Archive mensuelles: août 2015

Appel à ce que se forment des convois depuis des territoires en lutte jusqu’au sommet de la COP 21 en décembre, à Paris

VERSION PROVISOIRE

// Appel mis en page ici et ci-dessous dans le corps du mail.

Quelques mots de contextualisation et d’explication préalables
à l’appel  :

L’idée de convois partant d’espaces en résistance, ZAD ou autres, pour se rendre à la mobilisation face à la COP 21 à Paris en décembre se discute depuis maintenant quelques mois.
Entre autres lors de l’assemblée de mouvement à Notre Dame des Landes, lors des rencontres interzads qui ont suivi le rassemblement annuel de la coordination anti-aéroport cet été, puis lors du campement antinucléaire de Bure début août. On a pu sentir que cette proposition soulevait un sacré enthousiasme, autant pour des groupes qui se battent face à des projets d’aménagement marchands et destructeurs du territoire, que pour celles et ceux qui organisent les manifs et actions face à la COP 21 à Paris. Ce serait un moyen de relier très concrètement à une contestation plus globale l’effervescence actuelle de mouvements locaux et enracinés. Au campement de Bure, cette idée a été rediscutée entre des personnes et groupes de Roybon, du Testet, du quartier des Lentillères à Dijon, de Notre Dame des Landes, de la lutte contre Ercia dans le morvan, de celle contre la centrale à gaz dans le finistère, ou encore contre le centre d’enfouissement des déchêts nucélaires à Bure et d’autres… Il a été décidé, à ce moment là, de proposer un appel commun pour diffuser l’idée dans les différents espaces, assos et comités et de voir l’écho que cela pouvait susciter. Cet appel est lisible ci-dessous et là https://dl.poivron.org/2o46dvodnvuzbitg6kko-tohcoiz3olzo3ixt

Cet appel est là pour aider à susciter un élan et donner du contenu.  Il a évidemment vocation à être adapté suivant les convois et espaces en lutte qui s’empareraient de la proposition.

L’idée est en effet encore en gestation dans les différents lieux et rien n’est tranché. Mais il est apparu que plusieurs convois pourraient se constituer ou s’agréger (par exemple un convoi commun bure/morvan/lentillères/luttes contre les Centers Parcs de l’est, un/des convois partant du test et d’Agen, ou encore  des collectif contre la centrale à gaz dans le finistère qui rejoindraient un convoi partant de Notre Dame des Landes…).

Chaque convoi pourrait choisir de manière autonome, ses contenus, modalités de déplacement, dates de départ et d’arrivée sur paris (une manifestation aura lieu le 29 novembre avant l’ouverture du sommet, Des journée d’actions de masse sont annoncées les 11 et 12 décembre à la clotûre du sommet.  De multiples action et rencontres auront lieu pendant toute la durée de la conférence.  Des précisions sur le contenu et les objectifs de ces différentes mobilisations pourront  être envoyées bientôt. A Bure, des contacts ont aussi été pris avec des collectifs de Paris et d’Ile de france pour penser des espaces d’accueil et des questions logistiques, ainsi que des liens possibles entre les convois et des luttes contre des projets d’aménagement du territoire, de destruction de quartiers ou de terres agricoles en Île de France.

Au vu du peu de temps qu’il reste, il est nécessaire que les différents espaces d’où pourraient partir des convois en reparlent rapidement et confirment d’ici fin septembre s’ils souhaitent effectivement s’organiser en ce sens. Afin de se coordonner à ce sujet et de se connecter avec l’organisation parisienne, il a été proposé de se revoir entre émissaires de différentes luttes locales à Paris le 10 octobre, lors de la réu d’organisation du réseau Climate Justice Action pour la COP 21 (ceux-ci proposent de nous réserver un créneau horaire et un lieu pour ça). Cela permettra aussi de réfléchir aux possibilités d’accueil et de mieux appréhender les mobilisations sur paris.

Merci de vos retours. Merci de diffuser cet appel et cette introduction dans les différents espaces en lutte.

A bientôt.

Pour nous écrire et prendre contact, ou vous inscrire sur la liste de
coordination des convois,  écrire à marchesurlacop@riseup.net
Pour plus d’infos : marchesurlacop.noblogs.org

Pour s’impliquer dans les mobilisations parisiennes, il est aussi possible de s’abonner, entre autre, à la liste : coordination-climate-actions-2015@lists.riseup.net. il est aussi possible d’envoyer un mail à copandbeyond@riseup.net pour avoir des infos sur les mobilisations parisiennes.

signé : Des collectifs et personnes de différentes zads et espaces en lutte, réunis à Bure pendant les discussions sur la COP 21.

L’appel :

—- Appel depuis les zads et autres espaces en résistance —- Pour que des convois convergent jusqu’à la COP 21

Nous appelons à former des convois, marches, tracto-vélos…et à nous rendre aux manifestations contre la COP 21, sommet intergouvernemental sur le réchauffement climatique début décembre à Paris. Nous cheminerons depuis des territoires en lutte jusqu’à la capitale, avec toute l’énergie composite de nos mouvements, en créant en route des espaces de rencontres et de mobilisation.

Nous convergerons à Paris parce nous ne concevons pas de laisser le gouvernement se refaire une verte image de pourfendeur providentiel des gaz à effet de serre, alors qu’il ne veut officiellement renoncer ni à l’aéroport de Notre dame des Landes, ni à mille autres projets destructeurs de vies, forêts, et prairies, de territoires habités et cultivés. Il faut parfois aller interpeller ceux qui s’obstinent à pourrir la planète précisément là où ils espèrent donner l’illusion de la sauver.

Si l’on souhaite s’attaquer réellement aux causes du réchauffement climatique, on ne peut s’en remettre un seul instant à la mascarade répétée des négociations perdues d’avances et des échanges de marchés carbones entre lobbiess industriels et gouvernements, encore moins au capitalisme vert. Ce que nous affirmerons à Paris suit un tout autre tracé.

La seule réponse cohérente possible est de sortir enfin du productivisme industriel, de la privatisation des biens communs, de la destruction des terres nourricières et de la marchandisation du vivant. Mais si l’on espère encore enrayer réellement le saccage accéléré des bases même de l’existence, on ne peut imaginer non plus construire tranquillement des alternatives et autres « processus de transition ». Pour qu’émergent des possibles, il s’agit de bloquer concrètement dès maintenant l’avancée de leurs projets d’aéroports et de lignes à grande vitesse, l’extraction des minerais et gaz de schistes, l’enfouissement vénéneux des déchêts nucléaires, la poussée de l’agro-industrie et l’éclosion incessante des center parcs et des hypermarchés… Il faut en libérer des espaces où puissent s’inventer, ici et maintenant, d’autres formes de vie commune et d’organisation, de liens et d’échanges matériels, de cultures et d’habitats,
émancipées du diktat économique.

A partir de zones menacées se propagent aujourd’hui des points d’ancrages où s’échafaudent des possibles partageurs. il s’y exprime dans un même mouvement cette aspiration à leur mettre des bâtons dans les roues et à tracer d’autres chemins. Malgré les chantages à la croissance, les pseudo débats publics, les pressions judiciaires et les troupes policières, on voit surgir depuis divers lieux une conviction contagieuse : celle qu’il est toujours possible de résister victorieusement face aux tractopelles des aménageurs et autres extracteurs. Nous convergerons à Paris pour matérialiser cette conviction face à la COP 21 et pour porter sur place la force de nos mouvements.

Pour se coordonner, trouver des infos, se relier à des convois en préparation : marchesurlacop@riseup.net / site d’info : marchesurlacop.noblogs.org

La cop 21 c’est quoi ?

Il s’agit d’un sommet où des représentants de 195 états se retrouveront, sous l’égide de l’ONU, pour négocier les engagements de leurs pays en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Cette rencontre, 21ème du nom depuis la convention de Rio en 1992, aura lieu au Bourget du 30 novembre au 11 décembre 2015 à Paris.
Elle est souvent présentée comme « le sommet de la dernière chance » pour l’avenir de la planète. Mais plus grand monde ne croit réellement que puissent s’y prendre de quelconques décisions à même de contrecarrer le changement climatique et le monde qui ne cesse de le produire. Cette année leur opération de communication se déroule en Seine Saint-Denis, un des départements les plus pauvres et pollués d’île de france, asphyxié par la métropole et les grands chantiers d’aménagement. Face aux gouvernants et aux industriels, des mouvements de base s’ organisent dans le monde entier pour entrer en action pendant la cop 21. Une manifestation aura lieu le 29 novembre à Paris avant l’ouverture du sommet. Des journées d’actions de masse sont annoncées les 11 et 12 décembre à sa clotûre. De multiples
mobilisations et rencontres auront lieu pendant toute la durée de la conférence.

Quelques postillons de la presse

De leur côté, les journalistes propagandistes qui font le lit de l’ANDRA et de ses magouilles continuent à taper sur cette initiative, à grands renforts d’hyperboles. Pour qu’on se souvienne bien de leur nom sur la stèle des affreux journalistes, on va les citer ici :

 

André Dréan, journaliste non assumé de Non Fides, qui avant même le début du campement, nous livrait une analyse à la va-vite, nous qualifiant tantôt de léninistes, tantôt de “molécules”, croyant trouver dans nos textes des traces de pensée Deleuzienne et profitant de l’occasion pour, une fois encore, vomir de manière épidermique sur celles et ceux qui tentent de s’organiser. Nous avons désormais pris l’habitude de cet avant-gardisme prétentieux et cynique façon Non Fides, toujours prompt à partager ses jugements hors-sol à partir de quelques analyses de texte réalisées sur le coin d’une table poussièreuse du 20ème arrondissement de Paris. Nous remercierons encore l’inquisiteur Dréan et ses trois ou quatre supporters de participer à la grande entreprise de sape initiée depuis toujours par les chiens de garde du capitalisme.

Olivier Auguste du journal l’Opinion qui invente l’hyperlatif d’ultra-vert, comme s’il n’y avait plus de mot assez fort dans son vocabulaire pour scandaliser Mme Michu qui le lit avec passion. Un bel alignement de conneries (et le mot est faible) où l’ANDRA devient un enfant de chœur adulé par des riverain-es, au mieux “indifférent-es” à la pression qui est exercée constamment sur elleux (pour dernier exemple en date : M. Hance, celui qui a une maison repeinte en ultra-vert, les a appelés samedi dernier pour les prévenir que les affreux que nous sommes allaient enflammer leurs bottes de paille un peu partout ; plusieurs d’entre elleux ont ainsi veillé toute la nuit, inquiet-es). On parle également d’un site de Mairie piraté (en l’occurence, une grosse méprise de la part de l’Est Républicain : il n’y a jamais eu de piratage). M. Olivier Auguste, qui très visiblement transpire le mépris, voit déjà un territoire redynamisé par des centaines d’emplois irradiés et un argent bien sale ; plutôt que de baver sur son clavier il devrait sans doute faire du porte à porte et se rendre compte du désastre humain qui est à l’oeuvre du fait de cette politique de corruption, d’humiliation que pratique par ici l’ANDRA. Pour information, M. Auguste, le projet de Roybon était entâché d’illégalités qui n’auraient jamais été révélées sans l’action de militants locaux, et celui de NDDL a été retoqué/critiqué par tous les collèges d’experts … nous ne sommes pas dans le meilleur des mondes démocratiques mais dans un univers où pas un jour ne se passe sans qu’on révèle des abus de biens publics et des conflits d’intérêts.

Mme Angélique Négroni du Figaro s’en donne également à coeur joie. D’après elle il resterait encore des “dizaines de militants” qui prépareraient une ZAD sous le couvert, à l’abri des regards. En partant, on ne les a pas croisés en tous cas, ils doivent se cacher dans un recoin du terrain. En illustration de l’article : la tente des Bure Haleurs, un groupe de musiciens et leurs ami-es qui ont occupé le parterre devant l’ANDRA durant deux semaines avant d’en être évacués par les gendarmes. Et le reste de l’article qui loue la patience des locaux, des flics et des municipalités qui auraient frôlé le pire du fait de la présence de centaines d’affreux incendiaires déterminés à revenir. Bref, une bonne grosse caricature de la diversité très grande des personnes qui sont venues au campement et des événements qui ont eu lieu hors et dans les murs du campement. On ne parlera pas évidemment des discussions avec les associations locales autour de la problématique de la disparition des forêts et de l’artificialisation des terres agricoles. Et on ne présentera pas les innombrables moments qui se sont articulés autour du vivre et lutter ensemble. Bref, on plaint des aigris comme Mme Négroni, enfermés dans leurs visions hostiles du monde et qui participent, avec leur plume complice, à sa détérioration rapide orchestrée par les marchands et aménageurs sans scrupules.

Enfin, M. Ludovic Bassand, qui doit tirer une certaine satisfaction à être publié en une de quatre journaux locaux quand il écrit des énormités. Avec lui nous ne sommes pas des ultra-verts mais des “anti-Bure”. Il nous semblait pourtant que c’était l’ANDRA qui était anti-Bure et promettait au village une disparition prévisible à plus ou moins long terme (jusqu’à nouvel ordre, Bure est un village et pas encore le projet Cigéo). Ce Monsieur salue le courage de M. Hance qui serait venu seul affronter le campement après la dégradation de sa maison, alors que ce dernier fait régner la terreur sur la région depuis des années et que des habitant-es nous ont dit qu’ils avaient “sabré le champagne” en lisant les nouvelles. Si l’intention de la publication était de nous stigmatiser en associant tout le campement à cette action, nous retenons surtout le fait que cette Une de l’Est Républicain aura ridiculisé M. Emmanuel Hance dans toute la Lorraine : beau travail et grand merci ! Espérons que monsieur Bassand saura se regarder dans un miroir dans quelques années, quand toute l’étendue de la duperie que représente Cigéo lui fera réaliser qu’il s’agissait de bien autre chose qu’une question d’ego écorné par quelques activistes anti-nucléaire impudents et insupportables, mais d’un acte politique. Il n’est jamais trop tard pour ravaler sa fierté …

Mais on va arrêter là le tableau de mauvaise presse, on lui a déjà consacré bien trop de place ici : elle nous confirme juste qu’il y aura toujours une presse de connivence, qui œuvre sur service commandé ou par conviction, comme organe de propagande pour l’État et ses affidés.

Ça s’en va et ça revient …

Vladimir, Martine & Co se séparent, ou plutôt s’éparpillent pour mieux se retrouver plus tard

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Ça y est, c’est fini, on a pris quelques jours de plus pour finir de remballer et plier bagage. Toujours sous le soleil de plomb qui nous aura accompagné.e.s presque tout au long du campement. Le terrain va retrouver un temps son calme originel et pouvoir se reposer un peu. VMC passe la main, et il semblerait que d’autres projets et chantiers s’y dessinent déjà.

Le collectif VMC, qui s’était donné pour objectif de construire ce campement, s’est dilué au fil du déroulement de celui-ci en s’enrichissant de centaines de contributions ; beaucoup de contenus riches en discussions, ateliers, créations radio, écrites et dessinées sont encore à mettre en forme pour que tout un-e chacun-e puisse les découvrir et les retrouver bientôt en ligne. Vladimir, Martine & Co se séparent mais pour mieux se retrouver plus tard avec Nestor, Michelle, Camille, etc.

D’ici quelques semaines, des personnes ayant porté ce projet se donnent rendez-vous pour un grand débriefing. Un moment d’échanges avec les locaux et associations en lutte est aussi au programme  notamment afin d’échanger sur les possibles engagements pour Bure et les autres luttes, au-delà de ce campement. Et dans la foulée, un moment plus spécifique relatif au foncier est organisé. Vos retours sont les bienvenus de tout temps pour enrichir l’analyse de tout ça.

De leur côté, les journalistes propagandistes qui font le lit de l’ANDRA et de ses magouilles continuent à taper sur cette initiative, à grands renforts d’hyperboles. Pour qu’on se souvienne bien de leur nom sur la stèle des affreux journalistes, on va les citer ici.

En guise de premier bilan

 

DSC_9962 copieCes dernières semaines, quelques personnes ont sonné aux portes pour avoir des ressentis et la boîte VMC a reçu pas mal de mails. Nous avons eu de nombreux retours, et beaucoup de positif sort de cette aventure. Notamment le fait que ce camp marque le point de départ de la renaissance d’une lutte qui s’est essoufflée après avoir été bien virulente pendant de nombreuses années. Et a participé au renforcement des liens tissés entre différentes luttes qui portent des idées/idéaux commun-es. Du côté des habitant-es des environs, et des militant-es locaux, cette aventure a plutôt rencontré de l’enthousiasme et créé des complicités. On verra ce qu’il en ressort dans les semaines qui viennent avec les retours écrits et oraux que certain-e-s se donnent à cœur de collecter.

Dans le flot des moments partagés, on se souviendra également d’une balade aux flambeaux, au cours de laquelle deux groupes ont silloné la nuit durant quelques heures, les un-e-s partageant un peu de lumière avec la lune, en miroir face aux insupportables spots de l’ANDRA, tandis que les autres faisaient valser un pan de grille à l’arrière du « labo ». On se rappelera également le sabotage des sondes piézométriques (qui permet de déterminer la distance entre le niveau du sol et celui de la première eau souterraine) de l’ANDRA, bouchées partout où elles se sont trouvées sur le chemin, une balade instructive autour des lignes THT, une surprise à l’attention du préfet de la Meuse à Bar-le-Duc, l’autoréduction du super U, la simulation d’un accident nucléaire à Void-Vacon ou encore le ravalement de façade de l’odieux ingénieur de l’ANDRA à Lifol-le-Grand….

Mais nous entendons aussi les avis plus mitigés ainsi que les ressentis négatifs et souhaitons avancer en les prenant en compte. Si ce qui précède semble plutôt positif, personne ne niera que ces 10 jours à Luméville ont aussi donné lieu à des conflits, des malentendus, des ratés, des conneries, des désillusions, voire des départs de certaines personnes choquées ou énervées. Il nous reste du travail et du chemin à faire. Tout se construit, et ça prend du temps. Les erreurs se corrigent. Le campement se voulait ouvert, mais portait néanmoins des positions politiques claires (un certain nombre de principes en “-iste” qui sont portés par les milieux anti autoritaires depuis longtemps, et reformulés dans les textes de présentation du camp de Bure). Malgré une volonté de porter attention aux un.e.s et aux autres, aux discriminations bien ancrées en nous, on a mesuré l’ampleur du chemin qu’il reste à parcourir. A l’inverse, il a fallu faire des choix, voire demander à certaines personnes de partir. Parce que leurs idées ou leurs comportements ne supportaient aucun compromis de notre part. La question du sexisme était très présente, parce qu’elle n’est jamais résolue, parce qu’elle nécessite un combat de tous les instants, parce que nous ne l’avons pas assez anticipé en amont (écoute, médiation, gestion de conflit…), parce que nos perceptions restent toujours très diverses et que nos postures sur les manières d’en sortir peuvent être très différentes voire difficilement conciliables.

Un autre point négatif surtout ressenti au niveau des personnes qui ont pris en charge beaucoup de choses dans l’organisation et le fonctionnement quotidien du camp : nous n’étions pas encore assez nombreux-ses dans les différentés commissions (en amont, et pour certaines pendant le camp). Du coup on a geré un peu l’urgence (le minima), on a pas eu le temps de transmettre, et ça s’est ressenti à plein de moment. L’autogestion ça ne se décrète pas, ça se pratique. On a aussi retrouvé les habituels différends autour des modes d’actions, qui font ressortir parfois de vieux conflits, ancrés dans les histoires croisées de l’anarchisme, du communisme ou de l’autonomie, selon qu’on soit plus ou moins dans la spontanéité ou dans la construction de rapports de force sur le long terme, la propagande par le geste ou la composition avec les autres “forces” présentes… On a tendance à considérer un mode d’action comme une marque de fabrique, un code attribué tantôt aux anarchistes, tantôt aux citoyennistes, tantôt aux autonomes. De vieux réflexes qu’on appliquerait automatiquement dans n’importe quel contexte, quoiqu’il se joue en face, quelle que soit la situation. Pour nous les modes d’action ne sont pas liés à des postures politiques. Si on ne croit pas dans la justice mais qu’on pense qu’un recours déposé au tribunal peut faire chier, allons-y ! Si on ne conçoit pas de jeter des pierres sur des flics mais que ça peut empêcher une arrestation ou une expulsion, pourquoi hésiter ? On aurait plutôt aimé parler stratégie, définir des objectifs communs et choisir les modes d’action qui permettent de taper là où ça fait mal. Et ne pas avoir à s’énerver sur des “actions” absurdes car non pensées et non préparées, déconnectées de la situation et du niveau d’intensité, qui vont davantage emmerder les participant.e.s à la lutte que nos ennemis communs. Au-delà des héritages politiques auxquels nous pouvons nous sentir rattaché.e.s, on ne souhaite pas s’enfermer dans une posture identitaire. Les conflits sont nés entre des personnes ou des groupes ayant certaines positions antagonistes, incompatibles et si on veut quand même remporter des choses ensemble, il faudrait pouvoir assumer la question de l’ouverture aux différents modes d’action. Si ces questions sont très présentes dans nos milieux politiques, il nous semble essentiel de les partager au-delà. Notre force grandira de la rencontre, parfois douloureuse et difficile, avec la multitude hétérogène que nous formons toutes et tous. panneau_mandresC’est en cheminant ensemble et en étant attentif.ve.s les un.e.s aux autres qu’on construit des liens suffisamment solides pour défaire ce qui nous empêche de vivre. Ensemble éprouver l’adversaire qui nous fait face, la joie d’une manche remportée, la transmission d’un savoir ou d’une histoire qui donne des outils à nos actions. C’est ce que nous souhaitons pour la suite. Et si nous n’avons évidemment pas enterré l’Andra et son monde en 10 jours, n’en déplaise à celleux qui nous ont compris.e.s au premier degré, nous sommes sûr.e.s d’avoir continué à creuser sa tombe. La lotta continua.

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Remerciements particuliers

Nous sommes beaucoup à être content-e-s de ces 10 jours et des dynamiques qui prennent base sur ce moment de rencontre. Il ne s’agit pas d’évacuer la complexité de ce genre de rassemblement. Il y aura le temps de discuter et de faire un bilan critique… Mais pour l’instant, déjà, nous pouvons nous remercier ..

Alors un grand merci à toutes celles et ceux qui sont venu-e-s en lorraine, celles et ceux qui ont proposés une lecture, une pièce de théâtre, une discussion, un coup de main.. Et celles et ceux qui sont venu-e-s participer au campement..
Un big up aux cantines : le Sabot, le bus des Cévennes, la Cantine de la Zad, la Grande Ourse.
Un grand merci à Paul le boulanger et à l’équipe pizza du début de semaine.
Merci aux maraîchers et maraîchères qui nous ont approvisionné en bons légumes.
Clin d’oeil à l’Usine à pâtes qui nous a fabriqué des pâtes artisanales avec le blé de la Zad.

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Merci à toutes celles ceux qui ont participé-e-s aux chantiers, ont prêtés des outils, des connaissances techniques, des savoirs faire. Merci à celles ceux qui ont prêté ou donné pour le terrain des tonnes à eau, de la paille, du bois, de la visserie, (…).
Merci à tous les lieux qui ont accueillis les infotours et à celles et ceux qui ont relayés les appels au campement.
Merci aux collectifs La Lessiveuse, Mauvaise Troupe, Scotcheuses, Lorraine Data Network, Tripalium, Désarmons la police, aux ami-e-s de Roybon, Sivens, Hambach et de Notre-Dame-des-Landes.  Et parmi eux, aux agricultrices et agriculteurs de Notre-Dame-Des-Landes qui sont venu.e.s rencontrer des agriculteurs par ici.
Merci aux propriétaires du terrain qui a accueilli le campement.
Enorme merci à la Maison de la résistance, l’association Bure Zone Libre, la coordination Bure Stop, au CEDRA, à l’association Mirabel, aux Vigilants de Gondrecourt, à la Marmijotte.
Merci aux Ami-e-s de silence.
Merci à tous les voisin-e-s qui sont passé-e-s durant les chantiers, réunions et pendant le campement. Merci spécial à celles et ceux qui nous ont apporté les coupures de journaux, et ont donné des coups de main !

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Merci aux pompiers.
Merci à tous les automedias qui ont relayé l’appel au campement et à toutes celles et ceux qui sont venu-e-s rejoindre les équipes automedia, legal team, tente écoute et médic.
Merci à l’équipe Lorraine Data Network qui est venue avec son matériel pour le pont wifi.
Merci à celles et ceux qui ont mis à disposition leur tracteur, remorque, arrivée d’eau.
Merci à la guinguette en soutien aux migrant.e.s de Calais.
Merci à celles et ceux qui nous ont envoyé des sous.
Merci aux copain-e-s qui ont proposé des outils de facilitation.
Merci au collectif Bla qui a mis à disposition les outils de traduction, à celles et ceux qui se sont proposé-e-s pour faire des traductions.
Merci à toutes celles ceux qui sont arrivé-e-s avec des structures, cafés, lieux de détente, de lecture…

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Merci aux conducteurs du camion de l’ouest.
Merci à celles ceux qui ont mis à contribution leur véhicule et se sont proposé-e-s comme chauffeurs et chauffeuses.
Big up aux chourseureuses. Les récoltes serviront bien au-delà du camp… Excellent, gros !
A celles et ceux qui durant une année ont suivi de loin ou de près ce processus avec leurs idées, présence, bienveillance.
Merci aux tiques de ne pas avoir été trop présentes (!).
Merci à tout-e-s celles ceux qu’on oublie mais qui se reconnaîtront…

Et à la prochaine…

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Objets trouvés sur le camp de Bure

On a retrouvé les objets suivants à Bure. Si vous les reconnaissez, écrivez à vmc@riseup.net en répondant à la question qui est sous l’image (histoire de vérifier que c’est bien à vous), et on s’arrangera pour vous les faire parvenir 😉

 

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Qu’est-ce qui est écrit sur la première page du cahier (on n’a pas regardé les autres) ?

 

DSC_0062Quel porte-clé a été enlevé pour la photo ?

Lundi 10 août : Fil d’infos à couper le Bure

Nous sommes encore quelques dizaines lundi matin à nous réveiller sous la pluie, prenant notre courage à deux mains pour continuer à démonter et ranger le campement.

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Le message circule qu’un gars agressif s’est pointé vers 8h30 pour accuser les participant.e.s au campement d’avoir arrosé sa façade de peinture verte et de merde. On prend conscience qu’il peut revenir mettre ses menaces à exécution et on réfléchit à comment se défendre tou.te.s ensemble le cas échéant.

Mais ça ne nous empêche pas de continuer à démonter des barnums, des toilettes sèches, les douches, l’éolienne, les panneaux solaires, rassembler le matériel à restituer, ramasser tout ce qui traîne. L’idée commence à circuler de se retrouver à la gare en septembre pour se donner des nouvelles, garder les liens et passer un bon moment ensemble.

Les fabuleuses cantines qui se sont occupées de remplir nos ventres et enchanter nos papilles toute cette semaine, sont sur le départ. Alors comme pour les chantiers, on repart en cantine autogérée et des ami.e.s nous préparent des beignets de courgettes avec du riz et une délicieuse sauce tomate-oignon.

Certain.e.s discutent avec des habitant.e.s du coin qui nous racontent comment ils et elles ont vécu ces dernières semaines avec nous. Illes nous remettent des coupures de journaux évoquant le campement, le projet Cigéo éjecté de la loi Macron et les dernières déclarations des technocrates de l’Andra.

Les notes prises lors de l’assemblée de clôture de dimanche ont commencé à être rassemblées et mises en forme, dans le but d’être partagées, par exemple sous forme de brochure. Cela nous semble important pour prendre acte ensemble de ce que nous avons vécu et construit pendant ces dix jours, nos réussites et nos échecs, afin de ne pas toujours repartir de zéro, d’avancer sur ces histoires d’action politique, d’organisation collective, de lutte contre les discriminations, etc…

Suite à plusieurs demandes, des personnes réfléchissent aussi à une brochure qui raconterait comment ce campement s’est organisé pendant les nombreux mois qui ont précédé.

La pluie cesse peu à peu, la nuit tombe et de petits groupes se retrouvent tantôt pour chanter, débriefer, se chauffer près du brasero jusque tard dans la nuit

Ce fil d’infos à couper le Bure sera peut-être le dernier, car le camp est officiellement terminé, mais on reste là tout près, et la lutte continue !

Si vous voulez rester au courant des prochaines aventures, vous pouvez vous inscrire sur la liste de diffusion campvmc@lists.riseup.net et bien sûr continuer de venir sur http://vmc.camp qui ne va pas s’arrêter d’être alimenté.

Communiqué : une visite très désagréable !

Ce matin, notre campement, qui arrive sur sa dernière journée et sa clôture, a eu une bonne et une mauvaise surprise à son réveil.

M. Emmanuel Hance, responsable pour l’eau, les activités humaines et la biodiversité, accessoirement maître-chanteur notoire de l’ANDRA a eu le droit à un ravalement de façade bénévole de la part d’un groupe d’action qui nous a transmis son communiqué dans la foulée (voir site http://vmc.camp/2015/08/10/une-action-contre-laccaparement-des-terres-par-landra/). Pour un individu aussi méprisé dans les environs de Bure, c’est très étonnant que ça ne lui soit pas arrivé auparavant.

La mauvaise surprise, c’est que ce même individu s’est invité sur le terrain de notre campement ce matin, peu avant 8h, et s’est livré à des menaces non voilées à notre encontre, disant que dès ce soir nous allions le regretter et ne serions plus là. Comme si les actes d’un groupe pouvaient être imputables aux centaines de personnes qui s’y sont retrouvées durant ces dix derniers jours et démontent désormais le campement. Menacer d’expropriation, intimider et exercer des pressions sur les agriculteurs et habitant-es des environs a visiblement fait naitre chez M. Hance un sentiment d’impunité très prononcé.

Ce monsieur doit sans doute s’imaginer qu’il a la force de l’intimidation pour lui. Mais nous n’avons absolument aucune crainte de ce qu’il pourrait entreprendre, bien au contraire : nous avons la conviction que tout ce qu’il pourrait entreprendre ne ferait que publiciser son nom, délier les langues et rendre visible son action néfaste des années passées, en discréditant l’ANDRA et sa stratégie de corruption et d’oppression sur tout un territoire.

Nous sommes des centaines de personnes, venues de multiples réseaux et collectifs militants, qui se sont rassemblées et retrouvées à Bure tout au long de ce campement ou au cours des dernières années. Nous avons en nous la colère et la détermination de tou-tes ceux et celles qui ne tolèrent plus qu’on leur impose des projets ruineux et mortifères sous couvert de démocratie. Nous attaquer c’est nous grandir, nous renforcer, parce que face à la loi du silence qui couvre les malversations des aménageurs du territoire, notre arme première est la parole. Face à l’isolement, notre première arme est la solidarité.

Nous avons accueilli des habitant-es des environs, les comités de lutte locaux, construit des moments précieux avec elles et eux. Des liens tels que l’ANDRA n’en tissera jamais malgré toutes ses tentatives pour se rendre acceptable. Ceux qui dérobent à un territoire son histoire, sa vitalité, sa fierté et ses ressources et qui prétendent lui substituer une pâle économie de déchets mortels ne récolteront jamais que mépris et haine des populations.

S’il devait arriver quoi que ce soit de désagréable ou de malveillant, ce qui s’est passé cette nuit réjouira incomparablement la population du sud de la Meuse et elle nous soutiendra. Il ne sera pas facile de nous stigmatiser et nous isoler. Nous conseillons plutôt à l’ANDRA d’opter pour ce qu’elle fait de mieux quand il s’agit d’opposition : se taire, ne pas faire de vagues et continuer à creuser son trou patiemment ; nous saurons le combler.

Cette semaine, le soutien de celles et ceux qui nous ont accompagné nous renforce dans notre détermination à nous opposer radicalement au projet CIGÉO et à l’industrie nucléaire !

Collectif VMC

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Une action contre l’accaparement des terres par l’ANDRA

Ce matin l’automédia a reçu un communiqué d’action qui réjouira certainement du monde (téléchargeable ici) :

Réduisons l’ANDRA et Hance à l’impuissance !

Dans la nuit du dimanche 9 au lundi 10 août, nous avons rendu une petite visite de courtoisie à Emmanuel Hance, négociateur des acquisitions foncières de l’ANDRA et salarié de l’Observatoire Pérenne de l’Environnement. Souvent surnommé « le bon Dieu sur terre » par les habitant.e.s qu’il harcèle depuis des années pour obtenir leurs terres par des échanges opaques, il nettoie sans ménagement le territoire de celles et ceux qui y vivent et cultivent pour y implanter la pire des poubelles radioactives.

Pour lui rappeler le harcèlement quotidien qu’il inflige aux habitant.e.s et paysan.ne.s de la région depuis plusieurs années et lui manifester tout le respect qu’il nous inspire, nous avons joyeusement déversé des litres d’excréments sous ses fenêtres, sur son paillasson et devant son salon. Nos quelques crottes dans son jardin ne pèsent toutefois pas bien lourd par rapport aux 100 000 m3 de déchets radioactifs que Hance cherche à enfouir dans le sud-Meuse.

stockage de surface

Stockage de surface

Nous avons également pris au mot la politique de greenwashing de l’ANDRA, mise en œuvre par Hance à travers l’O.P.E. (le machin destiné à sauvegarder la mémoire de la nature pré-nucléaire pour mieux étudier sa destruction), en aspergeant abondamment sa façade d’un gros vert qui tache. Rien de tel qu’un petit nettoyage vert pour se remettre les idées en place, pas vrai Manu ?

encore un peu

L’ANDRA se met au vert

Cette petite escapade nocturne n’est que le début d’une résistance collective. Car au vu de la colère qu’Emmanuel Hance inspire partout où il traîne sa moustache et son 4×4 noir, la riposte contre le système qu’il sert pourrait être beaucoup plus forte.

Hance fait de la région un désert social, permettant à l’ANDRA d’acquérir, avec la complicité des SAFER, près de 3000 hectares en Meuse et en Haute-Marne, sans compter les autres départements où aucune donnée n’est disponible. Pour un projet dont l’emprise des installations au sol est d’environ 400ha, on se demande bien à quoi rime tout ce gavage foncier, si ce n’est accentuer un peu plus la désertification du territoire en faisant grimper les prix et en empêchant les jeunes de s’installer. Certains habitants se préparent même à ce que leurs villages soient rasés d’ici à 20 ans…

Hance méprise la volonté populaire quand, accompagné de deux vigiles, il interdit l’accès au conseil municipal de Mandres-en-Barrois en juillet pour échanger le bois communal de Lejus avec le bois de la Caisse en dépit du refus déjà fermement exprimé lors de la consultation des habitant.e.s en janvier 2013.

Hance négocie bien au-delà de toute limite éthique, en n’hésitant pas à harceler les personnes âgées pour s’emparer de leurs terres, à appeler inlassablement jour après jour pour vaincre toute volonté de résistance, à brandir la menace d’expropriation pour intimider ses interlocuteurs. Beaucoup ont tenté de résister mais ont cédé ou déménagé par peur des contrôles. Il se raconte même dans le village de Saudron qu’un jeune agriculteur aurait fait un AVC suite à un échange conflictuel.

Hance divise pour mieux régner, en accentuant les rivalités déjà fortes entre agriculteurs et familles pour arriver à ses fins, en profitant du climat de résignation et d’isolement si fort dans ces villages en dépeuplement. En effet beaucoup ont peur, certains culpabilisent, quelques un.e.s ferment les yeux et surtout, tout le monde se suspecte et s’accuse.

reversibilité

Mise en oeuvre de la réversibilité.

Mais cette atmosphère de résignation, d’isolement et de rancœurs a assez duré. Par ce geste, nous voulons mettre en évidence le fait que face à celles et ceux qui sont décidé.e.s à ne pas laisser s’installer l’horreur radioactive, Hance et le système qu’il sert sont vulnérables.

Nous invitons les habitant.e.s, paysan.ne.s, propriétaires de terres à cesser d’avoir peur de celui qui incarne le cynisme de l’ANDRA, à tirer un trait sur leurs divisions et s’allier pour refuser collectivement cet accaparement des terres. Il est plus qu’urgent de réagir et s’organiser : d’ores et déjà de nombreux agriculteurs ont perdu l’usage de plusieurs centaines d’hectares de terres de l’ANDRA dédiées aux futurs chantiers. Ces terres qui ne peuvent plus être cultivées, c’est l’aménagement par le vide et la fabrique du désert orchestrés par l’ANDRA qui prennent corps et réclament des réponses. Notre colère n’est pas réversible.

Résistons ensemble face à l’accaparement des terres et la désertification de nos lieux de vie !

un peu de green bashing

Qui sème des radiations récolte des étrons !



8 août : Fil d’info à couper le Bure

Le camp approche peu à peu de sa fin et certain.es participant.es sont déjà reparti.es. Mais ce n’est pas pour autant que les énergies se relâchent !

_MG_9281pCe matin, un groupe s’est réuni pour aborder une discrimination dont on parle relativement peu : l’âgisme. Parmi les réflexions proposées, on a vu le fait que l’âgisme se distingue de discriminations plus binaires comme le racisme où le sexisme, dans le sens où les personnes sont opprimées pendant leur enfance avant de devenir oppresseuses à l’âge adulte, puis d’être de nouveau opprimées en vieillissant. Différentes thématiques ont été abordées, par exemple le fait que nos luttes sont dégradées par la plupart des médias qui les attribuent uniquement à des jeunes qui vont un jour changer, mûrir, laisser tomber leurs belles illusions et rentrer dans le rang…

Il y a également eu une assemblée antinucléaire pour tenter de faire le point sur là où en est la lutte aujourd’hui. On cherche à identifier et viser les points névralgiques du nucléaire aujourd’hui : les réseaux de transport et flux ferroviaires, lignes THT, infrastructures, identifier les points sensibles dans l’idée de mettre des bâtons dans les rouages de la pieuvre nucléaire. Une personne semble chercher à (re)définir le lien entre le nucléaire et le capitalisme. Il est exprimé aussi le besoin de se redéfinir au-delà de nos définitions multiples pour agir ensemble. Il est rappelé que les malfaiteurs en bande organisée sont les lobbies qui créent ces projets mortifères. Ne pas se laisser entraîner dans une inversion des rôles , portons notre message haut et fort en arrêtant de s’excuser, assumons nos idées, nos actions.

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L’après-midi a eu lieu une discussion sur les perspectives de lutte contre cigéo, avec un rappel du début des travaux sur la voie ferrée dédiée au transport des déchets radioactifs à partir de décembre 2015 et du débat législatif qui aura lieu au premier semestre 2016. Plusieurs pistes sont envisagées : tout d’abord un appel à créer dès maintenant des groupes locaux de soutien un peu partout qui se réuniraient régulièrement pour populariser la lutte contre Cigéo et organiser des actions décentralisées : manifs, blocages, animations clown, actions juridiques. Une autre préoccupation anime l’assemblée : maintenir et faire grandir les liens entre les luttes et les individus comme cela est tenté à la Zad de Notre-Dame-des-Landes par exemple. Et tisser d’autres solidarités avec des luttes sociales à partir des liens existants ou créés pendant le camp VMC. Il y a l’envie aussi d’utiliser davantage les outils de communication dont nous disposons : radios, journaux, internet, pour informer régulièrement de ce qui se passe. Diffuser largement le film « Poubelle la vie » qui évoque l’histoire de la lutte contre cigéo et les politiques d’acceptabilité sociale qui participent à imposer ce genre de projet. Agir contre contre la propagande du projet cigéo, par exemple contre le discours techno-scientiste posé comme référence, qui suit la logique du capitalisme et brouille les pistes, ainsi qu’informer sur la réversibilité (la croyance diffusée par l’andra qu’on pourra remonter les déchets sans problèmes si on change d’avis plus tard…). Et pourquoi pas organiser un autre camp par ici dans quelques mois?

A la tombée de la nuit, une écoute collective commence dans le chapiteau. Il s’agit d’extraits d’un documentaire sonore en 5 épisodes réalisé à partir de témoignages de lutte contre la THT Cotentin-Maine. Ce mouvement contre la construction d’une ligne à 400 000 volts dans la Manche de 2005 à 2013 a réuni de nombreuses formes d’action, des recours juridiques aux sabotages en passant par les manifs à plusieurs milliers de personnes. Des participant.e.s de l’assemblée antiTHT ont décidé d’aller enregistrer les voix des personnes qui ont vécu cette lutte, afin qu’elles racontent à leur manière leur histoire, bien loin de l’histoire officielle. Ces témoignages ont aussi été pensés pour être partagés avec des personnes en lutte contre Rte ou d’autres projets ailleurs, comme par exemple dans les Alpes, en Aveyron ou à côté de Lille.

Cette écoute collective clôturée par la chanson du Pieu de Marc Robine est immédiatement suivie d’un open mic à l’entrée du camp, puis d’une boom !

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La simulation d’accident de Void-Vacon fait jaser

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Visiblement nous sommes les seuls à ne pas nous prendre trop au sérieux dans cette histoire de simulation d’accident nucléaire de Void-Vacon : l’Est Républicain titrait ce matin « Bure : piratage du site de la Mairie de Void-Vacon » (téléchargeable ici en cas de modif/disparition de cet article)

Et la préfecture elle-même semble avoir pris l’évènement très (trop) au sérieux si on en juge son communiqué :

CP-Incident-de-transport-de-déchets-radioactifs