Archive mensuelles: mars 2016

Fil info – 1er trimestre 2016

Semaine du 15 au 21 Fevrier :

  • Pour celles et ceux qui en doûte encore, c’est fou ce qu’on apprend sur un lieu en y allant en stop. Récit d’un voyage vers bure : BureAutostop
  • Suite de la mobilisation à Notre Dame Des Landes le 27 Fevrier : https://zad.nadir.org/spip.php?article3549
  • Encore plein de monde lors de la derniere assemblee de lutte. pleins d’idées, RDV pris,.. on a besoin de tout le monde! rejoignez nous à la prochaine les 5 et 6 mars!

Semaine du 18 au 24 janvier

  • On relaye le texte de Emilie  Sievert et Laura Blanchard, « En juin de cette année, nous avions envoyé une lettre ouverte à Yannick Rousselet, responsable des campagnes sur le nucléaire à Greenpeace France […] cette lettre était surtout un prétexte […] » il n’y aura pas de règlement de compte à ok corral
  • Des nouvelles de la lutte à HambachHambach _ appel à monde !
  • Lundi 18 janvier, sans gène, les tractopelles de l’ANDRA sont passés en catimini sur les semis radieux de novembre. Avec un mepris totale pour la forte mobilisation locale qui s’est constituée. Un mepris totale pour tous les arbustes, arbres, fruitiers, plantes, moutardes, aromatiques que des gens, familles, voisin-e-s, enfants, agriculteurs et agricultrices avaient soigneusement emmené avec eux ce jour là. Il se dit ici et là, que cela ne va pas changer grand chose à la determination des un-e-s et des autres à faire tomber CIGEO !

Semaine du 11 au 17 Janvier

affiche assemblée janvier

Semaine du 4 au 10 Janvier 2016

  • Changement de date pour Notre Dame des Landes – Suite à l’annonce de l’audience en expulsion des habitan-e-s et paysan-ne-s historiques de la ZAD pour le 13/01/2016, la mobilisation générale des opposant-e-s au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes  est avancée au 09 janvier 2016, au programme : tracto-vélo de Notre-Dame-des-Landes à 8h30, qui ira jusqu’au périphérique de Nantes et manifestation piétonne (les deux se rejoindront) + pour les gens plus loin appel à toutes formes d’actions en solidarité contre les expulsions..
  • Sivens – La dernière brochure du collectif tant qu’il y aura des bouilles est sortie : « Paroles de paysannes et paysans contre le barrage de Sivens ». A lire ici : brochure-paysanszad

Programme rencontre Forêt en lutte !

Programme des rencontres de personnes et collectifs en lutte contre la destruction des forets – Bure les 19 et 20 Mars

 

Image forêt

Vendredi 18 Mars

Accueil à partir de 18h à la maison de resistance à la poubelle nucléaire de Bure.

21H écoute sonore de la discussion « ça gronde dans les sous-bois » . Le 7 Août à Bure, lors du campement VMC, des personnes de Gardanne, de Bure et du Morvan ont pu échanger ensemble sur la question des forêts…

Samedi 19 Mars – Matin – 10h-13h

Présentation des differents collectifs et lieux de lutte et des attentes des un-e-s et des autres .. refléchir aussi à se coordonner dans l’Est au sujet des forêts, à populariser cette lutte et mener des actions communes..

Samedi 19 Mars – Aprés-midi – 14h30-19H

14h30-18h : petits groupes, plusieurs propositions à completer le matin :

  • Outils pour populariser la lutte des foréts, imaginaires des communaux et mise en perspective d’autres rapport d’usage. histoires des forêts..
  • Reflèchir à un socle et/ou un texte commun sur la vision de la gestion forestière et le bien commun qu’elle représente. Le texte des syndicalistes de l’onf, en pièce jointe, pourrait servir de point de départ
  • Envisager une stratégie commune de luttes suivant nos différents modes d’actions pour faire poids face aux lobbying de l’exploitation forestière
  • S’organiser contre le projet SYNDIESE
  • Partage d’experiences sur la transformation du travail des ouvriers du bois

18h : Retour en grand groupe pour un retour de ce qui s’est dit par là ..

Dimanche 20 Mars – Matin – 10h-13h

Promenons dans les bois .. ballades avec récits et histoires, prenez la votre aussi ! Et si le temps est clément, pique-nique sous les arbres ..

Dimanche 20 Mars – A partir de 14h30

Discussion sur le bois energie. Du coté de Bure, nous sommes tout particulierement sensibles à cette question avec la mise en place de SYNDIESE. Entres les granulés qui tendent à se generaliser, des pratiques comme celle de l’affouage qui nous sont chers, nous voyons bien que c’est surement l’industrialisation des processus qui nous pose problème..

ou atelier coupe de bois pour préparer le chantier de la semaine suivante à l’ancienne gare de Luméville!

Hébergement : sur place à la Maison de résistance contre la poubelle nucléaire, 2, rue de l’église, village de Bure ou à l’ancienne gare de Lumeville.

Repas : Repas prix libre, ne pas hesiter à ramener des legumes, du café, des graines (…) pour completer ce que nous avons sur place

Toutes et tous au Printemps des luttes paysannes à Bure le 16 & 17 avril !

Toutes et tous au Printemps des luttes paysannes à Bure !

Le 16 & 17 avril, enracinons définitivement notre refus du projet CIGEO !

Tract-printemps-A4-taille-réduite

Depuis l’été 2015 et le campement VMC, le collectif Terres de Bure s’est cristallisé à l’occasion d’une discussion contre l’accaparement des terres de l’ANDRA. Ce collectif réunit différentes composantes de la lutte contre CIGEO. Nous sommes des paysan-ne-s de la région et d’ailleurs révolté-e-s par le futur saccage des terres agricoles et des forêts que promet l’installation de la poubelle nucléaire. Nous sommes des habitant-e-s des environs de Bure, de la Maison de résistance à la poubelle nucléaire et ailleurs, dont la simple existence s’oppose à la désertification contrôlée du territoire. Nous sommes des « militant-e-s », nouveaux ou « historiques », individus, membres de collectifs informels, d’associations, décidé-e-s à nous réapproprier ce territoire des mains voraces de l’ANDRA. Les 16 & 17 avril, à l’occasion de la journée internationale des luttes paysannes, nous appelons au Printemps des Luttes paysannes, un week-end de rencontres et d’action.

Depuis 20 ans, l’ANDRA nettoie le territoire pour creuser sa poubelle nucléaire

Depuis 20 ans l’Agence Nationale de Gestion des Déchets Radioactifs (ANDRA) prépare l’implantation de son projet insensé de gigantesque poubelle nucléaire CIGEO en Meuse et Haute-Marne. 300km de galeries à 500 m sous terre pour déverser les pires déchets concentrant 99,9% de la radioactivité française. 600 ha d’installations de surface, 130 ans de travaux, 35 à 40 milliards d’euros de coût annoncé. La promesse absurde d’un risque zéro pendant 100 000 ans alors que les galeries s’effondrent déjà, tuant des travailleurs. Pour faire accepter l’inacceptable, l’agence fabrique le désert et confisque le territoire à toutes celles et ceux qui l’habitent et le cultivent.

fouillesarcheo7La confiscation des terres

La dépossession du territoire, c’est l’accaparement de 2000 ha de forêts et plus de 1000 ha de terres agricoles orchestré « à l’amiable » depuis des années par l’ANDRA et les SAFER. C’est un harcèlement quotidien des propriétaires et agriculteurs pour l’achat ou l’échange de leurs parcelles.

La dépossession du territoire, ce sont les faux débats publics, les mensonges et les manipulations politiques. C’est le mépris qu’essuient les habitant-e-s du village de Mandres-en-Barrois qui tentent de résister à l’échange de leur forêt communale où seraient construits les gigantesques puits de ventilation de la poubelle.

La dépossession du territoire, ce sont les griffes des tractopelles qui occupent depuis septembre 2015 les terres retirées aux agriculteurs pour les « travaux préparatoires » de fouilles et de sondages. Ce sont des milliers de tranchées lacérant ces terres, qui évoquent l’histoire meurtrière de la région, et témoignent de la guerre menée par l’ANDRA à toutes celles et ceux qui habitent et cultivent ce territoire.

Nous reprendrons ce territoire des mains voraces de l’ANDRA et des aménageurs ! 

Nous, habitant-e-s, paysan-ne-s de la région et d’ailleurs, individus et collectifs opposé-e-s à la nucléarisation du territoire, refusons cette fabrique du désert !  Le 15 novembre 2015 lors des« Semis Radieux » nous étions plus de 200, emmenés par 11 tracteurs, à enraciner notre résistance sur 2 ha de l’ANDRA, à un jet de pierres de ses locaux. Blé, orge, avoine, moutarde, arbres fruitiers, arbres de haies, fleurs : le champ que nous avons semé ce jour-là est celui des possibles ! Champ de la réappropriation des usages agricoles et nourriciers, champ de vies en résistance, champ de l’organisation commune !

IMGP0250Le 15 novembre pour les Semis Radieux : sus à l’ANDRA et à son monde !

Soyons encore plus nombreux à semer les terres le 17 avril 2016 pour nous réapproprier ce territoire que les aménageurs souhaiteraient vide et contrôlable ! Pour défendre l’usage agricole des terres. Pour nourrir la résistance à CIGEO et à son monde. Pour construire un mouvement large et joyeux de résistance à l’artificialisation des terres, aux projets imposés et à la marchandisation du monde.  Et dès le 16 avril, une journée de rencontres sur les résistances à l’accaparement des terres et l’artificialisation des sols se tiendra à l’ancienne gare de Luméville-en-Ornois, pour prendre le temps de la discussion, partager des analyses et élaborer des stratégies communes.

Programme & modalités pratiques

Rendez-vous durant tout le week-end sur le terrain de l’ancienne gare de Luméville-en-Ornois, à 6 km de Bure ! Arrivées possibles dès le vendredi 15 avril au soir (de préférence pour celles et ceux qui viendraient de loin), les places de couchage sont limitées donc merci d’écrire à terresdebure (at) riseup.net pour qu’on s’organise.

Samedi 16 avril – Rencontre des résistances à l’accaparemment des terres et l’artificialisation des sols

A partir de 10h à l’ancienne gare de Luméville-en-Ornois. L’enjeu est d’échanger sur nos luttes et construire des liens pour nous renforcer, imaginer et mettre en œuvre des stratégies de résistance à différentes échelles sans s’enfermer dans le « local ». Il s’agit également de croiser les perspectives et partager des analyses entre différentes composantes des résistances aux accaparements de terres.

10h – Discussion – Partage d’expériences sur les résistances aux accaparemment de terres

Présentation libre par les différentes personnes présentes des dynamiques dans leurs territoires : quels sont les projets d’artificialisation et d’accaparement de terres ? Où en sont les résistances ? Quels enseignements en tirer ?

13h – Repas – Cantine à prix libre et/ou pique-nique
Après-midi – Discussions en petits groupes puis restitution en assemblée

A partir de thèmes réfléchis en amont puis reprécisés lors des discussions du matin. Quelle composition des collectifs en résistance ? Quels liens avec les mondes agricoles ? Comment continuer de grandir et faire force à l’échelle francophone et au-delà ? Etc.

Soirée

Boeuf musical, chorales, lectures de texte, cantine à prix libre, tables d’infos sur les luttes paysannes…

Dimanche 17 avril – Collons des patates à l’ANDRA !

A partir de 10h on s’approprie à nouveau les terres de l’ANDRA pour y planter la révolte ainsi que de multiples cultures ! Rendez-vous à l’ancienne gare de Luméville-en-Ornois. Ramène tes plants, tes outils, ta joie et un pique-nique !

Midi – Cantine à prix libre + pique-nique en auberge espagnole.

Il y aura une cantine à prix libre mais si vous ne venez que pour cette journée ramenez tout de même de quoi grignoter !

Des semis radieux, pas des chantiers irradiés ! ANDRA, dégage !

L’affiche et l’appel à diffuser et imprimer
Appel détaillé et programme

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Action soutenue par : des personnes et des collectifs d’ici et d’ailleurs, BureStop 55, CEDRA, Mirabel Lorraine Environnement, Confédération Paysanne de Meuse, de Haute-Marne et de Lorraine, La Graine, Bure Zone Libre, ASODEDRA, Habitants Vigilants de Gondrecourt-le-Château, Habitants Vigilants de Void-Vacon.

Plus d’infos :  Pour mieux comprendre le processus d’appropriation foncière et de nettoyage du territoire de l’ANDRA, un document de travail partisan a été rédigé au cours des derniers mois, le voici en version complète ou résumée.

Contact : terresdebure@riseup.net (prévenir de l’arrivée le 15 et/ou le 16) / Téléphone média : 07 58 13 18 61

IMGP0307Terre et Liberté !

Retour sur les Semis radieux du 15 novembre 2015 !

Avant de remettre le couvert lors du Printemps des luttes paysannes le 16 & 17 avril à Bure, retour sur les Semis Radieux du 15 novembre 2015 ! …

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Figure 1 : Les tracteurs ouvrent la marche en direction du laboratoire de l’ANDRA

Les cris enthousiastes des manifestants retentissent dans le calme dominical du village de Saudron. « Les tracteurs avec nous ! » : douze engins arrivent en conquérants sur la place de l’église, munis d’outils de travail du sol et de généreux sacs de semences. Dimanche 15 novembre, malgré la tristesse post-attentats et les interdictions de manifester, près de 200 opposants au projet CIGEO (Centre Industriel de Stockage Géologique) se sont réunis pour occuper temporairement les terres de l’ANDRA lors des « Semis radieux », sous un soleil qui ne l’est pas moins.

« L’ANDRA a dépensé près de 15 millions d’euros et s’est accaparée environ 3000 ha de terres agricoles et forêts en sept ans pour nettoyer le territoire de ceux qui y vivent et y cultivent. » explique Romain Balandier, le porte-parole de la Confédération Paysanne de Lorraine. « Depuis la fin de l’été les travaux se sont intensifiés avec le début de fouilles archéologiques. 300ha ont déjà été retirés à l’usage des agriculteurs qui en bénéficiaient auparavant au titre de prêts gratuits. A terme, c’est près de 600 ha qui seraient rasés par la poubelle nucléaire ! Il faut réagir en occupant le terrain ! »

« Des semis radieux, pas des champs irradiés ! »

Le top du départ est donné : les tracteurs ouvrent la marche direction l’ANDRA, suivis par les manifestants, fourches et pioches brandies vers le ciel. Les chants révolutionnaires des chorales se mêlent à la batucada et aux slogans offensifs. L’ambiance est joyeuse et la présence policière discrète. Au loin, on aperçoit le site du laboratoire : une excroissance urbaine bardée de grillages, de caméras et de vigiles, qui a surgi de terre depuis 10 ans pour préparer le projet de poubelle nucléaire.

Après 1km, le cortège s’empare d’une parcelle située à un jet de pierre des locaux de l’agence. La foule effervescente contraste avec le triste paysage environnant : derrière les grillages du bâtiment, les tractopelles à l’arrêt sont gardées par des vigiles. Les engins reprendront le lendemain leur chantier en creusant les centaines de tranchées en contrebas. Mais pour l’heure, les manifestants se mettent en ordre de bataille et emboîtent le pas aux tracteurs qui avancent de front.

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Figure 2 : l’arrivée du cortège sur les terres de l’ANDRA. En arrière plan le site de « l’espace technologique » où les tractopelles de chantier sont garés.

« Ca me rappelle ma jeunesse ! » Yves* (les prénoms des manifestants ont été changés), ancien agriculteur octogénaire habitant un village voisin, fait virevolter son poignet d’un geste sûr. Les graines de la résistance pleuvent sur le lit de semailles légèrement travaillé. Devant lui, de jeunes enfants, seaux de graines à la main, apprennent à leur tour le geste universel du semeur. Derrière eux, d’autres plantent des rangées d’arbrisseaux. « On comprend mieux pourquoi ils n’ont toujours pas réussi à creuser leur poubelle en 22 ans ! » plaisante Michel Marie, opposant historique du CEDRA, qui creuse avec effort un trou dans la terre sèche et rocailleuse pour y planter un jeune pommier.

« C’est vrai que la terre est dure, il n’a pas plu et elles sont confisquées à l’usage agricole depuis plus de deux mois. Mais peu importe… La terre à ceux qui la travaillent ! » lance Romain Balandier, bravache, du haut de son tracteur. « On sème de l’orge, du blé, de la moutarde, de l’avoine, et on fait même de l’agroforesterie avec des arbres fruitiers, des arbres de haies, et des plantes d’ornement : cette diversité est à l’image du mouvement de lutte ! »

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Figure 3 : les semeurs en herbe à l’oeuvre !

Résistance populaire et paysanne

Enfants et adultes, anciens et nouveaux militants anti-CIGEO, membres d’associations, d’AMAP, squatteurs des villes et des ZADs, habitants du coin : la foule est hétéroclite. « L’ANDRA menace la terre, qui est notre bien commun. Le semis collectif réunit beaucoup de gens différents pour se réapproprier des savoir-faire qui touchent tout le monde. Et puis la lutte de Notre-Dame-des-Landes a donné une nouvelle force à ce geste d’occupation vieux comme les luttes paysannes ! » explique Simon, animateur d’un groupe de maraîchers.

Les paysans, justement, sont venus en nombre : de la Meuse, de Haute-Marne, des Vosges et même d’Alsace. La douzaine de tracteurs présente est quasiment un record dans l’histoire des 20 ans de la lutte contre CIGEO : ils étaient 7 lors des 100 000 pas à Bure le 7 juin. « Il y a un département qui disparaît à cause de l’étalement urbain et des projets inutiles tous les 8 ans, et ici l’ANDRA s’accapare 850 hectares de terres agricoles ! » explique un éleveur venu d’Alsace. « Du coup les prix augmentent et ici comme ailleurs les jeunes ont du mal à s’installer, tout ça avec la complicité de la SAFER {Société d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Rural, organisme chargé de favoriser l’installation et/ou la consolidation des exploitations agricoles} ! » proteste-t-il.

A ses côtés, Paul hoche la tête. Ce jeune agriculteur d’un village voisin est directement impacté par les accaparements fonciers. Il cultivait une dizaine d’hectares parmi les 300 que l’agence a retiré à la fin de l’été. « La SAFER refuse systématiquement mes demandes d’obtention de terres, et le prix grimpe d’année en année à cause des échanges de l’ANDRA ». Pour inciter les propriétaires à céder leurs parcelles, l’agence fait monter les enchères des terres agricoles jusqu’à 7000 euros l’hectare, tandis que des forêts grimpent jusqu’à 11 000 euros, soit deux à trois fois le prix du marché.

Beaucoup d’autres agriculteurs directement impactés ont peur des représailles et préfèrent ne pas s’impliquer lors des manifestations. « L’ANDRA menace les propriétaires récalcitrants d’expropriations ou de contrôles d’exploitation pour les faire plier si les propositions d’échanges ne suffisent pas » explique Thierry Jacquot, éleveur venu des Vosges. Beaucoup des agriculteurs mobilisés viennent du reste de la sous-région, à 20km et plus. « Les échanges fonciers nous concernent moins directement, on se sent plus libre de soutenir les agriculteurs menacés et leur montrer qu’il ne sont pas seuls. Que c’est possible de résister tous ensemble. »

Ce soutien populaire et paysan commence à se faire sentir localement : c’est l’une des première fois que Paul participe à une manifestation contre CIGEO, tout comme de nombreux habitants des villages alentours. Un autre agriculteur du coin, qui a du échanger ses terres avec l’ANDRA il y a quelques années, a prêté pas moins de 4 tracteurs pour la manifestation…

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Figure 4: Les manifestants sous la lumière du crépuscule, avant de repartir…

« Cet été on fait les récoltes radieuses ! »

L’autre défi, pour Romain Balandier, c’est de mobiliser encore plus largement et placer les organisations professionnelles devant leurs responsabilités. « Je me demande bien quelle est la position des Jeunes Agriculteurs (JA) ou de la FNSEA sur le projet ? Pourquoi la semaine dernière les JA d’Alsace ont semé 40 ha de terres contre la construction d’une zone commerciale et aujourd’hui ils ne sont pas là ? Il y a des contradictions !».

Les forêts sont aussi dans la ligne de mire des opposants au projet. L’ANDRA reste très évasive sur la finalité des 2000ha de bois qu’elle s’est appropriée : compenser les futurs déboisements liés aux travaux ? Sécuriser ses financements ? Ou, pour Pascale Combettes, présidente de Mirabel Nature Environnement, « servir de ressource au projet opaque du CEA SYNDIESE, à 2km en contrebas, qui vise à transformer des forêts de Lorraine en biocarburant » ? L’agence a d’ores et déjà fait des coupes rases et des coupes préventives de grands arbres dans certaines parcelles. « C’est peut-être pour y empêcher la construction de cabanes en hauteur… » suppose Sylvie, habitante de la Maison de résistance à la poubelle nucléaire.

Au soleil couchant, manifestants et tracteurs quittent leur champ de lutte et laissent derrière eux 2ha de vie dans le désert nucléaire. « On sait que tout sera probablement détruit par les tractopelles dans quelques semaines. Mais depuis 1998 les agriculteurs n’étaient plus revenus occuper les terres de l’ANDRA. Et il fallait se retrouver pour ne pas céder à l’impuissance et la sidération, pour continuer à se réapproprier nos vies ensemble, pour semer la vie contre les semeurs de morts des industries de l’armement et du nucléaire. Ce qu’on a semé aujourd’hui c’est l’espoir et le renouveau de la lutte ! » proclame Claude Kayser, un opposant historique du collectif BureStop, très ému. Au retour à la Maison de résistance à Bure, devant un concert et une soupe chaude, Paul l’interpelle : « Alors cet été on fait les récoltes radieuses ? Et cette fois j’amène ma moissonneuse !

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Avant les récoltes radieuses à l’été, il y aura bien un Printemps des Luttes Paysannes ! Toutes et tous à Bure le 16 & 17 avril !

C’est le printemps à Bure, demandez le programme !

Le programme en pdf

L’hiver, à l’Est et ailleurs, a été très intense : début des travaux préparatoires de l’ANDRA (voir le fil info et un article résumé sur le site Reporterre), résistance grandissante des habitant-e-s de Mandres-en-Barrois à l’échange de leur forêt communale, action d’occupation agricole des terres de l’ANDRA lors des Semis Radieux le 15 novembre 2015, convoi de l’Est des territoires en lutte jusqu’à la COP21, mobilisations de la COP21 et résistances à l’état d’urgence, soutien au mouvement de résistance des agent-e-s de l’ONF en lutte sur leur campus à Velaine-en-Haye mi-décembre, assemblées de lutte et coups de mains aux copain-e-s de l’ancienne Gare de Luméville en septembre, octobre et janvier… . Sans parler de l‘effondrement d’une galerie le 26 janvier qui a coûté la vie à un travailleur d’Eiffage, et blessé un autre – « un simple accident » selon les nucléocrates, la structure mortelle même de l’industrie nucléaire en réalité.

Du coup, on attaque le printemps avec la gnaque et pleins de moments collectifs à venir. Voici un premier programme à faire tourner, qui sera détaillé au fur et à mesure !

A très bientôt !

Quelques habitant-e-s de l’Est en résistance…

Sam 5 et Dim 6 Mars – Assemblée de lutte à la Maison de Résistance à la poubelle nucléaire. Assemblée du mouvement le 5 à partir de 14h, puis reunion des groupes de travail le 6

Continuons à faire du lien, c’est notre force ! Voyons-nous pour échanger sur les initiatives des un-e-s et des autres, voir le chemin parcouru et préparer la suite. A la suite, travail en petits groupes le dimanche. « C’est une Assemblée pour toutes et tous, habitant-e-s des environs, ami-e-s de plus loin, associations en lutte, toutes les personnes qui se sentent concernées et souhaitent se renseigner, prêter main forte ! … Soyons nombreus-e-s à montrer notre détermination. Nous avons besoin de nous voir pour être plus forts, nous connaître, se nourrir du travail des un-e-s et des autres. Cette assemblée nous appartient à tout-e-s, faisons-la vivre ! »

Dimanche 13 mars – Réunion du groupe de travail « Foncier / reprise du territoire »

Exceptionnellement la réunion du groupe de travail ne sera pas le lendemain de l’assemblée de lutte mais le dimanche 13 mars à 14h. Contact: reprendreleterritoire@riseup.net

Les 19 et 20 Mars – Rencontre de personnes et collectifs en lutte contre la destruction des forêts

Le 7 Août à Bure, lors du campement VMC, des personnes de Gardanne, de Bure et du Morvan ont pu échanger ensemble sur laquestiondes forets lors de la discussion: «ça gronde dans les sous-bois». Entre nouvelle gestion des forets, diagonale du vide, ouvriers du bois, histoire du peuplement d’essences depuis le début du siècle, mais aussi place de l’imaginaire, se sont tissées des histoires qui nous rassemblent autour d’une même inquiétude sur le devenir des forets.

Image forêtQue nous vivions proches de centrales biomasse (SYNDIESE du coté de Bure, Tonnerre), de la création de CenterPark (Roybon, Poligny, etc),d’unités de production de bois (Morvan,…), que nous soyons forestier-e-s de l’ONF, nous constatons une attaque sur ce commun, entre fantasmes (nature sacralisée) et productivisme (rentabilisation des forêts).

Nous sommes plusieurs à penser qu’il est pertinent de continuer à mieux nous connaître afin d’élaborer des stratégies communes de lutte face à ces nouvelles politiques de gestion forestière. Retrouvons-nous entre territoires forestiers en lutte, les 19 et 20 Mars dans les environs de Bure ! Selon le temps, rendez-vous à l’ancienne gare de Lumeville-en-Ornois ou à la Maison de résistance à la poubelle nucléaire ! Lien vers l’appel complet ! Contact : luttedesforets@riseup.net

Du 21 Mars au 3 Avril – Chantier participatif à l’ancienne gare de Lumèville-en-Ornois organisé avec des copain-e-s de Roybon !
En mars!

Plus d’infos ici !

Samedi 26 mars – Repas et ballade sur les lieux potentiels de stockage des remblais à la poubelle nucléaire (A confirmer)

Puisqu’il va bien falloir stocker les 10 millions de m3 de remblais du chantier quelque part, autant en profiter pour engloutir au passage une jolie vallée ! Arpentons ces terres pour y découvrir ses secrets, les vies chuchotantes, chuintantes, résistantes, que l’ANDRA voudrait raser !

Samedi 16 et Dimanche 17 avril – Printemps des luttes paysannes et occupation agricole des terres de l’ANDRA

Accueil à partir du du 15 au soir entre la Maison de Résistance et l’ancienne Gare de Luméville. Samedi, café paysan sur la crise agricole et rencontre et discussions sur les luttes contre l’accaparement des terres et l’agriculture industrielle. Dimanche, ramène ta bèche : on sème la résistance sur les terres de l’ANDRA ! Plus d’infos à venir prochainement. Contact : reprendreleterritoire@riseup.net

IMGP0307Pendant les Semis Radieux du 15 novembre : Terre et Liberté !

3 & 4 juin – Rencontre des chorales révolutionnaires & des luttes anticapitalistes à l’ancienne Gare de Luméville

La Chorale des Sans Nom s’associe à la mobilisation des habitant.e.s et des militant.e.s anti-nucléaires en organisant des rencontres de chorales anticapitalistes. Divers syndicats, collectifs, associations ou groupes anticapitalistes et des chorales viendront de partout pour débattre et construire les résistances à ces projets, au monde qui les engendre et à celui qu’on cherche à nous imposer.

Programme:

  • Vendredi 3 juin : Accueil et soirée festive.
  • Samedi 4 juin : Répétitions des chorales et rencontres anticapitalistes (ateliers, tables de presse, débats, etc.)
  • Dimanche 5 juin : Marche le matin avec les habitants et concert des chorales l’après-midi pour la journée de mobilisation des « 200 000 pas » contre la poubelle nucléaire

Plus d’infos : http://nancy-luttes.net/bure-anti.k-2016/            Contact : bure-anti.k-2016@nancy-luttes.net

5 juin – Grosse rando-active des 200 000 pas à Bure !

Toutes les infos ici : http://100000pasabure.over-blog.com

200 000 pas à Bure