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Chouette c’est mon anniversaire! Du 19 au 26 juin : Goûter interminable!

Goûter interminable

1 an qu’on est dans le bois !

 

On sent bien maintenant que le sens de nos vies se cherche dans des lieux communs et autonomes : dans les salles autogérées de fac, dans les cantines urbaines, dans les zones à défendre… A Bure, la recherche d’autonomie politique prend place à la fois dans des maisons collectives achetées et dans le bois Lejuc. Après un pique nique interminable pour empêcher les premiers travaux de CIGEO, il y a un an, nous y avons fait notre nid. Du 19 au 26 juin prochains, on veut fêter ça par un goûter d’anniversaire interminable au coeur du bois !

Il paraîtrait que le bois Lejuc est expulsable. Il paraîtrait que les hiboux ne tiendront pas l’été. Voici la petite ritournelle fataliste que les autorités veulent nous mettre dans la tête. Mais nous ne sommes pas de celles et de ceux qui se font imposer une playlist. On n’imagine pas une célébration nostalgique, mais l’occasion de faire fleurir une nouvelle intensité de vie en forêt, de nouveaux liens, et des pratiques offensives.

Dès lundi matin deux permanences accueil seront assurées à Vigie Sud et à Barricade Nord. La semaine se déroulera autour d’une vie de camp autogérée en forêt (un espace de non-mixité MTPG est prévu), avec des chantiers (douches solaires, cabane pour discu collectives, barricades…), des ateliers et auto-formations (grimpe, Bolas, flex-yourte, déplacements collectifs, médic, chimie…), une assemblée sur les perspectives des luttes autonomes en France et ailleurs, des lectures au coin du feu, des actions anti-contrôle policier (et autres surprises…), des jeux de rôle à 50, et évidemment boum accoustique le week-end !

Venez avec tout ce qui vous paraît utile (tente, duvet, matos de construction, gamelles…). Même si on préparera des repas ensemble, n’hésitez pas à ramener un peu de bouffe pour être le plus autonome possible. On espère que ce goûter anniversaire ouvre le champ des possibles pour tout l’été. Alors débordez nous !

BOOM BOOM BOOM ! I WANT YOU IN MY WOOD !

Des chouettes hiboux de Bure.

Votre carton d’invitation au format pdf (pour impression RV / 2 pages par feuilles)

Votre carton d’invitation au format pdf deux pages par feuille (pour impression recto-verso)

Et d’ici là, en cas d’expulsion :

  • RDV le jour même à 18h à la maison de Résistance
  • Convergence vers Bure dans les jours qui suivent
  • Manif de réoccup dans les semaines qui suivent
  • Appel à actions décentralisées contre les promoteurs et sous-traitants de la poubelle nucléaire : Vinci, Eiffage, Edf, Andra, Areva, le CEA…

L’affiche et le tract, à diffuser largement !

10/06 : assemblée de lutte contre CIGÉO

L’assemblée de lutte à Bure réunit le temps d’une demie-journée toutes les composantes de la lutte, les voisin.es, habitant.es de Bure et autour, visiteur.euses occasionnel.les, soutiens distants et moins distants. Elle est largement ouverte à tout.es celles et ceux qui souhaitent s’informer ou s’investir dans la lutte.

Organisée à plusieurs reprises l’an passé, l’assemblée a permis que les différentes temporalités entre celles et ceux qui vivent la lutte sur place, et les autres qui la soutiennent et la rejoignent ponctuellement lors des moments de mobilisation, puissent mettre en commun leurs ressentis, vécus et informations autour de la lutte contre Cigéo mais également contre tous les projets de l’industrie nucléaire qui émergent dans la Meuse et Haute-Marne ces derniers mois.

Après un temps de retour sur les mobilisations récentes, les discussions s’articuleront autour des temps forts à venir et à construire ensembles dans les semaines et mois qui suivront. Entre autres la semaine d’action organisée en forêt du 19 au 26 juin, les mobilisations communes en cas d’expulsion du Bois Lejuc, le festival des Burelesques du 11 au 13 août et les autres moments de convergence à penser tout au long de l’été dans la région.

L’assemblée se tiendra à la salle des fêtes du village voisin de Couverpuis, à partir de 14h. N’hésitez pas à amener un peu de goûter pour agrémenter la réunion.

 

Récit de la confrontation du mardi 23 juin à Barricade Nord

Bure, 10h30 : un appel téléphonique et un épais nuage noir à l’horizon nous signalent qu’une barricade du bois Lejuc est en feu ; la police est à Vigie Sud. Nous nous équipons en vitesse, puis partons en courant ou en vélo pour rejoindre nos ami-e-s qui résistent.

Les hiboux ont enflammé une barricade devant Vigie Sud pour dissuader les gendarmes d’aller plus loin.

En approchant de Vigie Sud, nous constatons que la quinzaine de gendarmes – deux fourgons et trois voitures – est repartie, les hiboux sur place ont défié le coup de pression. La barricade la plus avancée vers la route n’a pas fini de brûler, qu’ielles sont déjà en train d’en faire une nouvelle, bravo les ami-es ! Pensant que l’escouade ira à Barricade Nord, nous nous y rendons massivement pendant que des copain-ines restent là au cas où les forces du désordre reviendraient.

Atteignant Barricade Nord, nous attendons dix minutes avec les copain-ines déjà présent-es…

« Ca arrive ! » nous signale un hiboux. Vite, nous nous masquons à nouveau le visage, un-e copain-ine médic se prépare et nous rangeons les sacs et vélos qui pourraient gêner nos déplacements – la sécurité au travail, c’est important ! Dans le même temps, nous enflammons une barricade pour les maintenir à distance. Tout cela est fait en moins d’une minute.

Une barricade de Barricade Nord, enflammée pour dissuader l’escouade de s’approcher. Au loin : des gendarmes en ligne.

A une quarantaine de mètres, les gendarmes se sont arrêtés. Une dizaine s’est formée en ligne, elle est accompagnée du commandant Dubois, qui malgré son nom ne vaut pas le sous-commandant Marcos.

Pendant cinq minutes on s’observe de part et d’autre de la barricade enflammée. Un-e copain-ine se casque et s’empare d’un bouclier, passe la barricade en feu et se tient prêt-e, à 30m des forces du désordre. Quelques hiboux le rejoignent, pierres à la main.

Un-e ami-e, très impliqué-e dans les actions juridiques, se propose d’aller à la rencontre de l’escouade.

En effet, cette nuit à 4h a été déposé un référé contre le vote qui a eu lieu jeudi dernier (18 mai) par le conseil municipal de Mandres. Ce référé, porté par 33 habitant-es de la commune – soit un tiers des majeurs du village ! –, est suspensif. Conséquence : l’Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs (ANDRA), qui porte le projet d’enfouissement, ne peut se prévaloir d’être propriétaire du bois. Tenter de nous expulser maintenant n’est donc pas vraiment légitime… Nous acceptons que le/la copain-ine aille dossier en main informer le Commandant Dubois sur les derniers développement de la situation. Il semble la découvrir.

Pendant ce temps, les hiboux sont nombreux-ses à avoir passé la barricade et ne sont plus qu’à 20m des gardiens du désordre.

D’autres, aussi discret-es que le vent dans les arbres, se glissent dans la forêt en direction de l’équipe bleue, pour s’assurer qu’une partie d’entre-elle n’est pas en train d’entrer dans le bois pour nous prendre à revers. Ces habitant-es du bois ne sont qu’à 10m de la brigade. Ielles la voient, l’entendent, épient leurs déplacements, prêt-es à faire diversion si celleux resté-es sur la route sont en difficultés, ou à lancer un signal en cas d’intrusion.

Lentement et sur ses gardes, la brigade commence à marcher à reculons. Une minute plus tard, les gendarmes sont sous le coup de jets de pierres issus du bois et du chemin. Le but ? Montrer que nous sommes déterminé-es à garder le bois. Ainsi, si des décideurs politiques veulent nous expulser, ils devraient assumer des coûts et risques politiques si importants, que cela les incite à repousser cette décision. Ce statut quo nous est favorable : chaque jour qui passe est un jour où l’ANDRA est bloquée dans ses projets sur le bois.

L’escouade a deux flancs à défendre, dont un attaqué par des adversaires invisibles dont les pierres ne sont perceptibles qu’au dernier moment. Elle est submergée et peine à se protéger, d’autant que la pluie de pierre s’accentue et que les hiboux s’avancent avec de plus en plus d’assurance. Les gendarmes regagnent leurs fourgons et commencent à partir dans la précipitation. Deux tirs d’un lanceur de balle de défense (LBD) partent en direction de la forêt ; ils ne touchent aucun hibou. Une pierre quant à elle fait mouche sur une vitre arrière, une belle toile d’araignée s’y dessine au point de ne plus voir à travers.

Les forces du désordre sont parties, le bois n’est plus menacé, les hiboux hululent de joie et se prennent dans les bras. Ce soir, nous ferons la fête !

16 au 18 juin – Rencontres contre la taule à Bure

 

Du 16 au 18 juin auront lieu à Bure des rencontres anticarcérales.

Durant trois jours, le collectif nouvellement créée, Anarchist Bure Cross, invite à participer à des projections et discussions autour de la prison à la Maison de Résistances à Bure.

Pour la suite, nous entendons par « rencontres » nous retrouver avec celles et ceux qui entendent lutter pour la suppression des prisons et les dispositifs coercitifs sous toutes leurs formes. Nous ne pensons pas qu’il y ait d’alternatives possibles à la prison mais qu’elle est l’outil systématique d’un contrôle social. Par conséquent nous voulons proposer un week-end qui analyse le système carcéral et qui nous permette pour jeter des bases d’organisation d’un réseau de lutte contre les prisons actuelles et à venir, ainsi que tous les dispositifs qui en découlent.

Une trentaine de nouvelles prisons sont actuellement en projet de construction en France, c’est une continuité dans la politique d’enfermer toujours davantage de gens qui ne correspondent pas aux normes sociales. Les prisons sont remplies de pauvres, d’étrangèr.es et de toutes celles et ceux qui s’opposent à cette injustice sociale.

Au programme :

* La journée de vendredi sera dédiée à des discussions ouvertes et retour d’expériences sur la taule, et toutes les expériences de détention qui touchent chaque jour davantage d’entre nous, particulièrement après le mouvement social durement réprimé de la Loi Travail.

En soirée, projections autour de la taule

* La journée de samedi accueillera Kyou et Nadia autour de leurs livres respectifs « Beau comme une prison qui brûle » et « À ceux qui se croient libres » qui retracent des vécus de taule, de proches de prisonnièr.es, de résistances de l’intérieur, de mutineries et luttes anticarcérales passées.

– Gaël avec le livre « Frères de la côte » qui décrit la trajectoire des pirates somaliens, emprisonnés longuement en France, coupés de leur famille. En présence de plusieurs amis somaliens emprisonnés.

– Présentations, stands et discussions autour de luttes anticarcérales des années 70-80, peut-être en présence des ami.es engagée.es dans des collectifs à l’époque et les éditions libertalia.

En soirée, gros concert à l’ancienne gare de Luméville, à 5 km de Bure

* La journée de dimanche ouvrira la discussion sur les perspectives de luttes anticarcérales que nous pourrons construire dans les temps à venir. Avec notamment un temps de partage et retours des groupes Anarcist Black Cross français et étrangers et autres collectifs anticarcéraux engagés contre les taules. Et dans un second temps des discussions plus concrètes sur des rendez-vous, outils et formes d’organisations dans, devant les taules et contre les futures prisons en construction.

* Mardi midi, durant la semaine d’action du 19 au 26 juin, une cantine dédiée aux proches des détenu.es qui se présentent au parloir, nous organiserons une cantine devant une taule.

Nous vous invitons à venir avec vos docs, films, infokiosques ou témoignages de proches et de détenu.es, afin d’alimenter les tables tout au long du week-end.

Et si vous voulez proposer une discussion, un atelier, une action, merci de nous contacter sur le mail aburecross@riseup.net

Infos pratiques :

Accès à Bure, site de covoiturage de Bure Car’bure

– Hébergement à la maison ou dans les autres lieux de la lutte aux alentours (merci d’annoncer si vous comptez venir en groupe). Précisez si vous avez besoin de conditions d’accès ou hébergement particuliers. Sur sauvonslaforet@riseup.net ou en appelant au 03.29.45.41.77.

– Traductions assurées durant les discussions

– Cantines autogérées, merci de ramener des légumes si vous pouvez !

– Tout est à prix libre ! (sauf le bar samedi soir)

– L’affiche de l’événement au format pdf
Lien vers le site : anarchistburecross.noblogs.org

Lien vers le site www.vmc.camp de la lutte à Bure

 

 

Communiqué : Vote illégitime, débâcle juridique, escalade policière : l’inexorable fuite en avant de Cigéo !

Village en état de siège pour le vote du conseil municipal de Mandres la semaine passée, manifestation des 300000 pas à St Dizier sous haute surveillance, hélicoptère en rase-motte au-dessus de Bure hier, gendarmes mobiles déployés avec casques et boucliers devant le sud du Bois Lejuc ce matin : on ne peut pas dire que la préfecture et l’Andra jouent la carte de la désescalade !

Pourtant la situation n’est pas rose pour le projet Cigéo : après une première déconvenue cinglante le 1er août dernier devant le tribunal de grande instance de Bar-le-Duc, qui avait abouti à conclure à l’illégalité des défrichements dans le Bois Lejuc et y interrompre tous travaux, l’Andra s’est à nouveau vue déboutée en appel ce lundi 22 mai. Et loin de faire profil bas, elle a continué à laisser ses vigiles parader autour et dans le Bois Lejuc tout au long des derniers mois alors que ceux-ci ont fait l’objet de plusieurs plaintes pour violences; elle avait par ailleurs tenté de forcer un passage avec ses machines dans le Bois Lejuc en janvier dernier, provoquant le scandale lorsqu’un de ses ingénieurs avait versé de l’essence sur des militant.es agrippé.es à une barricade entravant un chemin d’accès. Chacune de ses tentatives de passer en force s’est soldée par une levée de boucliers et une amplification de la mobilisation à Bure contribuant à révéler une stratégie agressive et précipitée, derrière le vernis d’acceptabilité sociale mis en oeuvre au cours de la dernière décennie.

Tant d’assurance témoigne au mieux d’une dangereuse incompétence et en tout état de cause d’une consternante inconséquence. D’une entreprise qui prétend garantir la sécurité de l’enfouissement de déchets radioactifs durant plusieurs dizaines d’années, on ne peut que s’inquiéter de tant d’amateurisme : au-delà d’une communication bancale, de pratiques proprement mafieuses, depuis plusieurs mois l’Andra démontre son incapacité la plus totale à faire face à une situation qui la dépasse. Les nombreux recours intentés contre l’agence au cours des derniers mois dévoilent chaque jour davantage la fragilité d’un projet Cigéo qui multiplie les plans sur papier glacé mais peine à en démontrer la viabilité sur le terrain.

A travers des études environnementales (volontairement) bâclées, des acquisitions foncières très agressives, une politique de pots-de-vin grossière, l’Andra a dévoilé avec le village de Mandres-en-Barrois et le Bois Lejuc un sombre visage pour l’avenir du sud-Meuse tout entier : non-contente de graisser la patte aux conseillers municipaux de ce village de 136 habitant.es pour s’assurer d’un vote d’échange du bois en sa faveur, elle se repose depuis plusieurs mois sur un maire qui se débat pour sauver une barque prenant l’eau de tous côtés. Au final, ce n’est pas à Châtenay-Malabry, au siège francilien de l’Andra qu’on assumera une plainte pour faux et usage de faux contre le maire, ni qu’on fera face au recours de 35 habitant.es contre un vote entaché de conflits d’intérêt, ni même qu’on devra administrer une commune divisée et éreintée par des enjeux qui la dépassent.

La politique de la carotte et du bâton prend de plus en plus l’allure du bâton avec une carotte qui a le goût des fausses promesses. Les maires se rebiffent, les langues des riverains se délient, la rancoeur s’enracine. (suite…)

Fil info mai 2017

Dimanche 28 mai

Goûter en forêt à 16h avec le voisinage. Quelques contrôles de gendarmes dans l’après-midi au niveau du carrefour de Mandres, notamment envers des habitant.es de Mandres (une voisine de plus de 80 ans a du rechercher ses papiers chez elle alors qu’elle était à pieds en direction du bois). Une nouvelle démonstration de l’intimidation bête et mesquine de la préfecture de police.

Samedi 27 mai

Projection du film Pas Res Nos Aresta et discussion ce soir à la Maison de Résistance autour de la lutte de l’Amassada contre un projet de transformateur électrique en Aveyron avec les ami.es de là-bas venu.es nous en parler.

Vendredi 26 mai

Gérard Wecker Beaux-Arts Moselle

Bure est prise dans une belle effervescence ces jours-ci, on prépare les rencontres anticarcérales des 16-18 juin, avec pas mal de réponses positives déjà du côté des invités. On s’active aussi pas mal autour de la préparation de la semaine d’action du 19 au 26 juin, avec un tournage de petit film d’annonce, des chantiers en forêt et d’innombrables réunions de préparation.

La vie quotidienne poursuit son cours dans les potagers, on fait les foins et du bois avec le voisinage. Certain.es d’entre nous s’invitent ici et là dans les fêtes de villages environnants. Avec la chaleur et le soleil, baignades et soirées autour du feu en chansons et rires sont de retour. La vie est douce ces jours-ci, quand elle n’est pas rythmée par les pales des hélicos et les rondes de gendarmes.

Mardi 23 mai, provocation policière aux barricades du Bois Lejuc

11h20 : suite à un court face à face des ami.es veillant sur la barricade nord, avec une quinzaine de gendarmes mobiles accompagnés du Commandant d’escadron Bruno Dubois, ce dernier fait retirer ses troupes mais avertit que la pression policière se poursuivra. Il lui a été rappelé que de nouveaux recours viennent d’être déposés pour le Bois Lejuc.

11h00 : les flics sont entre vigie nord et barricade nord, une barricade a été mise à feu au nord pour les tenir à distance

10h30 : les flics sont peut-être vers Barricade Nord, à confirmer (pas d’alerte pour l’instant)

ALERTE TERMINEE POUR L’INSTANT

10h17 : les flics se sont repliés au niveau de l’antenne, puis direction Mandres.

10h10 : la première barricade a été mise à feu devant la vigie sud afin de tenir les gendarmes à distance

10h : une douzaine de GM ont mis casques et boucliers et avancent de la première barricade. 3 voitures bloquent la route de l’antenne.

09h55 : deux camions de gendarmes mobiles sont devant la barricade, les gendarmes sont descendus de voiture. Le dispositif n’est pas énorme mais les flics semblent plutôt agressifs et avancent vers la barricade.

(suite…)

Nous n’avions plus peur

Ce texte est un récit situé de la journée du 18 mai, entre Bure et Mandres-en-Barois (Meuse), l’épicentre de la contestation autour du bois Lejuc. Le 18 mai a eu lieu un nouveau vote du conseil municipal de Mandres pour confirmer la spoliation du bois communal au profit de l’Andra et de son projet démentiel de cimetière radioactif.

Mandres sous état de siège

En 2013, les habitant-e-s de Mandres ont affirmé par référendum ne pas vouloir se séparer de leur bois communal (le bois Lejuc), malgré les promesses mirobolantes que l’Andra offrait en échange. En 2015, le maire et son conseil forcent malgré tout l’échange du bois, dans des conditions qui, même dans le cadre du fantoche « État de droit », ne valaient pas grand-chose. En avril dernier la justice administrative reconnaît certaines des irrégularités de ce premier vote, ce qui contraint la Mairie à en faire un nouveau. C’est contre celui-ci que nous avons marché jeudi 18 mai.

Nous avons voulu quelque chose de plutôt festif et carnavalesque. Ça changeait du noir un peu lassant des manifs et qui ne correspond pas trop au terrain. Et puis la dérision, ça rappelle aussi la grotesque absurdité de ce vote où six ou sept conseillers municipaux comptent engager l’avenir d’un territoire (ou plutôt son absence d’avenir…). L’idée était d’abord de faire un repas en fanfare devant la mairie pour contester la tenue du conseil. Et si la situation s’y prêtait, on espérait bloquer les entrées de la mairie pour empêcher la mascarade (pseudo/anti-)démocratique de jouer sa partition.

Mais voilà, Mandres-en-Barois, ce village de 130 habitants du sud-Meuse, était complètement quadrillé, accaparé, infesté de flics. Même si on s’y attendait à moitié, entrer dans un petit village où t’attend une centaine de Gendarmes mobiles, où les rues autour de la mairie sont bouchées par des grilles anti-émeutes, ça fait tout drôle… Imaginez une « zone rouge » de sommet international en version miniature, au fin fond de la campagne française. Au coeur des métropoles capitalistes, ça devient une habitude, un tel siège policier (et ça l’était bien plus tôt dans les quartiers populaires). Mais dans ce tout petit village, il n’y a rien d’autre hormis les maisons privées qu’un lavoir et un garage… Alors voilà, notre petit cortège musical arrive et il n’y a presque pas âme qui vive dehors. Rien que des robots bleus qui occupent le village et semblent dire : ce soir, il ne doit rien se passer. Ils espéraient que par leur simple présence, ils réussiraient non seulement à décourager et intimider tou-tes les villageois-es, mais aussi à nous construire comme une menace qu’ils auraient pour mission de conjurer. (suite…)

J-0 : Lettre au maire de Mandres : appel à une démission au pied Levet !

Monsieur Levet,

Depuis des années vous êtes confronté à une situation qui dépasse largement les cadres de la commune dont vous êtes le maire. Vous devez, depuis 2013, endosser des responsabilités très lourdes à porter : celles de l’échange d’un bois permettant le début des travaux d’un projet engageant, pour 150 ans, pour 100 000 ans, l’avenir de tout un territoire.

M. Levet, votre pugnacité dans le fait de mener à bien l’échange du bois Lejuc dans de bonnes conditions vous honore. Après avoir essuyé un premier refus de la part de vos administrés en janvier 2013, lors de la consultation que vous aviez décidée, vous avez eu le courage de faire peser uniquement sur le conseil municipal de Mandres en juillet 2015 « une décision engageant la commune pour 150 ans » de travaux. Malgré les recours gracieux, un recours administratif, puis la décision du tribunal administratif du 28 février 2017, et l’intense campagne d’opposition que nous avons menée, vous avez tenu bon. Vous avez su montrer votre étoffe d’homme d’État. Vous avez prouvé aux yeux de tous que vous étiez un Vice-président de Communauté de Communes prometteur. Vous êtes à Mandres-en-Barrois ce que le général De Gaulle était à Colombey-les-deux-Églises. Vous aviez déclaré en 2013 que vous respecteriez la parole des habitants donnée lors de la consultation : un refus à la majorité. Vous êtes parvenu, au-delà de tout souci moral, à la trahir deux ans après : c’est là l’étoffe des grands politiciens.

Tout cela, M. Levet, vous honore dans votre fonction, plus qu’aucun autre maire ayant dû faire face à l’Andra. Mais tout ceci est allé beaucoup trop loin. L’Andra vous a poussé dans vos derniers retranchements. Vous vous êtes soumis à la présence de vigiles pour garder votre mairie en juillet 2015. Vous vous retrouvez obligé de voir garder vos installations agricoles par des fourgons de gendarmerie. Vous en êtes même venu à être payé pour labourer, avec d’autres agriculteurs, 300 ha de terres de l’Andra au printemps 2017, en sachant qu’elle resteront stériles à jamais. En bon père de famille, soucieux de l’avenir de vos enfants, vous avez su accepter une proposition aventureuse : que votre fille obtienne un emploi à l’Andra, prêtant ainsi le flanc à des accusations fallacieuses de conflits d’intérêts. Idem pour l’obtention de dizaines d’hectares agricoles en convention d’occupation précaire d’abord à Bertheléville, puis à Bure depuis 2017. Vous avez porté vous-même en appel un recours contre l’annulation de la délibération du 2 juillet 2015, que l’Andra aurait dû porter de son propre chef. Tant de dévouement force le respect.

Mais aujourd’hui, vous voilà dans une situation très inconfortable. Plus que jamais, le village de Mandres-en-Barrois est divisé. Le bois Lejuc est occupé depuis près d’un an. Vos décisions sont systématiquement attaquées en justice. Cette situation pèse sur votre moral et votre santé, vous n’en dormez plus la nuit. Et, comble de tout, vous voilà aujourd’hui personnellement devant la justice : vous faites face depuis lundi 15 mai à une plainte pour faux et usage de faux. En tant qu’élu de la République Française, dépositaire de l’autorité publique, vous risquez 15 ans de prison et 225 000 euros d’amende. Quel gâchis ! Nous sommes convaincus que, en votre for intérieur, vous savez que tout cela est allé beaucoup trop loin.

La pression qui repose sur vos épaules, M. Levet, est beaucoup trop importante pour un seul homme. Vous vous sentez peut-être acculé, pris au piège dans cette situation. Il n’est pas trop tard pour trouver une porte de sortie honorable. Vous n’avez pas à porter l’avenir du plus gros projet industriel européen sur vos épaules, devenant inévitablement la cible d’attaques juridiques, de la colère de vos administrés, et de la vindicte populaire. Vous n’avez pas vocation à devenir une cible vivante, M. Levet, et vous le savez très bien. Bure n’a pas besoin d’un martyr. Alors, nous vous le disons comme le conseil d’un ami à un autre ami que l’on voit fatigué par le poids des années, des responsabilités. Faites le choix que n’importe qui d’entre nous ferait : démissionnez. Cette charge est beaucoup trop lourde. Votre famille, vos amis, votre exploitation agricole ont besoin de vous plus que l’Andra.

M. Levet, couchez-vous !

Une alternative subsiste, un autre monde est possible. Les portes de la Maison de résistance restent ouvertes.

Nous vous remercions pour votre compréhension et nous vous adressons l’expression respectueuse de nos salutations citoyennes les plus distinguées,

Co-signataires,

Le MANDRES & La SVEN

(Mouvement Apaisé de Négociation Douce Respectueuse Égalitaire et Sensible / Mon Ami Nu Désire Rentrer En Scandinavie)

(Société de Vindicte Exceptionnellement Novatrice)

J-1 : Ne tombons pas dans le panneau

Un symbole qui reflète une réalité quotidienne. Le panneau annonçant l’entrée du village de Mandres-en-Barrois a été remplacé par un du laboratoire de l’Andra. Jeudi 20h, le vote de l’échange du bois Lejuc aura lieu à  la mairie du village. Dans le cas d’un résultat positif pour l’Andra, on aura la confirmation de l’appropriation et de l’achat des idées par l’agence d’enfouissement.

 

À voir également les autres actions de la semaine:

J-2 La grand cirque de l’Andra arrive à Mandres-en-barrois

J-3 N’allons pas dans le mur !

 

Avant

Après