Action

Récit de la confrontation du mardi 23 juin à Barricade Nord

Bure, 10h30 : un appel téléphonique et un épais nuage noir à l’horizon nous signalent qu’une barricade du bois Lejuc est en feu ; la police est à Vigie Sud. Nous nous équipons en vitesse, puis partons en courant ou en vélo pour rejoindre nos ami-e-s qui résistent.

Les hiboux ont enflammé une barricade devant Vigie Sud pour dissuader les gendarmes d’aller plus loin.

En approchant de Vigie Sud, nous constatons que la quinzaine de gendarmes – deux fourgons et trois voitures – est repartie, les hiboux sur place ont défié le coup de pression. La barricade la plus avancée vers la route n’a pas fini de brûler, qu’ielles sont déjà en train d’en faire une nouvelle, bravo les ami-es ! Pensant que l’escouade ira à Barricade Nord, nous nous y rendons massivement pendant que des copain-ines restent là au cas où les forces du désordre reviendraient.

Atteignant Barricade Nord, nous attendons dix minutes avec les copain-ines déjà présent-es…

« Ca arrive ! » nous signale un hiboux. Vite, nous nous masquons à nouveau le visage, un-e copain-ine médic se prépare et nous rangeons les sacs et vélos qui pourraient gêner nos déplacements – la sécurité au travail, c’est important ! Dans le même temps, nous enflammons une barricade pour les maintenir à distance. Tout cela est fait en moins d’une minute.

Une barricade de Barricade Nord, enflammée pour dissuader l’escouade de s’approcher. Au loin : des gendarmes en ligne.

A une quarantaine de mètres, les gendarmes se sont arrêtés. Une dizaine s’est formée en ligne, elle est accompagnée du commandant Dubois, qui malgré son nom ne vaut pas le sous-commandant Marcos.

Pendant cinq minutes on s’observe de part et d’autre de la barricade enflammée. Un-e copain-ine se casque et s’empare d’un bouclier, passe la barricade en feu et se tient prêt-e, à 30m des forces du désordre. Quelques hiboux le rejoignent, pierres à la main.

Un-e ami-e, très impliqué-e dans les actions juridiques, se propose d’aller à la rencontre de l’escouade.

En effet, cette nuit à 4h a été déposé un référé contre le vote qui a eu lieu jeudi dernier (18 mai) par le conseil municipal de Mandres. Ce référé, porté par 33 habitant-es de la commune – soit un tiers des majeurs du village ! –, est suspensif. Conséquence : l’Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs (ANDRA), qui porte le projet d’enfouissement, ne peut se prévaloir d’être propriétaire du bois. Tenter de nous expulser maintenant n’est donc pas vraiment légitime… Nous acceptons que le/la copain-ine aille dossier en main informer le Commandant Dubois sur les derniers développement de la situation. Il semble la découvrir.

Pendant ce temps, les hiboux sont nombreux-ses à avoir passé la barricade et ne sont plus qu’à 20m des gardiens du désordre.

D’autres, aussi discret-es que le vent dans les arbres, se glissent dans la forêt en direction de l’équipe bleue, pour s’assurer qu’une partie d’entre-elle n’est pas en train d’entrer dans le bois pour nous prendre à revers. Ces habitant-es du bois ne sont qu’à 10m de la brigade. Ielles la voient, l’entendent, épient leurs déplacements, prêt-es à faire diversion si celleux resté-es sur la route sont en difficultés, ou à lancer un signal en cas d’intrusion.

Lentement et sur ses gardes, la brigade commence à marcher à reculons. Une minute plus tard, les gendarmes sont sous le coup de jets de pierres issus du bois et du chemin. Le but ? Montrer que nous sommes déterminé-es à garder le bois. Ainsi, si des décideurs politiques veulent nous expulser, ils devraient assumer des coûts et risques politiques si importants, que cela les incite à repousser cette décision. Ce statut quo nous est favorable : chaque jour qui passe est un jour où l’ANDRA est bloquée dans ses projets sur le bois.

L’escouade a deux flancs à défendre, dont un attaqué par des adversaires invisibles dont les pierres ne sont perceptibles qu’au dernier moment. Elle est submergée et peine à se protéger, d’autant que la pluie de pierre s’accentue et que les hiboux s’avancent avec de plus en plus d’assurance. Les gendarmes regagnent leurs fourgons et commencent à partir dans la précipitation. Deux tirs d’un lanceur de balle de défense (LBD) partent en direction de la forêt ; ils ne touchent aucun hibou. Une pierre quant à elle fait mouche sur une vitre arrière, une belle toile d’araignée s’y dessine au point de ne plus voir à travers.

Les forces du désordre sont parties, le bois n’est plus menacé, les hiboux hululent de joie et se prennent dans les bras. Ce soir, nous ferons la fête !

16 au 18 juin – Rencontres contre la taule à Bure

Le 16 juin débuteront les premières rencontres contre la taule organisées à Bure.

Durant trois jours, le jeune collectif Anarchist Bure Cross, invite à participer dans un premier temps à des discussions à propos de l’incarcération, des projets de nouvelles taules en Belgique et en France, de luttes menées depuis l’intérieur… Pour la suite, nous entendons par « rencontres » nous retrouver avec celles et ceux que l’idée de prison dégoûte : collectifs anti carcéraux, groupes de soutien aux prisonnièr.e.s pour partager nos expériences, nos savoir-faire.

Programme à venir. Si vous voulez proposer une discussion, un atelier, une action, merci de nous contacter sur le mail aburecross@riseup.net

L’affiche de l’événement au format pdf

Chouette c’est mon anniversaire! Du 19 au 26 juin : Goûter interminable!

Goûter interminable

1 an qu’on est dans le bois !

 

On sent bien maintenant que le sens de nos vies se cherche dans des lieux communs et autonomes : dans les salles autogérées de fac, dans les cantines urbaines, dans les zones à défendre… A Bure, la recherche d’autonomie politique prend place à la fois dans des maisons collectives achetées et dans le bois Lejuc. Après un pique nique interminable pour empêcher les premiers travaux de CIGEO, il y a un an, nous y avons fait notre nid. Du 19 au 26 juin prochains, on veut fêter ça par un goûter d’anniversaire interminable au coeur du bois !

Il paraîtrait que le bois Lejuc est expulsable. Il paraîtrait que les hiboux ne tiendront pas l’été. Voici la petite ritournelle fataliste que les autorités veulent nous mettre dans la tête. Mais nous ne sommes pas de celles et de ceux qui se font imposer une playlist. On n’imagine pas une célébration nostalgique, mais l’occasion de faire fleurir une nouvelle intensité de vie en forêt, de nouveaux liens, et des pratiques offensives.

Dès lundi matin deux permanences accueil seront assurées à Vigie Sud et à Barricade Nord. La semaine se déroulera autour d’une vie de camp autogérée en forêt (un espace de non-mixité MTPG est prévu), avec des chantiers (douches solaires, cabane pour discu collectives, barricades…), des ateliers et auto-formations (grimpe, Bolas, flex-yourte, déplacements collectifs, médic, chimie…), une assemblée sur les perspectives des luttes autonomes en France et ailleurs, des lectures au coin du feu, des actions anti-contrôle policier (et autres surprises…), des jeux de rôle à 50, et évidemment boum accoustique le week-end !

Venez avec tout ce qui vous paraît utile (tente, duvet, matos de construction, gamelles…). Même si on préparera des repas ensemble, n’hésitez pas à ramener un peu de bouffe pour être le plus autonome possible. On espère que ce goûter anniversaire ouvre le champ des possibles pour tout l’été. Alors débordez nous !

BOOM BOOM BOOM ! I WANT YOU IN MY WOOD !

Des chouettes hiboux de Bure.

Votre carton d’invitation au format pdf (pour impression RV / 2 pages par feuilles)

Votre carton d’invitation au format pdf deux pages par feuille (pour impression recto-verso)

Et d’ici là, en cas d’expulsion :

  • RDV le jour même à 18h à la maison de Résistance
  • Convergence vers Bure dans les jours qui suivent
  • Manif de réoccup dans les semaines qui suivent
  • Appel à actions décentralisées contre les promoteurs et sous-traitants de la poubelle nucléaire : Vinci, Eiffage, Edf, Andra, Areva, le CEA…

L’affiche et le tract, à diffuser largement !

Nous n’avions plus peur

Ce texte est un récit situé de la journée du 18 mai, entre Bure et Mandres-en-Barois (Meuse), l’épicentre de la contestation autour du bois Lejuc. Le 18 mai a eu lieu un nouveau vote du conseil municipal de Mandres pour confirmer la spoliation du bois communal au profit de l’Andra et de son projet démentiel de cimetière radioactif.

Mandres sous état de siège

En 2013, les habitant-e-s de Mandres ont affirmé par référendum ne pas vouloir se séparer de leur bois communal (le bois Lejuc), malgré les promesses mirobolantes que l’Andra offrait en échange. En 2015, le maire et son conseil forcent malgré tout l’échange du bois, dans des conditions qui, même dans le cadre du fantoche « État de droit », ne valaient pas grand-chose. En avril dernier la justice administrative reconnaît certaines des irrégularités de ce premier vote, ce qui contraint la Mairie à en faire un nouveau. C’est contre celui-ci que nous avons marché jeudi 18 mai.

Nous avons voulu quelque chose de plutôt festif et carnavalesque. Ça changeait du noir un peu lassant des manifs et qui ne correspond pas trop au terrain. Et puis la dérision, ça rappelle aussi la grotesque absurdité de ce vote où six ou sept conseillers municipaux comptent engager l’avenir d’un territoire (ou plutôt son absence d’avenir…). L’idée était d’abord de faire un repas en fanfare devant la mairie pour contester la tenue du conseil. Et si la situation s’y prêtait, on espérait bloquer les entrées de la mairie pour empêcher la mascarade (pseudo/anti-)démocratique de jouer sa partition.

Mais voilà, Mandres-en-Barois, ce village de 130 habitants du sud-Meuse, était complètement quadrillé, accaparé, infesté de flics. Même si on s’y attendait à moitié, entrer dans un petit village où t’attend une centaine de Gendarmes mobiles, où les rues autour de la mairie sont bouchées par des grilles anti-émeutes, ça fait tout drôle… Imaginez une « zone rouge » de sommet international en version miniature, au fin fond de la campagne française. Au coeur des métropoles capitalistes, ça devient une habitude, un tel siège policier (et ça l’était bien plus tôt dans les quartiers populaires). Mais dans ce tout petit village, il n’y a rien d’autre hormis les maisons privées qu’un lavoir et un garage… Alors voilà, notre petit cortège musical arrive et il n’y a presque pas âme qui vive dehors. Rien que des robots bleus qui occupent le village et semblent dire : ce soir, il ne doit rien se passer. Ils espéraient que par leur simple présence, ils réussiraient non seulement à décourager et intimider tou-tes les villageois-es, mais aussi à nous construire comme une menace qu’ils auraient pour mission de conjurer. (suite…)

J-0 : Lettre au maire de Mandres : appel à une démission au pied Levet !

Monsieur Levet,

Depuis des années vous êtes confronté à une situation qui dépasse largement les cadres de la commune dont vous êtes le maire. Vous devez, depuis 2013, endosser des responsabilités très lourdes à porter : celles de l’échange d’un bois permettant le début des travaux d’un projet engageant, pour 150 ans, pour 100 000 ans, l’avenir de tout un territoire.

M. Levet, votre pugnacité dans le fait de mener à bien l’échange du bois Lejuc dans de bonnes conditions vous honore. Après avoir essuyé un premier refus de la part de vos administrés en janvier 2013, lors de la consultation que vous aviez décidée, vous avez eu le courage de faire peser uniquement sur le conseil municipal de Mandres en juillet 2015 « une décision engageant la commune pour 150 ans » de travaux. Malgré les recours gracieux, un recours administratif, puis la décision du tribunal administratif du 28 février 2017, et l’intense campagne d’opposition que nous avons menée, vous avez tenu bon. Vous avez su montrer votre étoffe d’homme d’État. Vous avez prouvé aux yeux de tous que vous étiez un Vice-président de Communauté de Communes prometteur. Vous êtes à Mandres-en-Barrois ce que le général De Gaulle était à Colombey-les-deux-Églises. Vous aviez déclaré en 2013 que vous respecteriez la parole des habitants donnée lors de la consultation : un refus à la majorité. Vous êtes parvenu, au-delà de tout souci moral, à la trahir deux ans après : c’est là l’étoffe des grands politiciens.

Tout cela, M. Levet, vous honore dans votre fonction, plus qu’aucun autre maire ayant dû faire face à l’Andra. Mais tout ceci est allé beaucoup trop loin. L’Andra vous a poussé dans vos derniers retranchements. Vous vous êtes soumis à la présence de vigiles pour garder votre mairie en juillet 2015. Vous vous retrouvez obligé de voir garder vos installations agricoles par des fourgons de gendarmerie. Vous en êtes même venu à être payé pour labourer, avec d’autres agriculteurs, 300 ha de terres de l’Andra au printemps 2017, en sachant qu’elle resteront stériles à jamais. En bon père de famille, soucieux de l’avenir de vos enfants, vous avez su accepter une proposition aventureuse : que votre fille obtienne un emploi à l’Andra, prêtant ainsi le flanc à des accusations fallacieuses de conflits d’intérêts. Idem pour l’obtention de dizaines d’hectares agricoles en convention d’occupation précaire d’abord à Bertheléville, puis à Bure depuis 2017. Vous avez porté vous-même en appel un recours contre l’annulation de la délibération du 2 juillet 2015, que l’Andra aurait dû porter de son propre chef. Tant de dévouement force le respect.

Mais aujourd’hui, vous voilà dans une situation très inconfortable. Plus que jamais, le village de Mandres-en-Barrois est divisé. Le bois Lejuc est occupé depuis près d’un an. Vos décisions sont systématiquement attaquées en justice. Cette situation pèse sur votre moral et votre santé, vous n’en dormez plus la nuit. Et, comble de tout, vous voilà aujourd’hui personnellement devant la justice : vous faites face depuis lundi 15 mai à une plainte pour faux et usage de faux. En tant qu’élu de la République Française, dépositaire de l’autorité publique, vous risquez 15 ans de prison et 225 000 euros d’amende. Quel gâchis ! Nous sommes convaincus que, en votre for intérieur, vous savez que tout cela est allé beaucoup trop loin.

La pression qui repose sur vos épaules, M. Levet, est beaucoup trop importante pour un seul homme. Vous vous sentez peut-être acculé, pris au piège dans cette situation. Il n’est pas trop tard pour trouver une porte de sortie honorable. Vous n’avez pas à porter l’avenir du plus gros projet industriel européen sur vos épaules, devenant inévitablement la cible d’attaques juridiques, de la colère de vos administrés, et de la vindicte populaire. Vous n’avez pas vocation à devenir une cible vivante, M. Levet, et vous le savez très bien. Bure n’a pas besoin d’un martyr. Alors, nous vous le disons comme le conseil d’un ami à un autre ami que l’on voit fatigué par le poids des années, des responsabilités. Faites le choix que n’importe qui d’entre nous ferait : démissionnez. Cette charge est beaucoup trop lourde. Votre famille, vos amis, votre exploitation agricole ont besoin de vous plus que l’Andra.

M. Levet, couchez-vous !

Une alternative subsiste, un autre monde est possible. Les portes de la Maison de résistance restent ouvertes.

Nous vous remercions pour votre compréhension et nous vous adressons l’expression respectueuse de nos salutations citoyennes les plus distinguées,

Co-signataires,

Le MANDRES & La SVEN

(Mouvement Apaisé de Négociation Douce Respectueuse Égalitaire et Sensible / Mon Ami Nu Désire Rentrer En Scandinavie)

(Société de Vindicte Exceptionnellement Novatrice)

J-1 : Ne tombons pas dans le panneau

Un symbole qui reflète une réalité quotidienne. Le panneau annonçant l’entrée du village de Mandres-en-Barrois a été remplacé par un du laboratoire de l’Andra. Jeudi 20h, le vote de l’échange du bois Lejuc aura lieu à  la mairie du village. Dans le cas d’un résultat positif pour l’Andra, on aura la confirmation de l’appropriation et de l’achat des idées par l’agence d’enfouissement.

 

À voir également les autres actions de la semaine:

J-2 La grand cirque de l’Andra arrive à Mandres-en-barrois

J-3 N’allons pas dans le mur !

 

Avant

Après

J-2 : Le grand cirque de l’Andra arrive à Mandres-en-Barrois

Les habitant-e-s de Mandres-en-Barrois ont pu assister aujourd’hui au défilé de l’Andrastik Circus. L’unique représentation est annoncée pour jeudi soir 20h à la mairie du village. On retrouvera en tête d’affiche Xavier Levet qui vient de s’offrir une jolie casserole pour faux et usage de faux. On attend également avec impatience Emmanuel Hance qui avait su créer le buzz en janvier lors de sa dernière incursion dans le bois Lejuc. Sans oublier bien sûr Brutale et André, les vigi-gorilles qui ne manqueront pas de garder la porte de l’édifice municipal.






J-3 : N’allons pas dans le mur !

L’avenir du bois appartient à ceux et celles qui se lèvent tôt.

6h, par exemple lorsque l’on veut assister à un conseil municipal entaché d’irrégularités. C’est à cette heure matinale que l’on a pu, le 2 juillet 2015, apercevoir des élus entrer dans une mairie gardée par des gorilles de l’Andra. Sous cet œil vigilant; se votait à bulletins secrets le sacrifice du bois communal de Mandres-en-barrois.

C’est donc à 6h dans la brume opaque qui n’est pas sans rappeler les méthodes de l’Agence, qu’on eût ce matin le plaisir de découvrir des pans de murs déposés devant cette mairie.

S’ils obstruent symboliquement la porte de l’édifice où se rejouera jeudi cette mascarade, ils rappellent surtout qu’en deux ans, l’Andra a révélée ses étonnants dons d’alchimiste. Qui peut encore ignorer que partout où elle passe, elle transforme le bois en béton armé et les villages en déserts ?

NOUS N’IRONS PAS DANS LE MUR.

 

À Bure, si l’Andra réoccupe la forêt, on l’expulse !

Appel à converger en Meuse dés maintenant pour défendre le bois Lejuc !

Dans nos étranges contrées de Meuse, il semblerait que le temps soit devenu cyclique. La faute n’en est pas au réchauffement climatique, mais à des poussées saisonnières de fièvres autoritaires sur le bois Lejuc réoccupé depuis septembre 2016. Le 26 avril, au terme de moult péripéties judiciaires qui nous faisaient gagner du temps depuis décembre, le tribunal de Bar-le-Duc a finalement déclaré que les habitant-e-s du bois étaient expulsables sans délai. Et, le 18 mai, le conseil municipal de Mandres-en-Barrois va se réunir pour prendre une nouvelle délibération pour « régulariser » l’échange du bois. L’État et l’Andra contre-attaquent.

Nous aurons eu 2 mois de répit, pendant lequel de nouvelles personnes se sont installées, des cabanes construites, des maisons investies, 1500 m² de patates et d’oignons plantés sur des terres squattées, des balades naturalistes et des week-end de sorcières, etc, etc. Maintenant, ça recommence. Après l’été d’urgence et la première expulsion, l’été indien et la réoccupation, l’hiver déter, les menaces sur la forêt et la manif au pied du labo, nous entrons dans le printemps résistant ! Les hélicoptères ont repris leurs survols quotidiens – même en plein milieu de la nuit. Les patrouilles de flics, vautours malfaisants, tournent dans les villages, rendant furieux certain-e-s habitant-e-s. Les feuilles ont poussé un peu partout, et même sur certaines barricades : la Meuse est belle et vous accueille dés maintenant.

Le bois est expulsable donc. Mais pas expulsé. Rappelons, au titre des barricades de « papier » – qui tombent toujours, mais nous font gagner du temps pour construire le rapport de force -, que la délibération ayant permis la propriété de l’Andra sur le bois a été invalidée par la justice le 28 février. Que cette forêt n’a donc jamais cessée d’être le bois communal des habitants de Mandres. Que rien n’est fait au sujet de la future « délibération » du 18 mai. Que de mars à juillet de nombreuses espèces d’oiseaux nidifient dans les bois, ce qui bloque l’autorisation de défrichement. Qu’une grosse dizaine d’espèces protégées – chat forestier, chauve souris, oiseaux… – ont été identifiées au cours des derniers mois. Pour ce qui est des barricades réelles, des cabanes, des vigies… il ne tient qu’à nous de les consolider dés maintenant !

Drôle de calendrier. On aura fort peu parlé « d’environnement » ou de nucléaire lors de cette non-campagne présidentielle aux allures de déballages de télé-réalité à mauvais rebondissements. 2007 est loin, avec le « pacte écologique » de M. Hulot et le spectacle du Grenelle de l’Environnement. Et la promesse de fermeture de Fessenheim lancée en 2012 aura tenu, jusqu’au bout, son rang de promesse. En 2017 on a parlé « affaires », immigration-terrorisme-racisme et sécurité-police. On enfouira les déchets nucléaires comme on rase des bidonvilles, comme on mate des prolétaires dans les quartiers populaires et les luttes : avec une police-milice chaque jour plus fascisée et « autonome » dans son action. Bure est le prolongement dans une zone hyper-rurale du laboratoire répressif d’un pouvoir qui durcit son versant autoritaire chaque mois.

Et ce n’est pas l’avènement d’un banquier glabre au sourire fresh (plutôt qu’une matrone fasciste carnassière) rhabillé des habits « anti-système » du « renouvellement » qui va changer quoi ce soit – sinon dans le rythme – à la marche morbide de l’enfer capitaliste, raciste et autoritaire. Que l’on se batte contre un projet de poubelle nucléaire, contre un aéroport vert, contre toutes les polices et les frontières, contre un plan social, contre les oppressions systémiques, c’est toujours ce monde infernal que l’on cherche à fissurer et arrêter, même pour un moment. En luttant contre tout ce qui nous domine, c’est une myriade d’autres espaces que nous essayons de construire par nous-mêmes, d’autres communautés de vie et de lutte émancipatrices, d’autres chants, d’autres songes, d’autres relations où l’on arrête de se vendre, sans l’aval d’aucune autorité.

Dans la langue décharnée de ceux qui prétendent nous gouverner, ces espaces qui se cherchent, ces conflits qui s’ancrent, sont des « kystes ». Prenons-les au mot : ce monde est malade, offrons lui un abcès à faire joyeusement puruler sur la face blême de son ordre pourrissant. Alors, soyons sympas, offrons un cadeau au nouveau potentat poupin du capitalisme débridé et toute sa clique livide d’apprenti start-upers: une intronisation en beauté avec un conflit assumé au cœur de ces 220 hectares de bois.

Dés maintenant – et comme toujours -, toutes les présences à Bure sont cruciales. Gardons nous de tout triomphalisme, de tout fantasme guerrier ...: nous savons que ce que nous construisons est fragile, et, dans un pari, nous y mettons pourtant tout notre amour. Nous savons aussi que, même si nous sommes plus nombreus(e)s à vivre sur place qu’il y a un an, nous ne sommes pas encore suffisamment fortEs pour les bousculer sur tous les fronts. Il y aura à Bure dans les mois à venir besoin, certes, de boucliers, de tranchées, de barricades, mais aussi et surtout de chants, de massages, de cultiver les champs squattés, de construire des moments de vie ensemble, de s’interroger sur nous et nos relationsIl y aura par-dessus tout besoin de joie, de soin, d’attention aux unEs et aux autres pour continuer d’ancrer ici une vie désirable qui fasse mentir leur désert.

On vous attend !

ANDRA DÉGAGE, RÉSISTANCE ET SABOTAGE !

GARDEZ VOS DÉCHETS, ON GARDE LA FORÊT !

PROCHAINS RENDEZ-VOUS

  • Dés maintenant, convergeons nombreux et nombreuses vers Bure pour renforcer l’occupation dans le bois Lejuc : il y a de la place, il y a des gens là pour vous accueillir, ramenez de quoi être le plus autonome possible : tentes, couchage, bottes, bouffe, frontale, de quoi grimpez si vous avez, matos de construction et outils…

  • Le 18 mai : APPEL À RASSEMBLEMENT à partir de 18h devant la mairie de Mandres-en-Barrois pour mettre la pression et empêcher un vote permettant de « régulariser » la propriété de l’Andra sur le bois : ramenez de quoi boire et manger, des casseroles, des instruments de musique, banderoles etc ! Plus d’infos à venir sur vmc.camp

  • 20 mai : grande manifestation des 300 000 pas à Bure contre la nucléarisation du territoire. Plus d’infos sur www.cedra52.fr/300000

  • 17 & 18 juin : Rencontres anticarcérales à Bure, plus d’infos à venir bientôt sur vmc.camp.

  • 19 au 26 juin : SEMAINE D’ACTION ET DE NIDIFICATION: venez « nidifier » en forêt avec les chouettes et hiboux du bois pour renforcer l’occupation ! Et organiser des actions contre l’Andra (et son monde (de merde)) ! Plus d’infos à venir sur vmc.camp

EN CAS D’EXPULSION

  • Le jour même

    • Rassemblement à 18h à la Maison de résistance à Bure pour soutenir les expulsé-e-s et décider de la suite.

    • Rassemblement à 18h devant les préfectures pour celles et ceux qui sont trop loin de Bure

  • Grosse manifestation dans les semaines suivant une tentative d’expulsion, suivre les infos sur vmc.camp

  • Appel à actions décentralisées contre les promoteurs et sous-traitants de la poubelle nucléaire : Vinci, Eiffage, Edf, Andra, Areva, le CEA…

CIGEO nouveaux travaux en cours

Depuis quelques jours nous avons repéré des trajets de camions entre Luméville et Horville, hier, nous avons constaté qu’une pelleteuse travaillait à construire une route praticable pour camions le long de l’ancienne voie de chemin de fer, 4 vigiles de l’Andra accompagnaient la manœuvre prétextant une piste cyclable…(lol)

– Entre Luméville et Horville, le long de la nationale 32, 300 m de longs sur 3 mètres de large ont étés creusés de manière à accueillir les gravats de Chardot TP, le même genre de route que dans la forêt. Cela s’est produit aujourd’hui.

– Entre Horville et Gondrecourt, une voie de gravats est déjà aménagée sur plus d’un kilomètre. Un arrêté municipal signale une interdiction temporaire de circuler sur ces voies. Voir lien vidéo MPEG0007

 

Tôt ce matin, des opposants se sont rendus sur place et ont été rapidement rejoins par un véhicule de police.

déroulé chronologique :

à partir de 7h30Arrivée sur les lieux et constatation de l’avancée des travaux.

8h14On remarque l’arrivée d’un véhicule de gendarmerie et de véhicules de vigiles, Hance est présent. On se déplace à l’entrée de la voie en construction pour leur faire face.

9h05 – Cinq véhicules de police arrivent en renfort (dont 1 fourgonnette), présence de Dubois.

9h30 – Arrivée de la pelleteuse qu’on commence à bloquer.

10h20 – Fin du blocage sous la pression des gendarmes présents en grand nombre qui arrivent à nous repousser. La pelleteuse reprend son travail.

11h10 – Retour à la maison, pas d’interpellation 😉

 

Plan du tracé du projet de voie ferroviaire entre Gondrecourt-le-château, Horville-en-Ornois et l’ancienne gare de Luméville-en-Ornois, sur le parcours de l’ancienne voie ferrée :

  • en noir : le projet de réhabilitation de la voie ferrée
  • en rouge : travaux déjà effectués
  • point bleu : blocage le mercredi 19 avril

 

Plan imprimable : fond de carte en A3 (clip droit sur l’image puis Enregistrer l’image sous)  (suite…)