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14 juillet: No table is illegal

Petit retour de la soirée burienne du 14 juillet

Une fête à la peau lisse

L’air était doux en ce soir de 14 juillet, et les habitant.e.s de la maison de résistance, accompagnées de leurs voisin.e.s venues de tous les villages alentours, ainsi que les cyclistes de passage de l’écotopia biketour festoyaient gaiement, fêtant les récents revers de Cigéo et la joie d’être ensemble.

C’est l’indisposition causée par le passage de 3856ème patrouille de police de la journée, rappel de l’intimidation constante que constitue l’état de militarisation du territoire, qui pousse alors les convives à installer leur table sur la chaussée flambante neuve en face de la maison de résistance, pour y banqueter dans l’allégresse et proposer aux prochaines patrouilles un itinéraire alternatif. Après manger, une partie de foot improvisée fut interrompue par deux gendarmes, demandant instamment de bouger la table, qui « gênerait les déplacements sur la voie publique. » Après leur avoir opposé un refus cordial mais ferme, assurant que nous écarterions la table pour laisser passer les tracteurs et moissonneuses (promesse tenue avec assiduité et célérité tout au cours de la soirée) , la fête se poursuivit tranquillement avec une partie de bowling-pétanque, alors que la patrouille suivante contournait la maison, provoquant quelques rires.

 

La coupure Dubois

(suite…)

Mise au point sur l’action du 21 juin et la propagande de l’Andra

Aujourd’hui voici qu’une polémique enfle autour d’une action qui s’est déroulée le 21 juin au matin sur l’hôtel-restaurant Bindeuil du complexe de l’Andra. Dans la presse on parle d’un « début d’incendie », d’une alarme qui s’est déclenchée, de clients de l’hôtel terrorisés. Le conseil d’administration de l’agence, dans une délibération rédigée avec « solennité », parle d’une « radicalisation extrême des opposants […] qui s’en prennent aux populations et au territoire » et constate « qu’un cap nouveau et inédit dans la violence de l’opposition a été franchi hier ».

Ce qui se dessine derrière c’est une tentative de déshumaniser les personnes portant ces actions, de construire une figure de radical-cagoulé marginal et sanguinaire qui aurait voulu blesser les personnes présentes dans l’hôtel, qui voudrait s’en prendre aux riverains des villages. À chaque fois qu’un mouvement de résistance prend un peu d’ampleur et de consistance il s’agit de construire une figure de grand méchant loup pour le diviser de l’intérieur. Quand la rhétorique des « méchants casseurs » ne suffit plus, voici qu’on compare carrément l’opposition à une mafia sans vergogne qui, selon la Préfecture, ciblerait « des entreprises, des sites et des personnes sans lien direct avec le projet Cigeo ». Soyons sérieux. De qui se moque-t-on ?

Dans sa délibération, l’établissement ose même affirmer son « soutien aux élus et aux riverains […] qui s’engagent au quotidien dans un projet d’intérêt général et vivent dans le territoire avec l’Andra ». C’est l’hôpital qui se fiche de la charité. On rappelle bien qu’il s’agit ici du « soutien » d’une agence qui distribue des centaines de millions pour se rendre indispensable depuis vingt ans ; qui envoie un de ses hommes de mains, Emmanuel Hance, intimider les agriculteurs et propriétaires, ou verser de l’essence à 10 cm d’opposants arc-boutés sur une barricade des opposants ; qui met la pression sur quelques habitants qui osent relever la tête (procès, intimidations). La seule entité qui « s’en prend aux populations et au territoire » ce ne sont pas les « opposants », mais l’Andra, de manière systémique.

Personne, en ce matin du 21 juin, n’avait pour objectif de s’en prendre aux personnes présentes dans l’hôtel, employés ou clients, et les terroriser. Ou bien de s’en prendre à des installations sans lien direct avec le projet. Ce qui est visé, c’est toute la logique économique qui sous-tend l’implantation de l’Andra et du nucléaire dans la région : la construction, à coup de carotte et de bâton d’une mono-industrie se rendant indispensable partout. Le 21 juin, en brisant quelques tables, chaises, verres, il s’agissait de contribuer à fissurer le règne de l’Andra sur l’économie locale, toute son entreprise de pénétration des consciences et du tissu économique. Cet hôtel n’est pas la propriété directe de l’Andra mais sa créature.

Depuis deux jours la campagne de propagande de l’Andra et de la Préfecture est digne de la chronique de faits divers : sur la page d’accueil de son site internet l’agence attribue aux opposants la destruction d’une antenne atmosphérique le 20 juin, alors que c’est l’entreprise elle-même qui est venue la démonter. Ensuite, l’agence atteste que le 21 juin « le personnel n’était pas présent dans ces espaces à cette heure », tandis que dans son article l‘Est Républicain donne la parole à un cuisinier sous le choc qui aurait été sur place…

Elle mentionne aussi des « pressions sur les habitants, les familles des élus ». Pour qui nous prend-on ? Ce qui fait que la résistance s’est redéployée lors des dernières années c’est justement la construction de liens forts avec des habitants du coin, un ancrage patient qui se manifeste aujourd’hui non seulement par l’occupation d’une forêt mais par des installations dans tout le territoire. Nous assumons par contre que M. Xavier Levet, en tant que personne publique, maire de Mandres, est un élu criblé de conflits d’intérêts, véritable VRP de l’Andra et devra être tenu comptable de ses actes. Mais en aucun cas sa famille n’a été cible de pressions.

Malgré toute la propagande, derrière les masques et les cagoules des gens qui agissent de cette manière, il n’y a pas de dangereuses personnes sanguinaires et inconscientes des conséquences de leurs actes. Il y a des êtres humains de chair, d’os, qui pensent et qui ressentent des émotions. Il y a des personnes qui ont grandi dans la région, d’autres qui sont venues s’installer plus tard, d’autres de passage, dans tous les cas des êtres humains qui ont à cœur le devenir de ce territoire. Les mains qui sabotent sont les mêmes que celles qui construisent des cabanes, retapent des maisons, font fleurir des potagers, animent des cantines collectives.

Depuis 20 ans, l’Andra prétend apporter développement, emplois, redynamisation du tissu local. Ces promesses sont fausses et de plus en plus de riverains comme d’élus ne sont plus dupes. L’industrie nucléaire s’implante sur les ruines d’un tissu économique régional qu’elle prétend rebooster… en accélérant sa chute. Qui voudra venir s’installer ou s’implanter à côté de la plus grande poubelle nucléaire du monde ? Une fois que tous les villages auront été vidés, ce qui se prépare c’est un désert radioactif militarisé, grillagé, saupoudré ça et là d’un hôtel-restaurant ou d’une supérette pour cadres du nucléaire de passage quelques jours – en aucun cas des personnes implantées sur le territoire comme voudrait le faire croire l’Andra.

Que ce soit dans les années 90 lorsque les premières grilles tombaient ou que des bottes de paille étaient incendiées, lors de la campagne d’action décentralisée Bure365 en 2014, ou bien l’occupation du bois Lejuc et l’attaque des grilles de l’Ecothèque lors de la dernière année, la logique est la même : s’en prendre non pas aux personnes mais à un projet aberrant et à tout le système qui le sous-tend.

Des hibouxes et gravitant-e-s de Bure.

Pas de petit-dej pour l’Andra [communiqué de presse]

Les 16 et 18 février 2017, les opposant.es au centre de stockage radioactif Cigéo revendiquaient la destruction des grilles de l’écothèque, un projet annexe du laboratoire, censé en verdir l’apparence. Ce mercredi 21 juin, c’est cette fois l’hôtel-restaurant trois étoiles, situé à quelques mètres de la future plate forme de réception et de conditionnement des déchets nucléaires, qui a été pris pour cible.

Depuis son implantation à la frontière de la Meuse et de la Haute-Marne il y a une quinzaine d’années, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs n’a eu de cesse de s’immiscer méthodiquement dans les consciences, dans les porte-feuilles des communes, dans les sorties scolaires, dans les paysages ruraux etc. Le rond-point entre Saudron et Mandres, qui regroupe le laboratoire, son pôle technique, les archives d’EDF, l’écothèque et l’hôtel-restaurant, est un bon exemple de cette omniprésence. Comble de l’envahissement, il devrait bientôt accueillir une boulangerie, pour qu’enfin plus personne dans la région ne puisse aller chercher son pain sans avoir affaire à l’Andra. Mais bizarrement, chacun des projets pour lesquels elle est prise à partie est présenté comme n’ayant rien à voir avec Cigéo…

En attaquant l’écothèque en février, nous affirmions haut et fort qu’elle n’était pas un musée écologique déconnecté du futur stockage, mais bien une pièce de l’acceptabilité sociale du projet. Il en va de même pour l’hôtel-restaurant du Bindeuil, conçu pour accueillir dans des chambres luxueuses non pas des touristes venus visiter un cimetière atomique, mais bien des ingénieurs du nucléaire, des délégations venues visiter le laboratoire, et pourquoi pas des officiers de gendarmerie. Il ne s’agit nullement d’un hôtel meusien quelconque, qui aurait été pris pour cible par pur appétit de destruction : il s’agit du sabotage matériel de l’un des chevaux de Troie de l’Andra.

Que cet hôtel appartienne à la commune de Bure montre bien jusqu’où l’industrie nucléaire est allée pour mouiller jusqu’au cou les pouvoirs publics locaux dans son plan de conquête. Ce n’est pas seulement par l’intermédiaire du Groupement d’Intérêt Public (qui arrose la région en millions d’euros) que les mairies sont tenues, mais également par des projets économiques comme l’hôtel du Bindeuil : une manne financière à deux pas du laboratoire, entièrement dépendante de son activité.

La semaine de chantiers et d’actions qui se déroule du 19 au 26 juin au bois Lejus a vocation à pérenniser l’occupation qui bloque depuis un an maintenant l’avancée de Cigéo. Elle est une tribune pour dénoncer l’invasion du territoire par l’Andra, et la militarisation qui l’accompagne. C’est à cette fin que des opposant.es sont allé.es le 20 juin défiler pacifiquement à l’entrée de Mandres, en portant une banderole « carrefour libéré » : pour dénoncer les contrôles incessants dont font l’objet opposant.es et habitant.es confondus, dénoncer la surveillance policière constante, les fouilles de véhicules abusives et intrusives, les survols d’hélicoptère etc.

Cette semaine est aussi l’occasion de réaffirmer la détermination des opposant.es et de porter un message clair : l’Andra n’est pas la bienvenue en Meuse, quel que soit le visage sous lequel elle entend se présenter. En ces temps de débâcle de l’industrie nucléaire, il semble acquis qu’il n’est pas tenable, pour les entreprises et pour les collectivités territoriales, de travailler main dans la main avec elle sans s’exposer au ras-le-bol de celles et ceux dont l’avis a été bafoué depuis vingt ans.

Il est vain d’agiter à Bure le spectre des « casseurs », de l’« ultra-gauche », des « jeunes encagoulés » ou de la mouvance « anarcho-zadiste ». Ce qui s’agite ici, c’est une colère et une indignation trop longtemps contenues. Nous voulons que l’Andra parte et emporte avec elle son laboratoire, son écothèque et son hôtel trois étoiles. Nous ouvrirons nous-mêmes la boulangerie.

Récit de la confrontation du mardi 23 mai à Barricade Nord

Bure, 10h30 : un appel téléphonique et un épais nuage noir à l’horizon nous signalent qu’une barricade du bois Lejuc est en feu ; la police est à Vigie Sud. Nous nous équipons en vitesse, puis partons en courant ou en vélo pour rejoindre nos ami-e-s qui résistent.

Les hiboux ont enflammé une barricade devant Vigie Sud pour dissuader les gendarmes d’aller plus loin.

En approchant de Vigie Sud, nous constatons que la quinzaine de gendarmes – deux fourgons et trois voitures – est repartie, les hiboux sur place ont défié le coup de pression. La barricade la plus avancée vers la route n’a pas fini de brûler, qu’ielles sont déjà en train d’en faire une nouvelle, bravo les ami-es ! Pensant que l’escouade ira à Barricade Nord, nous nous y rendons massivement pendant que des copain-ines restent là au cas où les forces du désordre reviendraient. (suite…)

Fil info mai 2017

Dimanche 28 mai

Goûter en forêt à 16h avec le voisinage. Quelques contrôles de gendarmes dans l’après-midi au niveau du carrefour de Mandres, notamment envers des habitant.es de Mandres (une voisine de plus de 80 ans a du rechercher ses papiers chez elle alors qu’elle était à pieds en direction du bois). Une nouvelle démonstration de l’intimidation bête et mesquine de la préfecture de police.

Samedi 27 mai

Projection du film Pas Res Nos Aresta et discussion ce soir à la Maison de Résistance autour de la lutte de l’Amassada contre un projet de transformateur électrique en Aveyron avec les ami.es de là-bas venu.es nous en parler.

Vendredi 26 mai

Gérard Wecker Beaux-Arts Moselle

Bure est prise dans une belle effervescence ces jours-ci, on prépare les rencontres anticarcérales des 16-18 juin, avec pas mal de réponses positives déjà du côté des invités. On s’active aussi pas mal autour de la préparation de la semaine d’action du 19 au 26 juin, avec un tournage de petit film d’annonce, des chantiers en forêt et d’innombrables réunions de préparation.

La vie quotidienne poursuit son cours dans les potagers, on fait les foins et du bois avec le voisinage. Certain.es d’entre nous s’invitent ici et là dans les fêtes de villages environnants. Avec la chaleur et le soleil, baignades et soirées autour du feu en chansons et rires sont de retour. La vie est douce ces jours-ci, quand elle n’est pas rythmée par les pales des hélicos et les rondes de gendarmes.

Mardi 23 mai, provocation policière aux barricades du Bois Lejuc

11h20 : suite à un court face à face des ami.es veillant sur la barricade nord, avec une quinzaine de gendarmes mobiles accompagnés du Commandant d’escadron Bruno Dubois, ce dernier fait retirer ses troupes mais avertit que la pression policière se poursuivra. Il lui a été rappelé que de nouveaux recours viennent d’être déposés pour le Bois Lejuc. (suite…)

Nous n’avions plus peur

Ce texte est un récit situé de la journée du 18 mai, entre Bure et Mandres-en-Barois (Meuse), l’épicentre de la contestation autour du bois Lejuc. Le 18 mai a eu lieu un nouveau vote du conseil municipal de Mandres pour confirmer la spoliation du bois communal au profit de l’Andra et de son projet démentiel de cimetière radioactif.

Mandres sous état de siège

En 2013, les habitant-e-s de Mandres ont affirmé par référendum ne pas vouloir se séparer de leur bois communal (le bois Lejuc), malgré les promesses mirobolantes que l’Andra offrait en échange. En 2015, le maire et son conseil forcent malgré tout l’échange du bois, dans des conditions qui, même dans le cadre du fantoche « État de droit », ne valaient pas grand-chose. En avril dernier la justice administrative reconnaît certaines des irrégularités de ce premier vote, ce qui contraint la Mairie à en faire un nouveau. C’est contre celui-ci que nous avons marché jeudi 18 mai.

Nous avons voulu quelque chose de plutôt festif et carnavalesque. Ça changeait du noir un peu lassant des manifs et qui ne correspond pas trop au terrain. Et puis la dérision, ça rappelle aussi la grotesque absurdité de ce vote où six ou sept conseillers municipaux comptent engager l’avenir d’un territoire (ou plutôt son absence d’avenir…). L’idée était d’abord de faire un repas en fanfare devant la mairie pour contester la tenue du conseil. Et si la situation s’y prêtait, on espérait bloquer les entrées de la mairie pour empêcher la mascarade (pseudo/anti-)démocratique de jouer sa partition.

Mais voilà, Mandres-en-Barois, ce village de 130 habitants du sud-Meuse, était complètement quadrillé, accaparé, infesté de flics. Même si on s’y attendait à moitié, entrer dans un petit village où t’attend une centaine de Gendarmes mobiles, où les rues autour de la mairie sont bouchées par des grilles anti-émeutes, ça fait tout drôle… Imaginez une « zone rouge » de sommet international en version miniature, au fin fond de la campagne française. Au coeur des métropoles capitalistes, ça devient une habitude, un tel siège policier (et ça l’était bien plus tôt dans les quartiers populaires). Mais dans ce tout petit village, il n’y a rien d’autre hormis les maisons privées qu’un lavoir et un garage… Alors voilà, notre petit cortège musical arrive et il n’y a presque pas âme qui vive dehors. Rien que des robots bleus qui occupent le village et semblent dire : ce soir, il ne doit rien se passer. Ils espéraient que par leur simple présence, ils réussiraient non seulement à décourager et intimider tou-tes les villageois-es, mais aussi à nous construire comme une menace qu’ils auraient pour mission de conjurer. (suite…)

18 mai – Appel à rassemblement massif devant la mairie de Mandres !

Dernier pique-nique avant le désert nucléaire ?

Empêchons un nouveau vote autorisant l’échange du bois Lejuc ! Rassemblement à partir de 18h devant la mairie de Mandres-en-Barrois !

 

Le 18 mai, le conseil municipal de Mandres-en-Barrois va tenir une session à 20h. À l’ordre du jour, un seul sujet : voter une nouvelle délibération pour régulariser l’échange du bois Lejuc. Le 28 février, le tribunal administratif de Nancy avait invalidé la précédente délibération tenue à 6h du matin le 2 juillet 2015, qui était entachée d’irrégularités, et sommé la commune de Mandres de « régulariser » la situation sous 4 mois. Après 2 mois et demi, nous y voilà, l’Andra contre-attaque : rassemblons-nous massivement pour dissuader tout vote en faveur de l’échange du bois. Ramenons de quoi boire et manger,, instruments de musique, concerts de casseroles, pancartes et banderoles, et surtout soyons le plus nombreux-euses possible. C’est un tournant déterminant de la lutte contre la poubelle nucléaire, nous ne laisserons pas l’Andra se rhabiller des atours de la « légalité » comme ça !

Ce conseil municipal est une mascarade « démocratique » de plus dans un projet qui a fait de l’acceptabilité sociale un art. Mascarade démocratique, de faire peser sur les épaules d’une dizaine d’élus d’un village de 130 habitants sous pression l’échange d’un bois permettant le début des travaux du plus gros projet industriel européen. Mascarade démocratique, de restreindre la décision au conseil municipal, alors qu’en 2013 pour un premier projet d’échange de bois, ce même conseil avait jugé qu’il ne pouvait décemment pas voter seul une décision qui « engagerait l’avenir de la commune pour des milliers d’années », et que lors d’une consultation les habitant-e-s du village avaient voté NON à la majorité des 2/3. Mascarade démocratique, alors qu’au moins 5 élus sur les 11 sont entachés d’une situation de conflits d’intérêt : obtention de baux de chasse via l’Andra, membres de la famille salarié-e-s du laboratoire, obtention de dizaines d’hectares de terres agricoles en baux précaire via l’Andra/SAFER, etc, etc. Comment ces élus pourraient-ils repousser la main qui les nourrit ? Comment croire sérieusement que ce conseil serait « neutre » de l’influence de l’Andra ? Dans le village et autour, personne n’est dupe.

Tout cela est une hypocrisie, et la délibération positive qui risque d’en sortir sera illégitime d’avance ! En réalité le sort de ce bois, bien communal, concerne toutes celles et ceux qui – à Mandres, en Meuse et ailleurs – l’aiment, l’utilisent, y vivent, ne veulent pas le voir transformer en désert nucléaire. Soutenons massivement les quelques conseillers courageux-ses qui vont voter NON à cet échange, et ceux qui, par notre présence, en viendront à s’abstenir. Cette délibération doit refuser l’échange, ou ne pas se tenir. Et, dans tous les cas, la forêt restera libérée de l’Andra jusqu’à l’abandon du projet !

Soyons le plus nombreux-euses possible ! Prévenez vos ami-e-s, votre sœur, votre frère, vos collègues, etc, etc, toutes celles et ceux qui ne sont pas revenus à Bure depuis longtemps, c’est un moment déterminant de la lutte contre CIGEO ! Nous avons boycotté le Débat Public en 2013, nous bloquons les travaux dans le bois depuis près d’un an, nous avons fait tomber des grilles de l’Andra en février dernier : jeudi 18 mai, nous pouvons, avec les habitant-e-s résistant-e-s de Mandres, libérer la commune de l’influence néfaste de l’Andra et porter un nouvel arrêt au projet Cigéo !

Infos pratiques :

  • Rassemblement à partir de 18h sur la place de la mairie pour être là en masse pour 20h. Il risque d’y avoir du bleu, donc assurez vous que vos véhicules sont en règle !

  • Ramenez de quoi faire un joyeux banquet partagé, des instruments, des banderoles, des déguisements, des casseroles, de quoi faire des concerts endiablés et faire résonner à mille lieux l’écho de notre résistance, quand ils voudraient décider en catimini dans une petite salle de mairie de l’avenir de notre territoire pour 100 000 ans.

  • Faites tourner un maximum ! Vmc.camp / sauvonslaforet@riseup

  • Tel média : 07 53 54 07 31  / Un point presse aura lieu à 19h à côté de la mairie, avec les différentes composantes de la lutte contre la poubelle nucléaire.

La suite du dossier Échange du bois de Mandres :

 

Expulsables mais pas expulsé.e.s !

Sans trop de surprises, le TGI de Bar-le-Duc a tranché ce mercredi 26 avril en prononçant l’expulsabilité des occupant.es du Bois Lejuc. Après plusieurs mois de bataille juridique pour faire reconnaître l’illégitimité de l’Andra à conduire des travaux dans cette forêt, nous revoilà au moment où machines et gendarmesque menacent à nouveau à l’horizon et où il va nous falloir être nombreu.ses à être mobilisé.es pour les tenir une fois de plus à distance.

Selon l’avis rendu par le tribunal de Bar-le-Duc, Sven Lindstroem devrait faire ses bagages, sous prétexte que sa maison forestière de palettes n’est pas « attachée matériellement au sol par un dispositif de liaison ou d’ancrage ou de fondation (…) et repose simplement au sol » et ne saurait donc être considérée comme un « immeuble bâti« . En outre, « le droit de propriété est un droit fondamental et l’occupation sans droit ni titre (…) constitue un trouble manifestement illicite ». Bien mal acquis, au  passage, puisque l’Andra s’est vue, le 28 février dernier, annuler par le Tribunal Administratif de Nancy le contrat d’échange avec la commune de Mandres-en-Barrois qui l’avait rendu propriétaire du Bois Lejuc en janvier 2016. Mais propriété à demi reste propriété et la propriété c’est sacré : étant donné que la commune dispose de 4 mois pour renouveler un vote d’échange avec l’Andra en conseil municipal, cette décision d’annulation n’est qu’un contretemps avant que tout rentre l’ordre et que l’Andra puisse à nouveau défricher en rond. La commune ne semble cependant pas vouloir réitérer le vote puisque le maire a fait appel fin mars de la décision d’échange.

Évaporée au final, dans cette décision d’expulsion, la raison profonde de la présence de notre ami Sven dans cette forêt, outre qu’il fait bon dormir à la cime des arbres et fleurer la rosée matinale en compagnie des chevreuils. Car, au-delà du « droit au respect du domicile et à la dignité » qui légitimerait à lui seul bien des discussions autour du caractère fondamental de la propriété, quand tant d’humains en sont privés, il ne s’agissait évidemment pas pour Sven de revendiquer ici un droit au logement opposable (DALO) au cœur des sous-bois. Mais il s’agit bien plutôt de s’opposer physiquement à la destruction d’une forêt, déjà bien entamée avec les travaux de défrichement menés sur 7 Ha par l’Andra, au cours de l’été 2016. (suite…)

Le Bois Lejuc est expulsable sans délais !

Mercredi 26 Avril – Nous y revoilà, quelques mois après une expulsion brutale de l’occupation du Bois Lejuc survenue en juillet 2016, ce mercredi 26 avril le tribunal de grande instance de Bar-le-Duc a tranché : le bois est à nouveau expulsable sans délais, la préfecture peut réinvestir les sous-bois à grands renforts de grenades et bruit de bottes ! Mais cela ne se passera pas de la même manière, depuis un an nous nous sommes renforcés : nous avons été des centaines à réinvestir cette forêt, à y manifester, y lutter, y construire, y vivre et apprivoiser chacun de ses reliefs.

Des dizaines d’opposant.es se sont installées au fil des mois dans les villages autour de Bure, nous avons remporté une série de victoires juridiques et fait perdre de précieux mois à un projet qui joue la course contre la montre. À plusieurs reprises nous avons bloqué les tentatives de l’ANDRA de pénétrer dans le Bois et de reprendre des travaux.

Dès à présent nous appelons à venir nous rejoindre, nombreu.ses, durant les jours et semaines à venir. Nous sommes déterminées à opposer une résistance farouche en cas d’expulsion du Bois Lejuc !

La décision rendue par le TGI de Bar-le-Duc

La revue de presse mise à jour

Police partout, Andra nulle part !

Bruno Le Roux déclare cette semaine qu’il n’y aura pas de ZAD à Bure. Ça tombe bien, il n’y en a pas et il n’y en a jamais eu. Effet d’annonce pour un ministre qui n’a pas eu le temps de réviser sa copie avant d’être interpellé par le sénateur Christian Namy au Sénat ? Savait-il même où était Bure avant cette semaine ? On l’imagine rentrer à son ministère le soir même et demander à avoir au téléphone la nouvelle préfète de la Meuse pour avoir un rapport circonstancié sur la situation de ce nouveau « kyste » et exiger que des mesures soient prises « énergiquement » contre cette poignée de zadistes qui défraie la chronique.

L’été dernier, avant de tomber un mur de 1,2 km dans le Bois Lejuc, on avait déjà connu un mois d’occupation policière du territoire entourant Bure : contrôles policiers sur toutes les routes, réquisitions de fouille des véhicules renouvelées par tranche de 12h et passages incessants d’estafettes devant la Maison de Résistance, filmant et relevant les plaques d’immatriculation.

Depuis quelques jours on sent que la préfecture et sans doute le ministère de l’intérieur témoignent d’un intérêt accru pour nous, opposant.e.s et habitant.e.s en lutte contre le projet CIGÉO. Ce jeudi, 23 février, au soir vers 23h, 2 fourgons de gendarmes et 2 estafettes étaient déployés tous feux éteints de part et d’autre de la Maison de Résistance. Ce samedi, 25 février, au matin ce sont des gendarmes équipés de pied en cap, armés de lanceurs de balles de défense, qui contrôlent et fouillent tous les véhicules sur les routes entourant Bure, papiers de réquisitions préfectorales à la main.

Intimidation ou stratégie de tension, on a vu l’année passée que le résultat était surtout une exaspération des riverain.e.s, une amplification de la mobilisation et un renforcement de notre propre détermination à lutter. Nous résumer à une poignée d’agitateurs, c’est méconnaître gravement le fait que nous accueillons des ami.e.s de nombreux et très différents réseaux de lutte que ces intimidations et contrôles confirment dans leur conviction que Bure est une lutte à soutenir dans les semaines et mois à venir. Chaque jour cette répression qui ne dit pas son nom, qui vise à nous marginaliser et à nous ficher, pour mieux s’en prendre à nous ensuite, démultiplie la solidarité dans toute la France et bien au-delà. Qu’ils s’en prennent à quelques-un.e.s d’entre nous et demain nous serons des centaines à manifester au pied de la préfecture, qu’ils répriment ces centaines et nous serons des milliers à défiler dans les rues de Bar-le-Duc et à camper dans le sud de la Meuse. Car il ne s’agit pas seulement ici de CIGÉO ou même de l’industrie nucléaire, c’est une certaine vision capitaliste, marchande et sécuritaire de l’avenir contre laquelle nous luttons ici et en bien d’autres endroits du monde.

Et dans la Meuse, depuis que mur et grilles sont tombés, c’est toute la région qui gronde, qui reprend du poil de la bête : dans les villages les langues se délient, les appels signalant les passages et mouvements de gendarmes se multiplient, les hostilités contre cette omni-présence policière s’accroissent. On applaudit dans les chaumières la claque que prennent ANDRA et nucléocrates, après des années d’extorsion de terres déguisées en acceptabilité sociale.

Alors oui, Mme la Préfète, M. Le Roux vous avez un problème, mais il est généralisé, c’est celui de générations qu’on a mal nourries, polluées, bétonnées, exploitées, expropriées et qui commencent à entrevoir, lorsqu’un mur nucléaire chute, qu’un projet d’aéroport capote, qu’un autre avenir est possible et qu’il ne se passera pas de conflictualité. Peut-être que vous nous causerez bien des larmes, mais nous vous opposerons une joie féroce, nos rires et nos chants, en dépit de tout. Vous pouvez nous contrôler, nous arrêter, nous fouiller, vous n’enfermerez et n’empêcherez pas l’imaginaire que nous portons, de se réaliser et de s’envoler, il a déjà bien pris son élan …

Les chouettes hiboux de Bure