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Sept semaines avant les Burelesques

Le festival Bure’lesques en soutien à la lutte contre Cigéo se tiendra du 11 au 13 août entre Couvertpuis et Biencourt. Co-organisé par plusieurs associations anti-nucléaires locales, il se veut un moment festif, informatif et familial. Il y aura de la musique, du théâtre, du cirque, des lectures, des débats, des conférences, des projections, des ballades, des ateliers pour enfants… Venez nombreux et nombreuses !

  • Le site internet : burefestival.org
  • Inscription à la newsletter du festival : burelesques_info-subscribe@lists.riseup.net (pour être tenu.e au courant de la programmation, des besoins en bénévoles etc.)
  • contact publique : info@burefestival.org (information, inscription comme bénévole, participation aux chantiers préparatoires)
  • contact presse : media@burefestival.org

Fil info juin 2017

Fil info semaine d’action

Dimanche 25 : Ballade familiale dans le bois

Une cinquantaine de personnes sont venues nous voir, partager une bonne bouffe à la Vigie Sud, avant de partir à la découverte des nouvelles installations dans les bois, les cabanes dans les arbres et autres joyeusetés.Certain.e.s n’étaient pas revenu.e.s depuis la chute du mur en août dernier !

A la gare, les chantiers agricoles avancent bien, le blé est magnifique, et les 1500 m2 de patates sont pratiquement désherbés.

La semaine d’actions touche à sa fin, mais plusieurs personnes ont bien envie de la prolonger, et commencent à bâtir leur nid en forêt !

Samedi 24 : On entend le bruit des bottes

Nous avons du faire face à un énorme dispositif policier. On compte une bonne centaine de gendarmes qui patrouillent dans les villages, interpellent et controlent les habitants du coin. L’hélicoptère est venu nous rendre visite plusieurs fois dans le bois, même la nuit. Des grilles anti émeute ont été érigées devant l’Andra pendant que les jeeps militaires sillonnaient les routes de campagne.  Sacrée ambiance !

On a préféré ne pas sortir ce soir, chanter au coin du feu et aller à la recherche des chauves souris qui peuplent le bois Lejuc !

A Mandres, les flics sont restés toute la nuit sur la place de l’eglise, en faction devant la mairie. Ils surveillaient les maisons des opposant.e.s avec de grandes lampes torches et marchaient dans le village endormi, mitraillette en mains.

Vendredi 23 : Boom! Boom! Boom! Boom!

« On ne considère plus cela comme une fête » titre aujourd’hui l’Est Républicain, citant les paroles du chargé de communication de l’Andra. Une accroche un brin dramatique… Nos amis du nucléaire en sont-ils donc réduits à jouer la carte de la peur et celle du mensonge éhonté (le prétendu sabotage de l’antenne, les fantasmatiques pressions sur les familles des élus) pour essayer de nous dépeindre en brutes sanguinaires? Ironiquement, à l’heure même où le numéro de l’Est Républicain était en train d’être bouclé, son titre était démenti dans les faits par une grande fête costumée non loin du rond-point regroupant hôtel, écothèque et laboratoire. Un peu de contre-propagande s’impose donc : ils ne considèrent plus cela comme une fête? Tant pis, nous considérons toujours cela comme une boom!

Hier on a tenté de nous diviser, de nous tendre un miroir d’ultra-violents pour voir si nous accepterions de jouer le jeu en tenant la partition que la préfecture aimerait tant nous voir jouer. Tout était prêt : le PSIG, fusil automatique à la main, paradant devant l’ancienne gare de Luméville, des dispositifs anti-émeute aux abords du laboratoire, des dizaines de fourgons de gendarmes mobiles, probablement bien plus nombreux que nous, un canon à eau aperçu sur une route des environs plus tôt dans la soirée… Bien tenté, mais on ne nous impose pas le tempo de notre radicalité. A partir de 22h, nous avons donc répondu en musique et en moquerie, en chansons et en feu d’artifice, en dance kitsh, en punk haletant, en salsa chaloupée.

« Gendarmerie nationale, dispersez-vous » : même ces mots-là sonnaient comme une tentative risible de nous faire rentrer dans leur concept, de faire de la danse un « attroupement ». Raté, nous ne sommes pas réductibles aux mots de la police. Nous avons ri et profité en musique des douces heures du soir, puis nous avons rebroussé chemin. Sur le retour, un boîtier vert contenant des outils de mesure installés par l’Andra a été incendié. Puis la gendarmerie s’est encore une fois illustrée par sa balourdise en suivant le cortège, en mettant pied à terre à l’entrée de Bure, tentant de déclencher l’affrontement qui n’est pas venu cette fois.

Alors oui, c’est toujours une boom d’anniversaire! Et sous le scandale des gros titres, dans la forêt, ce sont des solidarités qui se tissent, des discussions riches et puissantes sur notre propre radicalité, des chantiers qui avancent… Casseur-euses, danseur-euses, rêveur-euses : nous sommes tout cela à la fois, et bien plus. Bien plus en tout cas que leurs grossières tentatives pour nous étiqueter.

Il reste trois jours à celle belle semaine : on vous attend !

Jeudi 22 : Un communiqué très fair-play

Suite aux événements d’hier, nous avons reçu un communiqué du conseil d’administration de l’Andra qui remet, une fois n’est pas coutume, les pendules à l’heure. Coucou M. Bouillon !

C’est ici, à lire avec délectation !

PS – Méfiez-vous des imitations

Edit : Nous publions également une mise au point sur l’action du 21 juin et la propagande de l’Andra, qui vient compléter le communiqué de presse de la veille.

Mercredi 21 :  De la casse chez L’Andra

Communiqué de presse : Pas de petit-dej pour l’Andra

La semaine continue et ce mercredi à l’aube des hibouxes ont rendu visite à l‘hotel-restaurant trois étoiles du laboratoire de l’Andra. Une barricade de pneu a été enflammée en avant. Puis se rendant compte que la porte était grande ouverte, plusieurs personnes eurent vite fait de se retrouver a l’intérieur et d’y casser les vitres, le bar avec les précieuses bouteilles d’alcool. Tandis que l’alarme résonnait allégrement et que le chaos régnait dans cet espace aseptisé, d’autres joyeux bandits démolissaient les habituelles barrières autour de ce fameux hôtel qui accueille régulièrement toute la pourriture des nucléocrates. Les hiboux rentrèrent finalement vers le bois Lejuc, repus et heureux. Il semblerait encore une fois que l’infaillible sûreté nucléaire… à failli.

Mardi 20 : Hocus Pocus, et la semaine continusse!

Edit: Cet après-midi, une trentaine de gentil-les hibouxes a occupé temporairement le carrefour de Mandres, ce haut lieu de contrôles routiers humiliants (à pied, à vélo, en voiture), théâtre de fouilles de véhicules abusives et interminables, symbole de la militarisation progressive du territoire meusien.

Cette ballade était l’occasion de se déplacer ensemble et découvrir les lieux. C’était aussi un moyen d’affirmer symboliquement que la bleusaille ambiante n’est pas une fatalité et nous pouvons proposer d’autres couleurs : les espaces que nous nous réapproprions, même temporairement, sont autant d’espaces qui échappent au flicage permanent dont les habitant.es de Mandres sont victimes autant que nous. Certain.es pourraient dire que c’est notre faute, que c’est notre présence qui a provoqué la réaction policière… Mais celles et ceux qui sont surveillé.es, fiché.es et harcelé.es ne sauraient être tenu.es pour responsables de leur propre répression. C’est la logique même de l’implantation sauvage d’une poubelle nucléaire, au mépris de la volonté des habitant.es, qui débouche sur cette surveillance constante. Refusons la !

——

Nous avançons dans la semaine d’action: un grand soleil radieux arrose le bois Lejus. Depuis le nouveau presidio, majestueux, un détail semble cependant perturber les hiboux et les chouettes. Un détail dites-vous? Le paysage n’est plus le même. Il manque quelque chose… L’antenne située entre la forêt et Mandres-en-Barrois n’est plus.

L’acte n’a toujours pas été revendiqué. L’arbitrage risque vraiment d’être difficile…

Edit: Le premier sabotage de la semaine ne serait donc pas du fait des opposant.es : il s’agirait d’une entreprise spécialisée dans l’éolien industrielle qui, ayant renoncé à son parc de turbines sur la zone de cigéo (sans doute trop remuante!), aurait démonté elle-même l’antenne qui lui servait à faire des mesures préliminaires. Alors, ça compte ou ça ne compte pas dans le bilan de la semaine?

Edit: Une nouvelle information viens de nous parvenir depuis le centre d’arbitrage indépendant à la lutte contre le projet Cigéo.

Ce communiqué de haute importance qui émane de l’Andra précise que les opposant.es sont bien responsables de la  »mise à terre du mât de détection d’une société d’installation d’éolienne à Mandres ».

Information immédiatement démentie dans un communiqué de presse du préfet de la Meuse parlant d’un  »chantier en cours appartenant à une entreprise indépendante de l’Andra, maître d’ouvrage du projet Cigéo ».

L’équipe d’arbitrage nous fait savoir qu’elle envisage d’accorder le point à la partie adverse pour ce magnifique entremêlement de pinceaux.

 

Cigéo a fait fuir l’éolien? Faisons fuir Cigéo (et l’éolien).

Nous recherchons une personne motivée pou reprendre l’intégralité des brochures automédia afin de remplacer le terme « à l’antenne » par « à la deuxième intersection ».

 Lundi 19 : Abrac-Abadie, abracabada, et la semaine d’action commença !

De plus en plus de monde en forêt : les prochains jours vont être super! En revanche, l’équipe Bure tient a dénoncer le manque total de fair-play de l’équipe Paris, qui a commencé la semaine d’action avec pas moins de sept jours d’avance, par un brillant enfarinage du directeur de l’Andra. C’est pas joli joli ; si l’arbitre a un peu de déontologie, il ne devrait pas en tenir compte 😉 Bravo les ami.es. On en veut encore !

Costume blanc et regard noir…

Plus tôt dans le mois de juin…

(suite…)

Mise au point sur l’action du 21 juin et la propagande de l’Andra

Aujourd’hui voici qu’une polémique enfle autour d’une action qui s’est déroulée le 21 juin au matin sur l’hôtel-restaurant Bindeuil du complexe de l’Andra. Dans la presse on parle d’un « début d’incendie », d’une alarme qui s’est déclenchée, de clients de l’hôtel terrorisés. Le conseil d’administration de l’agence, dans une délibération rédigée avec « solennité », parle d’une « radicalisation extrême des opposants […] qui s’en prennent aux populations et au territoire » et constate « qu’un cap nouveau et inédit dans la violence de l’opposition a été franchi hier ».

Ce qui se dessine derrière c’est une tentative de déshumaniser les personnes portant ces actions, de construire une figure de radical-cagoulé marginal et sanguinaire qui aurait voulu blesser les personnes présentes dans l’hôtel, qui voudrait s’en prendre aux riverains des villages. À chaque fois qu’un mouvement de résistance prend un peu d’ampleur et de consistance il s’agit de construire une figure de grand méchant loup pour le diviser de l’intérieur. Quand la rhétorique des « méchants casseurs » ne suffit plus, voici qu’on compare carrément l’opposition à une mafia sans vergogne qui, selon la Préfecture, ciblerait « des entreprises, des sites et des personnes sans lien direct avec le projet Cigeo ». Soyons sérieux. De qui se moque-t-on ?

Dans sa délibération, l’établissement ose même affirmer son « soutien aux élus et aux riverains […] qui s’engagent au quotidien dans un projet d’intérêt général et vivent dans le territoire avec l’Andra ». C’est l’hôpital qui se fiche de la charité. On rappelle bien qu’il s’agit ici du « soutien » d’une agence qui distribue des centaines de millions pour se rendre indispensable depuis vingt ans ; qui envoie un de ses hommes de mains, Emmanuel Hance, intimider les agriculteurs et propriétaires, ou verser de l’essence à 10 cm d’opposants arc-boutés sur une barricade des opposants ; qui met la pression sur quelques habitants qui osent relever la tête (procès, intimidations). La seule entité qui « s’en prend aux populations et au territoire » ce ne sont pas les « opposants », mais l’Andra, de manière systémique.

Personne, en ce matin du 21 juin, n’avait pour objectif de s’en prendre aux personnes présentes dans l’hôtel, employés ou clients, et les terroriser. Ou bien de s’en prendre à des installations sans lien direct avec le projet. Ce qui est visé, c’est toute la logique économique qui sous-tend l’implantation de l’Andra et du nucléaire dans la région : la construction, à coup de carotte et de bâton d’une mono-industrie se rendant indispensable partout. Le 21 juin, en brisant quelques tables, chaises, verres, il s’agissait de contribuer à fissurer le règne de l’Andra sur l’économie locale, toute son entreprise de pénétration des consciences et du tissu économique. Cet hôtel n’est pas la propriété directe de l’Andra mais sa créature.

Depuis deux jours la campagne de propagande de l’Andra et de la Préfecture est digne de la chronique de faits divers : sur la page d’accueil de son site internet l’agence attribue aux opposants la destruction d’une antenne atmosphérique le 20 juin, alors que c’est l’entreprise elle-même qui est venue la démonter. Ensuite, l’agence atteste que le 21 juin « le personnel n’était pas présent dans ces espaces à cette heure », tandis que dans son article l‘Est Républicain donne la parole à un cuisinier sous le choc qui aurait été sur place…

Elle mentionne aussi des « pressions sur les habitants, les familles des élus ». Pour qui nous prend-on ? Ce qui fait que la résistance s’est redéployée lors des dernières années c’est justement la construction de liens forts avec des habitants du coin, un ancrage patient qui se manifeste aujourd’hui non seulement par l’occupation d’une forêt mais par des installations dans tout le territoire. Nous assumons par contre que M. Xavier Levet, en tant que personne publique, maire de Mandres, est un élu criblé de conflits d’intérêts, véritable VRP de l’Andra et devra être tenu comptable de ses actes. Mais en aucun cas sa famille n’a été cible de pressions.

Malgré toute la propagande, derrière les masques et les cagoules des gens qui agissent de cette manière, il n’y a pas de dangereuses personnes sanguinaires et inconscientes des conséquences de leurs actes. Il y a des êtres humains de chair, d’os, qui pensent et qui ressentent des émotions. Il y a des personnes qui ont grandi dans la région, d’autres qui sont venues s’installer plus tard, d’autres de passage, dans tous les cas des êtres humains qui ont à cœur le devenir de ce territoire. Les mains qui sabotent sont les mêmes que celles qui construisent des cabanes, retapent des maisons, font fleurir des potagers, animent des cantines collectives.

Depuis 20 ans, l’Andra prétend apporter développement, emplois, redynamisation du tissu local. Ces promesses sont fausses et de plus en plus de riverains comme d’élus ne sont plus dupes. L’industrie nucléaire s’implante sur les ruines d’un tissu économique régional qu’elle prétend rebooster… en accélérant sa chute. Qui voudra venir s’installer ou s’implanter à côté de la plus grande poubelle nucléaire du monde ? Une fois que tous les villages auront été vidés, ce qui se prépare c’est un désert radioactif militarisé, grillagé, saupoudré ça et là d’un hôtel-restaurant ou d’une supérette pour cadres du nucléaire de passage quelques jours – en aucun cas des personnes implantées sur le territoire comme voudrait le faire croire l’Andra.

Que ce soit dans les années 90 lorsque les premières grilles tombaient ou que des bottes de paille étaient incendiées, lors de la campagne d’action décentralisée Bure365 en 2014, ou bien l’occupation du bois Lejuc et l’attaque des grilles de l’Ecothèque lors de la dernière année, la logique est la même : s’en prendre non pas aux personnes mais à un projet aberrant et à tout le système qui le sous-tend.

Des hibouxes et gravitant-e-s de Bure.

Pas de petit-dej pour l’Andra [communiqué de presse]

Les 16 et 18 février 2017, les opposant.es au centre de stockage radioactif Cigéo revendiquaient la destruction des grilles de l’écothèque, un projet annexe du laboratoire, censé en verdir l’apparence. Ce mercredi 21 juin, c’est cette fois l’hôtel-restaurant trois étoiles, situé à quelques mètres de la future plate forme de réception et de conditionnement des déchets nucléaires, qui a été pris pour cible.

Depuis son implantation à la frontière de la Meuse et de la Haute-Marne il y a une quinzaine d’années, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs n’a eu de cesse de s’immiscer méthodiquement dans les consciences, dans les porte-feuilles des communes, dans les sorties scolaires, dans les paysages ruraux etc. Le rond-point entre Saudron et Mandres, qui regroupe le laboratoire, son pôle technique, les archives d’EDF, l’écothèque et l’hôtel-restaurant, est un bon exemple de cette omniprésence. Comble de l’envahissement, il devrait bientôt accueillir une boulangerie, pour qu’enfin plus personne dans la région ne puisse aller chercher son pain sans avoir affaire à l’Andra. Mais bizarrement, chacun des projets pour lesquels elle est prise à partie est présenté comme n’ayant rien à voir avec Cigéo…

En attaquant l’écothèque en février, nous affirmions haut et fort qu’elle n’était pas un musée écologique déconnecté du futur stockage, mais bien une pièce de l’acceptabilité sociale du projet. Il en va de même pour l’hôtel-restaurant du Bindeuil, conçu pour accueillir dans des chambres luxueuses non pas des touristes venus visiter un cimetière atomique, mais bien des ingénieurs du nucléaire, des délégations venues visiter le laboratoire, et pourquoi pas des officiers de gendarmerie. Il ne s’agit nullement d’un hôtel meusien quelconque, qui aurait été pris pour cible par pur appétit de destruction : il s’agit du sabotage matériel de l’un des chevaux de Troie de l’Andra.

Que cet hôtel appartienne à la commune de Bure montre bien jusqu’où l’industrie nucléaire est allée pour mouiller jusqu’au cou les pouvoirs publics locaux dans son plan de conquête. Ce n’est pas seulement par l’intermédiaire du Groupement d’Intérêt Public (qui arrose la région en millions d’euros) que les mairies sont tenues, mais également par des projets économiques comme l’hôtel du Bindeuil : une manne financière à deux pas du laboratoire, entièrement dépendante de son activité.

La semaine de chantiers et d’actions qui se déroule du 19 au 26 juin au bois Lejus a vocation à pérenniser l’occupation qui bloque depuis un an maintenant l’avancée de Cigéo. Elle est une tribune pour dénoncer l’invasion du territoire par l’Andra, et la militarisation qui l’accompagne. C’est à cette fin que des opposant.es sont allé.es le 20 juin défiler pacifiquement à l’entrée de Mandres, en portant une banderole « carrefour libéré » : pour dénoncer les contrôles incessants dont font l’objet opposant.es et habitant.es confondus, dénoncer la surveillance policière constante, les fouilles de véhicules abusives et intrusives, les survols d’hélicoptère etc.

Cette semaine est aussi l’occasion de réaffirmer la détermination des opposant.es et de porter un message clair : l’Andra n’est pas la bienvenue en Meuse, quel que soit le visage sous lequel elle entend se présenter. En ces temps de débâcle de l’industrie nucléaire, il semble acquis qu’il n’est pas tenable, pour les entreprises et pour les collectivités territoriales, de travailler main dans la main avec elle sans s’exposer au ras-le-bol de celles et ceux dont l’avis a été bafoué depuis vingt ans.

Il est vain d’agiter à Bure le spectre des « casseurs », de l’« ultra-gauche », des « jeunes encagoulés » ou de la mouvance « anarcho-zadiste ». Ce qui s’agite ici, c’est une colère et une indignation trop longtemps contenues. Nous voulons que l’Andra parte et emporte avec elle son laboratoire, son écothèque et son hôtel trois étoiles. Nous ouvrirons nous-mêmes la boulangerie.

Chouette c’est mon anniversaire! Du 19 au 26 juin : Goûter interminable!

Attention : Un nouvel onglet pour la semaine du Goûter interminable vient d’être créé en haut de votre écran. Retrouvez y toutes les dernières infos.

 

Goûter interminable

1 an qu’on est dans le bois !

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On sent bien maintenant que le sens de nos vies se cherche dans des lieux communs et autonomes : dans les salles autogérées de fac, dans les cantines urbaines, dans les zones à défendre… A Bure, la recherche d’autonomie politique prend place à la fois dans des maisons collectives achetées et dans le bois Lejuc. Après un pique nique interminable pour empêcher les premiers travaux de CIGEO, il y a un an, nous y avons fait notre nid. Du 19 au 26 juin prochains, on veut fêter ça par un goûter d’anniversaire interminable au coeur du bois !

Il paraîtrait que le bois Lejuc est expulsable. Il paraîtrait que les hiboux ne tiendront pas l’été. Voici la petite ritournelle fataliste que les autorités veulent nous mettre dans la tête. Mais nous ne sommes pas de celles et de ceux qui se font imposer une playlist. On n’imagine pas une célébration nostalgique, mais l’occasion de faire fleurir une nouvelle intensité de vie en forêt, de nouveaux liens, et des pratiques offensives.

Dès lundi matin deux permanences accueil seront assurées à Vigie Sud et à Barricade Nord. La semaine se déroulera autour d’une vie de camp autogérée en forêt (un espace de non-mixité MTPG est prévu), avec des chantiers (douches solaires, cabane pour discu collectives, barricades…), des ateliers et auto-formations (grimpe, Bolas, flex-yourte, déplacements collectifs, médic, chimie…), une assemblée sur les perspectives des luttes autonomes en France et ailleurs, des lectures au coin du feu, des actions anti-contrôle policier (et autres surprises…), des jeux de rôle à 50, et évidemment boum accoustique le week-end !

Venez avec tout ce qui vous paraît utile (tente, duvet, matos de construction, gamelles…). Même si on préparera des repas ensemble, n’hésitez pas à ramener un peu de bouffe pour être le plus autonome possible. On espère que ce goûter anniversaire ouvre le champ des possibles pour tout l’été. Alors débordez nous !

BOOM BOOM BOOM BOOM ! I WANT YOU IN MY WOOD !

Des chouettes hiboux de Bure.

Pour optimiser les trajets, pensez à notre site de covoiturage Bure’car’Bure

Votre carton d’invitation au format pdf (pour impression RV / 2 pages par feuilles)

Votre carton d’invitation au format pdf deux pages par feuille (pour impression recto-verso)

Et pour décorer votre salon : affiche 1 (yourte), affiche 2 (barricade), affiche 3 (vigie), le tout au format pdf

Et d’ici là, en cas d’expulsion :

  • RDV le jour même à 18h à la maison de Résistance
  • Convergence vers Bure dans les jours qui suivent
  • Manif de réoccup dans les semaines qui suivent
  • Appel à actions décentralisées contre les promoteurs et sous-traitants de la poubelle nucléaire : Vinci, Eiffage, Edf, Andra, Areva, le CEA…

L’affiche et le tract, à diffuser largement !

Soirée concert le 17 juin à la gare de Luméville : ya jamais assez de musique !

Dans le cadre des rencontres contre la taule qui auront lieu du 16 au 18 juin à la gare de Luméville, les copaines de Faction Est et Blackout Brigade organisent un gros concert le samedi soir ! 8 groupes, open-mic & mix platines pour nous faire bouger toute la soirée (ou pas !).

Yaura a manger et à boire, l’entrée est à prix libre en soutien à la caisse anti-rep ! Et ya possibilité de camper sur place (c’est cool de ramener sa tente et un duvet :))

Procès de L. le 6 juin : les suites d’un beau mois de février

Plus de trois mois déjà que les grilles de l’écothèque ont été renversées. Trois mois que « nous avons voulu rendre un hommage très personnel à ce monument de l’écotechnocratie et à sa mission de sensibilisation à la biodiversité locale » (fil info février 2017). Quand on pense à tout ce qui s’est passé depuis, les procès, les appels, l’avis d’expulsion, mais aussi les concerts, les jardins qui fleurissent, les fêtes etc., on a l’impression que ça remonte à des années.

Finie, la belle manif de l’hiver déter ? Terminée ? Oubliée ? Non, car ce qui s’est passé ce jour là continue de vivre et de faire des vagues. L’Andra, cette forteresse dont les lumières polluent chaque nuit les ciels meusiens, a enfin affiché sa vulnérabilité, et ça jase dans les villages : oui ils sont atteignables, et non on ne reculera plus devant eux.

Trois mois après, cet affront leur fait mal ; ses conséquences leur font peur. Alors pour tenter de laver l’affront et d’exorciser la peur, l’Andra et l’État voudraient faire payer notre camarade L., le seul inculpé de cette manifestation. « Dégradation en réunion », « refus de se disperser » et « rébellion » : voilà donc les expressions sinistres auxquelles se résume pour eux une formidable envie collective de faire bouger les lignes et d’ouvrir une brèche dans la résignation…

Ce procès est une étape de plus dans la répression à laquelle nous, militant.e.s anti-cigéo, faisons face. La répression tente de nous culpabiliser, de nous dissuader, de nous ramener au silence et à la solitude. Répondons collectivement : on est tou.te.s des tombeur.euses de grilles !

Le procès aura lieu à 9h au TGI de Bar-le-Duc. L’audience est publique.

10/06 : assemblée de lutte contre CIGÉO

L’assemblée de lutte à Bure réunit le temps d’une demie-journée toutes les composantes de la lutte, les voisin.es, habitant.es de Bure et autour, visiteur.euses occasionnel.les, soutiens distants et moins distants. Elle est largement ouverte à tout.es celles et ceux qui souhaitent s’informer ou s’investir dans la lutte.

Organisée à plusieurs reprises l’an passé, l’assemblée a permis que les différentes temporalités entre celles et ceux qui vivent la lutte sur place, et les autres qui la soutiennent et la rejoignent ponctuellement lors des moments de mobilisation, puissent mettre en commun leurs ressentis, vécus et informations autour de la lutte contre Cigéo mais également contre tous les projets de l’industrie nucléaire qui émergent dans la Meuse et Haute-Marne ces derniers mois.

Après un temps de retour sur les mobilisations récentes, les discussions s’articuleront autour des temps forts à venir et à construire ensembles dans les semaines et mois qui suivront. Entre autres la semaine d’action organisée en forêt du 19 au 26 juin, les mobilisations communes en cas d’expulsion du Bois Lejuc, le festival des Burelesques du 11 au 13 août et les autres moments de convergence à penser tout au long de l’été dans la région.

L’assemblée se tiendra à la salle des fêtes du village voisin de Couverpuis, à partir de 14h. N’hésitez pas à amener un peu de goûter pour agrémenter la réunion.

 

Récit de la confrontation du mardi 23 mai à Barricade Nord

Bure, 10h30 : un appel téléphonique et un épais nuage noir à l’horizon nous signalent qu’une barricade du bois Lejuc est en feu ; la police est à Vigie Sud. Nous nous équipons en vitesse, puis partons en courant ou en vélo pour rejoindre nos ami-e-s qui résistent.

Les hiboux ont enflammé une barricade devant Vigie Sud pour dissuader les gendarmes d’aller plus loin.

En approchant de Vigie Sud, nous constatons que la quinzaine de gendarmes – deux fourgons et trois voitures – est repartie, les hiboux sur place ont défié le coup de pression. La barricade la plus avancée vers la route n’a pas fini de brûler, qu’ielles sont déjà en train d’en faire une nouvelle, bravo les ami-es ! Pensant que l’escouade ira à Barricade Nord, nous nous y rendons massivement pendant que des copain-ines restent là au cas où les forces du désordre reviendraient. (suite…)