quelque chose de simplement formel. La Librairie des femmes propose un chemin singulier : investir la sphère symbolique, souvent délaissée, comme lieu où puiser afin de faire éclore une puissance féminine. Ce récit ne nous invite pas tant à suivre leur chemin qu’à nous inspirer de leur démarche, à prendre conscience de la force de toute politique qui part de soi. » .http://editionslatempete.com/necroispas.html