Automedia

Police partout, Andra nulle part !

Bruno Le Roux déclare cette semaine qu’il n’y aura pas de ZAD à Bure. Ça tombe bien, il n’y en a pas et il n’y en a jamais eu. Effet d’annonce pour un ministre qui n’a pas eu le temps de réviser sa copie avant d’être interpellé par le sénateur Christian Namy au Sénat ? Savait-il même où était Bure avant cette semaine ? On l’imagine rentrer à son ministère le soir même et demander à avoir au téléphone la nouvelle préfète de la Meuse pour avoir un rapport circonstancié sur la situation de ce nouveau « kyste » et exiger que des mesures soient prises « énergiquement » contre cette poignée de zadistes qui défraie la chronique.

L’été dernier, avant de tomber un mur de 1,2 km dans le Bois Lejuc, on avait déjà connu un mois d’occupation policière du territoire entourant Bure : contrôles policiers sur toutes les routes, réquisitions de fouille des véhicules renouvelées par tranche de 12h et passages incessants d’estafettes devant la Maison de Résistance, filmant et relevant les plaques d’immatriculation.

Depuis quelques jours on sent que la préfecture et sans doute le ministère de l’intérieur témoignent d’un intérêt accru pour nous, opposant.e.s et habitant.e.s en lutte contre le projet CIGÉO. Ce jeudi, 23 février, au soir vers 23h, 2 fourgons de gendarmes et 2 estafettes étaient déployés tous feux éteints de part et d’autre de la Maison de Résistance. Ce samedi, 25 février, au matin ce sont des gendarmes équipés de pied en cap, armés de lanceurs de balles de défense, qui contrôlent et fouillent tous les véhicules sur les routes entourant Bure, papiers de réquisitions préfectorales à la main.

Intimidation ou stratégie de tension, on a vu l’année passée que le résultat était surtout une exaspération des riverain.e.s, une amplification de la mobilisation et un renforcement de notre propre détermination à lutter. Nous résumer à une poignée d’agitateurs, c’est méconnaître gravement le fait que nous accueillons des ami.e.s de nombreux et très différents réseaux de lutte que ces intimidations et contrôles confirment dans leur conviction que Bure est une lutte à soutenir dans les semaines et mois à venir. Chaque jour cette répression qui ne dit pas son nom, qui vise à nous marginaliser et à nous ficher, pour mieux s’en prendre à nous ensuite, démultiplie la solidarité dans toute la France et bien au-delà. Qu’ils s’en prennent à quelques-un.e.s d’entre nous et demain nous serons des centaines à manifester au pied de la préfecture, qu’ils répriment ces centaines et nous serons des milliers à défiler dans les rues de Bar-le-Duc et à camper dans le sud de la Meuse. Car il ne s’agit pas seulement ici de CIGÉO ou même de l’industrie nucléaire, c’est une certaine vision capitaliste, marchande et sécuritaire de l’avenir contre laquelle nous luttons ici et en bien d’autres endroits du monde.

Et dans la Meuse, depuis que mur et grilles sont tombés, c’est toute la région qui gronde, qui reprend du poil de la bête : dans les villages les langues se délient, les appels signalant les passages et mouvements de gendarmes se multiplient, les hostilités contre cette omni-présence policière s’accroissent. On applaudit dans les chaumières la claque que prennent ANDRA et nucléocrates, après des années d’extorsion de terres déguisées en acceptabilité sociale.

Alors oui, Mme la Préfète, M. Le Roux vous avez un problème, mais il est généralisé, c’est celui de générations qu’on a mal nourries, polluées, bétonnées, exploitées, expropriées et qui commencent à entrevoir, lorsqu’un mur nucléaire chute, qu’un projet d’aéroport capote, qu’un autre avenir est possible et qu’il ne se passera pas de conflictualité. Peut-être que vous nous causerez bien des larmes, mais nous vous opposerons une joie féroce, nos rires et nos chants, en dépit de tout. Vous pouvez nous contrôler, nous arrêter, nous fouiller, vous n’enfermerez et n’empêcherez pas l’imaginaire que nous portons, de se réaliser et de s’envoler, il a déjà bien pris son élan …

Les chouettes hiboux de Bure

Il n’y aura pas de Ministre de l’Intérieur va-t-en guerre à Bure !

Après être devenu un « marqueur » politique et l’objet d’une négociation entre Hamon et Jadot, voici que la lutte à Bure s’invite dans l’hémicycle du Sénat. Quand ils ne sont pas occupés à pantoufler leur retraite dorée, quelques sénateurs ont interpellé le ministre de l’Intérieur Bruno le Roux sur l’occupation actuelle du site du bois Lejuc à Bure, sans doute obligés de se positionner suite à la couverture médiatique conséquente de la manif’ du 18 février.

Le Roux, peu inspiré, nous a donc gratifié d’une prestation de sous-Valls, affirmant, bien entendu que « l’autorité de l’État et la loi » seraient respectés. On aurait au moins aimé que, entre Notre-Dame-des-Landes et Bure, la partition change légèrement pour avoir l’impression de ne pas réécouter une énième fois des disques rayés.

Nous rappelons donc à M. Bruno Relou et tous les sinistres encravatés qui l’accompagnent, que jusqu’à présent, sur le terrain, c’est l’Andra qui ne respecte pas l’autorité de l’État et la loi : en étant condamné par le TGI de Bar-le-Duc pour avoir défriché 7 ha de bois de manière illégale ; en obtenant au forcing une forêt à l’issue d’un échange jugé illégal par la rapporteur publique du tribunal administratif de Nancy ; en maquillant les potentiels géothermiques d’ampleur du sous-sol ; en inventant des conclusions jamais prononcées à l’issue de débats publics bidons.

Non, vraiment, la seule « occupation » illégale et illégitime de territoire qu’il faille évacuer est bien celle que, depuis 25 ans, l’Andra inflige à toute la population meusienne et haut-marnaise, vues comme les poubelles d’une filière nucléaire en quête de relance, au mépris du consentement local, des manifs de milliers de personnes des années 90, des pétitions agrégeant plus de 100 000 signatures, des délibérations de certains conseils municipaux, de tous les refus massifs exprimés. Nous avons ainsi évacué l’Andra de son occupation illégale du bois Lejuc depuis juin 2016, et le 18 février, nous avons à 500 entamé le chantier, autrement plus conséquent, de l’expulsion du faux « laboratoire de recherche », une mascarade qui cache la vraie poubelle.

Que l’on ne s’y trompe pas : les politicien-ne-s et préfectures, d’un mandat à un autre, pourront bien jouer l’éternelle scène de la république bafouée rétablissant l’ordre dans les « ZADs », « kystes » et autres « territoires perdus », nous ne nous positionnerons pas par rapport à leurs fantasmes guerriers. Il n’y a pas de ZAD à Bure, mais 25 ans de lutte continue de tout un territoire contre un projet qui s’est implanté au mépris des gens, et 10 ans de vagues de militants qui s’installent peu à peu dans la région. Pas de hordes de cagoulés radicaux arc-boutés sur des cabanes, mais des centaines et des milliers de personnes, jeunes et moins jeunes, de tous horizons, déterminées et solidaires pour bloquer physiquement l’Andra dans la forêt depuis des mois et à s’en prendre aux grilles de son laboratoire pour mettre un frein à la fuite en avant de l’industrie nucléaire.

Il n’y aura pas de ministre de l’Intérieur va-t-en-guerre à Bure ! Expulsons le Sénat et l’Andra, pas le bois !

Des opposant.e.s au projet d’enfouissement de déchets nucléaire à Bure.

Site : www.vmc.camp

Contact : automedia.bure@riseup.net

Tel automedia : 07.53.54.07.31

Les grilles de l’ANDRA renversées par 20 ans de colère contenue !

 » Si on avait fait ça il y a 25 ans ça ne se serait pas passé comme ça « 

Un ancien agriculteur de Mandres, passant en voiture
pour saluer le cortège arrivant devant les grilles de l’Andra

Le 18 février devait être une journée de mobilisation contre l’expulsion prochaine du Bois Lejuc, elle aura au final été un nouveau grand moment de déconfiture infligé à l’Andra.

Sous un soleil frais et timide, à 11h du matin, une longue colonne chamarrée et joyeuse de près de 600 personnes s’est étirée entre Bure et le Bois Lejuc. L’occasion d’observer au passage, depuis le point de vue culminant du Chaufour, l’imposant laboratoire de l’Andra et les emplacements des futurs travaux liés à l’installation de la poubelle nucléaire CIGÉO. Le cortège a symboliquement suivi les pas des deux précédentes manifestations de réoccupation de la forêt, lors de l’été 2016, avant de s’y engouffrer, le temps de partager un repas servi par la cantine et de découvrir les différentes habitations. Une ambiance chaleureuse, tandis que 700 rubans jaunes distribués à chacun.e venaient décorer les branches pour symboliser la résistance du bois au désert nucléaire.






Vers 15h, chacun.e muni.e de morceaux de mur de l’Andra détruit en août dernier, un cortège de près de 700 personnes a repris la route en sens inverse pour rejoindre le laboratoire en repassant par Bure. Sur place, un important dispositif policier retranché derrière un mur de barbelés et des grilles anti-émeutes gardait tout le pourtour de la place forte. Une image aussi saisissante que celle d’un mur d’un kilomètre enserrant un bois : celle de l’industrie nucléaire acculée, retranchée derrière ses hautes murailles gardées par la soldatesque.

La foule, unie, au pas rythmé par le son roulant de la batucada, le martèlement métallique des pierres sur les glissières de sécurité, et des hurlements de hiboux et de loups a poursuivi son chemin avec détermination,dans une ambiance électrique. Elle s’est déployée en arc-de-cercle depuis la route, tout au long du bâtiment de l’écothèque, et une bonne partie du cortège, avançant et reculant tour à tour vers les grilles, est finalement parvenue à renverser une grande partie de celles qui avaient réchappé à la virée nocturne de l’avant-veille, sous une pluie de grenades lacrymogènes. Hors de portée des tirs, le reste des manifestant.e.s de tous âges et horizons les encourageaient, enthousiastes, en cris et en musique, tout en peinturlurant la route et enflammant le grand phénix bariolé construit à cet effet, symbole d’une lutte populaire qui renaît de plus belle depuis quelques années. Une ambiance loin de celle décrite par la préfecture qui voudrait réduire une colère populaire légitime, longtemps refoulée, à l’acte isolé d’une « cinquantaine d’individus cagoulés ». Mais l’éternel discours médiatico-policier de la minorité de casseurs ultraviolents n’a plus de prises face au réel : celui de la solidarité joyeuse et sans faille de l’ensemble de la manifestation pour attaquer directement le laboratoire, sur son terrain, pour la première fois depuis 25 ans . Si le monde qu’on nous promet est celui que promeut l’Andra quand elle s’impose par la résignation à une population méprisée, alors oui, nous sommes tout.e.s les casseur-heureuses de ce monde-là.

Face aux tombeur.ses de grilles, les gendarmes mobiles, répliquant par des charges aux grenades de désencerclement et assourdissantes ont blessé en quelques minutes une vingtaine de personnes, dont deux d’entre elles ont du être évacuées vers l’hôpital, tandis que plusieurs autres arboraient des plaies multiples dues aux éclats. Malgré la violence de cette réponse, qui est intervenue alors que les manifestant.es se retiraient peu à peu, tout le monde est rentré sereinement à Bure.

Le soir, ce sont des centaines de personnes qui, après s’être restaurées à la Maison de Résistance, ont rejoint un champ mis à disposition par un agriculteur, pour assister à un concert sous un chapiteau de cirque. Sur place, bar, infokiosque, tentes collectives et espace de premiers secours étaient prêts à accueillir tout ce beau monde enjoué. La folle ambiance de liesse s’est prolongée tard dans la nuit. De l’aveu de nombre de personnes, c’était une journée historique qui restera gravée dans les mémoires, un de ces moments où on effleure la réalité d’un autre monde possible, la possibilité d’une prise pour inverser le cours des choses.

Après la chute du mur de la honte l’été dernier, ce sont les grilles du laboratoire qui sont tombées ce samedi 18 février à Bure. En quelques mois le bastion qui se croyait immuable et intouchable s’est fissuré : suite à 25 ans de lutte qui ont vu des dizaines de milliers d’habitant.e.s de la Meuse et de la Haute-Marne manifester, pétitionner, organiser des campements puis céder progressivement à la résignation et la fatigue, l’espoir aujourd’hui renaît. On s’autorise à croire à nouveau à un autre avenir pour la Meuse et la Haute-Marne que celui d’intestin atomique militarisé.

Les opposant.e.s au projet CIGÉO

Intervention matinale sur les barricades agricoles

Depuis plusieurs semaines, l’Andra ne fait qu’augmenter la tension sur les opposant-e-s à la poubelle nucléaire. Il y a deux semaines, le 23 janvier, une occupante a pris un coup au visage par un vigile lors d’une première tentative d’intervention de l’Andra dans le bois. Une plainte a été déposée pour coups et blessures. La semaine dernière, lundi 31 janvier, Emmanuel Hance, homme de terrain de l’Andra, déversait de l’essence sur une barricade sur laquelle les occupant-e-s de la forêt étaient accrochés.

Alors que l’Andra se gargarise de son respect des procédures juridiques, elle a pourtant fait un nouveau passage en force ce matin du 8 février, pendant que l’audience de Sven se tenait au TGI de Bar-le-Duc. C’est une stratégie de diversion qui a cette fois été choisie par l’Andra et la préfecture. Des voitures de gendarmes ont été envoyées aux entrées de la forêt pour enlever les pneus aux chicanes de la Vigie Sud. Cela leur a permis de libérer le terrain pour intervenir sur leur cible réelle, à savoir la barricade agricole qui protégeait le champ de blé squatté à la Gare de Luméville. Cette diversion leur a permis de démanteler la barricade en évitant qu’il y ait trop de soutien sur place.

Témoignage de 2 personnes qui ont tenté de bloquer les engins

Il était 9h25, on a entendu du bruit, on pensait que c’était les potes, on a entendu un bruit métallique, on a vu la pelleteuse prendre les pneus, on a couru et appelé les gens. On a commencé à s’approcher des pneus et on s’est aperçu au même moment qu’il y avait 2 flics sur le quai de la gare derrière la Vigie Patate, on est allé les raccompagner à la sortie sans qu’ils bronchent car ils savaient qu’ils n’avaient pas à être là ! Y’avait 2 ouvriers avec la benne et la pince, et 4 voitures de gendarmes au début.

– Ça j’ai kiffé, leur dire « cassez-vous ! » et qu’ils s’en aillent.

– On a dit « cassez-vous » ils ont fait demi-tour et ils sont partis… Après on est retourné sur la barricade, on s’est accrochés aux pneus. Ils ont continué de travailler juste à côté de nous, à 5 cm, la pince de la pelle nous frôlait quand elle prenait des pneus, des bouts de mur. Ils nous passaient juste au dessus de la tête avec des bouts de mur.

– Quand la pince s’est relevée je me suis accroché à une de ses dents, mais l’ouvrier n’en a rien eu à faire, il n’a rien ralenti, il m’a soulevé en l’air, à au moins 1,5 – 2 m et continuait de détruire la barricade, puis je suis retombé juste à côté des pneus dans le champ. Là les flics ont essayé de m’approcher, je me suis accroché au reste de la barricade.

– On était dans le pneu et ils se mettaient à moitié sur nous à tirer, à nous enlever de la barricade mais ça ne marchait pas vraiment…

– Y’a un gendarme qui a dit plusieurs fois, « oh je les connais, ils vont faire un sit-in ! », de manière méprisante.

– On ne bougeait pas de ces pneus, ils ont bougé le camion pour aller prendre des pneus plus loin, on a couru de nos pneus pour aller là où ils travaillaient. C’est là qu’ils nous ont sauté dessus. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, j’étais recroquevillée avec ma capuche et j’étais toute compressée, j’arrivais plus à respirer, je savais pas ce qu’il se passait, je criais « arrêtez, arrêtez » mais j’avais du mal à parler. Ça a duré plus de 10 secondes. À un moment ils nous ont lâché et les ouvriers ont continué à ramasser les pneus, les morceaux de murs, les arbrisseaux, et même les épouvAndrails qu’on avait planté…

– C’est dingue, on est des foutu-e-s paysan-ne-s et on vient nous agresser avec des gazeuses ! Ils disaient « c’est que des pneus ! », on répondait « non, c’est plein de gens qui sont venus avec leurs gosses en novembre, des centaines de personnes, pour planter des arbres, semer les terres, construire une barricade pour résister à ce monde de merde ! ». À un moment un flic nous demande « qu’est ce que vous avez cultivé ici ? », on lui répond « enlève ton uniforme si tu veux qu’on te réponde ! ».

– Ils nous ont dit « c’est privé, cassez vous de là, c’est le propriétaire qui nous a demandé ». Le propriétaire, c’est la SAFER de Lorraine, qui met en réserve ces terres pour les futurs chantiers de l’Andra. Mais on ne sait même pas si la SAFER a porté plainte pour ça [alors même qu’une personne a déjà été convoquée, suspectée d’être impliquée dans l’occupation des terres et l’installation des barricades].

Ils ont fini vers 10h20 et sont repartis, après avoir été renforcé d’une dizaines de gendarmes supplémentaires

– On a décidé de reconstruire des barricades et des banderoles. On lâchera rien ! 

Que penser de tout ça ?

Il est clair que l’Andra cherche à nous mettre une pression psychologique. Elle sait que les attentions sont focalisées sur la forêt et que les barricades juridiques tiennent toujours. Elle s’attaque donc à la Gare et aux champs squattés , sur le front de la future voie ferrée (dont les travaux doivent commencer en 2019). Ce qu’elle ignore, c’est que cela ne fait qu’attiser la révolte de tous.tes celleux qui vivent et luttent à Bure, ainsi que celle des habitant-e-s des villages alentours, qui sont fatigué.e.s de l’omniprésence policière. L’Andra pense couper nos racines, mais elle ne fait qu’affûter notre détermination.

La SAFER et l’Andra vont-ils décider de détruire complètement les 2 ha de champs de blé occupé ? Les menaces vont-elles à nouveau se concentrer sur la forêt ?

Ce qui est sûr, c’est qu’on a besoin d’un maximum de soutien à partir du 14 février pour le début de la semaine d’action, le 18 février pour la grande manifestation, et dans les mois à venir, pour vivre et lutter contre la poubelle nucléaire.

La barricade est tombée, mais les champs squattés sont toujours là, toujours de boue ! On en a reconstruite et on vous attend nombreux-euses !

30/01 : récit circonstancié de la visite surprise de l’ANDRA

Après la journée mouvementée d’hier (lundi 30), marquée par le retour des machines et de l’incontournable Emmanuel Hance, voici venu le moment d’un retour, au calme et avec du recul, sur le déroulé exact de cette matinée. Nous publions donc un récit factuel aussi exact que possible de la journée, pour éviter toute exagération dans nos réseaux, et surtout tuer dans l’œuf toute tentative de déformation ou de mensonge de la part de l’Andra.

(suite…)

Nouveau coup de poker dans la bataille juridique pour le Bois Lejuc !

Ce lundi 30 janvier, le combat juridique qui nous oppose à l’ANDRA*, autour du Bois Lejuc, futur site pressenti pour la zone d’enfouissement des déchets radioactifs, a connu une nouvelle péripétie avec les conclusions du rapporteur public qui condamnent explicitement les conditions d’acquisition du Bois Lejuc par l’ANDRA.

A la suite d’un échange de leur bois communal en conseil municipal, organisé à 6h du matin à l’insu d’une partie des habitant-es, à l’été 2015, certains d’entre eux avaient décidé d’introduire un recours contre la mairie de Mandres-en-Barrois.

Dans ses conclusions, pour l’audience du 31 janvier, le rapporteur public condamne les conditions d’échange du bois, et plus précisément le vote à bulletin secret du conseil municipal. Il préconise l’organisation d’un nouvel échange en conseil municipal dans un délai de 4 mois. (suite…)

Fil info janvier 2017

31 janvier, une journée au tribunal

  • Aujourd’hui se tenaient deux audiences, respectivement à Bar-le-Duc et Nancy, la première en renvoi d’un procès contre deux militants pour refus de prélèvement ADN en été 2016, le second intenté par des habitants de la commune de Mandres-en-Barrois contre la cession de leur bois.

Contre nos deux ami-s le procureur a requis 500 euros avec sursis et 3 mois avec sursis. Encore un réquisitoire hallucinant !

Communiqué suite au procès

Quant à l’échange du bois, la rapporteuse publique a confirmé ses conclusions et demande l’annulation de l’échange du bois. Délibéré le 28 février.

  • Comme nous nous y attendions, après le passage de l’huissier et de son service de communication, hier soir et ce matin l’ANDRA a cru bon de sortir un scénario de com. digne des mauvais films : une annonce sortie de nulle part d’une attaque informatique contre son site. Et dans le même temps, quelques photos savoureuses de la douzaine d’horribles « zadistes » cagoulés qui l’ont empêchée d’entrer dans le Bois Lejuc hier matin.

Quelques heures plus tard, l’information a fait un flop, tandis que la vidéo que nous avons diffusée de Emmanuel Hance, l’ingénieur terrible de l’ANDRA, versant de l’essence sur la barricade où sont agrippés nos ami-es, a reçu un grand nombre de visites et des commentaires choqués de son comportement.

L’ANDRA a encore raté une occasion de faire le mort, alors qu’elle est mise en difficulté sur le terrain et en justice, une stratégie qui lui a toujours mieux réussi que l’inverse.

 

 

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Communiqué : nouveau passage en force de l’ANDRA dans le Bois Lejuc !


E. Hance, responsable des opérations extérieures de l’ANDRA versant de l’essence sur les militants protégeant l’accès au bois

Ce matin, l’Andra (l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs) a de nouveau tenté de pénétrer dans le bois Lejuc pour reprendre les débris d’un mur en béton dont la construction avait été jugée illégale le 1er août. Nous affirmons ici la légitimité de notre opposition à cette opération de communication.

À 9h10 ce matin, 30 janvier 2017, une pelleteuse, deux tracteurs avec remorques, un huissier, des vigiles et le service de communication de l’Andra  sont venus « nettoyer le bois ». Mais pourquoi n’ont-ils pas retiré les pans de mur à la fin de l’été, lorsque le bois n’était pas occupé ? Le fait qu’ils interviennent quelques jours avant l’échéance légale de « réhabilitation » démontre plutôt de leur part un dernier effort médiatique pour rattraper leurs graves erreurs.

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L’ANDRA, une mafia dans la Meuse

Un réel talent de communication

Non contente de ne pas respecter, une fois de plus, les délais de justice, en faisant une irruption brutale dans le bois ce 23 janvier, avec ses machines et vigiles, l’ANDRA a fait à nouveau la démonstration de son incompétence chronique.

L’été dernier, dans sa précipitation à raccourcir les délais pour les travaux du projet CIGÉO, l’ANDRA avait déjà cru bon s’affranchir de la légalité en défrichant sans autorisation. Une « petite erreur d’appréciation », disait-elle dans son communiqué, après avoir été condamnée en justice à remettre le bois en état sous 6 mois.

Jean-Paul Baillet, le directeur du laboratoire Meuse – Haute-Marne, avait alors cette déclaration surprenante : « Nous n’avons jamais interdit à personne de se promener dans les bois qui nous appartiennent, d’y pique-niquer ou d’y cueillir des champignons. Mais nous devons protéger nos salariés, qui subissent des menaces, et nos matériels scientifiques, qui ont fait l’objet de dégradations. » Difficile, en vérité, de pique-niquer ou cueillir des champignons, quand une armada de gendarmes mobiles empêche l’accès au bois et qu’un mur de 3km s’érige tout autour de celui-ci.

Et pour ce qui concerne la protection de salariés, les vigiles armés de boucliers, manches de pioches, casques et gazeuses, semblaient constituer un rempart pour le moins dissuasif. Après que ces derniers avaient lourdement molesté plusieurs opposant-es, le même J-P Baillet avait alors cru bon de préciser que ses vigiles avaient « très bien fait leur travail ».

Au final, leur travail n’avait pas du tellement plaire à la direction parisienne car ce dernier avait du démissionner très mystérieusement fin août, son départ maquillé en départ en retraite. Nous n’avions alors pas manqué de lui signifier notre regret de le voir partir après quelques années de si bons et laconiques services. En effet, en près de dix années à la direction, il est bien difficile de recenser plus d’une vingtaine de phrases dans ses déclaration à la presse.

Son successeur intérimaire, le commercial Patrick Torres, déjà directeur du centre aubois de Soulaines, n’a pas plus brillé par son talent de communiquant : pour lui, « les centres (de l’ANDRA) ne sont pas la déchetterie du village, on ne frappe pas à la porte pour dire « tiens j’ai quelque chose à livrer » » Nous voilà rassurés d’une telle expertise,digne d’un commercial en produits ménagers.

Le même M. Torres admettait néanmoins que les « opérations de défrichement réalisées dans le Bois Lejuc auraient du bénéficier d’une autorisation de défricher ». Un surprenant mea culpa pour une entreprise habituée à mentir par omission.

(suite…)

Communiqué : Expulsion imminente

Bure : expulsion imminente des opposant.es antinucléaires !

Passage en force de l’ANDRA, une nouvelle matinée sous tension

Depuis 6 mois, le bois Lejuc, à Bure, est occupé par plusieurs dizaines de personnes pour s’opposer au projet de poubelle nucléaire CIGEO. Les occupants sont convoqués au Tribunal de Grande Instance de Bar le Duc le 25 janvier en vue de leur expulsion. Mais les vigiles et les gendarmes n’ont pas attendu le procès pour tenter de revenir dans le bois. Les prochains jours sont cruciaux dans la lutte contre le projet CIGEO.

Vers 11h du matin nous avons entendu des bruits de machines en forêt. Sur un chemin forestier à deux pas de la communale, une cabane collective, un engin de chantier conduit par le responsable des activités extérieures de l’ANDRA, l’incontournable Emmanuel Hance , était en train de déblayer toutes les barricades et élargir le sentier, escorté par deux voitures de vigiles de l’entreprise EPR.

Les journalistes de France 3 qui venaient tourner un sujet pour le procès intenté par l’ANDRA contre occupan-tes du bois, le 25 janvier, ont assisté à toute la scène et n’ont pas manqué de constater que monsieur Hance n’hésitait pas à repousser à la pelle les opposant-es tentant d’entraver l’avancée de la machine au risque de les blesser. Dans le même temps, un second engin de chantier, également escorté, était repéré et repoussé sur la route forestière centrale juste avant que ne soit détruite la dernière barricade d’accès à la cuisine collective.

Au final, nous sommes parvenu-es à faire refluer l’ANDRA jusqu’au centre de la forêt, au niveau d’une future construction, mise à terre. En retrait, trois camions de chantiers de l’entreprise Chardot, chargés de gravas, attendaient de créer de nouveaux chemins d’accès. Prétendument pour déblayer le mur mis à terre en août. Alors que trois audiences en justice nous opposent encore à l’ANDRA dans les jours et semaines qui viennent, pour l’occupation et contre le défrichement et l’acquisition malhonnête du bois, l’ANDRA joue à nouveau la partition du passage en force. Sous prétexte fallacieux de remise en état du Bois Lejuc, l’ANDRA prépare une expulsion violente de l’occupation du Bois Lejuc, dans les prochains jours.

Deux jours avant l’audience intentée contre les occupant-es du bois, l’arrivée rapide de plusieurs cars de gendarmes mobiles appuyés par le peloton d’intervention et de surveillance, sous commandement direct du chef d’escadron Bruno Dubois, le coup porté au nez d’une ami-e par une vigile et le retour en force de l’ANDRA dans la forêt, témoignent clairement du choix que fait l’ANDRA, une fois de plus, de fouler au pied la légalité et de porter la conflictualité sur le terrain.

En août comme aujourd’hui, nous affirmons notre détermination à faire barrage à tous travaux de l’ANDRA et à préserver coûte que coûte le Bois Lejuc des destructions que l’ANDRA ne manque d’y occasionner à chacun de ses passages ! Nous ne sommes pas dupes, replanter une poignée d’arbrisseaux quand on en a déraciné des milliers, et enlever quelques pans de murs à quelques jours de l’échéance du délai imparti pour le faire, c’est jeter de la poudre aux yeux pour mieux revenir dans un mois, ravager la forêt de plus belle ! Rendez-vous est donné le 18 février pour une grande journée d’action et de mobilisation : qu’ils expulsent ou non, nous serons dans le bois !

Les occupant-es du Bois Lejuc et opposant-es au projet de poubelle nucléaire CIGÉO !

Cartographie de la progression de l’ANDRA dans le Bois Lejuc le 23 janvier