Action

À Bure, nouveaux risques d’expulsion, grosse mobilisation mi-août !

Face à la pression policière, appel à rejoindre Bure dès maintenant et pour la manifestation du 15 août !

Depuis quelques jours, la pression policière s’intensifie à Bure. Vendredi 30 juin en fin d’après-midi 6 fourgons sont venus harceler les entrées de la forêt au nord et au sud. À vigie sud, ambiance : 30 gendarmes en lignes, boucliers, casques, observation distante à 100 m de la barricade. À barricade nord, ligne de 10 flics, et 2 gendarmes mobiles (GM) à genoux, flashball sortis, dans un fourré face à la barricade. Repli général vers 18h30 – 19h. Même chanson samedi 1er juillet, 4 fourgons à la vigie sud, une ligne de 15 GM, barricade enflammée. Et dans les villages tout autour, contrôles au faciès, vérifications d’identité au commissariat, raccompagnement à la Maison de la résistance par les GM, pression sur des riverains du coin, course-poursuite à travers champs et interpellations avec armes sorties… Une stratégie de harcèlement d’une nouvelle intensité s’est mise en place depuis la semaine d’action de fin juin – ce n’est jamais monté à un tel niveau, y compris pendant l’été 2016.

Depuis quelques semaines, 70 GM ont élu domicile dans le laboratoire. « On est là pour longtemps, et on va se revoir » haranguent-ils d’un petit air satisfait. Gérard Longuet et ses sbires font du cirage de pompes au Premier Ministre pour le supplier de rouvrir une nouvelle gendarmerie à Montiers-sur-Saulx en agitant, une fois n’est pas coutume, le hochet des méchants cagoulés-terroristes qui harcèleraient la « population locale ». Les policiers eux-mêmes se plaignent d’un manque d’action. Cette stratégie de la tension ressemble avant tout à une opération psychologique : elle cherche à nous faire déraper et nous épuiser.

Oui, ces harcèlements nous mettent en (n/r)age, nous étouffent, nous font penser qu’ils peuvent tenter d’expulser ou détruire les constructions de la forêt d’un moment à l’autre – même si l’Andra s’est à nouveau pris une claque juridique le 28 juin et doit recommencer toutes ses procédures pour obtenir l’autorisation des défrichements et des forages. Oui, nous sommes fragiles, vivant-e-s, vagues émotives. Mais nous ne nous enfermerons pas dans le rôle qu’ils attendent de nous, la caricature des « radicaux-ultra-violent.es » traqué.es de toutes parts. Ils ne nous paralyseront pas, parce que ce qui nous tient à Bure est trop important – rencontres jardins fêtes coups de mains débrouille bidouille cantines massages ennui lumière du soir entrelacs de nuage rivière discussions cabanes histoire possibles présent etc etc – pour se laisser désarçonner par ce nouveau stade de pression. Malgré leurs innombrables tentatives de division, tout le mouvement de lutte rappelle qu’« il est vain de vouloir caricaturer l’opposition à Cigéo ». On ne nous empêchera pas de continuer à rire, vivre, danser, et nous organiser. Car ce que la Préfecture ne semble toujours pas comprendre c’est que cette stratégie de la tension peut produire l’effet inverse de celui d’escompté, à savoir un surcroît de solidarité.

La meilleure manière de réagir à cette stratégie de la tension est d’affirmer notre plaisir d’être ensemble. Nous invitons, comme toujours, à venir faire un tour à Bure dés maintenant pour nidifier dans la forêt. Et nous appelons à une grande manifestation le 15 août, à 14h à Bure ! Rassemblons-nous massivement dans le village de Bure pour poursuivre ce magnifique pied-de-nez à leur sordide désert flico-irradié. Ramenez votre repas à partager et de quoi cueillir vos champignons atomiques !

Le 14 août 2016, nous avons mis à terre le mur de la honte de l’Andra. Le 18 février 2017, nous avons ébréché quelques grillages au cœur même du laboratoire de l’agence – et montré que le projet qu’elle sert, et le système qui la sous-tend, n’étaient pas intouchables. Ces actions magnifiques ne sont pas éphémères, elles naissent de l’élaboration quotidienne d’une communauté de vie et de lutte joyeuse et émancipatrice, dans laquelle chacun-e peut trouver une place, se réinventer, s’auto-organiser. Que va-t-il donc se passer le 15 août 2017 ? Ce qui est sûr, c’est qu’il y aura de la joie, une envie de se tenir ensemble et faire attention les un-e-s aux autres.

Face à la pression policière et aux risques d’expulsion, gardons le cap, tenons l’agenda, profitons de l’été !

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Dès maintenant :

  • Vous pouvez suivre l’actualité sur le Fil info, sur FB (Bure a cuire) et twitter (@ZIRAdies)
  • La Maison de Résistance et la Forêt libérée vous accueillent quand vous voulez pour participer à la vie sur place, surveiller la maréchaussée, arroser les jardins et boire du jus de pomme au soleil !

En cas d’expulsion

  • RDV le jour même à 18h à la maison de Résistance
  • Convergence vers Bure dans les jours qui suivent
  • Manif de réoccup dans les semaines qui suivent
  • Appel à actions décentralisées contre les promoteurs et sous-traitants de la poubelle nucléaire : Vinci, Eiffage, Edf, Andra, Areva, le CEA…

L’affiche et le tract, à diffuser largement !

 

Et pour un mois d’août inoubliable…

  • Début août, la préparation des Burelesques et des ateliers queer féministes non-mixtes à Bure !
  • Du 11 au 13, le festival Les Burelesques. Toutes les infos sur burefestival.org. Inscription à la newsletter en envoyant un mail vide à burelesques_info-subscribe@lists.riseup.net.
  • Le 15 août : grande manifestation anti-cigéo audépart de Bure. Info à venir très prochainement !


Ils peuvent nous mettre la pression, on les mettra en dépression !

S’ils ré-occupent la forêt, on les expulse !

Andra, dégage, etc etc !

Pas de petit-dej pour l’Andra [communiqué de presse]

Les 16 et 18 février 2017, les opposant.es au centre de stockage radioactif Cigéo revendiquaient la destruction des grilles de l’écothèque, un projet annexe du laboratoire, censé en verdir l’apparence. Ce mercredi 21 juin, c’est cette fois l’hôtel-restaurant trois étoiles, situé à quelques mètres de la future plate forme de réception et de conditionnement des déchets nucléaires, qui a été pris pour cible.

Depuis son implantation à la frontière de la Meuse et de la Haute-Marne il y a une quinzaine d’années, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs n’a eu de cesse de s’immiscer méthodiquement dans les consciences, dans les porte-feuilles des communes, dans les sorties scolaires, dans les paysages ruraux etc. Le rond-point entre Saudron et Mandres, qui regroupe le laboratoire, son pôle technique, les archives d’EDF, l’écothèque et l’hôtel-restaurant, est un bon exemple de cette omniprésence. Comble de l’envahissement, il devrait bientôt accueillir une boulangerie, pour qu’enfin plus personne dans la région ne puisse aller chercher son pain sans avoir affaire à l’Andra. Mais bizarrement, chacun des projets pour lesquels elle est prise à partie est présenté comme n’ayant rien à voir avec Cigéo…

En attaquant l’écothèque en février, nous affirmions haut et fort qu’elle n’était pas un musée écologique déconnecté du futur stockage, mais bien une pièce de l’acceptabilité sociale du projet. Il en va de même pour l’hôtel-restaurant du Bindeuil, conçu pour accueillir dans des chambres luxueuses non pas des touristes venus visiter un cimetière atomique, mais bien des ingénieurs du nucléaire, des délégations venues visiter le laboratoire, et pourquoi pas des officiers de gendarmerie. Il ne s’agit nullement d’un hôtel meusien quelconque, qui aurait été pris pour cible par pur appétit de destruction : il s’agit du sabotage matériel de l’un des chevaux de Troie de l’Andra.

Que cet hôtel appartienne à la commune de Bure montre bien jusqu’où l’industrie nucléaire est allée pour mouiller jusqu’au cou les pouvoirs publics locaux dans son plan de conquête. Ce n’est pas seulement par l’intermédiaire du Groupement d’Intérêt Public (qui arrose la région en millions d’euros) que les mairies sont tenues, mais également par des projets économiques comme l’hôtel du Bindeuil : une manne financière à deux pas du laboratoire, entièrement dépendante de son activité.

La semaine de chantiers et d’actions qui se déroule du 19 au 26 juin au bois Lejus a vocation à pérenniser l’occupation qui bloque depuis un an maintenant l’avancée de Cigéo. Elle est une tribune pour dénoncer l’invasion du territoire par l’Andra, et la militarisation qui l’accompagne. C’est à cette fin que des opposant.es sont allé.es le 20 juin défiler pacifiquement à l’entrée de Mandres, en portant une banderole « carrefour libéré » : pour dénoncer les contrôles incessants dont font l’objet opposant.es et habitant.es confondus, dénoncer la surveillance policière constante, les fouilles de véhicules abusives et intrusives, les survols d’hélicoptère etc.

Cette semaine est aussi l’occasion de réaffirmer la détermination des opposant.es et de porter un message clair : l’Andra n’est pas la bienvenue en Meuse, quel que soit le visage sous lequel elle entend se présenter. En ces temps de débâcle de l’industrie nucléaire, il semble acquis qu’il n’est pas tenable, pour les entreprises et pour les collectivités territoriales, de travailler main dans la main avec elle sans s’exposer au ras-le-bol de celles et ceux dont l’avis a été bafoué depuis vingt ans.

Il est vain d’agiter à Bure le spectre des « casseurs », de l’« ultra-gauche », des « jeunes encagoulés » ou de la mouvance « anarcho-zadiste ». Ce qui s’agite ici, c’est une colère et une indignation trop longtemps contenues. Nous voulons que l’Andra parte et emporte avec elle son laboratoire, son écothèque et son hôtel trois étoiles. Nous ouvrirons nous-mêmes la boulangerie.

Chouette c’est mon anniversaire! Du 19 au 26 juin : Goûter interminable!

Attention : Un nouvel onglet pour la semaine du Goûter interminable vient d’être créé en haut de votre écran. Retrouvez y toutes les dernières infos.

 

Goûter interminable

1 an qu’on est dans le bois !

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On sent bien maintenant que le sens de nos vies se cherche dans des lieux communs et autonomes : dans les salles autogérées de fac, dans les cantines urbaines, dans les zones à défendre… A Bure, la recherche d’autonomie politique prend place à la fois dans des maisons collectives achetées et dans le bois Lejuc. Après un pique nique interminable pour empêcher les premiers travaux de CIGEO, il y a un an, nous y avons fait notre nid. Du 19 au 26 juin prochains, on veut fêter ça par un goûter d’anniversaire interminable au coeur du bois !

Il paraîtrait que le bois Lejuc est expulsable. Il paraîtrait que les hiboux ne tiendront pas l’été. Voici la petite ritournelle fataliste que les autorités veulent nous mettre dans la tête. Mais nous ne sommes pas de celles et de ceux qui se font imposer une playlist. On n’imagine pas une célébration nostalgique, mais l’occasion de faire fleurir une nouvelle intensité de vie en forêt, de nouveaux liens, et des pratiques offensives.

Dès lundi matin deux permanences accueil seront assurées à Vigie Sud et à Barricade Nord. La semaine se déroulera autour d’une vie de camp autogérée en forêt (un espace de non-mixité MTPG est prévu), avec des chantiers (douches solaires, cabane pour discu collectives, barricades…), des ateliers et auto-formations (grimpe, Bolas, flex-yourte, déplacements collectifs, médic, chimie…), une assemblée sur les perspectives des luttes autonomes en France et ailleurs, des lectures au coin du feu, des actions anti-contrôle policier (et autres surprises…), des jeux de rôle à 50, et évidemment boum accoustique le week-end !

Venez avec tout ce qui vous paraît utile (tente, duvet, matos de construction, gamelles…). Même si on préparera des repas ensemble, n’hésitez pas à ramener un peu de bouffe pour être le plus autonome possible. On espère que ce goûter anniversaire ouvre le champ des possibles pour tout l’été. Alors débordez nous !

BOOM BOOM BOOM BOOM ! I WANT YOU IN MY WOOD !

Des chouettes hiboux de Bure.

Pour optimiser les trajets, pensez à notre site de covoiturage Bure’car’Bure

Votre carton d’invitation au format pdf (pour impression RV / 2 pages par feuilles)

Votre carton d’invitation au format pdf deux pages par feuille (pour impression recto-verso)

Et pour décorer votre salon : affiche 1 (yourte), affiche 2 (barricade), affiche 3 (vigie), le tout au format pdf

Et d’ici là, en cas d’expulsion :

  • RDV le jour même à 18h à la maison de Résistance
  • Convergence vers Bure dans les jours qui suivent
  • Manif de réoccup dans les semaines qui suivent
  • Appel à actions décentralisées contre les promoteurs et sous-traitants de la poubelle nucléaire : Vinci, Eiffage, Edf, Andra, Areva, le CEA…

L’affiche et le tract, à diffuser largement !

Récit de la confrontation du mardi 23 mai à Barricade Nord

Bure, 10h30 : un appel téléphonique et un épais nuage noir à l’horizon nous signalent qu’une barricade du bois Lejuc est en feu ; la police est à Vigie Sud. Nous nous équipons en vitesse, puis partons en courant ou en vélo pour rejoindre nos ami-e-s qui résistent.

Les hiboux ont enflammé une barricade devant Vigie Sud pour dissuader les gendarmes d’aller plus loin.

En approchant de Vigie Sud, nous constatons que la quinzaine de gendarmes – deux fourgons et trois voitures – est repartie, les hiboux sur place ont défié le coup de pression. La barricade la plus avancée vers la route n’a pas fini de brûler, qu’ielles sont déjà en train d’en faire une nouvelle, bravo les ami-es ! Pensant que l’escouade ira à Barricade Nord, nous nous y rendons massivement pendant que des copain-ines restent là au cas où les forces du désordre reviendraient. (suite…)

16 au 18 juin – Rencontres contre la taule à Bure

 

Du 16 au 18 juin auront lieu à Bure des rencontres anticarcérales.

Durant trois jours, le collectif nouvellement créée, Anarchist Bure Cross, invite à participer à des projections et discussions autour de la prison à la Maison de Résistances à Bure.

Pour la suite, nous entendons par « rencontres » nous retrouver avec celles et ceux qui entendent lutter pour la suppression des prisons et les dispositifs coercitifs sous toutes leurs formes. Nous ne pensons pas qu’il y ait d’alternatives possibles à la prison mais qu’elle est l’outil systématique d’un contrôle social. Par conséquent nous voulons proposer un week-end qui analyse le système carcéral et qui nous permette pour jeter des bases d’organisation d’un réseau de lutte contre les prisons actuelles et à venir, ainsi que tous les dispositifs qui en découlent.

Une trentaine de nouvelles prisons sont actuellement en projet de construction en France, c’est une continuité dans la politique d’enfermer toujours davantage de gens qui ne correspondent pas aux normes sociales. Les prisons sont remplies de pauvres, d’étrangèr.es et de toutes celles et ceux qui s’opposent à cette injustice sociale.

Au programme :

(suite…)

Nous n’avions plus peur

Ce texte est un récit situé de la journée du 18 mai, entre Bure et Mandres-en-Barois (Meuse), l’épicentre de la contestation autour du bois Lejuc. Le 18 mai a eu lieu un nouveau vote du conseil municipal de Mandres pour confirmer la spoliation du bois communal au profit de l’Andra et de son projet démentiel de cimetière radioactif.

Mandres sous état de siège

En 2013, les habitant-e-s de Mandres ont affirmé par référendum ne pas vouloir se séparer de leur bois communal (le bois Lejuc), malgré les promesses mirobolantes que l’Andra offrait en échange. En 2015, le maire et son conseil forcent malgré tout l’échange du bois, dans des conditions qui, même dans le cadre du fantoche « État de droit », ne valaient pas grand-chose. En avril dernier la justice administrative reconnaît certaines des irrégularités de ce premier vote, ce qui contraint la Mairie à en faire un nouveau. C’est contre celui-ci que nous avons marché jeudi 18 mai.

Nous avons voulu quelque chose de plutôt festif et carnavalesque. Ça changeait du noir un peu lassant des manifs et qui ne correspond pas trop au terrain. Et puis la dérision, ça rappelle aussi la grotesque absurdité de ce vote où six ou sept conseillers municipaux comptent engager l’avenir d’un territoire (ou plutôt son absence d’avenir…). L’idée était d’abord de faire un repas en fanfare devant la mairie pour contester la tenue du conseil. Et si la situation s’y prêtait, on espérait bloquer les entrées de la mairie pour empêcher la mascarade (pseudo/anti-)démocratique de jouer sa partition.

Mais voilà, Mandres-en-Barois, ce village de 130 habitants du sud-Meuse, était complètement quadrillé, accaparé, infesté de flics. Même si on s’y attendait à moitié, entrer dans un petit village où t’attend une centaine de Gendarmes mobiles, où les rues autour de la mairie sont bouchées par des grilles anti-émeutes, ça fait tout drôle… Imaginez une « zone rouge » de sommet international en version miniature, au fin fond de la campagne française. Au coeur des métropoles capitalistes, ça devient une habitude, un tel siège policier (et ça l’était bien plus tôt dans les quartiers populaires). Mais dans ce tout petit village, il n’y a rien d’autre hormis les maisons privées qu’un lavoir et un garage… Alors voilà, notre petit cortège musical arrive et il n’y a presque pas âme qui vive dehors. Rien que des robots bleus qui occupent le village et semblent dire : ce soir, il ne doit rien se passer. Ils espéraient que par leur simple présence, ils réussiraient non seulement à décourager et intimider tou-tes les villageois-es, mais aussi à nous construire comme une menace qu’ils auraient pour mission de conjurer. (suite…)

J-0 : Lettre au maire de Mandres : appel à une démission au pied Levet !

Monsieur Levet,

Depuis des années vous êtes confronté à une situation qui dépasse largement les cadres de la commune dont vous êtes le maire. Vous devez, depuis 2013, endosser des responsabilités très lourdes à porter : celles de l’échange d’un bois permettant le début des travaux d’un projet engageant, pour 150 ans, pour 100 000 ans, l’avenir de tout un territoire.

M. Levet, votre pugnacité dans le fait de mener à bien l’échange du bois Lejuc dans de bonnes conditions vous honore. Après avoir essuyé un premier refus de la part de vos administrés en janvier 2013, lors de la consultation que vous aviez décidée, vous avez eu le courage de faire peser uniquement sur le conseil municipal de Mandres en juillet 2015 « une décision engageant la commune pour 150 ans » de travaux. Malgré les recours gracieux, un recours administratif, puis la décision du tribunal administratif du 28 février 2017, et l’intense campagne d’opposition que nous avons menée, vous avez tenu bon. Vous avez su montrer votre étoffe d’homme d’État. Vous avez prouvé aux yeux de tous que vous étiez un Vice-président de Communauté de Communes prometteur. Vous êtes à Mandres-en-Barrois ce que le général De Gaulle était à Colombey-les-deux-Églises. Vous aviez déclaré en 2013 que vous respecteriez la parole des habitants donnée lors de la consultation : un refus à la majorité. Vous êtes parvenu, au-delà de tout souci moral, à la trahir deux ans après : c’est là l’étoffe des grands politiciens.

Tout cela, M. Levet, vous honore dans votre fonction, plus qu’aucun autre maire ayant dû faire face à l’Andra. Mais tout ceci est allé beaucoup trop loin. L’Andra vous a poussé dans vos derniers retranchements. Vous vous êtes soumis à la présence de vigiles pour garder votre mairie en juillet 2015. Vous vous retrouvez obligé de voir garder vos installations agricoles par des fourgons de gendarmerie. Vous en êtes même venu à être payé pour labourer, avec d’autres agriculteurs, 300 ha de terres de l’Andra au printemps 2017, en sachant qu’elle resteront stériles à jamais. En bon père de famille, soucieux de l’avenir de vos enfants, vous avez su accepter une proposition aventureuse : que votre fille obtienne un emploi à l’Andra, prêtant ainsi le flanc à des accusations fallacieuses de conflits d’intérêts. Idem pour l’obtention de dizaines d’hectares agricoles en convention d’occupation précaire d’abord à Bertheléville, puis à Bure depuis 2017. Vous avez porté vous-même en appel un recours contre l’annulation de la délibération du 2 juillet 2015, que l’Andra aurait dû porter de son propre chef. Tant de dévouement force le respect.

Mais aujourd’hui, vous voilà dans une situation très inconfortable. Plus que jamais, le village de Mandres-en-Barrois est divisé. Le bois Lejuc est occupé depuis près d’un an. Vos décisions sont systématiquement attaquées en justice. Cette situation pèse sur votre moral et votre santé, vous n’en dormez plus la nuit. Et, comble de tout, vous voilà aujourd’hui personnellement devant la justice : vous faites face depuis lundi 15 mai à une plainte pour faux et usage de faux. En tant qu’élu de la République Française, dépositaire de l’autorité publique, vous risquez 15 ans de prison et 225 000 euros d’amende. Quel gâchis ! Nous sommes convaincus que, en votre for intérieur, vous savez que tout cela est allé beaucoup trop loin.

La pression qui repose sur vos épaules, M. Levet, est beaucoup trop importante pour un seul homme. Vous vous sentez peut-être acculé, pris au piège dans cette situation. Il n’est pas trop tard pour trouver une porte de sortie honorable. Vous n’avez pas à porter l’avenir du plus gros projet industriel européen sur vos épaules, devenant inévitablement la cible d’attaques juridiques, de la colère de vos administrés, et de la vindicte populaire. Vous n’avez pas vocation à devenir une cible vivante, M. Levet, et vous le savez très bien. Bure n’a pas besoin d’un martyr. Alors, nous vous le disons comme le conseil d’un ami à un autre ami que l’on voit fatigué par le poids des années, des responsabilités. Faites le choix que n’importe qui d’entre nous ferait : démissionnez. Cette charge est beaucoup trop lourde. Votre famille, vos amis, votre exploitation agricole ont besoin de vous plus que l’Andra.

M. Levet, couchez-vous !

Une alternative subsiste, un autre monde est possible. Les portes de la Maison de résistance restent ouvertes.

Nous vous remercions pour votre compréhension et nous vous adressons l’expression respectueuse de nos salutations citoyennes les plus distinguées,

Co-signataires,

Le MANDRES & La SVEN

(Mouvement Apaisé de Négociation Douce Respectueuse Égalitaire et Sensible / Mon Ami Nu Désire Rentrer En Scandinavie)

(Société de Vindicte Exceptionnellement Novatrice)

J-1 : Ne tombons pas dans le panneau

Un symbole qui reflète une réalité quotidienne. Le panneau annonçant l’entrée du village de Mandres-en-Barrois a été remplacé par un du laboratoire de l’Andra. Jeudi 20h, le vote de l’échange du bois Lejuc aura lieu à  la mairie du village. Dans le cas d’un résultat positif pour l’Andra, on aura la confirmation de l’appropriation et de l’achat des idées par l’agence d’enfouissement.

 

À voir également les autres actions de la semaine:

J-2 La grand cirque de l’Andra arrive à Mandres-en-barrois

J-3 N’allons pas dans le mur !

 

Avant

Après

J-2 : Le grand cirque de l’Andra arrive à Mandres-en-Barrois

Les habitant-e-s de Mandres-en-Barrois ont pu assister aujourd’hui au défilé de l’Andrastik Circus. L’unique représentation est annoncée pour jeudi soir 20h à la mairie du village. On retrouvera en tête d’affiche Xavier Levet qui vient de s’offrir une jolie casserole pour faux et usage de faux. On attend également avec impatience Emmanuel Hance qui avait su créer le buzz en janvier lors de sa dernière incursion dans le bois Lejuc. Sans oublier bien sûr Brutale et André, les vigi-gorilles qui ne manqueront pas de garder la porte de l’édifice municipal.






J-3 : N’allons pas dans le mur !

L’avenir du bois appartient à ceux et celles qui se lèvent tôt.

6h, par exemple lorsque l’on veut assister à un conseil municipal entaché d’irrégularités. C’est à cette heure matinale que l’on a pu, le 2 juillet 2015, apercevoir des élus entrer dans une mairie gardée par des gorilles de l’Andra. Sous cet œil vigilant; se votait à bulletins secrets le sacrifice du bois communal de Mandres-en-barrois.

C’est donc à 6h dans la brume opaque qui n’est pas sans rappeler les méthodes de l’Agence, qu’on eût ce matin le plaisir de découvrir des pans de murs déposés devant cette mairie.

S’ils obstruent symboliquement la porte de l’édifice où se rejouera jeudi cette mascarade, ils rappellent surtout qu’en deux ans, l’Andra a révélée ses étonnants dons d’alchimiste. Qui peut encore ignorer que partout où elle passe, elle transforme le bois en béton armé et les villages en déserts ?

NOUS N’IRONS PAS DANS LE MUR.