Non classé

Fil info juillet 2017

25 juillet: La musique adoucit les mœurs…

Mardi  25 juillet, tout est plutôt calme dans bure, hormis l’habituel et inutile balai inccessant de la flicaille.Une copaine decide donc de s’installer sur la route pour jouer de l’accordéon en chantant, ce qui donne encore une fois une scène ou nos fiers gendarmes, qui souhaite garder la route accessible pour leurs collègues, débarque en fanfare mobilisant trois de leurs véhicules pour régler cette dangereuse situation (où tout autre véhicule avait libre passage) .

Notre heureuse copaine continue de jouer et de chanter ignorant la flicaille rodant autour d’elle. Flicaille qui bien sur ne souhaite que mettre madame en sécurité hors de cette route, qui deviendrais presque un voie privée pour passage massif de poulet, surveillée depuis le ciel par un hélicoptère. N’obtenant pas de réponses autre que de belles chansons, la flicaille décide donc d’embarquer la musicienne pour un contrôle d’identité.

Décidément il semblerait que pour les forces de l’ordre dans le sud meusien, la définition de voie publique soit voie militaire réservée aux gendarmes.

(suite…)

14 juillet: No table is illegal

Petit retour de la soirée burienne du 14 juillet

Une fête à la peau lisse

L’air était doux en ce soir de 14 juillet, et les habitant.e.s de la maison de résistance, accompagnées de leurs voisin.e.s venues de tous les villages alentours, ainsi que les cyclistes de passage de l’écotopia biketour festoyaient gaiement, fêtant les récents revers de Cigéo et la joie d’être ensemble.

C’est l’indisposition causée par le passage de 3856ème patrouille de police de la journée, rappel de l’intimidation constante que constitue l’état de militarisation du territoire, qui pousse alors les convives à installer leur table sur la chaussée flambante neuve en face de la maison de résistance, pour y banqueter dans l’allégresse et proposer aux prochaines patrouilles un itinéraire alternatif. Après manger, une partie de foot improvisée fut interrompue par deux gendarmes, demandant instamment de bouger la table, qui « gênerait les déplacements sur la voie publique. » Après leur avoir opposé un refus cordial mais ferme, assurant que nous écarterions la table pour laisser passer les tracteurs et moissonneuses (promesse tenue avec assiduité et célérité tout au cours de la soirée) , la fête se poursuivit tranquillement avec une partie de bowling-pétanque, alors que la patrouille suivante contournait la maison, provoquant quelques rires.

 

La coupure Dubois

(suite…)

Coup de pression sur barricades sud et nord au Bois Lejuc

Samedi 1 juillet

Nouvelle pression policière ! A 18h, quatre fourgons se sont garés à l’antenne à quelques centaines de mètres du bois Lejuc avant de se rapprocher  de la vigie Sud. Une vingtaine de gendarmes sont sortis des camions en tenue anti émeute et menaçants. Pour les maintenir à distance nous avons allumé la barricade sud.

Pendant une heure, nous nous sommes retrouvés fac à face. Les gendarmes nous visaient avec des flashball mais ils n’ont pas tiré. Comme hier, cela ressemble à un exercice pour préparer une future expulsion.

Nous appelons dès maintenant à venir nous rejoindre pour défendre le bois Lejuc. Le mois de Juillet va être décisif vu les pressions policières.

Nous appelons également à venir lors de la journée de mobilisation du 15 août pour faire une grande manifestation et consolider l’occupation du bois Lejuc. 

vendredi 30 juin

C’est devenu classique. Tous les mois, on a le droit à notre petite virée de gendarmes mobiles. Sauf qu’aujourd’hui, ils étaient une bonne cinquantaine, flashball et bouclier en main et ils n’avaient pas le sourire. Ils se sont dirigés vers les premières barricades au sud tandis qu’au nord, une quinzaine de GM fouillaient la vigie Nord alors même qu’elle se situe sur le champ privé d’un ami agriculteur.

A 17 heure, l’opération policière a débuté, elle s’est terminée vers 18h30. On appelle tout le monde à rester vigilant, cela ressemble fort bien à une action de reconnaissance pour préparer une éventuelle expulsion. Les gendarmes nous ont assuré, « on est là pour un bon moment et on va se revoir ». On saura les attendre.

 

 

Il est vain de vouloir caricaturer l’opposition à CIGEO !

Nous reproduisons ici une lettre ouverte écrite par des associations locales, des habitants du coin et des militants opposés à la poubelle nucléaire de Bure.

Depuis le 21 juin dernier, la préfecture et les élus à l’origine de CIGEO tentent d’attiser la peur et de monter la population locale contre les opposants au projet d’enfouissement de déchets radioactifs.

Dans leurs communiqués,  ils parlent de hordes de « casseurs » qui viendraient dévaster la Meuse, « de climat de terreur ». C’est devenu un grand classique, à chaque fois qu’une lutte prend de l’ampleur et que l’opposition sort du cadre établi par les autorités – notamment grâce au sabotage ou à l’occupation illégale d’un terrain –  les politiques cherchent à la discréditer et la diviser.

A Notre-Dame-des-Landes, le président de la région Pays de la Loire, Bruno Retailleau n’hésitait pas à comparer la ZAD à « Mossoul ou Damas ». A Bure, Gérard Longuet assimile carrément l’opposition à des terroristes lorsqu’il mentionne, « des individus qui puisent dans les images de la violence du monde d’aujourd’hui les gestes de terreur ». Mais jusqu’où ira-t-on dans la diffamation et la propagande honteuse ?

Les autorités voudraient que l’opposition soit inoffensive et souriante,  qu’elle ne fasse pas de vague, qu’elle joue le jeu du « dialogue ». Mais cette opposition, aux acteurs multiples, n’est pas bonne élève, soumise ou fataliste. Après 20 ans de pétitions, de manifestations, de tractage et de recours contre le projet Cigéo à Bure   rien n’a été obtenu, hormis dédain et mépris.

Que des lieux identifiés  » Andra » soient la cible d’activisme ou encore que les travaux préparatoires soient bloqués depuis un an dans le bois Lejuc, ces actions sont la conséquence logique de la surdité des autorités et de son incapacité à se remettre en cause depuis plus de 10 ans. C’est l’Etat qui fait pourrir la situation et suscite une colère qui explose parfois de manière spontanée. Il y a une véritable urgence à tenir compte enfin de la réalité d’une opposition qui ne cesse de se manifester et d’alerter à raison sur les risques intrinsèques à ce projet.

Il y a un geste pour construire, un autre pour détruire

Ici, dans les villages alentours, personne n’est dupe.  De nombreuses pers onnes ont une autre vision de l’opposition et de ce qui se vit sur ce territoire. La communication de politiciens, tels M. Longuet dans un récent courrier de doléances adressé au premier Ministre s’apparente à un acte de dernier recours, voulant sauver un projet imposé brutalement à leur département, sans aucune concertation populaire.

Depuis plusieurs années, de nouveaux opposants nous rejoignent et s’installent dans le Sud Meuse, des liens se tissent, des échanges, de la solidarité. Ces opposants achètent des maisons, des appartements sont loués. Il y a des projets de maraichage, de boulangerie, d’artisanat, de théâtre. En occupant le bois Lejuc et en menant des recours juridiques, les opposants ont aussi préservé l’un de nos derniers biens communs alors qu’il risquait d’être défriché, clôturé et militarisé.

Cette dynamique d’installation ne se fait pas en grande pompe. Elle est quotidienne et agit avec humilité à l’inverse de l’Andra qui promet des milliers d’emplois, des routes, des infrastructures  mais n’apporte que le désert.

En février dernier le maire de Montiers-sur-Saulx a pris position pour la première fois contre l’Andra, dénonçant le déclin de sa commune. Le seul service de proximité que M. Longuet propose d’y rouvrir, c’est la gendarmerie. Des policiers et des vigiles qui patrouillent fièrement sur des routes rénovées mais vides : voilà l’unique perspective de développement régional portée par les promoteurs du projet CIGEO.

Aujourd’hui, le constat est simple : Ce sont bien les opposants qui repeuplent  notre territoire, en y apportant leur jeunesse, leur joie, leur rêve. Ils sont amoureux de la Meuse, quand les politiques qui nous imposent leur poubelle radioactive voient dans ce territoire un simple tremplin électoral.

Nous, habitants du coin, associations locales, militants contre CIGEO voulons réaffirmer qu’à Bure, on ne sépare pas le bon grain de l’ivraie. Il n’y a pas de bon ou de mauvais opposant mais une force en mouvement qui grandit, riche de sa diversité, riche de sa volonté de s’ancrer sur ce territoire pour y dessiner un autre avenir.

Il y a un geste pour détruire et un geste pour construire mais ce sont les mêmes mains qui agissent. L’amour et la rage sont les deux expressions d’un même visage.

Soirée concert le 17 juin à la gare de Luméville : ya jamais assez de musique !

Dans le cadre des rencontres contre la taule qui auront lieu du 16 au 18 juin à la gare de Luméville, les copaines de Faction Est et Blackout Brigade organisent un gros concert le samedi soir ! 8 groupes, open-mic & mix platines pour nous faire bouger toute la soirée (ou pas !).

Yaura a manger et à boire, l’entrée est à prix libre en soutien à la caisse anti-rep ! Et ya possibilité de camper sur place (c’est cool de ramener sa tente et un duvet :))

Communiqué : Vote illégitime, débâcle juridique, escalade policière : l’inexorable fuite en avant de Cigéo !

Village en état de siège pour le vote du conseil municipal de Mandres la semaine passée, manifestation des 300000 pas à St Dizier sous haute surveillance, hélicoptère en rase-motte au-dessus de Bure hier, gendarmes mobiles déployés avec casques et boucliers devant le sud du Bois Lejuc ce matin : on ne peut pas dire que la préfecture et l’Andra jouent la carte de la désescalade !

Pourtant la situation n’est pas rose pour le projet Cigéo : après une première déconvenue cinglante le 1er août dernier devant le tribunal de grande instance de Bar-le-Duc, qui avait abouti à conclure à l’illégalité des défrichements dans le Bois Lejuc et y interrompre tous travaux, l’Andra s’est à nouveau vue déboutée en appel ce lundi 22 mai. Et loin de faire profil bas, elle a continué à laisser ses vigiles parader autour et dans le Bois Lejuc tout au long des derniers mois alors que ceux-ci ont fait l’objet de plusieurs plaintes pour violences; elle avait par ailleurs tenté de forcer un passage avec ses machines dans le Bois Lejuc en janvier dernier, provoquant le scandale lorsqu’un de ses ingénieurs avait versé de l’essence sur des militant.es agrippé.es à une barricade entravant un chemin d’accès. Chacune de ses tentatives de passer en force s’est soldée par une levée de boucliers et une amplification de la mobilisation à Bure contribuant à révéler une stratégie agressive et précipitée, derrière le vernis d’acceptabilité sociale mis en oeuvre au cours de la dernière décennie.

Tant d’assurance témoigne au mieux d’une dangereuse incompétence et en tout état de cause d’une consternante inconséquence. D’une entreprise qui prétend garantir la sécurité de l’enfouissement de déchets radioactifs durant plusieurs dizaines d’années, on ne peut que s’inquiéter de tant d’amateurisme : au-delà d’une communication bancale, de pratiques proprement mafieuses, depuis plusieurs mois l’Andra démontre son incapacité la plus totale à faire face à une situation qui la dépasse. Les nombreux recours intentés contre l’agence au cours des derniers mois dévoilent chaque jour davantage la fragilité d’un projet Cigéo qui multiplie les plans sur papier glacé mais peine à en démontrer la viabilité sur le terrain.

A travers des études environnementales (volontairement) bâclées, des acquisitions foncières très agressives, une politique de pots-de-vin grossière, l’Andra a dévoilé avec le village de Mandres-en-Barrois et le Bois Lejuc un sombre visage pour l’avenir du sud-Meuse tout entier : non-contente de graisser la patte aux conseillers municipaux de ce village de 136 habitant.es pour s’assurer d’un vote d’échange du bois en sa faveur, elle se repose depuis plusieurs mois sur un maire qui se débat pour sauver une barque prenant l’eau de tous côtés. Au final, ce n’est pas à Châtenay-Malabry, au siège francilien de l’Andra qu’on assumera une plainte pour faux et usage de faux contre le maire, ni qu’on fera face au recours de 35 habitant.es contre un vote entaché de conflits d’intérêt, ni même qu’on devra administrer une commune divisée et éreintée par des enjeux qui la dépassent.

La politique de la carotte et du bâton prend de plus en plus l’allure du bâton avec une carotte qui a le goût des fausses promesses. Les maires se rebiffent, les langues des riverains se délient, la rancoeur s’enracine. (suite…)

Nous n’avions plus peur

Ce texte est un récit situé de la journée du 18 mai, entre Bure et Mandres-en-Barois (Meuse), l’épicentre de la contestation autour du bois Lejuc. Le 18 mai a eu lieu un nouveau vote du conseil municipal de Mandres pour confirmer la spoliation du bois communal au profit de l’Andra et de son projet démentiel de cimetière radioactif.

Mandres sous état de siège

En 2013, les habitant-e-s de Mandres ont affirmé par référendum ne pas vouloir se séparer de leur bois communal (le bois Lejuc), malgré les promesses mirobolantes que l’Andra offrait en échange. En 2015, le maire et son conseil forcent malgré tout l’échange du bois, dans des conditions qui, même dans le cadre du fantoche « État de droit », ne valaient pas grand-chose. En avril dernier la justice administrative reconnaît certaines des irrégularités de ce premier vote, ce qui contraint la Mairie à en faire un nouveau. C’est contre celui-ci que nous avons marché jeudi 18 mai.

Nous avons voulu quelque chose de plutôt festif et carnavalesque. Ça changeait du noir un peu lassant des manifs et qui ne correspond pas trop au terrain. Et puis la dérision, ça rappelle aussi la grotesque absurdité de ce vote où six ou sept conseillers municipaux comptent engager l’avenir d’un territoire (ou plutôt son absence d’avenir…). L’idée était d’abord de faire un repas en fanfare devant la mairie pour contester la tenue du conseil. Et si la situation s’y prêtait, on espérait bloquer les entrées de la mairie pour empêcher la mascarade (pseudo/anti-)démocratique de jouer sa partition.

Mais voilà, Mandres-en-Barois, ce village de 130 habitants du sud-Meuse, était complètement quadrillé, accaparé, infesté de flics. Même si on s’y attendait à moitié, entrer dans un petit village où t’attend une centaine de Gendarmes mobiles, où les rues autour de la mairie sont bouchées par des grilles anti-émeutes, ça fait tout drôle… Imaginez une « zone rouge » de sommet international en version miniature, au fin fond de la campagne française. Au coeur des métropoles capitalistes, ça devient une habitude, un tel siège policier (et ça l’était bien plus tôt dans les quartiers populaires). Mais dans ce tout petit village, il n’y a rien d’autre hormis les maisons privées qu’un lavoir et un garage… Alors voilà, notre petit cortège musical arrive et il n’y a presque pas âme qui vive dehors. Rien que des robots bleus qui occupent le village et semblent dire : ce soir, il ne doit rien se passer. Ils espéraient que par leur simple présence, ils réussiraient non seulement à décourager et intimider tou-tes les villageois-es, mais aussi à nous construire comme une menace qu’ils auraient pour mission de conjurer. (suite…)