Communiqué en solidarité avec Antoine Petry de l’Est Républicain (et certains autres journalistes)

La validité du récit médiatique repose sur un postulat mensonger, celui de la neutralité des journalistes. Le bon sens seul suffit à effondrer ce mythe. Dès lors, le défi que nous pose la presse consiste à déceler la part de subjectivité plus ou moins bien enfouie sous un verbiage uniformisé ou un ton monocorde.

L’article intitulé Bure : l’été sera chaud paru le 20 juillet 2016 dans l’édition meusienne de L’Est Républicain (n°42077), semble en l’espèce un cas d’école. Antoine Petry y accumule les exagérations grossières et les prises de parti. Il y a quelque chose de risible à le voir se parer des atours du journalisme d’infiltration alors qu’il ne juxtapose en réalité que des paroles rapportées sur des faits que ni lui ni ses interlocuteurs ne semblent avoir vécu. La pauvreté des informations ainsi transmises donne à son article des airs de note des services de renseignements. Une impression que viennent soutenir les incohérences de style.

D’où parle donc Antoine Petry ? Pourquoi prend-il le risque d’étaler sur quatre colonnes une si nette ignorance sur un sujet éminent complexe ? Quel but poursuit-il lorsqu’il joue de manière aussi ostensible, dès le premier paragraphe, la carte de la dissociation au sein du mouvement ?

Le piège qui nous est tendu ici est évident. Il serait facile pour nous d’attaquer frontalement le manque de rigueur, de déontologie et de sens commun d’Antoine Petry mais nous ne sommes pas dupes. Plusieurs éléments nous permettent d’affirmer que l’auteur de cet article ne peut être considérer comme responsable. Premièrement, la raison refuse d’admettre que ce charabia sans queue ni tête puisse être la réflexion assumée d’une personne ayant fait le déplacement jusqu’à Bure et ayant reçu sur place des informations simples, claires et dispensées avec pédagogie. Comment, ensuite, imaginer qu’un article aussi factuellement faux ait pu échapper à l’ensemble des échelons de validation de cette entreprise de presse renommée ? Cela reviendrait à cesser de croire aux vertus d’une organisation pyramidale où les postes hiérarchiques sont répartis en fonction du mérite et des compétences de chacun, concession que nous refusons de faire en des temps si périlleux.

In fine, c’est notre connaissance précise de la lutte contre l’enfouissement des déchets radioactifs qui nous permet, aujourd’hui, de comprendre cette défaillance. Comme tant d’autres avant lui, Antoine Petry subit de plein fouet les pressions insupportables des nucléocrates. Face à la déferlante d’articles, de reportages, de sondages en faveur des opposant.e.s au projet, l’Andra emploie à présent les méthodes coercitives dont elle a le secret. Menaces, mensonges, harcèlement, usurpation, vol ; l’Agence a démontré par le passé qu’elle n’hésite pas, pour parvenir à ses fins, à mettre les mains dans le camboui mafieux.

Ce que les lecteurices du journal ont eu devant les yeux ce mercredi, c’est donc ni plus ni moins qu’un auto-sabotage. L’acte d’un homme acculé, au pied du mur. S’il nous est impossible pour l’heure d’établir la nature des pressions subies par le journaliste, nous, opposant.e.s à la poubelle nucléaire, tenons à l’assurer dès à présent de notre soutien sans faille. Cette nouvelle atteinte à la liberté d’expression est l’énième preuve de la violence extrême à laquelle nos adversaires ont recours. C’est ensemble que nous devons y faire face, ensemble que nous devons résister.

ANDRA DÉGAGE !
L’EST RÉPUBLICAIN VAINCRA !