Occupation forêt

A Bure, nous ne nous laisserons pas interdire de territoire

Suite à l’expulsion mouvementée du Bois Lejuc en Juillet 2016, Florent avait été condamné, outre ses six mois de sursis, à deux ans d’interdiction de territoire. Ce lundi 27 mars, pour enrayer la mécanique de la répression, il transgresse publiquement la contrainte en franchissant symboliquement la frontière Haute-Marne – Meuse. Nous publions ici sa déclaration, suivie de quelques réflexions.

Ces derniers jours à Bure, un verrou a sauté. Celui de la rage contenue et de la résignation. La manifestation du 18 février a vu tou.te.s les opposant.e.s à Cigéo se rendre ensemble aux grilles de l’ANDRA et les renverser. Même si encore de nombreuses années de luttes nous attendent, nous sommes déterminé.e.s. Le moment me parait venu d’assumer publiquement ma décision de me soustraire à mon interdiction de territoire.

En effet, interpellé le 7 juillet dernier lors de l’expulsion du bois Lejuc, j’ai été condamné en septembre à 6 mois de prison avec sursis et 2 ans d’interdiction d’apparaître dans le département de la Meuse. Ne voulant pas donner corps à la répression, j’ai continué d’aller et venir à Bure et ses environs comme bon me semblait, et de renforcer les liens avec mes copains et mes copines de lutte. Si quelques photos pixelisées doivent dormir dans quelque service de renseignement, les gendarmes ne m’ont pas remis la main dessus.

Si aujourd’hui je me positionne publiquement, c’est pour garder l’initiative et ne pas rester à la merci du premier contrôle routier venu. C’est pour dénoncer et combattre, ici comme ailleurs, une arme répressive qui se systématise et qui repose sur l’intimidation. Je veux ainsi dire aux autorités : « Nous n’avons plus peur. Libre à vous de vous enfermer dans votre course en avant répressive. Je vous laisse penser que votre désert nucléaire se construira à coup d’interdictions de territoire. Nous continuerons à lutter !”

Parce que si le projet Cigéo se réalise, nous serons tou.te.s à terme interdit.e.s de territoire, soyons solidaires et dénonçons la répression.

Tou.te.s interdit.e.s de territoire ? C’est peut-être effectivement ce qui nous guette dans une Meuse que les autorités nucléaires promettent à des millénaires de radioactivité. Car si l’Andra est venue chargée de promesses de croissance et d’emplois pour mieux faire accepter l’inacceptable dans une région déjà désertifiée, la réalité de sa présence est tout autre. Qui voudra vivre dans un territoire accaparé, années après années, par l’agence (plus de 3000 ha en 2015) ? Qui voudra vivre entouré de projets nucléaires (le stockage Cigéo à Bure, l’usine « Bison » à Gudmont, la blanchisserie à Joinville…) ? Cultiver une terre souillée par des colis radioactifs à vie longue ? Subir chaque nuit les envahissantes lumières du laboratoire ?

Plus de 1600 interdictions de territoire en 2015

C’est bel et bien d’une lutte de territoire qu’il s’agit, une lutte dans, par, et pour un territoire : en interdisant Florent de Meuse, le tribunal ne s’y est pas trompé. Face à la logique mortifère d’invasion et d’aménagement que met en place l’Andra, nous voyons au contraire une Meuse vivante et tissée de solidarités. Nous avons fait le choix de l’habiter, d’y construire nos cabanes et d’y retaper nos maisons. En un mot, nous nous projetons gaiement dans le futur dont on aimerait nous chasser. Et comme partout où il y a résistance, il y a répression. Le 18 février des centaines de grenades (lacrymogènes, assourdissantes et de désencerclement) ont été tirées par la police, deux personnes ont été blessées, deux autres interpellées. Pourtant Bure n’a pas connu son opération César comme Notre-Dame-des-Landes, Bure ne connaît pas la violence et l’humiliation quotidienne des banlieues. Nous sommes une goutte de plus dans un océan de colère.

Il est chaque jour plus difficile de nier cette répression généralisée. La criminalisation des opposant.e.s à la Loi Travail et la violence (physique, administrative et judiciaire) à laquelle ils et elles ont fait face ne le permet plus. Parmi l’ensemble des dispositifs de contrôle dirigés ces dernières années contre les militant.e.s, le pouvoir semble affectionner tout particulièrement les plus insidieux : ceux qui font de nous nos propres gardiens et nous obligent à restreindre notre propre liberté. Lors de la COP 21, 26 militant.e.s avaient été assigné.e.s préventivement à résidence et les interdictions de manifester pleuvent désormais avant chaque rassemblement d’ampleur : la marche pour la justice et la dignité du 19 mars n’a pas fait exception à la règle. Quant aux interdictions de territoire comme celle dont Florent a fait l’objet, la justice en a prononcé plus de 1600 en 2015 ! Cette mesure, longtemps utilisée pour éloigner les agresseurs des victimes (notamment dans le cas de violences sexuelles), devient ainsi l’un des moyens de contrôle politique les plus prisés par la police et les tribunaux.

L’état d’urgence, sous le régime duquel nous vivons depuis le 14 novembre 2015, a abattu certaines délimitations entre mesures administratives et mesures judiciaires. En moins d’un an et demi, ce qui n’était il y a peu qu’un scenario catastrophe (« et si le FN était élu et déclarait l’état d’urgence… ? ») est devenu une réalité quotidienne : on peut être puni en France préventivement et administrativement pour ce que l’on est (un militant politique), et pas seulement par un tribunal, postérieurement à une infraction supposée. Ainsi s’accélère le basculement d’un état de droit (fût-il bourgeois) à un état policier. Pour autant, critiquer l’état d’urgence ne suffit pas. Avant lui, un rapport parlementaire proposait déjà de mettre en place des interdictions administratives de manifester. Après lui, nous voyons dès aujourd’hui ce qui se profile à l’horizon : de loi sécuritaire en loi sécuritaire, l’inscription dans le droit commun de l’ensemble des dispositions de l’état d’urgence, jusqu’à le rendre superflu.

Toutes les frontières sont à franchir !

Dans ce contexte, passer la frontière entre la Haute-Marne et la Meuse alors qu’on est interdit de territoire, c’est d’abord refuser à cet état policier le droit de décider qui est légal ou illégal, où et pour combien de temps. Car les procédures administratives ou judiciaires restreignant la circulation ne sont pas seulement le lot des militant.e.s politiques : elles sont également un moyen de faire peser la menace répressive sur les migrant.e.s et de continuer à faire exister en nous-même les frontières.

La création de l’Espace Schengen promettait l’ouverture des frontières européennes et la libre circulation des individus en son sein. Mais si les frontières ont été dématérialisées, ce sont désormais des frontières administratives et policières qui les remplacent. Celles et ceux qui parviennent à les franchir se retrouvent une fois ici criminalisé.e.s et soumis.e.s à ces mêmes dispositifs de contrainte. Ainsi la procédure européenne dite « Dublin III » nie totalement les choix, les envies et besoins de l’individu qui, au hasard d’un contrôle pendant son voyage, se voit obligé de demander l’asile dans un pays où il ne faisait que transiter. Cette assignation à un territoire que l’on n’a pas choisi est en soi une violence : on ne se projette pas dans tel ou tel endroit par hasard ; on y rejoint souvent des ami.e.s, de la famille qui pourra nous venir en aide, on a une histoire avec le pays, des affects, des projections.

La vie de celles et ceux qu’on prive d’un territoire et/ou à qui on en assigne un est déjà marquée par l’interdiction d’accéder à des droits essentiels : interdiction de travailler, difficultés ou impossibilité d’accès à la formation, notamment pour l’apprentissage de la langue du pays. La rétention administrative de migrant.e.s dans des centres (48 000 personnes en 2015) et leur assignation à résidence (2274 en 2014) vont encore plus loin en réduisant le champ des possibles à néant pour l’individu. Sa vie est alors définie par son statut, rythmée par les impératifs judiciaires et par les mêmes déplacements répétés jour après jour  : le quotidien devient la prison toute entière.

La fabrique de l’isolement

Franchir la frontière et transgresser la contrainte, c’est donc aussi se libérer d’un emprisonnement psychologique, d’un conditionnement à l’auto-flicage. L’interdiction de territoire n’est pas une abstraction juridique. Elle marque le corps parce qu’elle amène les interdit.e.s à intérioriser en eux la frontière. En s’interrogeant constamment sur les lieux où il est possible d’aller, en s’inquiétant en permanence des contrôles de flics sur les routes, l’interdit.e doit devenir son propre geôlier. Tout comme dans le reste de la société, la « personnalisation des peines » pousse à l’hyper-responsabilisation de l’individu : je ne suis libre que de me contrôler… Il ne s’agit donc jamais pour l’État que de réprimer, de freiner, de bloquer, de neutraliser, mais aussi de nous fabriquer en tant qu’individus responsables : responsables de gérer, de mesurer, de contrôler nos propres déplacements… On sort des espaces disciplinaires de la prison, mais pour mieux construire des murs et des barbelés dans les têtes.

Lorsqu’un.e militant.e, pour parler du cas de Florent, est frappé.e d’interdiction de territoire, pour quelques semaines, mois ou années, c’est toute sa vie qui est chamboulée. Pour rendre l’individu transparent au pouvoir, il faut le priver des liens grâce auxquels il trouvait sa valeur, le priver des ami.e.s avec lesquel.le.s il ou elle vivait. Pour neutraliser : isoler. Dans l’imaginaire capitaliste, l’individu bien adapté est atomisé et surtout mobile, détaché de tout ancrage pour pouvoir mieux se livrer au flux de la marchandise, de l’information, de la communication, du tourisme : tu es interdit.e de Meuse ? Ce n’est pas grave, va sur la côte d’Azur… Le personnel judiciaire ou administratif chargé d’ « accompagner » les interdit.e.s veille également à ce qu’il ou elle devienne un.e bon.ne travailleur-euse et un.e bon.ne consommateur-rice.

Rappelons enfin que l’interdit.e ne l’est pas que du village ou de la zone restreinte où il militait, mais bien de tout un territoire, d’un département. Le message est clair : cet individu est présenté comme une menace pour toute la population, alors même que son « délit » était directement dirigé contre des institutions politiques ou économiques. Ainsi se construit le climat sécuritaire que nous connaissons : celui ou celle qui désobéit devient l’ « autre », qui fait peur et qu’on éloigne pour s’en protéger.

Refuser de suivre ce dispositif, comme le fait notre copain de Bure, c’est refuser de se retrouver seul.e, c’est refuser de devenir ce qu’ils voudraient que nous devenions tou.te.s. Et parce que ces gestes prennent d’autant mieux leur sens lorsqu’ils sont massifs, nous appelons tou.te.s les interdit.e.s de territoire à chercher du soutien pour initier à terme un mouvement collectif de refus.

Des chouettes hiboux libres et solidaires

Une brochure d’entretien avec Florent (alias Eric) sur les événements de l’été et la répression subie :

Une Interview de Florent sur Reporterre

Un entretien sur mediapart

La revue de presse Burestop et le communiqué de soutien des associations

Le communiqué de soutien de NDDL

 

Quelques photos de l’action :

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Il n’y aura pas de Ministre de l’Intérieur va-t-en guerre à Bure !

Après être devenu un « marqueur » politique et l’objet d’une négociation entre Hamon et Jadot, voici que la lutte à Bure s’invite dans l’hémicycle du Sénat. Quand ils ne sont pas occupés à pantoufler leur retraite dorée, quelques sénateurs ont interpellé le ministre de l’Intérieur Bruno le Roux sur l’occupation actuelle du site du bois Lejuc à Bure, sans doute obligés de se positionner suite à la couverture médiatique conséquente de la manif’ du 18 février.

Le Roux, peu inspiré, nous a donc gratifié d’une prestation de sous-Valls, affirmant, bien entendu que « l’autorité de l’État et la loi » seraient respectés. On aurait au moins aimé que, entre Notre-Dame-des-Landes et Bure, la partition change légèrement pour avoir l’impression de ne pas réécouter une énième fois des disques rayés.

Nous rappelons donc à M. Bruno Relou et tous les sinistres encravatés qui l’accompagnent, que jusqu’à présent, sur le terrain, c’est l’Andra qui ne respecte pas l’autorité de l’État et la loi : en étant condamné par le TGI de Bar-le-Duc pour avoir défriché 7 ha de bois de manière illégale ; en obtenant au forcing une forêt à l’issue d’un échange jugé illégal par la rapporteur publique du tribunal administratif de Nancy ; en maquillant les potentiels géothermiques d’ampleur du sous-sol ; en inventant des conclusions jamais prononcées à l’issue de débats publics bidons.

Non, vraiment, la seule « occupation » illégale et illégitime de territoire qu’il faille évacuer est bien celle que, depuis 25 ans, l’Andra inflige à toute la population meusienne et haut-marnaise, vues comme les poubelles d’une filière nucléaire en quête de relance, au mépris du consentement local, des manifs de milliers de personnes des années 90, des pétitions agrégeant plus de 100 000 signatures, des délibérations de certains conseils municipaux, de tous les refus massifs exprimés. Nous avons ainsi évacué l’Andra de son occupation illégale du bois Lejuc depuis juin 2016, et le 18 février, nous avons à 500 entamé le chantier, autrement plus conséquent, de l’expulsion du faux « laboratoire de recherche », une mascarade qui cache la vraie poubelle.

Que l’on ne s’y trompe pas : les politicien-ne-s et préfectures, d’un mandat à un autre, pourront bien jouer l’éternelle scène de la république bafouée rétablissant l’ordre dans les « ZADs », « kystes » et autres « territoires perdus », nous ne nous positionnerons pas par rapport à leurs fantasmes guerriers. Il n’y a pas de ZAD à Bure, mais 25 ans de lutte continue de tout un territoire contre un projet qui s’est implanté au mépris des gens, et 10 ans de vagues de militants qui s’installent peu à peu dans la région. Pas de hordes de cagoulés radicaux arc-boutés sur des cabanes, mais des centaines et des milliers de personnes, jeunes et moins jeunes, de tous horizons, déterminées et solidaires pour bloquer physiquement l’Andra dans la forêt depuis des mois et à s’en prendre aux grilles de son laboratoire pour mettre un frein à la fuite en avant de l’industrie nucléaire.

Il n’y aura pas de ministre de l’Intérieur va-t-en-guerre à Bure ! Expulsons le Sénat et l’Andra, pas le bois !

Des opposant.e.s au projet d’enfouissement de déchets nucléaire à Bure.

Site : www.vmc.camp

Contact : automedia.bure@riseup.net

Tel automedia : 07.53.54.07.31

Forer ou forêt ? L’ANDRA va voir de quel bois on se chauffe !

Teaser 1 :

Bure, bataille pour le Bois Lejuc (Teaser 1) from vmc on Vimeo.

Teaser 2 [NOUVEAU]:

Bure, bataille pour le Bois Lejuc (Teaser 2) from vmc on Vimeo.

 

À Bure, tout s’accélère. Les occupant.e.s du bois Lejuc ont été convoqué.e.s au tribunal le 25 janvier le 8 février. Le délibéré est remis au 22 février, la menace d’expulsion est imminente. L’Andra projette de défricher sept hectares supplémentaires de forêt pour commencer ses travaux de forage. Elle a d’ores et déjà tenté par deux fois de pénétrer dans le Bois Lejuc et s’est associée le concours de la préfecture pour s’en prendre aux barricades agricoles construites en novembre autour de nos champs de céréales, à quelques km de là. À nous de l’en empêcher !

Une bataille décisive va se jouer jusqu’à mi-mars, date à laquelle la nidification empêcherait, selon le code de l’environnement, toute déforestation. Notre détermination est essentielle comme l’a prouvé la mobilisation de cet été, mais l’issue du bras de fer reste incertaine.

Nous invitons tout.e.s nos ami.e.s à venir nous rejoindre dès maintenant pour renforcer l’occupation, grimper dans les arbres, participer aux chantiers en cours et construire des barricades. Pour se préparer à l’expulsion, des journées d’autoformation sont prévues les dimanche 22, 29 janvier et 5 février.

Nous appelons ensuite à une semaine d’actions du 14 au 18 février. Le 14 à Bure, nous ouvrons le bal en « déclarant notre flamme » à l’Andra ! Agissons partout ailleurs le reste de la semaine : soyons transis, passionnels  et fougueux !

Le 18 février, qu’ils nous expulsent ou pas, on vous accueille à 10h30 pour marcher d’abord ensemble sur le bois et y manger et poursuivre ensuite la manifestation.  Cette journée doit être une démonstration de force pour que jamais il n’y ait de poubelle nucléaire.

 

Gardez vos déchets, on garde la forêt !

ANDRA DEGAGE, RESISTANCE ET AFFOUAGE !

En cas d’expulsion, l’alerte sera donnée sur vmc.camp, twitter les Ziradiés, FB Bure à Cuire. Nous avons de quoi vous héberger, prenez des vêtements chauds, des couvertures et n’oubliez pas les chaussettes de montagne !

Fil info 8 Fevrier – les flics sont passés dans la foret et à la gare ..

Fin de l’alerte à 10h30. les flics sont repartis de la forêt et de la gare. ils ont démonté la barricade agricole mais les champs sont toujours là et la foret tient toujours !
Fil info 8 Février – les flics sont passés dans le bois Lejuc et aux barricades agricoles ..

9h30 – Alors qu’aujourd’hui se déroule le procès concernant l’expulsion des occupant-e-s du bois Lejuc à Bar Le duc, les flics viennent d’arriver barricade nord et barricade sud. on parle de 3 fourgons à chaque barricade.

Au même moment, des gendarmes débarquent  à l’ancienne gare de Lumeville. ils s’en prennent aux barricades agricoles  qui matérialisaient notre occupation. 

10h – Attention route barrée entre Mandres en Barrois et Lumèville. Les flics ont un arrêté préfectoral pour contrôler les personnes dans le véhicule et font faire demi tour. Pour soutenir les semis venir à luméville et finir à pied ou passer par Cirfontaine

10h15 – Les flics sont repartis de barricade sud. ils ont enlevé les pneus devant mais la barricade est ok.

Par contre grosse pression sur le champ à coté de l’ancienne gare de lumeville. une pelleteuse s’en prend aux barricades agricoles. des copain-e-s sont dans le champ pour protéger les cultures.

10h30 – Dispositif relevé à la gare. les flics sont partis après avoir retiré l’ensemble de la barricade. décidément ils ont l’air d’aimer les pneus..

A priori plus de bleu à l’horizon, ça ressemble à un coup de pression .. pas serein l’équipe de l’ANDRA? au moment où le bois leur échappe, ils cherchent à nous intimider?

11h – Fin d’audience sur l’occupation du bois Lejuc à Bar Le Duc. Rendu du jugement cole 22 Février. D’ici là, ils n’auront pas d’ordonnance d’expulsion pour nous expulser. 

Nous habitons tou-tes le Bois Lejuc !

[Le 25 janvier, l’avocate de la partie adverse a demandé et obtenu un délai supplémentaire.
L’audience de Sven Lindström est dorénavant prévue pour le 8 février 2017, toujours au TGI de Bar-le-Duc à 9h30.]


 Le 25 janvier Le 08 février soutenons Sven à son procès !

 

Depuis quelques mois le Bois Lejuc est occupé en résistance aux travaux de l’ANDRA, l’agence d’enfouissement de déchets nucléaires, qui menace de le détruire pour entamer les chantiers préliminaires au projet. Après avoir déjà défriché près de 8 hectares de forêt et bâti un mur d’enceinte de 1,2km, l’été dernier, l’ANDRA essuyait coup sur coup une défaite juridique et militante. Le 1er août le tribunal de Bar-le-Duc condamnait l’entreprise à cesser tout défrichement illégal et à remettre en état le bois. Le 14 août, près de 400 personnes détruisaient le mur dans une forêt désertée la veille par gendarmes et vigiles. Les rats quittaient le navire …

Dans une forêt mutilée et jonchée des ruines du mur, la vie a repris ses droits sur le ballet des machines : animaux et occupant-es se sont reconstruit un espace. D’abord à la cime des arbres puis à leur pied, jour après jour, des cabanes ont fleuri un peu partout dans le sud du Bois Lejuc. Avec Sven, habitant déclaré du Bois, nous avons consacré un temps précieux à construire des structures d’accueil pour les dizaines de soutiens qui sont venus dans le bois tout au long de l’automne. Par notre présence dans la forêt, par tous temps, et même à présent au coeur de l’hiver, nous affirmons notre détermination à sauver le Bois Lejuc et nous opposer à tous travaux de l’ANDRA !

Le 25 janvier Le 08 février, suite à une procédure de justice à son encontre, Sven est convoqué à 9h 9h30 au tribunal de Bar-le-Duc.

Nous appelons à venir nombreu-ses le soutenir mercredi matin devant le tribunal et à lui manifester votre soutien massif en lui écrivant une carte postale au Haut Chemin, 55290 Mandres-en-Barrois ou un mail sur sven.lind@riseup.net dès maintenant.

Tract à diffuser:

 

Appel à Insurrection Artistique Permanente

Insurrection artistique, dès maintenant !

Artistes de tous horizons, on vous attend à Bure le 18 février prochain, les jours avant et tous ceux qui les suivront pour donner couleur, forme, mouvement et vie à notre résistance ! Que l’art soit lutte et la lutte soit art, et que le triste dévoiement qu’en fait l’ANDRA, trouve son désavoeu dans notre créa(c)tion collective !

 

Bure. Dans la Meuse.
Un matin où le soleil brille sur le sol humide de la veille.

 

Chèr-es ami-es,

Le 14 août, nous faisions tomber le mur. Le mur de la honte que l’ANDRA, l’agence nationale des nucléocrates ingérables, a essayé d’ériger autour du bois Lejuc. Ce bois qu’elle veut raser pour y construire des puits d’évacuation, ce bois qu’on ne la laissera pas tuer.

Et le 14 août, le mur est tombé ! Nous avons dansé sur ses ruines, fait résonner nos voix, nos pas, nos bras sur ses tuyaux rouillés. Depuis nous occupons la forêt pour bloquer le projet et chaque jour nous constatons que l’inspiration ne cesse de renaître. La créativité a retrouvé sa place, dans chaque détails de la forêt, dans nos constructions, lorsque l’on grimpe, et par le détournement des pans du Bure de Merlin, devenus slogans, devenus symboles !

La brèche dans les plans autoritaires de l’ANDRA ouvre un passage vers une réalité plus vive, plus intense, que l’on vous invite dès maintenant à venir vous approprier.

Et plus spécifiquement, le 18 février aura lieu une grande mobilisation contre le projet CIGÉO. Au programme : manifestation et actions en direction du bois Lejuc, concerts en soirée, et appel à insurrection artistique.

Artistes de tous horizons, instrumentistes de tous poils venez faire vibrer la forêt libérée. Graffeuses-graffeurs, acrobates, bâtisseuses-bâtisseurs, gentes du théâtre, marionnettistes, cracheuses-cracheurs de feu, danseuses-danseurs, artistes pirates, peintres ou sculptrices-sculpteurs et plus encore, vous êtes invité-es à Bure pour laisser libre cours à votre imagination. La forme est libre, vous pouvez venir quelques jours avant, avec des projets déjà préparés ou à organiser pendant la marche, des performances dans les arbres, au sol, dans les airs…

Venez retourner les murs ! Faites du bois Lejuc un anti-musée à ciel ouvert, image vivante de l’art comme forme de vie, comme forme d’action, comme forme de résistance.

Si vous voulez présenter une idée, investir un bout d’espace avec votre imaginaire, écrivez-nous sur sauvonslaforet@riseup.net !

Les chouettes hiboux arbristes


 

Tracts et affiche de notre appel, à diffuser sans modération aucune :

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Affiche

 


En bonus, une vidéo qu’on avait fait cet été au moment de la chute du mur :

À Bure-les-bains, on bois Lejuc sans modération

 

 

30/01 : récit circonstancié de la visite surprise de l’ANDRA

Après la journée mouvementée d’hier (lundi 30), marquée par le retour des machines et de l’incontournable Emmanuel Hance, voici venu le moment d’un retour, au calme et avec du recul, sur le déroulé exact de cette matinée. Nous publions donc un récit factuel aussi exact que possible de la journée, pour éviter toute exagération dans nos réseaux, et surtout tuer dans l’œuf toute tentative de déformation ou de mensonge de la part de l’Andra.

(suite…)

Nouveau coup de poker dans la bataille juridique pour le Bois Lejuc !

Ce lundi 30 janvier, le combat juridique qui nous oppose à l’ANDRA*, autour du Bois Lejuc, futur site pressenti pour la zone d’enfouissement des déchets radioactifs, a connu une nouvelle péripétie avec les conclusions du rapporteur public qui condamnent explicitement les conditions d’acquisition du Bois Lejuc par l’ANDRA.

A la suite d’un échange de leur bois communal en conseil municipal, organisé à 6h du matin à l’insu d’une partie des habitant-es, à l’été 2015, certains d’entre eux avaient décidé d’introduire un recours contre la mairie de Mandres-en-Barrois.

Dans ses conclusions, pour l’audience du 31 janvier, le rapporteur public condamne les conditions d’échange du bois, et plus précisément le vote à bulletin secret du conseil municipal. Il préconise l’organisation d’un nouvel échange en conseil municipal dans un délai de 4 mois. (suite…)

Communiqué : nouveau passage en force de l’ANDRA dans le Bois Lejuc !


E. Hance, responsable des opérations extérieures de l’ANDRA versant de l’essence sur les militants protégeant l’accès au bois

Ce matin, l’Andra (l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs) a de nouveau tenté de pénétrer dans le bois Lejuc pour reprendre les débris d’un mur en béton dont la construction avait été jugée illégale le 1er août. Nous affirmons ici la légitimité de notre opposition à cette opération de communication.

À 9h10 ce matin, 30 janvier 2017, une pelleteuse, deux tracteurs avec remorques, un huissier, des vigiles et le service de communication de l’Andra  sont venus « nettoyer le bois ». Mais pourquoi n’ont-ils pas retiré les pans de mur à la fin de l’été, lorsque le bois n’était pas occupé ? Le fait qu’ils interviennent quelques jours avant l’échéance légale de « réhabilitation » démontre plutôt de leur part un dernier effort médiatique pour rattraper leurs graves erreurs.

(suite…)

Du 14 au 18 février, déclare ta flamme à l’ANDRA !

Elle nous a fait aimer la Meuse,

Sans elle nous ne serions pas là.

Après avoir abattu les murs qui nous séparaient

Osons déclarer notre flamme à l’Andra… 

Selon l’intensité des sentiments que tu lui portes,

Prépare-lui une belle surprise pour la Saint-Valentin.

 

Contre mauvaise fortune, bom(be) coeur ! Lundi 23 janvier, l’ANDRA, l’agence d’enfouissement de déchets nucléaires nous a fait de fougueuses avances en revenant dans le Bois Lejuc avec ses machines et vigiles, sous escorte gendarmesque. Devant tant d’empressement, nous avons voulu lui faire une petite surprise pour la St Valentin …

Du 14 au 18 février, nous appelons tou.te.s celles et ceux qui voudraient déclarer leur flamme à l’ANDRA, à organiser à Bure et partout ailleurs des actions de soutien aux occupant-es et contre le projet CIGÉO.

 Vous pouvez appeler la préfecture au 03.29.77.55.55 ou l’ANDRA au 01.46.11.80.00 pour déclamer un poème d’amour à CIGÉO*, ou leur écrire à Centre Haute-Marne, 55290 Bure. Déployez des banderoles sur vos lieux de lutte et manifs, prenez des photos de vos actions et envoyez nous tout ça sur burelutte@riseup.net qu’on puisse publier un beau carnet de nos élans. Nous faisons confiance à vos imaginations débridées, faites nous plaisir, surprenez-les !

 Le mardi 14 février nous ouvrons le bal à 20h, après tablée et vin chaud, avec une marche aux flambeaux vers l’ANDRA depuis Bure ! Venez avec vos lanternes, lampions, torches et loupiottes, que la chaleur de nos flammes réchauffe les froides soirées de la Meuse et chatouille les nucléocrates terrés dans les souterrains, derrière les grilles de leur triste laboratoire.

 With love & radicality,

Les Chouettes Hiboux ardents de Bure

 

  • Tract :

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  • Affiche :