Sauvons la forêt

Communiqué : Expulsion imminente

Bure : expulsion imminente des opposant.es antinucléaires !

Passage en force de l’ANDRA, une nouvelle matinée sous tension

Depuis 6 mois, le bois Lejuc, à Bure, est occupé par plusieurs dizaines de personnes pour s’opposer au projet de poubelle nucléaire CIGEO. Les occupants sont convoqués au Tribunal de Grande Instance de Bar le Duc le 25 janvier en vue de leur expulsion. Mais les vigiles et les gendarmes n’ont pas attendu le procès pour tenter de revenir dans le bois. Les prochains jours sont cruciaux dans la lutte contre le projet CIGEO.

Vers 11h du matin nous avons entendu des bruits de machines en forêt. Sur un chemin forestier à deux pas de la communale, une cabane collective, un engin de chantier conduit par le responsable des activités extérieures de l’ANDRA, l’incontournable Emmanuel Hance , était en train de déblayer toutes les barricades et élargir le sentier, escorté par deux voitures de vigiles de l’entreprise EPR.

Les journalistes de France 3 qui venaient tourner un sujet pour le procès intenté par l’ANDRA contre occupan-tes du bois, le 25 janvier, ont assisté à toute la scène et n’ont pas manqué de constater que monsieur Hance n’hésitait pas à repousser à la pelle les opposant-es tentant d’entraver l’avancée de la machine au risque de les blesser. Dans le même temps, un second engin de chantier, également escorté, était repéré et repoussé sur la route forestière centrale juste avant que ne soit détruite la dernière barricade d’accès à la cuisine collective.

Au final, nous sommes parvenu-es à faire refluer l’ANDRA jusqu’au centre de la forêt, au niveau d’une future construction, mise à terre. En retrait, trois camions de chantiers de l’entreprise Chardot, chargés de gravas, attendaient de créer de nouveaux chemins d’accès. Prétendument pour déblayer le mur mis à terre en août. Alors que trois audiences en justice nous opposent encore à l’ANDRA dans les jours et semaines qui viennent, pour l’occupation et contre le défrichement et l’acquisition malhonnête du bois, l’ANDRA joue à nouveau la partition du passage en force. Sous prétexte fallacieux de remise en état du Bois Lejuc, l’ANDRA prépare une expulsion violente de l’occupation du Bois Lejuc, dans les prochains jours.

Deux jours avant l’audience intentée contre les occupant-es du bois, l’arrivée rapide de plusieurs cars de gendarmes mobiles appuyés par le peloton d’intervention et de surveillance, sous commandement direct du chef d’escadron Bruno Dubois, le coup porté au nez d’une ami-e par une vigile et le retour en force de l’ANDRA dans la forêt, témoignent clairement du choix que fait l’ANDRA, une fois de plus, de fouler au pied la légalité et de porter la conflictualité sur le terrain.

En août comme aujourd’hui, nous affirmons notre détermination à faire barrage à tous travaux de l’ANDRA et à préserver coûte que coûte le Bois Lejuc des destructions que l’ANDRA ne manque d’y occasionner à chacun de ses passages ! Nous ne sommes pas dupes, replanter une poignée d’arbrisseaux quand on en a déraciné des milliers, et enlever quelques pans de murs à quelques jours de l’échéance du délai imparti pour le faire, c’est jeter de la poudre aux yeux pour mieux revenir dans un mois, ravager la forêt de plus belle ! Rendez-vous est donné le 18 février pour une grande journée d’action et de mobilisation : qu’ils expulsent ou non, nous serons dans le bois !

Les occupant-es du Bois Lejuc et opposant-es au projet de poubelle nucléaire CIGÉO !

Cartographie de la progression de l’ANDRA dans le Bois Lejuc le 23 janvier

Qu’ils nous expulsent ou pas, on sera dans le bois !

    À cette saison où les nuits s’étendent langoureusement, offrant aux claires étoiles la scène de leurs illuminations, l’ennemi rôde encore ; croit-il la forêt enfin éteinte et vulnérable ? Il s’avance à pas lourds sur le béton dur des tribunaux, il s’avance escorté de ses soldats de plombs, violant sans remords les doux rêves d’harmonie des arbres endormis. Lui, délirant, rêve d’apocalypse, de troncs broyés et de grands puits crevant les entrailles de la terre, vomissant des déchets qui jamais – au fond il le sait – ne sauront sagement rester tapis sous son déni. Mais chouettes et hiboux guettent !

L’ANDRA nous pense-t-elle engourdi-e-s ? Nous n’avons pas volé vers les contrées chaudes du sud mais vers les fraîches et vigoureuses cimes d’où nous la surveillons de plus belle !

Le 18 FÉVRIER, qu’ils nous aient expulsé-e-s ou non, montrons que nous ne sommes pas de fébriles brindilles qui s’éteignent au premier souffle, mais un grand brasier brûlant et déterminé ! Rejoignons nous par centaines à Bure pour une grande manifestation en direction du bois Lejuc, moufles et cagoules pour le froid et musique et bombes de couleur pour la joie. Que nous soyons force de réoccupation ou d’occupation, déjà venu-e-s ou primo arrivant-e-s, soyons présent-e-s et imposons aux nucléocrates notre tempo !

  • Durant la journée, des sessions d’apprentissage de grimpe seront organisées, des cabanes et barricades vont encore fleurir un peu partout au cours de chantiers collectifs – on entend même chuchoter des projets fous de châteaux fort et de tyroliennes, qui sait ? N’hésitez pas à amener des matériaux et toutes vos idées*. Nous vous invitons aussi à cadencer la lutte en apportant vos instruments de musique et de jongle !
  • Dans la soirée, arts de rue, vin chaud et concerts sont attendus en forêt. Si jamais elle est inaccessible, d’autres lieux sont prévus.

Des couchages avant et après la mobilisation sont possibles dans nos Maisons, dans les cabanes du bois, et dans des tentes que nous aménagerons pour les isoler de l’humidité et du froid. Prévoyez tout de même des vêtements et duvets aussi chauds que possible. [PLUS D’INFOS PRATIQUES ET PROGRAMME DÉTAILLÉ TRÈS BIENTÔT SUR LE SITE]

 * Les collectifs ou groupes auto-gérés peuvent s’adresser à sauvonslaforet@riseup.net pour annoncer leurs projets de construction.

Résistance et affouages !
ANDRA dégage !

Les Chouettes Hiboux de Bure

Pour tous renseignements : www.vmc.camp – sauvonslaforet@riseup.net – 03.29.45.41.77
Contact presse : 07.53.54.07.31 – automedia.bure@riseup.net

Ressources :

Les tracts en A5 recto-verso :

Tract orangeTract orange-vert , Tract orange dégradé

Les affiches en A3 :

Affiche orange , Affiche orange-vert , Affiche orange dégradé

Les affiches en A2 :

Affiche orange , Affiche orange-vert , Affiche orange dégradé

Coucou hiboux – Journées d’autoformation à Bure

Dimanche 22 janvier, 29 janvier et 5 février …

Le bois Lejuc est de nouveau menacé d’expulsion et de destruction à partir de fin janvier. Mais les hiboux, du haut de leurs grands chênes, ne se laisseront pas déloger ! Tous les drôles d’oiseaux d’ici et d’ailleurs sont invités à migrer vers notre bois le dimanche 22 janvier (et les suivants) pour une journée de préparation et d’autoformation.

Nous partagerons savoirs et pratiques afin de gagner en autonomie. Apprendre à s’organiser, renforcer nos liens, notre confiance en nous et entre nous… pour se sentir prêt.e.s le moment venu !

Au programme :

  • à partir de 9h : ateliers medic, legal team, automedia, cartographie, logistique et équipements
  • 12h30 : repas collectif
  • à partir de 14h : reconnaissance des lieux et déplacements collectifs en forêt (prévoyez des habits chauds!)
  • fin d’après-midi : debriefing et discussions autour d’un vin chaud dans la cabane communale (chauffée!)

Des couchages sont disponibles à la Maison de la Résistance pour celles et ceux qui voudraient venir plus tôt et se réveiller en fanfare avec nous !

Contactez-nous sur sauvonslaforet@riseup.net ou au 03 29 45 41 77 pour qu’on puisse prévoir gîte et couvert.

Les chouettes hiboux de Bure

 

Tract A5 en pdf

Tract A4 en jpg :

Le 11 janvier, Sven est convoqué au tribunal de grande instance de Bar le Duc.

Si Sven Lindström est convoqué devant les tribunaux c’est parce qu’il s’est déclaré occupant de la forêt libérée de Mandres en Barrois. L’ANDRA entend le déloger. Elle remet en cause les conditions de salubrité et de confort de son habitat. Pourtant, ni lui, ni personne ne manque d’installation dans la forêt, mieux, il y a de la place pour accueillir de nouveaux projets.

L’avocat en charge du dossier de Sven étudie une demande de renvoi, malgré cela tout votre soutien pour cette journée du 11 sera le bienvenu ! La menace d’expulsion plane à nouveau et se matérialise à travers des démarches judiciaires. On reste soudé-e-s et on donne des nouvelles ASAP!

 

Mise-à-jour au 14 janvier : La convocation est repoussée au 25 janvier. A la fin du mois, l’Andra pourrait disposer à la fois d’une ordonnance d’expulsion et d’un arrêté préfectoral autorisant la reprise des défrichements. Il y a un gros risque d’intervention policière : surveillez les nouvelles de près, on aura besoin de monde.

Jeudi 1er décembre – La fête de l’éco-enfouissemement continue!

La contre-attaque médiatique de l’ANDRA se poursuit avec la régularité d’un métronome. Après le début de « reboisement » du bois Lejuc le 30 novembre : une réunion de concertation pour « les milieux naturels et la biodiversité » le 1er décembre. Eteindront-ils enfin demain les hideuses lumières de leur laboratoire pour être plus éco-citoyens? On ne peut que le souhaiter.

En attendant, heureusement, des hibous veillent…

 

Opération « haie d’honneur » pour la consultation – étape 1 !

photo3Des nouvelles fraîches de la biodiversité à Bure ! On a signalé ce matin dans l’écosystème meusien la présence de quelques hibous forts déçus de ne pas avoir été invités à une « concertation » organisée par l’ANDRA avec les « acteurs du territoire » en vue de l’étude d’impact globale de la poubelle nucléaire. C’est dommage, ils avaient pourtant quelques idées sur la question…

C’est donc pour réparer cette injustice qu’un défilé bariolé s’est mis en route à 13h40 vers la salle des fêtes de Bure, puis vers l’espace technologique du labo, où des nucléocrates à court d’idées retorses avaient déplacé leur réunion en catimini. Le cortège arrive malgré tout assez tôt à destination pour accueillir les participants et leur rappeler en musique avec qui ils allaient se « concerter ». Leur tract précisait : « les prétendues consultations ne sont qu’un autre des rouages d’une stratégie de communication à grande échelle. Comme pour le débat public de 2013, tout est ficelé d’avance. »photo2

 

Opération « haie d’horreur » pour le greenwashing – étape 1bis !

Après la consultation, la fête de l’éco-enfouissement se poursuit au nord du bois Lejuc. Comme hier, le tracteur, flanqué de quelques gendarmes, d’Emmanuel Hance et de ses vigiles, trace son sillon infernal. La scène est surréaliste : à quelques centimètres des souches des arbres abattus quelques mois plus tôt, on prépare la plantations de quelques dérisoires arbrissimg_20161201_145747eaux. Pourtant, nul besoin de préciser que, si rien n’est fait, c’est une portion encore plus grande du bois qui sera de nouveau rasée pour construire la zone des puits de ventilation. Mais peut-être que, là encore, on assistera au spectacle absurde d’un tracteur creusant des sillons sur un désert pour y replanter quelques arbrisseaux : c’est ça l’esprit de la réversibilité façon Cigéo.

 

Face à cette absurdité, une évidence s’empare des hibous : une haie d’arbre morts, une « haie d’horreur » pour une mascarade de reboisement, une rangée de branches sans vie pour rappeler que l’Andra a déjà massacré le bois et le massacrera encore. L’insolence de ce greenwashing vire au sinistre, mais les hibous choisissent encore une fois la dérision : c’est encore en musique et dans la joie de lutter ensemble que se déroule cette parodie de reboisement. L’esprit de l’été revient sur les hibous.

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La future zone des puits (selon eux), largement défrichée…

 

Vite, l’étape 2 pour un hiver déter’ !

Devant nous, encore au moins 12 jours de pépiniériste reboisant ce qui a été déboisé pour mieux redéboiser plus tard, encore des réunions de concertation fantoches, et bientôt l’anniversaire de Sven Lindstroem dans la forêt. Il y aura l’étape 2, et les autres suivront. L’hiver s’annonce déter’ mais on a besoin de monde!

On ne nous éco-enfouira pas.

On ne nous atomisera jamais.

 

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Les pancartes présentées devant l’entrée de l’ANDRA aux participants à la réunion de concertation :

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LA TENSION MONTE, les bleus ouvrent le jeu : appel à renforts ! Le 13 du 12 anniv’ déter !

MISE À JOUR 29/11 :

Ce matin l’équipe bleue a ouvert les hostilités.

Après la décision du 24, la police essaie par tous les moyens de pénétrer dans le bois. Elle utilise tantôt l’excuse d’un « reboisement », tantôt celle de flics en civil qui viennent se balader avec leurs « familles » le dimanche après-midi. Aujourd’hui, ils sont venus trois fois à la barricade Sud, entre 6h30 et 8h. Ils ont même tenté de prendre cette barricade*. Il est évident qu’ils testent nos réactions, essaient de nous épuiser, et préparent leur prochaine venue.

Puisque l’équipe bleue a entamé la partie, venez jouer côté forêt ! Nous avons un besoin urgent de renforts. Alors que Sven, premier squatteur officiel du bois Lejuc, fête son anniversaire le 13/12 des trouble-fête commencent déjà à se pointer à sa porte. Nous invitons dès à présent tou-te-s nos ami-e-s à venir veiller et garder loin de la forêt les reflets de bleu!

« Venez avec vos bières et vos copains! », rappelle Sven

PS : Pendant que nous défendons notre planète ici, au nom du profit elle est agressée de partout : ainsi, d’autres combattent ailleurs. Nous voulons faire part de notre amour, notre rage et notre solidarité à celles et ceux qui font face à une brutale répression  à Standing Rock, Dakota du Nord — même combat!

* Heureusement on en a plein. Venez les défendre avec nous !

Communication forêt du 25/11 :

Vous savez bien comment vont ces occupations la plupart du temps : les méchant-es commencent à détruire l’environnement, les gentil-les interviennent, et à fin les méchant-es reçoivent un papier les autorisant à démarrer les bulldozers encore une fois. C’est pour ça qu’on a besoin de vous. Que vous veniez. Ici. Pour résister.

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«Quelques personnes ont réoccupé la forêt il y a deux mois. Pour les soutenir j’ai décidé de me joindre à eux et j’ai officiellement squatté l’endroit. J’ai changé mon domicile pour la forêt, il y a une boîte aux lettres et tout le reste, et je suis résidant officiel du bois Lejuc. J’espère faire en sorte de rendre la destruction du bois un peu plus difficile à ces pourris de l’Andra!» dit Sven Lindstrom, premier squatteur officiel de la forêt. Pour d’évidentes raisons, il a son mot à dire dans cet appel.

«Pour rendre les choses encore plus difficile pour l’Andra, j’ai décidé de faire ma fête d’anniversaire ici, à l’occupation de la forêt. Mon anniversaire est le 13 décembre, et bien sûr la soirée est à thème. Et comme il semblerait qu’on doive s’attendre à des trouble-fêtes en bleu, je pense commencer à le fêter au plus tôt. Venez donc, «bring your own beer» et tous vos ami-es!»

Le 1 août, le monstre nucléaire qu’est l’Andra a reçu l’ordre du tribunal d’arrêter le défrichement et la construction du mur d’enceinte commencés sans autorisation. Aujourd’hui 24 novembre, l’autorité l’environnementale a décidé que l‘Andra est libre de continuer sans avoir à faire d’étude d’impact environnemental. Il lui faut simplement obtenir une autorisation de défrichement qui pourrait lui être accordée très rapidement. Ils pourraient ainsi continuer des travaux préparatoires de CIGEO. Donc la prochaine fois qu’ils viennent avec leurs flics et leurs bulldozers : ils viennent pour détruire.

Une nouvelle audience concernant la forêt se tiendra le 15 décembre. S’ils jouent dans les règles, ils attendront cette date, peutêtre même que le répit tiendra jusqu’en janvier. Mais s’ils en decident autrement, l’expulsion peut avoir lieu n’importe quand. Donc ceci est un appel urgent à nous rejoindre pour s’y préparer et faire face.

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Pour soutenir Sven, des gens ont mis à disposition de quoi se loger, de la nourriture et des matériaux de construction pour celles et ceux qui voudraient passer ou se balader dans la forêt. Si vous ne pouvez pas venir, organisez vos actions décentralisées. Vous pouvez aussi envoyer une carte postale à Sven à ladresse suivante : Sven Lindstrom, Le Haut Chemin 55290 Mandres-En-Barrois, France.

Ré-Ré-Occupation de la Forêt de Mandres !

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EN BREF

– Convergence : Le bois Lejuc est plus que jamais EN VIE : occupé, libéré, habité, défendu dans un respect de la diversité des tactiques. Participez ! Venez partager vos expériences et élargir nos possibilités, défendons la vie de cette forêt !

– Tous les dimanches à partir de 14h : vin chaud et châtaignes…, promenades d’automne, champignons, initiation à la grimpe, construction, discussions dans la forêt libérée ! (Apportez ce que vous avez envie de partager : un goûter, un savoir-faire, de la peinture pour vous exprimer sur le mur…)

– Le 13/12/2016 anniversaire déter’ de Swen : le résident officiel de la foret fête ses 30 ans ! Célébrons et défendons ! Feux d’artifice :  « bring your own beer ». Le bois est libre !

– À tout moment, passez à la maison de la résistance à la poubelle nucléaire à Bure pour s’informer, se rencontrer, se reposer et s’activer !

En cas d’expulsion et/ou de redémarrage des travaux :

– Convergence le samedi suivant vers Bure à 11h (précision du lieu sur vmc.camp en temps voulu) pour une manifestation dont la teneur sera affinée en fonction de ce qui sera le plus stratégique.

– Pour soutenir financièrement et matériellement la libération du bois, il existe toujours un appel à don et un appel à matos.

sauvonslaforet[at]riseup[point]net / www.vmc.camp /

Maison de la résistance : +33(0)3 29 45 41 77

Presse : +33(0)7 53 54 07 31

EN MOINS BREF

Les feuilles rougissent de plus belle chaque jour. Le vent fraîchit. La nuit s’étire peu à peu. Les brumes givrantes du matin pointent le bout du nez. Il y a des bouquets flamboyants où que l’on tourne le regard, les chemins défrichés couverts de tapis craquants, et les hourras de chiens joueurs. Le vert tendre a laissé place au rouge rage, l’automne a embras(s)é l’été et, contrairement à ce que nous écrivions dans notre premier appel, à Bure, nous allons toujours aux champignons ! Après presque 5 mois de manifestations, d’occupations, de balades, d’expulsions, de réoccupations, d’affrontements, de recours juridiques, de pique-nique, de tractages, de constructions de vigies, de boums improvisées, de sabotages de mur… le bois Lejuc est plus que jamais libéré !

Sans crier gare, voici que depuis l’épique chute du « Bure de merlin » le 14 août, des dizaines de hiboux ont refait leurs nids dans cette jolie forêt. Cette fois, il n’y a pas eu d’appels pétaradants, pas de textos urgents, pas d’overdoses d’informations ou de demandes de soutien. La nouvelle occupation s’est installée tranquillement, profitant de la douceur automnale : le plaisir de monter une grande plate-forme au cœur d’un hêtre, de s’initier à la grimpe, de redécouvrir cette forêt aux couleurs changeantes, sans pression des flics. Prendre le temps de discuter avec celles et ceux qui continuent de s’y promener. Apprendre à respirer à nouveau après avoir passé un été en apnée furieuse et euphorique. Le changement de saison : d’été d’urgence, à automne paisible…vers un hiver déter !

EN MOINS BREF

Les feuilles rougissent de plus belle chaque jour. Le vent fraîchit. La nuit s’étire peu à peu. Les brumes givrantes du matin pointent le bout du nez. Il y a des bouquets flamboyants où que l’on tourne le regard, les chemins défrichés couverts de tapis craquants, et les hourras de chiens joueurs. Le vert tendre a laissé place au rouge rage, l’automne a embras(s)é l’été et, contrairement à ce que nous écrivions dans notre premier appel, à Bure, nous allons toujours aux champignons ! Après presque 5 mois de manifestations, d’occupations, de balades, d’expulsions, de réoccupations, d’affrontements, de recours juridiques, de pique-nique, de tractages, de constructions de vigies, de boums improvisées, de sabotages de mur… le bois Lejuc est plus que jamais libéré !

Tôt ou tard les barricades de papier tomberont

Car nous ne sous-estimons pas les VRPs de l’atome, qui ne sont pas restés bras croisés à flemmarder dans leurs costumes trop grands et leurs bureaux aseptisés. Ils ont fait appel de la décision de suspension des travaux du 1er août; celui-ci sera jugé en novembre ou en décembre selon les différentes audiences encore à venir. La procédure d’obtention d’autorisation de défrichement est en cours. Contre toute attente, le Conseil Général de l’Environnement et du Développement durable (CGEDD) n’a pas daigné nécessaire d’exiger une étude d’impact environnementale (Rappelons qu’il s’agit du plus grand chantier des 100 000 ans à venir !).

Le bois libéré gagne en popularité

Début octobre un huissier est venu se balader avec à son bras l’homme de main de l’Andra et deux vigiles armés de bâtons. Ceux-là même qui tentent des embuscades ou testent notre vigilance en lisière. Chaque semaine, au moins une fois l’hélico nous survole, les bleus rôdent dans les alentours. Même Commandant Dubois cherche insidieusement à se faire inviter en promenade. Pour couronner le tout, l’Andra semble à présent prendre mesure de la richesse inestimable de ce bout de forêt : elle veut en effet venir reboiser des parcelles qu’elle aurait malencontreusement piétiner des grosses bottes de Cigéo.

Côté répression, des ami-e-s ont pris 2 mois de sursis pour un graff sur une ruine, un autre une interdiction de Meuse pour 2 ans, et des convocations s’accumulent pour l’affaire du mur. Une nouvelle préfète s’est installée en Meuse, et un nouveau directeur du cru pour CIGEO. L’Andra a aussi recruté un expert en droit public pour éviter de reproduire les erreurs passées. Bref, ils se réorganisent, et les menaces d’expulsion de la forêt et de reprise des travaux de forages se rapprochent. À nous de les anticiper, comme nous l’avons toujours fait depuis ce fol été.

Des dizaines de personnes ont choisi de s’installer sur place

Par ce nouvel appel, après un relatif temps de repos, nous souhaitons donner des nouvelles à toutes les amies passées cet été, l’an dernier, depuis 20 ans. À tous les curieux qui ont préféré des destinations de vacances plus exotiques qu’un été en Meuse (on ne vous en tient pas rigueur). Aux tritons sans frontière qui résistent, de Calais à Notre-Dame-des-Landes, assourdis par le bruits des bottes bornées qui clôturent cette fin de règne en annonçant une ère encore plus martiale. À celles et ceux qui cherchent quelques raisons d’espérer.

Ici, c’est avec un optimisme joyeux et déterminé que nous enracinons cette petite victoire; des arbres sont replantés dans les gravats; et aux solides branches de leurs ancêtres centenaires des cabanes sont reconstruites. De là-haut, les vigiles et autres sbires de l’Andra paraissent enfin à leur taille : ridiculement minuscules face à la grandeur de cette forêt. Malgré le froid, les hiboux en tout genre semblent s’y plaire et se sont même mis à hululer des tas de camarades partout en France et en Europe pour leur prêter main forte ! Cabanes, plate-forme, cuisine, toilettes sèches, tipi avec feu central, préau récolteur d’eau de pluie, espace de couarail chauffé avec dortoirs… sortent de terre et des aires comme les champignons qui poussent et les grues cendrées qui passent…

L’un d’entre nous, Swen a décidé d’élire officiellement domicile dans le bois Lejuc. Ensemble, nous y fêterons ses 30 ans le 13 décembre.

Défendre dans la diversité des tactiques

Nous amplifions notre hululement, qu’il résonne au plus loin et que encore plus nombreux-euses nous convergions. Même si déjà des dizaines de personnes ont choisi de s’installer sur place après l’été. Nous savons que c’est aussi, en grande partie grâce à la condamnation juridique de l’Andra* que la forêt est protégée. Toutefois, ne nous faisons aucune illusion : comme dans toute l’histoire des recours juridiques et des luttes anti-nucléaire, les barricades de papiers tombent, tôt ou tard les travaux seront régularisés. Quelques semaines, quelques mois : c’est une question de temps. À ce moment là, nous devrons être suffisamment fort-e-s, créati-ve-s, solidaires, ensemble pour les bloquer!

Dès maintenant que des dizaines et des dizaines de personnes profitent de ce bois, viennent y vivre, s’y balader et s’organiser. En cas d’expulsion ou de reprise des travaux, le samedi suivant une marée humaine déferlera sur eux pour défendre dans la diversité des tactiques la forêt libre, pour les arrêter ! Entre temps nous allons continuer de vivre, rire, attiser les braises et faire des étincelles, squatter des terres agricoles, aller aux champignons, construire nos nids un peu partout dans le coin, apprendre à nous connaître, tisser des liens, inventer quelque chose de beau et contagieux qui se répand.

Signé : Les chouettes hiboux hululants de la forêt de Mandres

Tous les dimanche – Retrouvons-nous dans le bois Lejuc !

Retrouvons-nous tous et toutes ensemble dans le bois libéré !

Les journées passent à Bure. C’est l’automne, avec ses couleurs chaudes et intenses des matins ensoleillés. C’est la période des cueillettes de champignon, le premier froid arrive avec un rêve de châtaignes… Et, dans le bois Lejuc libéré de l’emprise de l’Andra, une vie s’est à nouveau réinstallée, des cabanes se construisent, des rêves s’y accrochent. Les travaux sont suspendus, la forêt est plus que jamais libérée et un chantier de construction a commencé depuis le 24 octobre !

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Continuons de nous rencontrer dans ce bois à nouveau occupé, découvrons toutes les cabanes, prenons le temps de passer un bon moment ensemble ! Et, puisque les travaux peuvent recommencer à tout moment, réfléchissons ensemble à comment continuer de les bloquer au mieux !
A partir de 14 h : cueillettes, promenades, initiation à l’escalade, découvertes des cabanes, pour se retrouver ensuite autour d’un feu, d’un vin chaud et de bonnes chataîgnes (en fonction des arrivages) !

Pour tous les habitant-e-s de Mandres et des villages alentours, les promeneurs-euses, cueilleurs-euses, flâneurs-euses, curieux-euses et les hiboux qui veulent se retrouver et enraciner la résistance !

Nous garderons le bois libéré !

Contact : sauvonslaforet@riseup.net / Tel : 07 58 65 48 89