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5 août : Fil d’info à couper le Bure

DSC_9280Deux jours depuis le dernier fil d’infos, et tant de choses à raconter. Les arrivées se sont multipliées et le campement fourmille de près de 700 personnes qui s’activent partout, se retrouvent, se donnent des nouvelles, s’occupent de missions de la vie quotidienne, rejoignent les différents lieux de discussions et ateliers, partent en balade.

Entre autres choses, ce matin, une partie du collectif Mauvaise troupe, auteur de « Constellations, trajectoires révolutionnaires du jeune 21è siècle », propose une discussion dans le grand chapiteau. Ils et elles commencent par des lectures de récits de plusieurs NoTav sur des batailles dans la Vallée, et d’habitant.e.s de Notre-Dame-des-Landes et des alentours qui évoquent les premières assemblées de lutte et comment elles ont évolué en réunissant de plus en plus de personnes différentes, ou du rapport aux médias. Puis s’enchaîne une présentation du mouvement NoTav, de sa dimension populaire, des moments forts qui ont construit un sentiment de puissance collective et de solidarité. La lutte de Notre-Dame-des-Landes, nourrie d’une histoire de lutte assez différente, met davantage de temps à prendre une dimension populaire. Mais une notion émerge qui permet de dépasser la question de la lutte contre l’aéroport et d’envisager quelle serait la vie sur la ZAD après l’abandon du projet : comment faire commune, pas au sens administratif actuel mais au sens de la Commune de Paris, du mouvement ouvrier à Nantes en 68 ou d’Oaxaca. Comment revenir sur les succès et les échecs liés aux histoires de ces luttes, comment se construire à partir de ça ; autrement dit de mettre en commun, des forces, des visions, construire ensemble.

En parallèle avait lieu un atelier autour des médias, de l’automédia et des médias libres, avec des personnes qui travaillent sur des projets de sites d’infos alternatives comme Paris Luttes Infos, La Rotative, ou sur des versions papier automédia type journaux de ZADs (Roybon, NDDL…). La discussion s’est ouverte sur la question juridique de l’automédia et le rapport à la loi en particulier, notamment autour du droit de diffusion, du droit de réponse à la presse bourgeoise et de la responsabilité des écrits produits. Puis plus concrètement, ont été abordées en vrac les questions de nos financements et de la mutualisation de nos ressources, de l’autonomie face à la diffusion de nos médias, de la présence de journalistes plus ou moins problématiques sur nos espaces de vie (et de comment l’on pourrait s’en prémunir…)…

Dans l’après-midi, une balade est partie du camp pour continuer à explorer les environs.

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Dans le même temps, une discussion avait lieu sous le grand chapiteau à propos des ZADs. Nommée « Retours critiques sur les ZADs et perspectives« , cette discussion a permis d’explorer les déconvenues et les réussites liées à cet outil qu’est une « ZAD », d’aborder de façon approfondie la question de l’ancrage local et l’importance d’un terreau de lutte qui va au-delà de la simple occupation par des squatteureuses. Le retour sur la ZAD de Sivens, notamment, a été l’occasion de faire le bilan sur les oppositions qui ont pu naître entre locaux/locales et occupant.es et les incompréhensions qui en ont découlées. Des interventions autour d’autres ZADs (Roybon, Notre-Dame…) ont pu permettre d’inscrire cette forme de lutte dans une temporalité historique et d’ouvrir le débat sur la nécessité d’une mémoire collective. Enfin, à partir d’expériences de la ZAD de Notre-Dame, l’échange s’est ouvert sur les perspectives liées à ces formes d’occupation et sur comment elles pouvaient être l’occasion d’arracher à l’état des espaces de vie où il serait possible de réinventer nos vies au sens large, de déconstruire nos rapports notamment de domination et nos constructions oppressives, et de travailler à dépasser l’entre-soi militant et la tendance à s’enfermer sur nos modes de vie respectifs. La discussion s’est finie sur la nécessité de dépasser et se détacher de « la ZAD » et de ce que ce terme peut aujourd’hui véhiculer, notamment à travers l’usage qu’en font les médias, et sur l’importance de ne pas brider nos imaginaires dans ce terme, ainsi que de construire l’hétérogénéité autour de ce que nous offre ces espaces de vie et de faire des ponts entre nos luttes.

Dans la soirée, une assemblée générale extraordinaire a été proposée à mi-camp. Cette assemblée a été l’occasion d’évoquer les questions de dominations sexistes, transphobes, lesbophobes ou racistes vécues sur le camp.

Dès le début de l’assemblée générale, qui se déroulait sous le chapiteau central après le repas du soir, un groupe a demandé la parole et a lu un communiqué pour dénoncer les différentes formes d’oppression et de domination constatées sur le camp. Cette prise de parole a entraîné de longs échanges sur ces questions, et la manière dont elles étaient prises en compte dans nos luttes de manière générale, et sur l’espace du camp en particulier. Bien que la tension ait été palpable toute la discussion, et les échanges parfois peu sereins, des ressentis très forts liés aux oppressions vécues ici ont pu être exprimés, et la nécessité d’ouvrir d’autres espaces de discussions liés aux questions du sexisme dans nos milieux a été posée de façon claire. Suite au(x) prochain(s) épisode(s) donc…DSC_9363Différentes commissions ont également présenté des informations d’ordre technique sur la vie du camp. Quelques éléments en vrac :

– le nombre de personnes participant aux commissions (Vladimir, Martine, Nestor, etc.) qui contribuent à la vie du camp est assez faible par rapport au nombre de personnes présentes (environ 160 sur 600). Inscrivez-vous à l’espace dédié, sous la tente qui accueille le Point Info (espace central);

– le camp a un coût (à vue de nez, 29 000 balles) et 15 000 euros ont été récoltés avant le camp et depuis le 1er août. Plusieurs caisses de soutien sont disposées à l’accueil, à la tente infos, aux différentes cantines, pour accueillir les contributions ; le détail des dépenses est consultable auprès de l’équipe thunes.

– des crieurs et crieuses circulent dans le camp avec les petits messages qu’ill et elles trouvent dans la boîte de la tente Infos. Si vous avez une info à faire passer, vous pouvez faire appel à elles !

– le collectif Bla est présent avec son matériel de traduction simultanée et a mis en place une caisse prix libre pour être soutenu. On salue également le travail impressionnant des volontaires polyglottes qui traduisent en direct en anglais, allemand, russe, espagnol, portugais les discussions du grand chapiteau.

– l’équipe anarcho-pompiers a fait un point sécurité ; vu la chaleur, faites gaffe aux départs de feux !

– l’équipe médic manque de personnes motivé.es et formé.es. Pour remédier à ça, illes proposent un atelier « Conseils en action » jeudi à 17h30 ainsi qu’un rendez-vous « Formation street médic » à 19h, le tout à la tente médic derrière la gare.

– enfin, une éolienne est en cours de construction et sera finie aujourd’hui. Vers toujours plus d’autonomie !

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Nous profitons de ce fil d’info pour lancer un petit appel. Etant donné que la maréchaussée procède à de plus en plus de contrôles dans les environs du camp, nous serions rassuré.es si nous pouvions compter sur le soutien d’avocat.es ami.es. Qu’illes n’hésitent pas à nous contacter s’illes veulent apporter leur aide.

 

A bientôt pour le prochain fil d’infos.

Radio Active 88 FM : VMC sème ses ondes

DSC00147Depuis dimanche soir, une antenne autogérée émet sur la fréquence 88 MHZ, audible dans un rayon d’action de quelques kilomètres autour du campement VMC. Annonces info-traflics, interventions ponctuelles et spontanées sur la vie du camp, reportages et témoignages réalisés par l’équipe Automedia… Un outil que chacun.e peut s’approprier au cours du rassemblement, en apostrophant les copines et copains de l’automedia.

Ceux qui ont quelque chose à dire, n’hésitez pas à venir nous voir. Pour les autres, à vos transistors !

Jour J : Fil d’info à couper le Bure…

DSC_9055Nous y voilà, le camp est dressé ! Des copains et copines s’installent, toujours plus nombreux-ses, et des tentes poussent comme des chardons (ardents) dans l’espace camping. Les nouveaux arrivant.e.s gagnent la tente info où on leur explique le fonctionnement du campement, les différents groupes qui se réunissent entre eux pour éviter de faire des assemblées générales trop souvent, les tâches du quotidien qui tournent entre ces groupes… Autant dire que ça fourmille dans tous les sens car une partie du montage et du défrichage du terrain reste encore à faire, mais pas d’inquiétude, on ne manque pas de bras et de bonnes volontés. Un atout pour le moral des participant.e.s : la nourriture est toujours aussi bonne. L’Est Républicain, pour sa part (édition du 2 août), sort sa prose bucolique en parlant d’un « repas frugal, végétarien et véganien [sic] ».

Pendant ce temps, le camp des Ami(e)s de S!lence s’achève dans la bonne humeur. Surtout que certain.e.s ont décidé de rester pour nous tenir compagnie. Chouette!

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Cet après-midi, la grande AG de lancement a rempli le chapiteau principal. Le collectif VMC et les différentes commissions ont été présentés, avant d’aborder une longue discussion sur les perspectives de ce rassemblement qui nous a occupé jusqu’à 20 heures. Nos ami(e)s non francophones ont pu les suivre et y participer grâce au matériel du collectif de traduction BLA, et surtout grâce à des participants volontaires polyglottes qui ont traduit les propos de l’assemblée en simultané.

La tente ciné a été installée ce soir, et le vélo projecteur inauguré par la même occasion — un tandem bricolé pour fournir du courant 24 V et assurer l’alimentation d’un ordi portable et d’un vidéoprojecteur. C’est « Bouh! », un documentaire qui retrace la vie collective du squat grenoblois « Les 400 couverts », qui a ouvert la première séance de projection (une quinzaine de films seront projetés durant toute la durée du campement).

Sur les routes et alentours, la maréchaussée est sortie de sa réserve ce dimanche. Quelques contrôles sporadiques ont eu lieu à Ligny et Houdelaincourt, sur des axes de circulation empruntés par toute personne venant nous rejoindre. Pour éviter les mauvaises surprises, un collectif local, La Graine, assure depuis samedi une vigie permanente, dès six heures du matin, à l’entrée du village de Mandres-en-Barrois, situé à moins de six km de nos bases. En fin de journée, ils ont reçu la visite d’un fourgon de gendarmerie qui s’est arrêté quelques instants. Une visite de courtoisie, semble-t-il…

DSC_9086Lundi 3 août, c’est l’ouverture des discussions. Cette première journée sera dédiée à la lutte locale contre Cigéo. Dès le début de la matinée, les associations de la région regroupés dans le collectif Bure Stop, qui s’échinent depuis bientôt vingt ans contre ce nuisible projet d’enfouissement des déchets nucléaires, viennent faire un historique de la lutte passée . Ensuite, une petite balade sera proposée pour découvrir les environs (la première d’une grande série). Nous ferons une halte à Mandres au moment du repas du soir et regagnerons le camps en empruntant d’autres itinéraires qui restent encore à construire…
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J-2 : Fil d’info à couper le Bure

DSC_8937On y arrive, plus que deux jours et ça commence ! Au réveil nous étions environ 70 pour l’assemblée de chantier de la journée. Il arrive du monde en continu à Bure et sur le terrain : on quitte l’entre-soi des derniers jours pour entrer de plein-pied dans la dimension du campement. Il n’y a pas de mystère, à beaucoup on fait bien plus de choses : tous les chantiers peuvent avancer simultanément avec 4-5 personnes sur chacun. Nos problèmes les plus épineux d’approvisionnement en eau et en électricité se résolvent au fur et à mesure, grâce à l’afflux de nouvelles idées et expériences. DSC_9006Partout les structures s’érigent et apparaissent comme des champignons : celles qu’on prévoyait et celles qu’on a l’heureuse (et parfois un peu moins heureuse) surprise de découvrir. Ce matin on a fait un gros point sur la bienveillance collective : bruit, chiens (à ce propos, merci de lire les informations pratiques en rouge ICI), alcool, viande grillée et autres sujets qui peuvent fâcher et qu’il est toujours bon d’anticiper.

Parallèlement, le camp des Ami-es de Silence arrive à son terme dans une ambiance joyeuse, avec une soixantaine de personnes. L’exercice un peu difficile de partition du terrain a finalement fonctionné bien mieux que nous l’espérions mutuellement : mardi soir une pièce de théâtre et aujourd’hui une promenade de découverte de la région ont réuni les un-es et les autres. Ce soir nous lancerons une première projection sur le terrain, du film  « Poubelle la vie » sur le terrain, pour présenter le campement VMC aux Ami-es de Silence.

En ce qui concerne l’ambiance dans les environs, on voit peu de gendarmes et on s’en porte bien. Il faut croire que tout le monde (en interne ?) n’a pas du apprécié l’excès de zèle de la semaine passée. Ce midi une estafette était postée au carrefour de Mandres mais pas de contrôles à signaler. Néanmoins prudence sur les routes : grosse opération de contrôle routier prévue sur 18 départements de l’est de la France selon Loractu (info à prendre avec prudence et sans déductions hâtives : pour l’heure on a qu’une seule source pour cette opération). Par contre on apprécie peu que des camions de surveillance surmontés de mats et caméras télescopiques longent notre campement avec leur escorte. Ça ne correspond pas trop aux moyens matériels légers qu’annonçait le préfet dans son interview de lundi.

Si jamais vous vous en voyez/subissez/craignez d’en subir, un numéro a été mis en place pour nous signaler ou se renseigner sur les présences policières autour de Bure. Il s’agit du 07.58.23.08.97.

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La vraie photo de notre campement

Côté médias, les appels continuent d’affluer sur le téléphone presse (+33(0)6.05.72.43.75), de l’Allemagne et les médias nationaux à présent. On sent que la communication des derniers jours n’a pas été vaine : nos messages concernant le projet de campement commencent à ressortir assez fidèlement dans les articles que nous pouvons lire. Ci-contre une petite dédicace à Reporterre qui s’est trompé de 45° dans la prise de vue de notre campement; il s’agit en vérité de la ferme de notre voisin. Le réseau sortir du nucléaire nous a fait une chouette publicité avec son communiqué.

On vous attend impatiemment ici, on est désolés de ne pas pouvoir davantage répondre aux sollicitations pour les covoiturages, on manque de voitures et des places dans celles qui viennent. Bon courage à vous pour celleux qui viennent en stop et à très vite !

Venir à Bure : info traflics, covoiturages et navettes

1401129836_2064537698 INFO TRAFLICS – samedi 8 août

12H00 : méfiance aux alentours de Mandres-en-Barrois et Bonnet, deux villages proches de Bure. Des contrôles ont eu lieu.

Vendredi 7 août :

Journée chaude pour la maréchaussée !

23H50 : un camion de gendarmes mobiles sur le parking de l’hôtel-restaurant de l’Andra, des gendarmes derrière les grilles du bâtiment.

22H30 : 2 camions de gendarmes mobiles et une vingtaine de flics en gilets au niveau de l’antenne, sur la route vers Bure (D132).

22H10 : des flics au niveau de la ferme à la sortie de Mandres (l’un de leurs postes d’observation préférés).

20H30 : 2 canons à eau, 2 fourgons de GM, une voiture partent de Joinville. Ah oui, et aussi 20 camions de GM sur la nationale Chaumont-Saint Dizier, vers Joinville.

17H30 : contrôles conducteurs sur la route Joinville-camp, avant Saudron.

16h20 : 2 voitures de gendarmerie entre Mandres et Bure, dans les champs. Et aussi, 2 autres, en fourgonettes, posées sur la route de l’église vers Bonnet quand on vient de Mandres, entourées d’une quinzaine de bleus. Décidément, le camp c’est trop the place to Bure.

16h10 : 3 cars de CRS et 8 véhicules plein de GM se sont joint à leurs potes à l’entrée de l’autoroute à Chaumont. On en est donc à 18 véhicules de GM, 3 cars de CRS et 2 véhicules anti-émeutes, et 2 voitures de gendarmerie sont arrêtées entre Mandres et Bonnet, youpi.

11h : voiture banalisée grise garée près de BZL depuis 20mn…

COVOITURAGES et NAVETTES

On reçoit pas mal de demandes pour venir à Bure dès à présent et du 1er au 10 août. Nous vous invitons à ajouter vos demandes et vos propositions sur le site covoiturage-libre.fr ou sur toute autre plate-forme similaire qui vous conviendrait. Bure (55290) est maintenant disponible dans les options du site,  mais Luméville-en-Ornois est le village le plus proche du site, vous pouvez donc l’indiquer comme destination.

Vous pouvez publier une nouvelle annonce en indiquant que vous êtes passager-e à la recherche d’un-e conducteur-ice vers Luméville-en-Ornois ou Bure : http://www.covoiturage-libre.fr/nouveau.php.

Si vous venez de Paris, vous pouvez également prendre un covoiturage pour Nancy et descendre à Ligny-en-Barrois. De là, il y a possibilité de rejoindre Bure en faisant du stop devant le magasin Carrefour (route D966 au sud de Ligny en Barrois). Ca marche aussi si vous venez de Nancy.  

Si vous venez en voiture et que vous voulez connaître la présence ou non de checkpoint de contrôles (rares mais existants) sur les routes, appeler au numéro Bison futé : 06.05.72.43.75. Lisez les conseils juridiques en cas de contrôle routier avant de venir.

Nous tenterons également, dans la mesure de nos possibilités, d’organiser des navettes entre Bure et Joinville pour les personnes qui arriveraient en train (horaires de train ici et ). Si vous  êtes coincé.e.s à Joinville ou en stop sur les petites routes autour de Bure, appelez au 07.53.39.67.03 (n° navettes) pour qu’on voie si on peut venir vous chercher.

Circulez, y’a plus rien à voir, la loi Macron fait passer à la sauce 49-3 le feu vert à l’enfouissement des déchets nucléaires

*Communiqué Coordination BURESTOP* (BURESTOP 55 + EODRA + BZL + HABITANTS VIGILANTS + MNE + MIRABEL LORRAINE ENVIRONNEMENT)

COMMUNIQUE Jeudi 9 juillet 2015 Cigéo/BURE :

Circulez, y’a plus rien à voir, la loi Macron fait passer à la sauce 49-3 le feu vert à l’enfouissement des déchets nucléaires !!

 

*Les promoteurs de Cigeo, après maintes tentatives malheureuses pour fourguer celui-ci au sein d’une loi qui n’a rien à voir, réussissent leur coup.* *La Coordination BURESTOP dénonce ce tour de force indigne, démonstratif des « méthodes » dans le monde du nucléaire.*

Mercredi 9 juillet 2015, en troisième et dernière lecture à l’Assemblée nationale, le gouvernement a imposé la loi Macron en ayant une ultime fois recours à l’article 49-3 et passant donc outre le débat à l’Assemblée nationale, avec en prime un beau cavalier législatif : le feu vert déguisé à Cigeo/BURE.

*C’est expéditif, scélérat, imprudent, dangereux, malhonnête, totalement inféodé au pouvoir des lobbies industriels et terriblement méprisant de l’opinion citoyenne.**


*** L’article /201* /impose sans discussion sa propre définition de la réversibilité. L’autorisation de construire Cigeo sera donnée sans demander l’avis des parlementaires comme prévu initialement et l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) va peut-être faire l’économie des recherches sur le sujet qu’elle projetait en 2015. Pas de précision sur la fumeuse phase « pilote » qui n’est autre que la phase de lancement de l’enfouissement. Sur l’issue de celle-ci, aucune date, aucun cahier des charges : l’Andra a les coudées franches et… le flou dont elle a besoin pour travailler toute seule dans son coin, sans regard démocratique extérieur.

Un bel exemple de l’incroyable pression qu’exercent à tout prix et en toute impunité les adorateurs du nucléaire (et les lobbies du BTP ?) qui font, malheureusement, la loi dans ce pays. Et pourtant. Les déboires financiers colossaux d’Areva, le flop industriel enfin révélé de la construction d’un EPR qui ne fonctionnera jamais (cuve en acier défectueux et bétons poreux) n’arrivent toujours pas à émouvoir une classe politique aveuglée ou soumise.

Comme le laboratoire de Bure, Cigeo et sa phase « pilote » sont là pour faire croire qu’il existe une solution aux déchets nucléaires. Par ce biais, c’est la prolongation de la durée de vie des réacteurs que le Gouvernement cautionne aujourd’hui. L’enfouissement des déchets nucléaires les plus dangereux est un projet extrêmement coûteux, technologiquement immature et, pour de nombreux experts, irréalisable. Alors que Cigeo/BURE est annoncé comme le plus gros chantier d’Europe à venir, il y a de quoi s’inquiéter. En attendant, ce sont les consommateurs qui paient et paieront les erreurs de décision de leurs élus.

*Pour les associations et collectifs de la Coordination BURESTOP, cette manoeuvre est indigne mais elle ne change rien.

* Faire l’économie d’une bonne explication du projet Cigeo, tant citoyenne que parlementaire, n’est pas forcément un bon calcul. Leur détermination est inchangée et la mobilisation continue. De nombreuses actions sont prévues cet été.


 

ANNEXES


 

/Récapitulatif des tentatives d’intrusion de modifications législatives pour faciliter l’autorisation du projet CIGEO dans le projet de loi sur la transition énergétique et le projet de loi sur la croissance et l’activité – Synthèse le 02 juillet 2015./ <http://mirabel-lne.asso.fr/f/SYNTHESE_RECAP_amendements_cigeo_2013_2015.pdf> +

/Schémas du processus d’autorisation pour l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure, Projet Cigéo, Loi du 28 juin 2006 & principales modifications apportées par l’article 201 de la loi Macron/ <http://mirabel-lne.asso.fr/f/Schemas_comparatifs_loi2006_projetMacron.pdf> LOI MACRON / article 201 : http://www.assemblee-nationale.fr/14/ta-pdf/2934-1-art_49-3.pdf

 

Cigéo/BURE, en finir – Déchets nucléaires, surtout ne pas enfouir, arrêter d’en produire!!

 

20/07 au 03/08 : partage du terrain avec les Ami-e-s de Silence

Du 20 juillet au 3 août le terrain que nous allons investir pour le campement de cet été sera également habité par un autre campement plus discret et familial, celui, annuel, des Ami-e-s de la revue écologiste Silence!

Initialement prévu pour se prolonger jusqu’au 5 août, nous avons mutuellement convenus de déplacer les dates de nos campements afin que ceux-ci se chevauchent le moins possible. Nous aurons donc 3 jours en commun au début de campement, ceux du montage/démontage.

En amont du campement, nous avons prévu un chantier du 20 au 26 juillet, dans le même temps où s’effectuera le montage de leur campement, nous partagerons donc le terrain en deux parties, afin de poursuivre nos travaux d’aménagement, tout en respectant l’intimité de nos voisin-e-s.

Nous invitons celles et ceux qui nous rejoignent à s’installer dans les espaces que nous avons convenus ensembles et à veiller à ce que nous nous côtoyions en bonne intelligence et dans le respect les unes des autres.

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Bure et l’argent de Bure !

On parle de Bure, on appelle à y venir cet été, mais finalement il s’y passe quoi exactement ?

Bure c’est un village de 86 habitants dans la Meuse, à 250 km à l’est de Paris, dans un triangle entre St Dizier, Nancy et Chaumont où la densité de population est de 6 habitants au km².

Contrairement à ce que certainEs en pensent, ce n’est pas pas une région grise et hostile, couverte de champs et d’éoliennes, c’est un pays vallonné, dont les collines sont couronnées de forêts et où les vallons accueillent des pittoresques cours d’eau et étangs. Bref, un chouette endroit boisé qui aurait beaucoup à pâtir d’une poubelle nucléaire.

Ce n’est pas comme s’il n’y avait pas eu de résistance dans la région, mais la faible densité de population a rendu le rapport de force bien inégal et en 1999 le projet de laboratoire pour l’enfouissement de déchets radioactifs de l’ANDRA [1] s’est établi dans la Meuse définitivement.

Les 5 années précédentes, comme dans tous les endroits pressentis pour le projet de l’ANDRA, les mobilisations avaient pourtant été houleuses : l’ANDRA avait été muré à Bar-le-Duc, des sabotages sur les forages, des manifestations de plusieurs milliers de personnes ont battu le pavé à Verdun, Bar-le-Duc, Nancy et Chaumont mais n’ont pas suffi à faire reculer le projet.

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Le campement du 1er au 10 août à Bure n’est pas le premier de la région, un autre campement avait déjà eu lieu en été 2000, face au chantier du futur laboratoire, et avait rassemblé près de 2000 personnes. Plus tôt dans l’année, un immense mur de paille adossé au chantier avait été incendié en mars par 500 personnes venues de toute la France. Entre 2000 et 2007 plusieurs autres campements, actions et rassemblements seront organisés en face du laboratoire.

En 2004, les militants locaux du collectif Bure Zone Libre achètent une maison avec l’appui du réseau sortir du nucléaire, à Bure, et la restaurent pour en faire la Maison de la Résistance (avec une salle de réunion et un dortoir qui peuvent accueillir plusieurs dizaines de personnes).

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la Maison de la Résistance de Bure

Entretemps le projet s’est précisé : le projet initial de laboratoire dédié à l’étude du comportement des sols dans l’éventualité d’un enfouissement de déchets nucléaires est devenu un projet d’enfouissement de déchets nucléaires de haute activité et à vie longue (très radioactifs avec une activité de 100 000 à 1 million d’années).

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vue aérienne du labo

Il ne devait pas y avoir de stockage de surface de déchets à faible radioactivité, et les derniers schémas de l’ANDRA montrent du stockage de surface au niveau du laboratoire. Et depuis 5 ans les projets initiés par l’ANDRA, le Commissariat à l’Énergie Atomique, Areva ou EDF se multiplient : un projet de gazéification du bois en vue de produire de l’agrocarburant a fait son apparition sous le nom de SYNDIÈSE au-dessus des villages de Bure et Saudron, tandis que des infrastructures s’installent à Gondrecourt et Haudelaincourt, que l’ANDRA rachète peu à peu une surface gigantesque de terrains dans la Meuse (elle en possède déjà 3000 ha). Depuis janvier 2015, des travaux de prélèvement puis de pose de balises de géomètres, ont en outre commencé tout au long d’une ancienne voie ferrée que l’ANDRA aimerait remettre en activité pour le transport de deux convois par semaine au moins de déchets nucléaires, depuis Gondrecourt jusqu’au laboratoire.

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vue globale
La ZIRA = zone d’intéret et de recherche approfondie, est la zone qui accueillera les galeries souterraines
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plan des galeries

Si la résistance a perdu un peu de son offensivité des débuts, on peut y voir plusieurs raisons : en 2004, Sébastien Briat, un jeune de 22 ans, très investi dans la lutte antinucléaire lorraine, est happé par un train de transports de déchets et décède. Cet évènement dramatique met un coup au moral d’un grand nombre de militants locaux. Peu après, l’opposition au débat public, initiée par les militants locaux, produit un effet pervers de fatalisme devant le cynisme des institutions : un grand nombre d’habitantEs des environs se font une raison devant un adversaire qui bénéficie de tous les pouvoirs et droits. L’ANDRA échange des terrains qu’elle possède contre ceux dont elle ne dispose pas encore, brandissant la menace d’expropriation devant celleux qui lui résistent. L’argent coule à flot dans les municipalités : via le groupement d’intérêt public de la Meuse (GIP Meuse) tous les projets de rénovation, construction dans les villes et villages de la Meuse, reçoivent un appui d’a minima 15 % de l’argent corrupteur de l’ANDRA. 50 millions d’euros et bientôt 60 ont été débloqués pour acheter les maires de la Meuse et ceux de la Haute-Marne (soit donc 500 euros par habitantEs de la Meuse). Les maires qui s’opposent ne reçoivent rien du tout s’ils n’accèptent pas ces 15 % et finissent par soit démissionner, soit ne pas être réélus, soit enfin par céder à contrecoeur. On ne voit plus de village autour de Bure qui n’ait pas de nouveaux lampadaires, routes, égoûts, abribus, etc.

Les agriculteurs peu nombreux dans la région (beaucoup de gros propriétaires de plus de 200 ha) ont échangé leurs terres déjà, acculés par des nécessités de maintenir leur exploitation à flot. Mais depuis quelques mois ils se rendent compte que ce n’était qu’un avant-goût : un nouveau remembrement des terres est à l’ordre du jour. A terme c’est toutes les terres que l’ANDRA convoite.

Cette politique très aboutie de corruption au porte à porte, dans les mairies et chez les particuliers crée un climat de tension, de honte et d’amertume latente, où les langues se délient facilement pour médire de l’ANDRA mais se taisent quand on aborde la question des concessions.

Depuis quelques mois des coupes importantes ont lieu dans les forêts et les projets de Syndièse se précisent : des dizaines d’hectares de forêt meusiennes, avec le blanc-seing de l’Office Nationale des Forêts devraient passer à la broyeuse pour produire de l’agrocarburant. Des tractations ont commencé avec les mairies pour le rachat des forêts communales. Si on ne peut pas faire de lien entre les coupes qui ont eu lieu récemment dans les forêts autour de Bure et ce projet, on peut dans déjà s’inquiéter de la privatisation des forêts [2] pour produire des granulés de chauffage à grande échelle : les projets de scieries monstrueuses (projet avorté du Morvan) et de transformation du bois à des fins énergétiques fleurissent partout en France et menacent de nombreux arbres centenaires. Et ce n’est rien à côté de ce que Syndièse [3] va consommer : 90 000 tonnes de biomasse par an, soit donc 20 % des ressources forestières lorraines exploitables ; et il ne tient qu’à un tampon de l’ONF pour transformer un bout de forêt en exploitation.

Si on en revient au projet CIGÉO, plusieurs problématiques en font indéniablement le plus grand et nuisible chantier de France :

Regarder le film « Bure pour l’éternité » sur le centre d’enfouissement en Finlande permet de se rendre compte que l’enfouissement des déchets radioactifs n’est rien d’autre qu’un grand poker menteur organisé par des politiques et scientifiques véreux. A aucun moment, les spécialistes ne parviennent, aussi bien à l’ANDRA qu’en Finlande ou au WIPP [4] aux États-Unis à produire un discours cohérent et même rassurant. Ce n’est qu’une suite de spéculations et de réajustements par des apprentis-sorciers qui n’ont aucune idée des comportements géologiques des sols dans les 1000 ans à venir, et des contextes politiques des 50 ou 100 ans à venir.

Le projet consiste à creuser un tunnel de plus de 2km de long sous le village de Bure afin d’accéder à 260 km de galeries de stockage et 100 km de galeries de liaison, à 500m sous Bure, puis de les remplir et de sceller le trou après 130 ans d’exploitation.

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Le tout avec la garantie prétendue qu’il n’y aura pas de fuite d’eau (ce qui pourrait s’avérer très dangereux en terme de corrosion ou d’interactions chimiques avec les produits stockés), pas de mouvements excessifs des sols (en 100 000 ans, il est pour le moins difficile d’estimer ce genre de choses), pas de fuites d’air contaminé par les cheminées d’aération et que pendant 100 ans on pourra inverser le processus et ressortit la poubelle de son trou.

Cette dernière condition est définie par le principe de réversibilité et doit faire l’objet d’une loi avant que tout projet d’enfouissement nucléaire puisse avoir lieu en France. Gérard Longuet, député de la Meuse, promoteur actif du lobby nucléaire, et ses amis ont ainsi tenté à 14 reprises d’introduire un amendement de réversibilité dans la Loi Macron et y sont parvenus à 4h du matin avec 40 députés dans l’hémicycle avant que le texte soit rejeté le 10 juin.

Plusieurs questions se posent : que vont devenir les milliers de tonnes de terre qui seront extraits de 300 km de galeries ? Seront-elles déversées, comme on le suppose, dans la superbe vallée d’Ormançon qui court au-dessus de Bure, au coeur de la forêt ? Et que va-t-il sortir des cheminées d’aération qui vont surplomber Bure à moins d’un km ? Quelle radioactivité sera mesurable au long d’une voix ferroviaire qui va accueillir a minima deux trains de déchets nucléaires par semaine ? Quelles surprises se cachent encore dans la boîte de pandore de CIGÉO quand on voit que le projet s’est enrichi progressivement de nouvelles excroissances hideuses, telle une hydre qui jaillit des souterrains du laboratoire et convoite toute la région autour ? La dernière question qui est posée par les opposants (et pas seulement [5]) c’est celle du gouffre financier qui s’annonce : le projet CIGÉO est d’ores et déjà chiffré à 42 milliards d’euros …

Au premier salon du nucléaire qui s’est tenu au Bourget en octobre 2014, on distribuait à l’entrée la carte ci-dessous, plutôt martiale et avec Bure au centre d’une cible de 80km de rayon pour l’implantation d’un « cluster de compétences nucléaires ». Cluster est un mot de l’ennemi indéniablement : il signifie quelque chose comme « on va prendre un territoire, le privatiser à fond et y implanter tout un tas d’entreprises, d’industries et d’écoles qui vont générer un maximum d’argent pour ces dernières, sous couvert de dynamiser la région ». Et quand on lit « nucléaire » derrière « cluster », qu’on se rend compte que le rayon recouvre tout un département, difficile de ne pas y voir le sacrifice organisé d’un territoire en vue d’y grouper tout ce que le nucléaire a à se reprocher. Quoi de plus idéal qu’un territoire qui compte 6 habitants au kilomètre carré pour se cacher des regards ? Surtout quand on a patiemment travaillé ce territoire au corps, par la corruption, la culpabilisation et l’acceptation.

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carte de Bure

La lutte à Bure ce n’est pas simplement une occupation opposée à un grand projet nuisible, c’est bien plus vital que ça : c’est la course contre la montre contre un projet monstrueux qui couvre la totalité d’un département et déborde sur ses voisins, qui va conduire à des conséquences irréversibles et désastreuses pour les 100 000 années à venir au moins. Car contrairement à ce qu’on croit, à Bure rien n’est encore joué tant qu’aucun déchet n’est entreposé dans une galerie. Et ça ne arriver à aucun prix ! C’est la lutte contre une société financière mondialisée qui détruit cyniquement les écosystèmes, privatise les sols, l’air, l’eau et le vivant pour en tirer le jus de ses bénéfices.

C’est toute la Meuse qui doit être occupée en résistance à ce projet !Retour ligne automatique
Et c’est toute l’Europe qui doit se mobiliser contre ces projets !Retour ligne automatique
Nous avons besoin de réseaux pour étendre la lutte, nous avons besoin de lieux pour l’ancrer dans la durée et de moments de convergence pour la concentrer et l’amplifier !

Notes

[1Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, anciennement rattaché au Commissariat à l’énergie atomique et depuis 1991 et la loi Bataille, établissement public à caractére commercial et industriel (EPIC).

[2Rapport de l’Assemblée nationale sur la biomasse au serivce du développement durable : http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-info/i1169.asp

[3Plus d’infos sur Syndièse sur http://mirabel-lne.asso.fr/content/syndiese

[4Au printemps 2014, le WIPP aux USA, centre d’enfouissement construit sur le même modèle et les mêmes promesse que Bure, a connu un incendie qui a provoqué l’irradiation de 22 ouvriers, le dégagement de radioactivité par les cheminées d’aération et l’arrêt de l’exploitation et l’impossibilité d’extraire les déchets dans les galeries