Action

À Bure, si l’Andra réoccupe la forêt, on l’expulse !

Appel à converger en Meuse dés maintenant pour défendre le bois Lejuc !

Dans nos étranges contrées de Meuse, il semblerait que le temps soit devenu cyclique. La faute n’en est pas au réchauffement climatique, mais à des poussées saisonnières de fièvres autoritaires sur le bois Lejuc réoccupé depuis septembre 2016. Le 26 avril, au terme de moult péripéties judiciaires qui nous faisaient gagner du temps depuis décembre, le tribunal de Bar-le-Duc a finalement déclaré que les habitant-e-s du bois étaient expulsables sans délai. Et, le 18 mai, le conseil municipal de Mandres-en-Barrois va se réunir pour prendre une nouvelle délibération pour « régulariser » l’échange du bois. L’État et l’Andra contre-attaquent.

Nous aurons eu 2 mois de répit, pendant lequel de nouvelles personnes se sont installées, des cabanes construites, des maisons investies, 1500 m² de patates et d’oignons plantés sur des terres squattées, des balades naturalistes et des week-end de sorcières, etc, etc. Maintenant, ça recommence. Après l’été d’urgence et la première expulsion, l’été indien et la réoccupation, l’hiver déter, les menaces sur la forêt et la manif au pied du labo, nous entrons dans le printemps résistant ! Les hélicoptères ont repris leurs survols quotidiens – même en plein milieu de la nuit. Les patrouilles de flics, vautours malfaisants, tournent dans les villages, rendant furieux certain-e-s habitant-e-s. Les feuilles ont poussé un peu partout, et même sur certaines barricades : la Meuse est belle et vous accueille dés maintenant.

Le bois est expulsable donc. Mais pas expulsé. Rappelons, au titre des barricades de « papier » – qui tombent toujours, mais nous font gagner du temps pour construire le rapport de force -, que la délibération ayant permis la propriété de l’Andra sur le bois a été invalidée par la justice le 28 février. Que cette forêt n’a donc jamais cessée d’être le bois communal des habitants de Mandres. Que rien n’est fait au sujet de la future « délibération » du 18 mai. Que de mars à juillet de nombreuses espèces d’oiseaux nidifient dans les bois, ce qui bloque l’autorisation de défrichement. Qu’une grosse dizaine d’espèces protégées – chat forestier, chauve souris, oiseaux… – ont été identifiées au cours des derniers mois. Pour ce qui est des barricades réelles, des cabanes, des vigies… il ne tient qu’à nous de les consolider dés maintenant !

Drôle de calendrier. On aura fort peu parlé « d’environnement » ou de nucléaire lors de cette non-campagne présidentielle aux allures de déballages de télé-réalité à mauvais rebondissements. 2007 est loin, avec le « pacte écologique » de M. Hulot et le spectacle du Grenelle de l’Environnement. Et la promesse de fermeture de Fessenheim lancée en 2012 aura tenu, jusqu’au bout, son rang de promesse. En 2017 on a parlé « affaires », immigration-terrorisme-racisme et sécurité-police. On enfouira les déchets nucléaires comme on rase des bidonvilles, comme on mate des prolétaires dans les quartiers populaires et les luttes : avec une police-milice chaque jour plus fascisée et « autonome » dans son action. Bure est le prolongement dans une zone hyper-rurale du laboratoire répressif d’un pouvoir qui durcit son versant autoritaire chaque mois.

Et ce n’est pas l’avènement d’un banquier glabre au sourire fresh (plutôt qu’une matrone fasciste carnassière) rhabillé des habits « anti-système » du « renouvellement » qui va changer quoi ce soit – sinon dans le rythme – à la marche morbide de l’enfer capitaliste, raciste et autoritaire. Que l’on se batte contre un projet de poubelle nucléaire, contre un aéroport vert, contre toutes les polices et les frontières, contre un plan social, contre les oppressions systémiques, c’est toujours ce monde infernal que l’on cherche à fissurer et arrêter, même pour un moment. En luttant contre tout ce qui nous domine, c’est une myriade d’autres espaces que nous essayons de construire par nous-mêmes, d’autres communautés de vie et de lutte émancipatrices, d’autres chants, d’autres songes, d’autres relations où l’on arrête de se vendre, sans l’aval d’aucune autorité.

Dans la langue décharnée de ceux qui prétendent nous gouverner, ces espaces qui se cherchent, ces conflits qui s’ancrent, sont des « kystes ». Prenons-les au mot : ce monde est malade, offrons lui un abcès à faire joyeusement puruler sur la face blême de son ordre pourrissant. Alors, soyons sympas, offrons un cadeau au nouveau potentat poupin du capitalisme débridé et toute sa clique livide d’apprenti start-upers: une intronisation en beauté avec un conflit assumé au cœur de ces 220 hectares de bois.

Dés maintenant – et comme toujours -, toutes les présences à Bure sont cruciales. Gardons nous de tout triomphalisme, de tout fantasme guerrier ...: nous savons que ce que nous construisons est fragile, et, dans un pari, nous y mettons pourtant tout notre amour. Nous savons aussi que, même si nous sommes plus nombreus(e)s à vivre sur place qu’il y a un an, nous ne sommes pas encore suffisamment fortEs pour les bousculer sur tous les fronts. Il y aura à Bure dans les mois à venir besoin, certes, de boucliers, de tranchées, de barricades, mais aussi et surtout de chants, de massages, de cultiver les champs squattés, de construire des moments de vie ensemble, de s’interroger sur nous et nos relationsIl y aura par-dessus tout besoin de joie, de soin, d’attention aux unEs et aux autres pour continuer d’ancrer ici une vie désirable qui fasse mentir leur désert.

On vous attend !

ANDRA DÉGAGE, RÉSISTANCE ET SABOTAGE !

GARDEZ VOS DÉCHETS, ON GARDE LA FORÊT !

PROCHAINS RENDEZ-VOUS

  • Dés maintenant, convergeons nombreux et nombreuses vers Bure pour renforcer l’occupation dans le bois Lejuc : il y a de la place, il y a des gens là pour vous accueillir, ramenez de quoi être le plus autonome possible : tentes, couchage, bottes, bouffe, frontale, de quoi grimpez si vous avez, matos de construction et outils…

  • Le 18 mai : APPEL À RASSEMBLEMENT à partir de 18h devant la mairie de Mandres-en-Barrois pour mettre la pression et empêcher un vote permettant de « régulariser » la propriété de l’Andra sur le bois : ramenez de quoi boire et manger, des casseroles, des instruments de musique, banderoles etc ! Plus d’infos à venir sur vmc.camp

  • 20 mai : grande manifestation des 300 000 pas à Bure contre la nucléarisation du territoire. Plus d’infos sur www.cedra52.fr/300000

  • 17 & 18 juin : Rencontres anticarcérales à Bure, plus d’infos à venir bientôt sur vmc.camp.

  • 19 au 26 juin : SEMAINE D’ACTION ET DE NIDIFICATION: venez « nidifier » en forêt avec les chouettes et hiboux du bois pour renforcer l’occupation ! Et organiser des actions contre l’Andra (et son monde (de merde)) ! Plus d’infos à venir sur vmc.camp

EN CAS D’EXPULSION

  • Le jour même

    • Rassemblement à 18h à la Maison de résistance à Bure pour soutenir les expulsé-e-s et décider de la suite.

    • Rassemblement à 18h devant les préfectures pour celles et ceux qui sont trop loin de Bure

  • Grosse manifestation dans les semaines suivant une tentative d’expulsion, suivre les infos sur vmc.camp

  • Appel à actions décentralisées contre les promoteurs et sous-traitants de la poubelle nucléaire : Vinci, Eiffage, Edf, Andra, Areva, le CEA…

CIGEO nouveaux travaux en cours

Depuis quelques jours nous avons repéré des trajets de camions entre Luméville et Horville, hier, nous avons constaté qu’une pelleteuse travaillait à construire une route praticable pour camions le long de l’ancienne voie de chemin de fer, 4 vigiles de l’Andra accompagnaient la manœuvre prétextant une piste cyclable…(lol)

– Entre Luméville et Horville, le long de la nationale 32, 300 m de longs sur 3 mètres de large ont étés creusés de manière à accueillir les gravats de Chardot TP, le même genre de route que dans la forêt. Cela s’est produit aujourd’hui.

– Entre Horville et Gondrecourt, une voie de gravats est déjà aménagée sur plus d’un kilomètre. Un arrêté municipal signale une interdiction temporaire de circuler sur ces voies. Voir lien vidéo MPEG0007

 

Tôt ce matin, des opposants se sont rendus sur place et ont été rapidement rejoins par un véhicule de police.

déroulé chronologique :

à partir de 7h30Arrivée sur les lieux et constatation de l’avancée des travaux.

8h14On remarque l’arrivée d’un véhicule de gendarmerie et de véhicules de vigiles, Hance est présent. On se déplace à l’entrée de la voie en construction pour leur faire face.

9h05 – Cinq véhicules de police arrivent en renfort (dont 1 fourgonnette), présence de Dubois.

9h30 – Arrivée de la pelleteuse qu’on commence à bloquer.

10h20 – Fin du blocage sous la pression des gendarmes présents en grand nombre qui arrivent à nous repousser. La pelleteuse reprend son travail.

11h10 – Retour à la maison, pas d’interpellation 😉

 

Plan du tracé du projet de voie ferroviaire entre Gondrecourt-le-château, Horville-en-Ornois et l’ancienne gare de Luméville-en-Ornois, sur le parcours de l’ancienne voie ferrée :

  • en noir : le projet de réhabilitation de la voie ferrée
  • en rouge : travaux déjà effectués
  • point bleu : blocage le mercredi 19 avril

 

Plan imprimable : fond de carte en A3 (clip droit sur l’image puis Enregistrer l’image sous)  (suite…)

Le 2 mai, tou.te.s à Bar-le-Duc

Le 2 mai à Bar-le-Duc aura lieu le procès de Jean-Pierre Simon, poursuivi pour complicité dans la première occupation du Bois Lejuc. Nous serons des centaines à répondre à l’appel de la confédération paysanne en nous rassemblant devant le TGI dès 9h.

Bois Lejuc, dix mois oui !

19 juin – 19 avril : 10 mois aujourd’hui que le Bois Lejuc est occupé ! Occupant.e.s résolu.e.s des lieux, ou plutôt casanier.e.s à BZL, nous avons tou.te.s appris, chacun.e à notre rythme, à connaître et aimer la forêt communale de Mandres-en-Barrois. Nous en connaissons les sentiers et les clairières, les zones déjà détruites et celles menacées, celles qui sont stratégiques pour une cabane, pour une barricade, pour une entrée discrète, pour un repli sûr… Nous l’avons connue en été, en automne, en hiver (déter’!) et au printemps. Nous avons vu le lieu changer, nous avons vu les bourgeons éclater jour après jour et les parterres de primevères s’étendre.

En prêtant une telle attention au Bois Lejuc, en nourrissant jour après jour un peu plus le désir de le protéger des ravages de l’industrie nucléaire, nous avons appris beaucoup nous aussi, et notre détermination à enterrer Cigéo est plus grande que jamais.

Les ondes de choc judiciaires de la première occupation

S’il y a une chose que l’on apprend en luttant pour une forêt, c’est que les arbres changent plus vite que le papier : les charmes ont eu beau perdre et retrouver leurs feuilles, l’institution judiciaire, elle, mâche et digère encore et toujours le même épisode. L’actualité parfois brûlante, l’attaque de l’écothèque en février 2017 et maintenant le début des travaux sur la voie ferrée, ne doivent pas nous faire oublier que certaines suites judiciaires de la première occupation (juin – juillet 2016) sont encore devant nous : nous vivons aujourd’hui les remous de l’expulsion du 7 juillet. Il y a moins d’un mois, nous parlions du cas de Florent, interdit de Meuse a cette occasion, et qui a choisi de transgresser publiquement sa peine. Le 2 mai à Bar-le-Duc aura lieu le procès de Jean-Pierre Simon, agriculteur céréalier en lutte contre Cigéo : l’Andra lui reproche d’avoir soutenu la première occupation du Bois en mettant son tracteur et sa bétaillère à disposition des opposant.e.s.

Soutien à l’occupation, vraiment ? Mais occupation de quoi, appartenant à qui ? Le 28 février 2017, la justice a rendu caduque l’acte administratif qui avait permis l’échange du terrain entre la commune de Mandres et l’Andra. Ce coup de tonnerre juridique ébranle en cascade toutes les procédures de l’Andra : comment pourraient-ils faire expulser Sven d’un lieu qui ne leur appartient pas ? Quant à Jean-Pierre… Si la forêt n’a jamais été à l’agence, qu’a-t-il fait de plus que de mettre son tracteur en lisière d’un bois communal ? Non seulement rien de répréhensible, mais même quelque chose de tout à fait louable : empêcher une entreprise de détruire illégalement la forêt des habitant.e.s de Mandres ! Le condamner dans ces circonstances serait décidément un très mauvais signal quant à la l’indépendance de la justice vis-à-vis de l’industrie nucléaire. Pourtant, parce que ce premier acte de l’ « été d’urgence » a redonné une formidable impulsion à la lutte contre Cigéo, on peut craindre que les autorités aient à cœur de le faire payer chèrement à la seule personne qu’ils ont sous la main…

(suite…)

A Bure, nous ne nous laisserons pas interdire de territoire

Suite à l’expulsion mouvementée du Bois Lejuc en Juillet 2016, Florent avait été condamné, outre ses six mois de sursis, à deux ans d’interdiction de territoire. Ce lundi 27 mars, pour enrayer la mécanique de la répression, il transgresse publiquement la contrainte en franchissant symboliquement la frontière Haute-Marne – Meuse. Nous publions ici sa déclaration, suivie de quelques réflexions.

Ces derniers jours à Bure, un verrou a sauté. Celui de la rage contenue et de la résignation. La manifestation du 18 février a vu tou.te.s les opposant.e.s à Cigéo se rendre ensemble aux grilles de l’ANDRA et les renverser. Même si encore de nombreuses années de luttes nous attendent, nous sommes déterminé.e.s. Le moment me parait venu d’assumer publiquement ma décision de me soustraire à mon interdiction de territoire.

En effet, interpellé le 7 juillet dernier lors de l’expulsion du bois Lejuc, j’ai été condamné en septembre à 6 mois de prison avec sursis et 2 ans d’interdiction d’apparaître dans le département de la Meuse. Ne voulant pas donner corps à la répression, j’ai continué d’aller et venir à Bure et ses environs comme bon me semblait, et de renforcer les liens avec mes copains et mes copines de lutte. Si quelques photos pixelisées doivent dormir dans quelque service de renseignement, les gendarmes ne m’ont pas remis la main dessus.

Si aujourd’hui je me positionne publiquement, c’est pour garder l’initiative et ne pas rester à la merci du premier contrôle routier venu. C’est pour dénoncer et combattre, ici comme ailleurs, une arme répressive qui se systématise et qui repose sur l’intimidation. Je veux ainsi dire aux autorités : « Nous n’avons plus peur. Libre à vous de vous enfermer dans votre course en avant répressive. Je vous laisse penser que votre désert nucléaire se construira à coup d’interdictions de territoire. Nous continuerons à lutter !”

Parce que si le projet Cigéo se réalise, nous serons tou.te.s à terme interdit.e.s de territoire, soyons solidaires et dénonçons la répression.

Tou.te.s interdit.e.s de territoire ? C’est peut-être effectivement ce qui nous guette dans une Meuse que les autorités nucléaires promettent à des millénaires de radioactivité. Car si l’Andra est venue chargée de promesses de croissance et d’emplois pour mieux faire accepter l’inacceptable dans une région déjà désertifiée, la réalité de sa présence est tout autre. Qui voudra vivre dans un territoire accaparé, années après années, par l’agence (plus de 3000 ha en 2015) ? Qui voudra vivre entouré de projets nucléaires (le stockage Cigéo à Bure, l’usine « Bison » à Gudmont, la blanchisserie à Joinville…) ? Cultiver une terre souillée par des colis radioactifs à vie longue ? Subir chaque nuit les envahissantes lumières du laboratoire ?

Plus de 1600 interdictions de territoire en 2015

C’est bel et bien d’une lutte de territoire qu’il s’agit, une lutte dans, par, et pour un territoire : en interdisant Florent de Meuse, le tribunal ne s’y est pas trompé. Face à la logique mortifère d’invasion et d’aménagement que met en place l’Andra, nous voyons au contraire une Meuse vivante et tissée de solidarités. Nous avons fait le choix de l’habiter, d’y construire nos cabanes et d’y retaper nos maisons. En un mot, nous nous projetons gaiement dans le futur dont on aimerait nous chasser. Et comme partout où il y a résistance, il y a répression. Le 18 février des centaines de grenades (lacrymogènes, assourdissantes et de désencerclement) ont été tirées par la police, deux personnes ont été blessées, deux autres interpellées. Pourtant Bure n’a pas connu son opération César comme Notre-Dame-des-Landes, Bure ne connaît pas la violence et l’humiliation quotidienne des banlieues. Nous sommes une goutte de plus dans un océan de colère.

Il est chaque jour plus difficile de nier cette répression généralisée. La criminalisation des opposant.e.s à la Loi Travail et la violence (physique, administrative et judiciaire) à laquelle ils et elles ont fait face ne le permet plus. Parmi l’ensemble des dispositifs de contrôle dirigés ces dernières années contre les militant.e.s, le pouvoir semble affectionner tout particulièrement les plus insidieux : ceux qui font de nous nos propres gardiens et nous obligent à restreindre notre propre liberté. Lors de la COP 21, 26 militant.e.s avaient été assigné.e.s préventivement à résidence et les interdictions de manifester pleuvent désormais avant chaque rassemblement d’ampleur : la marche pour la justice et la dignité du 19 mars n’a pas fait exception à la règle. Quant aux interdictions de territoire comme celle dont Florent a fait l’objet, la justice en a prononcé plus de 1600 en 2015 ! Cette mesure, longtemps utilisée pour éloigner les agresseurs des victimes (notamment dans le cas de violences sexuelles), devient ainsi l’un des moyens de contrôle politique les plus prisés par la police et les tribunaux.

L’état d’urgence, sous le régime duquel nous vivons depuis le 14 novembre 2015, a abattu certaines délimitations entre mesures administratives et mesures judiciaires. En moins d’un an et demi, ce qui n’était il y a peu qu’un scenario catastrophe (« et si le FN était élu et déclarait l’état d’urgence… ? ») est devenu une réalité quotidienne : on peut être puni en France préventivement et administrativement pour ce que l’on est (un militant politique), et pas seulement par un tribunal, postérieurement à une infraction supposée. Ainsi s’accélère le basculement d’un état de droit (fût-il bourgeois) à un état policier. Pour autant, critiquer l’état d’urgence ne suffit pas. Avant lui, un rapport parlementaire proposait déjà de mettre en place des interdictions administratives de manifester. Après lui, nous voyons dès aujourd’hui ce qui se profile à l’horizon : de loi sécuritaire en loi sécuritaire, l’inscription dans le droit commun de l’ensemble des dispositions de l’état d’urgence, jusqu’à le rendre superflu.

Toutes les frontières sont à franchir !

Dans ce contexte, passer la frontière entre la Haute-Marne et la Meuse alors qu’on est interdit de territoire, c’est d’abord refuser à cet état policier le droit de décider qui est légal ou illégal, où et pour combien de temps. Car les procédures administratives ou judiciaires restreignant la circulation ne sont pas seulement le lot des militant.e.s politiques : elles sont également un moyen de faire peser la menace répressive sur les migrant.e.s et de continuer à faire exister en nous-même les frontières.

La création de l’Espace Schengen promettait l’ouverture des frontières européennes et la libre circulation des individus en son sein. Mais si les frontières ont été dématérialisées, ce sont désormais des frontières administratives et policières qui les remplacent. Celles et ceux qui parviennent à les franchir se retrouvent une fois ici criminalisé.e.s et soumis.e.s à ces mêmes dispositifs de contrainte. Ainsi la procédure européenne dite « Dublin III » nie totalement les choix, les envies et besoins de l’individu qui, au hasard d’un contrôle pendant son voyage, se voit obligé de demander l’asile dans un pays où il ne faisait que transiter. Cette assignation à un territoire que l’on n’a pas choisi est en soi une violence : on ne se projette pas dans tel ou tel endroit par hasard ; on y rejoint souvent des ami.e.s, de la famille qui pourra nous venir en aide, on a une histoire avec le pays, des affects, des projections.

La vie de celles et ceux qu’on prive d’un territoire et/ou à qui on en assigne un est déjà marquée par l’interdiction d’accéder à des droits essentiels : interdiction de travailler, difficultés ou impossibilité d’accès à la formation, notamment pour l’apprentissage de la langue du pays. La rétention administrative de migrant.e.s dans des centres (48 000 personnes en 2015) et leur assignation à résidence (2274 en 2014) vont encore plus loin en réduisant le champ des possibles à néant pour l’individu. Sa vie est alors définie par son statut, rythmée par les impératifs judiciaires et par les mêmes déplacements répétés jour après jour  : le quotidien devient la prison toute entière.

La fabrique de l’isolement

Franchir la frontière et transgresser la contrainte, c’est donc aussi se libérer d’un emprisonnement psychologique, d’un conditionnement à l’auto-flicage. L’interdiction de territoire n’est pas une abstraction juridique. Elle marque le corps parce qu’elle amène les interdit.e.s à intérioriser en eux la frontière. En s’interrogeant constamment sur les lieux où il est possible d’aller, en s’inquiétant en permanence des contrôles de flics sur les routes, l’interdit.e doit devenir son propre geôlier. Tout comme dans le reste de la société, la « personnalisation des peines » pousse à l’hyper-responsabilisation de l’individu : je ne suis libre que de me contrôler… Il ne s’agit donc jamais pour l’État que de réprimer, de freiner, de bloquer, de neutraliser, mais aussi de nous fabriquer en tant qu’individus responsables : responsables de gérer, de mesurer, de contrôler nos propres déplacements… On sort des espaces disciplinaires de la prison, mais pour mieux construire des murs et des barbelés dans les têtes.

Lorsqu’un.e militant.e, pour parler du cas de Florent, est frappé.e d’interdiction de territoire, pour quelques semaines, mois ou années, c’est toute sa vie qui est chamboulée. Pour rendre l’individu transparent au pouvoir, il faut le priver des liens grâce auxquels il trouvait sa valeur, le priver des ami.e.s avec lesquel.le.s il ou elle vivait. Pour neutraliser : isoler. Dans l’imaginaire capitaliste, l’individu bien adapté est atomisé et surtout mobile, détaché de tout ancrage pour pouvoir mieux se livrer au flux de la marchandise, de l’information, de la communication, du tourisme : tu es interdit.e de Meuse ? Ce n’est pas grave, va sur la côte d’Azur… Le personnel judiciaire ou administratif chargé d’ « accompagner » les interdit.e.s veille également à ce qu’il ou elle devienne un.e bon.ne travailleur-euse et un.e bon.ne consommateur-rice.

Rappelons enfin que l’interdit.e ne l’est pas que du village ou de la zone restreinte où il militait, mais bien de tout un territoire, d’un département. Le message est clair : cet individu est présenté comme une menace pour toute la population, alors même que son « délit » était directement dirigé contre des institutions politiques ou économiques. Ainsi se construit le climat sécuritaire que nous connaissons : celui ou celle qui désobéit devient l’ « autre », qui fait peur et qu’on éloigne pour s’en protéger.

Refuser de suivre ce dispositif, comme le fait notre copain de Bure, c’est refuser de se retrouver seul.e, c’est refuser de devenir ce qu’ils voudraient que nous devenions tou.te.s. Et parce que ces gestes prennent d’autant mieux leur sens lorsqu’ils sont massifs, nous appelons tou.te.s les interdit.e.s de territoire à chercher du soutien pour initier à terme un mouvement collectif de refus.

Des chouettes hiboux libres et solidaires

Une brochure d’entretien avec Florent (alias Eric) sur les événements de l’été et la répression subie :

Une Interview de Florent sur Reporterre

Un entretien sur mediapart

La revue de presse Burestop et le communiqué de soutien des associations

Le communiqué de soutien de NDDL

 

Quelques photos de l’action :

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Du 14 au 18 février, déclare ta flamme à l’ANDRA !

Elle nous a fait aimer la Meuse,

Sans elle nous ne serions pas là.

Après avoir abattu les murs qui nous séparaient

Osons déclarer notre flamme à l’Andra… 

Selon l’intensité des sentiments que tu lui portes,

Prépare-lui une belle surprise pour la Saint-Valentin.

 

Contre mauvaise fortune, bom(be) coeur ! Lundi 23 janvier, l’ANDRA, l’agence d’enfouissement de déchets nucléaires nous a fait de fougueuses avances en revenant dans le Bois Lejuc avec ses machines et vigiles, sous escorte gendarmesque. Devant tant d’empressement, nous avons voulu lui faire une petite surprise pour la St Valentin …

Du 14 au 18 février, nous appelons tou.te.s celles et ceux qui voudraient déclarer leur flamme à l’ANDRA, à organiser à Bure et partout ailleurs des actions de soutien aux occupant-es et contre le projet CIGÉO.

 Vous pouvez appeler la préfecture au 03.29.77.55.55 ou l’ANDRA au 01.46.11.80.00 pour déclamer un poème d’amour à CIGÉO*, ou leur écrire à Centre Haute-Marne, 55290 Bure. Déployez des banderoles sur vos lieux de lutte et manifs, prenez des photos de vos actions et envoyez nous tout ça sur burelutte@riseup.net qu’on puisse publier un beau carnet de nos élans. Nous faisons confiance à vos imaginations débridées, faites nous plaisir, surprenez-les !

 Le mardi 14 février nous ouvrons le bal à 20h, après tablée et vin chaud, avec une marche aux flambeaux vers l’ANDRA depuis Bure ! Venez avec vos lanternes, lampions, torches et loupiottes, que la chaleur de nos flammes réchauffe les froides soirées de la Meuse et chatouille les nucléocrates terrés dans les souterrains, derrière les grilles de leur triste laboratoire.

 With love & radicality,

Les Chouettes Hiboux ardents de Bure

 

  • Tract :

Tract A5 x 2
Tract A4

  • Affiche :

 

Qu’ils nous expulsent ou pas, on sera dans le bois !

    À cette saison où les nuits s’étendent langoureusement, offrant aux claires étoiles la scène de leurs illuminations, l’ennemi rôde encore ; croit-il la forêt enfin éteinte et vulnérable ? Il s’avance à pas lourds sur le béton dur des tribunaux, il s’avance escorté de ses soldats de plombs, violant sans remords les doux rêves d’harmonie des arbres endormis. Lui, délirant, rêve d’apocalypse, de troncs broyés et de grands puits crevant les entrailles de la terre, vomissant des déchets qui jamais – au fond il le sait – ne sauront sagement rester tapis sous son déni. Mais chouettes et hiboux guettent !

L’ANDRA nous pense-t-elle engourdi-e-s ? Nous n’avons pas volé vers les contrées chaudes du sud mais vers les fraîches et vigoureuses cimes d’où nous la surveillons de plus belle !

Le 18 FÉVRIER, qu’ils nous aient expulsé-e-s ou non, montrons que nous ne sommes pas de fébriles brindilles qui s’éteignent au premier souffle, mais un grand brasier brûlant et déterminé ! Rejoignons nous par centaines à Bure pour une grande manifestation en direction du bois Lejuc, moufles et cagoules pour le froid et musique et bombes de couleur pour la joie. Que nous soyons force de réoccupation ou d’occupation, déjà venu-e-s ou primo arrivant-e-s, soyons présent-e-s et imposons aux nucléocrates notre tempo !

  • Durant la journée, des sessions d’apprentissage de grimpe seront organisées, des cabanes et barricades vont encore fleurir un peu partout au cours de chantiers collectifs – on entend même chuchoter des projets fous de châteaux fort et de tyroliennes, qui sait ? N’hésitez pas à amener des matériaux et toutes vos idées*. Nous vous invitons aussi à cadencer la lutte en apportant vos instruments de musique et de jongle !
  • Dans la soirée, arts de rue, vin chaud et concerts sont attendus en forêt. Si jamais elle est inaccessible, d’autres lieux sont prévus.

Des couchages avant et après la mobilisation sont possibles dans nos Maisons, dans les cabanes du bois, et dans des tentes que nous aménagerons pour les isoler de l’humidité et du froid. Prévoyez tout de même des vêtements et duvets aussi chauds que possible. [PLUS D’INFOS PRATIQUES ET PROGRAMME DÉTAILLÉ TRÈS BIENTÔT SUR LE SITE]

 * Les collectifs ou groupes auto-gérés peuvent s’adresser à sauvonslaforet@riseup.net pour annoncer leurs projets de construction.

Résistance et affouages !
ANDRA dégage !

Les Chouettes Hiboux de Bure

Pour tous renseignements : www.vmc.camp – sauvonslaforet@riseup.net – 03.29.45.41.77
Contact presse : 07.53.54.07.31 – automedia.bure@riseup.net

Ressources :

Les tracts en A5 recto-verso :

Tract orangeTract orange-vert , Tract orange dégradé

Les affiches en A3 :

Affiche orange , Affiche orange-vert , Affiche orange dégradé

Les affiches en A2 :

Affiche orange , Affiche orange-vert , Affiche orange dégradé

Week-end du 17-18 : fête du solstice d’hiver en forêt

solstice-dhiver-afficheDeutsch: https://linksunten.indymedia.org/de/node/198938

A Bure, après un été où elle a été mise en échec, l’Andra repasse à l’attaque pour implanter son projet de poubelle nucléaire. Elle utilise le prétexte d’un reboisement sur des parcelles qu’elle a saccagées pour revenir dans la forêt et s’acheter une conscience écolo. Une véritable hypocrisie : nous savons qu’à terme le bois sera de nouveau défriché pour laisser place à la zone des puits de ventilation des déchets.

Sur le terrain, la pression augmente : les vigiles rodent en lisière, les gendarmes approchent les barricades. L’Andra se met en règle sur le plan juridique pour rendre possible une expulsion. Le 15 décembre se tiendra une audience au tribunal qui risque d’accélérer la reprise des travaux.

Face aux menaces, les hiboux restent sur le qui vive et appellent tou.te.s leurs ami.e.s à un rassemblement festif dans la forêt, le week-end du 17 décembre.

Solstice d’hiver, solstice déter’ !

 

Nous invitons tous nos soutiens à une marche forestière contre la mascarade du greenwashing, samedi 17 à 14h, au départ de la vigie sud : nous irons planter une haie d’arbres morts pour rappeler l’absurdité de leur reboisement.

Dès 10h30, un accueil sera organisé en forêt pour celles et ceux qui voudraient aider aux chantiers collectifs. La soirée se poursuivra en musique et au coin du feu, avec la crémaillère des cabanes. Des couchages en forêt sont prévus, ainsi qu’à la Maison de la Résistance.

Le froid tombe sur l’occupation et il est urgent pour nous de retrouver la chaleur des liens qui se sont tissés cet été, pour clouer la première planche d’un hiver déterminé.

Programme

Samedi 17

  • 10h30 : début de l’accueil à la forêt (vigie sud), petit dej’, possibilité de départ depuis la Maison de la Résistance, lancement des chantiers
  • 13h : pique nique tiré du sac en forêt
  • 14h : départ de vigie sud vers la zone reboisée au nord (vers Ribeaucourt)
  • 17h : retour au sud de la forêt, feu de camp, chansons, musique et apéro
  • Nuit en forêt pour les volontaires ; couchages disponibles à la Maison

Dimanche 18 : réunion des habitant.e.s et occupant.e.s, suite des chantiers. Et comme tous les dimanche : vin chaud en forêt et initiations à la grimpe

Pour diffuser l’appel

Jeudi 1er décembre – La fête de l’éco-enfouissemement continue!

La contre-attaque médiatique de l’ANDRA se poursuit avec la régularité d’un métronome. Après le début de « reboisement » du bois Lejuc le 30 novembre : une réunion de concertation pour « les milieux naturels et la biodiversité » le 1er décembre. Eteindront-ils enfin demain les hideuses lumières de leur laboratoire pour être plus éco-citoyens? On ne peut que le souhaiter.

En attendant, heureusement, des hibous veillent…

 

Opération « haie d’honneur » pour la consultation – étape 1 !

photo3Des nouvelles fraîches de la biodiversité à Bure ! On a signalé ce matin dans l’écosystème meusien la présence de quelques hibous forts déçus de ne pas avoir été invités à une « concertation » organisée par l’ANDRA avec les « acteurs du territoire » en vue de l’étude d’impact globale de la poubelle nucléaire. C’est dommage, ils avaient pourtant quelques idées sur la question…

C’est donc pour réparer cette injustice qu’un défilé bariolé s’est mis en route à 13h40 vers la salle des fêtes de Bure, puis vers l’espace technologique du labo, où des nucléocrates à court d’idées retorses avaient déplacé leur réunion en catimini. Le cortège arrive malgré tout assez tôt à destination pour accueillir les participants et leur rappeler en musique avec qui ils allaient se « concerter ». Leur tract précisait : « les prétendues consultations ne sont qu’un autre des rouages d’une stratégie de communication à grande échelle. Comme pour le débat public de 2013, tout est ficelé d’avance. »photo2

 

Opération « haie d’horreur » pour le greenwashing – étape 1bis !

Après la consultation, la fête de l’éco-enfouissement se poursuit au nord du bois Lejuc. Comme hier, le tracteur, flanqué de quelques gendarmes, d’Emmanuel Hance et de ses vigiles, trace son sillon infernal. La scène est surréaliste : à quelques centimètres des souches des arbres abattus quelques mois plus tôt, on prépare la plantations de quelques dérisoires arbrissimg_20161201_145747eaux. Pourtant, nul besoin de préciser que, si rien n’est fait, c’est une portion encore plus grande du bois qui sera de nouveau rasée pour construire la zone des puits de ventilation. Mais peut-être que, là encore, on assistera au spectacle absurde d’un tracteur creusant des sillons sur un désert pour y replanter quelques arbrisseaux : c’est ça l’esprit de la réversibilité façon Cigéo.

 

Face à cette absurdité, une évidence s’empare des hibous : une haie d’arbre morts, une « haie d’horreur » pour une mascarade de reboisement, une rangée de branches sans vie pour rappeler que l’Andra a déjà massacré le bois et le massacrera encore. L’insolence de ce greenwashing vire au sinistre, mais les hibous choisissent encore une fois la dérision : c’est encore en musique et dans la joie de lutter ensemble que se déroule cette parodie de reboisement. L’esprit de l’été revient sur les hibous.

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La future zone des puits (selon eux), largement défrichée…

 

Vite, l’étape 2 pour un hiver déter’ !

Devant nous, encore au moins 12 jours de pépiniériste reboisant ce qui a été déboisé pour mieux redéboiser plus tard, encore des réunions de concertation fantoches, et bientôt l’anniversaire de Sven Lindstroem dans la forêt. Il y aura l’étape 2, et les autres suivront. L’hiver s’annonce déter’ mais on a besoin de monde!

On ne nous éco-enfouira pas.

On ne nous atomisera jamais.

 

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Les pancartes présentées devant l’entrée de l’ANDRA aux participants à la réunion de concertation :

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Mercredi 30 novembre – La fête de l’éco-enfouissement a commencé !

Mercredi 30 novembre après-midi, l’Andra, Hance, ses vigiles et le petit prince Dubois, sont venus dans le bois, pas pour nous serrer la pince. Ni pour poursuivre des travaux de déboisements, ou même de sondages géotechniques. Non : pour faire des travaux de « reboisement ».

Car il est clair que l’agence agit maintenant « dans les clous ». C’en est fini des attitudes m’as-tu-vu de cet été, à coups de défrichements illégaux, de coups de lattes des vigiles, de militarisation énorme du territoire. Qu’on se le tienne pour le dit, l’Andra et la « justice », ça fait un !

Donc, ce fameux reboisement permet à l’Andra de remplir ses obligations vis-à-vis des tribunaux, conformément à la décision du TGI du 1er août enjoignant l’Andra à obtenir l’autorisation de défrichement dans un délai de 6 mois, ou remettre en état les zones défrichées. L’agence est en cours pour l’autorisation. Et là, elle commence donc à reboiser….pour mieux pouvoir revenir complètement dans la forêt sous peu et continuer ses travaux dégueus.

À 14h30 donc, à l’entrée nord du bois Lejuc (accès Ribeaucourt), Hance, flanqué de 3 vigiles est arrivé – après que deux véhicules de flics sont venus vérifier le terrain un peu plus tôt, certains posant tranquillement en treillis militaire, boucliers etc. De quoi reposer une ambiance très sympathique. Les cerbères attendent, sans que le beau soleil d’hiver semblent aller plus loin qu’effleurer leur crâne sans y faire rentrer de lumière. Pendant ce temps-là, trois véhicules de gendarme mettent un coup de pression à l’entrée sud.

À 16h, l’objet de l’attente paraît : un tracteur, flanqué à nouveau d’un pick-up de vigiles. La machine est munie d’une roue dentée qui peut creuser des sillons.

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Un reboisement tout en douceur.

  De 16h à 17h30, le tracteur, vaguement protégé par les vigiles, va tracer 2 sillons de 15-20 cm sur environ 100 m, sous la direction de Emmanuel Hance, qui, quand il ne pousse pas les agriculteurs à bout ou au cancer pour récupérer leurs terres, ou quand sa maison n’est pas crottée, endosse volontiers le rôle de chef de chantier. La roue trace ses sillons, en passant proche de quelques souches. Drôle de manière de reboiser.

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Emmanuel Hance, aux « manettes » du reboisement.

À 16h45, 4 véhicules de gendarmerie débarquent, avec le commandant Dubois à leur tête. Le tableau de famille était ainsi complet. On se croirait ramené 3 mois et demi en arrière, avec vingt degrés et 4 heure de jours en moins.

Une dizaine de hiboux du bois étaient là pour observer et prendre acte de leur retour. À 17h45 les véhicules repartent dans la nuit tombante.

Le même manège est, a priori, censé se répéter pendant les 15 jours. Le 15 décembre une des audiences de l’appel de l’Andra sur le jugement du 1er août aura lieu. Les coups de pression et les patrouilles de flics risquent de se renforcer encore. Tout ça pour nous mettre à bout et expulser ensuite la forêt tranquillement ?

Ça ne se passera pas comme ça ! Même en hiver, les hiboux restent déters !

Avec l’Andra, la novlangue devient réalité : la destruction de la forêt, c’est son reboisement !

Les prochaines dates de la fête de l’éco-enfouissement :

– Tous les jours à venir, en lisière du bois, surveillance et présence auprès de leurs travaux en lisière.

Jeudi 1er décembre, à 14h, salle des fêtes de Bure, « haie d’honneur » pour la réunion d’enfumage « Ateliers biodiversité et milieux naturels ».

Vendredi 2 décembre à 19h, assemblée stratégique autour de la forêt à la Maison de résistance à la poubelle nucléaire.

1er décembre à Bure – Fête de l’éco-enfouissement !

Le 1er décembre à Bure : Fête de l’éco-enfouissement

Rendez-vous à 13h50 devant la salle des fêtes de Bure pour accueillir comme il se doit la magnifique « concertation pour l’étude d’impact » avec moult naturalistes et autres experts ès environnement !

Cigéo : une démarche à haute qualité environnementale

Des associations locales de protection de la nature ont été récemment invitées à une première réunion organisée par l’Andra qui fait mine de se préoccuper des « Milieux naturels et de la Biodiversité ». Et les nucléocrates n’ont pas froid aux yeux car ils ont par exemple convié des associations opposées à l’enfouissement nucléaire ou ayant porté le recours contre le défrichement dans le Bois Lejuc.

La première réunion sera justement consacrée à cette forêt communale extorquée aux habitant-e-s de Mandres. Puis, après l’avoir défrichée et expulsé ses occupant-e-s, creusé, remblayé, érigé un mur en béton de 2 m de haut, c’est maintenant que l’Andra s’inquiète des impacts de ses travaux !

Rappelons que lorsque que nous avons voulu prospecter le bois de Mandres le 23 juillet dernier, nos camarades « moins naturalistes » que nous avaient été empêché-e-s d’entrer dans la forêt. Et le groupe qui y a été autorisé s’était vu imposer un trajet assez précis en même temps  qu’une escorte de gardes mobiles (gendarmes en armure et armés).

Il s’agit encore une fois pour l’Andra de rendre Cigéo acceptable aux populations :
– en saucissonnant le projet en tranches pour poser seule le cadre des débats, éviter les questions fâcheuses (par exemple les risques liés aux transports et à l’entreposage des déchets radioactifs avant enfouissement) et rendre plus difficile l’arrêt du processus une fois que plusieurs phases sont réalisées (comme dans le cas de Syndièse).
– en lâchant un peu de lest face aux réserves des structures officiellement représentantes de la protection de la nature en faisant des concessions (par exemple des mesures compensatoires comme pour les lignes grandes vitesse ou à Notre-Dame-des-Landes) et sans remettre en cause la totalité du projet. Ca permet de présenter le projet comme soumis à débat et de lui donner une caution verte et démocratique.

Comme pour le débat public de 2013, tout est ficelé d’avance et les structures qui participeront aux réunions « Milieux naturels et la
Biodiversité » de l’Andra ne peuvent que cautionner Cigéo.

Notre colère n’est pas réversible ! Boycottons et empêchons la tenue de ces réunions !

Des Naturalistes en Lutte contre Cigéo et son monde

La première réunion de l’Atelier « Milieux naturels et Biodiversité » aura lieu le jeudi 1er décembre à la salle des fêtes de Bure de 14h à 17h30. Venons nombreux-euses pour pour leur faire une « haie d’honneur » !