Actualités

Fil info juillet 2017

23 Juillet : jour de manège (expérience 1)

L’amour de la science n’a donc pas de limite. Après avoir mesuré hier la fréquence exacte des rotations gendarmesques, le Professeur Marie-Pierre Abidou et son équipe ont guetté toute la journée le passage de sujets d’expérimentation viables. Objectif du jour? Étudier leur réaction face à un stimulus visuel oscillant : en l’occurrence un pompon de manège.

Pour tenter de les faire participer plus volontiers à l’expérience, le protocole prévoyait l’attribution d’un tour gratuit à ceux qui attraperaient le jouet. Sans succès : les gendarmes se sont encore une fois distingué.es par une maladresse crasse qui n’est pas sans rappeler celle de la préfecture. Militariser chaque jour un peu plus un territoire déjà passablement écœuré par le mépris avec lequel on le traite depuis les débuts de Cigéo, est-ce objectivement une bonne idée? A voir.

D’ici là, le Professeur et ses collègues ne baissent pas les bras et reprendront leurs expérimentations demain.

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22 juillet : rapport de l’IRSN-POP

Sur mandat express de la commission LOL, l’IRSN-POP* a été chargé de résoudre le problème de la surpopulation de la faune bleue motorisée sur le territoire sud-meusien. Après quelques jours de relevés minutieux,  Le Professeur et président de l’institution Marie-Pierre Abidou présente aujourd’hui des résultats alarmants : 39 patrouilles (voir ici les modèles étudiés) le 21 juillet entre 6H et 21H, et déjà 35 pour aujourd’hui à l’heure où nous parlons, soit une fréquence de 1 passage toutes les 23 minutes (722 µHz). Un résultat bien au dessus des normales saisonnières. Après avoir expliqué les risques futurs avec le modèle de son collègue (et néanmoins ami) A. Pelliste (voir annexe), le grand homme a annoncé sous les vivats la mise en place de protocoles expérimentaux dans les jours à venir pour déterminer la solution la plus adéquate. Le prix Nobel n’est pas loin.

*Intervention Ridicule de Sauvegarde Naturaliste – Pour l’Observation des Poulets

(suite…)

14 juillet: No table is illegal

Petit retour de la soirée burienne du 14 juillet

Une fête à la peau lisse

L’air était doux en ce soir de 14 juillet, et les habitant.e.s de la maison de résistance, accompagnées de leurs voisin.e.s venues de tous les villages alentours, ainsi que les cyclistes de passage de l’écotopia biketour festoyaient gaiement, fêtant les récents revers de Cigéo et la joie d’être ensemble.

C’est l’indisposition causée par le passage de 3856ème patrouille de police de la journée, rappel de l’intimidation constante que constitue l’état de militarisation du territoire, qui pousse alors les convives à installer leur table sur la chaussée flambante neuve en face de la maison de résistance, pour y banqueter dans l’allégresse et proposer aux prochaines patrouilles un itinéraire alternatif. Après manger, une partie de foot improvisée fut interrompue par deux gendarmes, demandant instamment de bouger la table, qui « gênerait les déplacements sur la voie publique. » Après leur avoir opposé un refus cordial mais ferme, assurant que nous écarterions la table pour laisser passer les tracteurs et moissonneuses (promesse tenue avec assiduité et célérité tout au cours de la soirée) , la fête se poursuivit tranquillement avec une partie de bowling-pétanque, alors que la patrouille suivante contournait la maison, provoquant quelques rires.

 

La coupure Dubois

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Biggy Samourai en concert à la gare ce dimanche !

Dans le cadre de leur tournée intergalactique de concert pour apporter la parole prophétique de glace au chocolat, les Biggy Samourai débarquent ce dimanche à l’ancienne gare de Luméville en Ormois ! Venez nombreux ouvrir votre 5ème oeil en musique ! À partir de 19h bar à prix libre, 21h le concert.

« stupéfiant »  –le hibou vengeur

« la meilleure manière d’occuper son 23 juillet. » –la gazette de Saudron

« on ne verra jamais un truc qui Irradie autant à bure! » P-M. A, critique d’art

Rencontre & projection de film.

Ce jeudi 14 juillet à partir de 19h à la maison de résistance à Bure, on organise un apéro et une projection du film « Une minute de Silence ».

Le film parle de la lutte de mineurs lorrains sur leur lieu de travail pendant les grandes grèves de décembre 1995. On y suit deux jeunes tiraillés entre la vie de petits délinquants et celle d’ouvriers syndicalistes. Un très bon film sur les luttes passées dans la région.

La bande-annonce est visible ici :

http://www.commeaucinema.com/bandes-annonces/une-minute-de-silence,5670

Retrouvons-nous autour d’un verre pour parler de tout ça !

Ça sera aussi l’occasion de discuter des derniers événements survenus dans le coin dans le cadre de la lutte de la lutte contre cigéo et l’andra.

N’oubliez-pas, vous pouvez à tout moment passer à maison de résistance à Bure, ou dans le bois Le Juc pour nous rencontrer 🙂

A bientôt !

À Bure, nouveaux risques d’expulsion, grosse mobilisation mi-août !

Face à la pression policière, appel à rejoindre Bure dès maintenant et pour la manifestation du 15 août !

Depuis quelques jours, la pression policière s’intensifie à Bure. Vendredi 30 juin en fin d’après-midi 6 fourgons sont venus harceler les entrées de la forêt au nord et au sud. À vigie sud, ambiance : 30 gendarmes en lignes, boucliers, casques, observation distante à 100 m de la barricade. À barricade nord, ligne de 10 flics, et 2 gendarmes mobiles (GM) à genoux, flashball sortis, dans un fourré face à la barricade. Repli général vers 18h30 – 19h. Même chanson samedi 1er juillet, 4 fourgons à la vigie sud, une ligne de 15 GM, barricade enflammée. Et dans les villages tout autour, contrôles au faciès, vérifications d’identité au commissariat, raccompagnement à la Maison de la résistance par les GM, pression sur des riverains du coin, course-poursuite à travers champs et interpellations avec armes sorties… Une stratégie de harcèlement d’une nouvelle intensité s’est mise en place depuis la semaine d’action de fin juin – ce n’est jamais monté à un tel niveau, y compris pendant l’été 2016.

Depuis quelques semaines, 70 GM ont élu domicile dans le laboratoire. « On est là pour longtemps, et on va se revoir » haranguent-ils d’un petit air satisfait. Gérard Longuet et ses sbires font du cirage de pompes au Premier Ministre pour le supplier de rouvrir une nouvelle gendarmerie à Montiers-sur-Saulx en agitant, une fois n’est pas coutume, le hochet des méchants cagoulés-terroristes qui harcèleraient la « population locale ». Les policiers eux-mêmes se plaignent d’un manque d’action. Cette stratégie de la tension ressemble avant tout à une opération psychologique : elle cherche à nous faire déraper et nous épuiser.

Oui, ces harcèlements nous mettent en (n/r)age, nous étouffent, nous font penser qu’ils peuvent tenter d’expulser ou détruire les constructions de la forêt d’un moment à l’autre – même si l’Andra s’est à nouveau pris une claque juridique le 28 juin et doit recommencer toutes ses procédures pour obtenir l’autorisation des défrichements et des forages. Oui, nous sommes fragiles, vivant-e-s, vagues émotives. Mais nous ne nous enfermerons pas dans le rôle qu’ils attendent de nous, la caricature des « radicaux-ultra-violent.es » traqué.es de toutes parts. Ils ne nous paralyseront pas, parce que ce qui nous tient à Bure est trop important – rencontres jardins fêtes coups de mains débrouille bidouille cantines massages ennui lumière du soir entrelacs de nuage rivière discussions cabanes histoire possibles présent etc etc – pour se laisser désarçonner par ce nouveau stade de pression. Malgré leurs innombrables tentatives de division, tout le mouvement de lutte rappelle qu’« il est vain de vouloir caricaturer l’opposition à Cigéo ». On ne nous empêchera pas de continuer à rire, vivre, danser, et nous organiser. Car ce que la Préfecture ne semble toujours pas comprendre c’est que cette stratégie de la tension peut produire l’effet inverse de celui d’escompté, à savoir un surcroît de solidarité.

La meilleure manière de réagir à cette stratégie de la tension est d’affirmer notre plaisir d’être ensemble. Nous invitons, comme toujours, à venir faire un tour à Bure dés maintenant pour nidifier dans la forêt. Et nous appelons à une grande manifestation le 15 août, à 14h à Bure ! Rassemblons-nous massivement dans le village de Bure pour poursuivre ce magnifique pied-de-nez à leur sordide désert flico-irradié. Ramenez votre repas à partager et de quoi cueillir vos champignons atomiques !

Le 14 août 2016, nous avons mis à terre le mur de la honte de l’Andra. Le 18 février 2017, nous avons ébréché quelques grillages au cœur même du laboratoire de l’agence – et montré que le projet qu’elle sert, et le système qui la sous-tend, n’étaient pas intouchables. Ces actions magnifiques ne sont pas éphémères, elles naissent de l’élaboration quotidienne d’une communauté de vie et de lutte joyeuse et émancipatrice, dans laquelle chacun-e peut trouver une place, se réinventer, s’auto-organiser. Que va-t-il donc se passer le 15 août 2017 ? Ce qui est sûr, c’est qu’il y aura de la joie, une envie de se tenir ensemble et faire attention les un-e-s aux autres.

Face à la pression policière et aux risques d’expulsion, gardons le cap, tenons l’agenda, profitons de l’été !

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Dès maintenant :

  • Vous pouvez suivre l’actualité sur le Fil info, sur FB (Bure a cuire) et twitter (@ZIRAdies)
  • La Maison de Résistance et la Forêt libérée vous accueillent quand vous voulez pour participer à la vie sur place, surveiller la maréchaussée, arroser les jardins et boire du jus de pomme au soleil !

En cas d’expulsion

  • RDV le jour même à 18h à la maison de Résistance
  • Convergence vers Bure dans les jours qui suivent
  • Manif de réoccup dans les semaines qui suivent
  • Appel à actions décentralisées contre les promoteurs et sous-traitants de la poubelle nucléaire : Vinci, Eiffage, Edf, Andra, Areva, le CEA…

L’affiche et le tract, à diffuser largement !

 

Et pour un mois d’août inoubliable…

  • Début août, la préparation des Burelesques et des ateliers queer féministes non-mixtes à Bure !
  • Du 11 au 13, le festival Les Burelesques. Toutes les infos sur burefestival.org. Inscription à la newsletter en envoyant un mail vide à burelesques_info-subscribe@lists.riseup.net.
  • Le 15 août : grande manifestation anti-cigéo audépart de Bure. Info à venir très prochainement !


Ils peuvent nous mettre la pression, on les mettra en dépression !

S’ils ré-occupent la forêt, on les expulse !

Andra, dégage, etc etc !

Coup de pression sur barricades sud et nord au Bois Lejuc

Samedi 1 juillet

Nouvelle pression policière ! A 18h, quatre fourgons se sont garés à l’antenne à quelques centaines de mètres du bois Lejuc avant de se rapprocher  de la vigie Sud. Une vingtaine de gendarmes sont sortis des camions en tenue anti émeute et menaçants. Pour les maintenir à distance nous avons allumé la barricade sud.

Pendant une heure, nous nous sommes retrouvés fac à face. Les gendarmes nous visaient avec des flashball mais ils n’ont pas tiré. Comme hier, cela ressemble à un exercice pour préparer une future expulsion.

Nous appelons dès maintenant à venir nous rejoindre pour défendre le bois Lejuc. Le mois de Juillet va être décisif vu les pressions policières.

Nous appelons également à venir lors de la journée de mobilisation du 15 août pour faire une grande manifestation et consolider l’occupation du bois Lejuc. 

vendredi 30 juin

C’est devenu classique. Tous les mois, on a le droit à notre petite virée de gendarmes mobiles. Sauf qu’aujourd’hui, ils étaient une bonne cinquantaine, flashball et bouclier en main et ils n’avaient pas le sourire. Ils se sont dirigés vers les premières barricades au sud tandis qu’au nord, une quinzaine de GM fouillaient la vigie Nord alors même qu’elle se situe sur le champ privé d’un ami agriculteur.

A 17 heure, l’opération policière a débuté, elle s’est terminée vers 18h30. On appelle tout le monde à rester vigilant, cela ressemble fort bien à une action de reconnaissance pour préparer une éventuelle expulsion. Les gendarmes nous ont assuré, « on est là pour un bon moment et on va se revoir ». On saura les attendre.

 

 

Il est vain de vouloir caricaturer l’opposition à CIGEO !

Nous reproduisons ici une lettre ouverte écrite par des associations locales, des habitants du coin et des militants opposés à la poubelle nucléaire de Bure.

Depuis le 21 juin dernier, la préfecture et les élus à l’origine de CIGEO tentent d’attiser la peur et de monter la population locale contre les opposants au projet d’enfouissement de déchets radioactifs.

Dans leurs communiqués,  ils parlent de hordes de « casseurs » qui viendraient dévaster la Meuse, « de climat de terreur ». C’est devenu un grand classique, à chaque fois qu’une lutte prend de l’ampleur et que l’opposition sort du cadre établi par les autorités – notamment grâce au sabotage ou à l’occupation illégale d’un terrain –  les politiques cherchent à la discréditer et la diviser.

A Notre-Dame-des-Landes, le président de la région Pays de la Loire, Bruno Retailleau n’hésitait pas à comparer la ZAD à « Mossoul ou Damas ». A Bure, Gérard Longuet assimile carrément l’opposition à des terroristes lorsqu’il mentionne, « des individus qui puisent dans les images de la violence du monde d’aujourd’hui les gestes de terreur ». Mais jusqu’où ira-t-on dans la diffamation et la propagande honteuse ?

Les autorités voudraient que l’opposition soit inoffensive et souriante,  qu’elle ne fasse pas de vague, qu’elle joue le jeu du « dialogue ». Mais cette opposition, aux acteurs multiples, n’est pas bonne élève, soumise ou fataliste. Après 20 ans de pétitions, de manifestations, de tractage et de recours contre le projet Cigéo à Bure   rien n’a été obtenu, hormis dédain et mépris.

Que des lieux identifiés  » Andra » soient la cible d’activisme ou encore que les travaux préparatoires soient bloqués depuis un an dans le bois Lejuc, ces actions sont la conséquence logique de la surdité des autorités et de son incapacité à se remettre en cause depuis plus de 10 ans. C’est l’Etat qui fait pourrir la situation et suscite une colère qui explose parfois de manière spontanée. Il y a une véritable urgence à tenir compte enfin de la réalité d’une opposition qui ne cesse de se manifester et d’alerter à raison sur les risques intrinsèques à ce projet.

Il y a un geste pour construire, un autre pour détruire

Ici, dans les villages alentours, personne n’est dupe.  De nombreuses pers onnes ont une autre vision de l’opposition et de ce qui se vit sur ce territoire. La communication de politiciens, tels M. Longuet dans un récent courrier de doléances adressé au premier Ministre s’apparente à un acte de dernier recours, voulant sauver un projet imposé brutalement à leur département, sans aucune concertation populaire.

Depuis plusieurs années, de nouveaux opposants nous rejoignent et s’installent dans le Sud Meuse, des liens se tissent, des échanges, de la solidarité. Ces opposants achètent des maisons, des appartements sont loués. Il y a des projets de maraichage, de boulangerie, d’artisanat, de théâtre. En occupant le bois Lejuc et en menant des recours juridiques, les opposants ont aussi préservé l’un de nos derniers biens communs alors qu’il risquait d’être défriché, clôturé et militarisé.

Cette dynamique d’installation ne se fait pas en grande pompe. Elle est quotidienne et agit avec humilité à l’inverse de l’Andra qui promet des milliers d’emplois, des routes, des infrastructures  mais n’apporte que le désert.

En février dernier le maire de Montiers-sur-Saulx a pris position pour la première fois contre l’Andra, dénonçant le déclin de sa commune. Le seul service de proximité que M. Longuet propose d’y rouvrir, c’est la gendarmerie. Des policiers et des vigiles qui patrouillent fièrement sur des routes rénovées mais vides : voilà l’unique perspective de développement régional portée par les promoteurs du projet CIGEO.

Aujourd’hui, le constat est simple : Ce sont bien les opposants qui repeuplent  notre territoire, en y apportant leur jeunesse, leur joie, leur rêve. Ils sont amoureux de la Meuse, quand les politiques qui nous imposent leur poubelle radioactive voient dans ce territoire un simple tremplin électoral.

Nous, habitants du coin, associations locales, militants contre CIGEO voulons réaffirmer qu’à Bure, on ne sépare pas le bon grain de l’ivraie. Il n’y a pas de bon ou de mauvais opposant mais une force en mouvement qui grandit, riche de sa diversité, riche de sa volonté de s’ancrer sur ce territoire pour y dessiner un autre avenir.

Il y a un geste pour détruire et un geste pour construire mais ce sont les mêmes mains qui agissent. L’amour et la rage sont les deux expressions d’un même visage.

Fil info juin 2017

Mercredi 28 : Coucou Monsieur Bouillon (bis)

On vous parlait jeudi dernier des vitupérations de Monsieur Bouillon – député saucialiste et membre du conseil d’administration de l’ANDRA – à notre encontre. Si l’on en croit un article paru ce matin dans le Canard Enchaîné, ce preux pourfendeur de la « radicalisation extrême » devrait plutôt balayer devant sa porte avant de faire des vagues. Nous saurons lui rappeler le moment venu à quelle ridicule défaillance du système politicien tient le confortable fauteuil qui lui réchauffe le derrière à l’assemblée nationale !

Pendant ce temps, on mange nos premières courgettes du jardin, premiers pois, premières fèves, des salades à foison… C’est ça qu’on veut !!

 

 

 

Fil info semaine d’action

Dimanche 25 : Ballade familiale dans le bois

Une cinquantaine de personnes sont venues nous voir, partager une bonne bouffe à la Vigie Sud, avant de partir à la découverte des nouvelles installations dans les bois, les cabanes dans les arbres et autres joyeusetés.Certain.e.s n’étaient pas revenu.e.s depuis la chute du mur en août dernier !

A la gare, les chantiers agricoles avancent bien, le blé est magnifique, et les 1500 m2 de patates sont pratiquement désherbés.

La semaine d’actions touche à sa fin, mais plusieurs personnes ont bien envie de la prolonger, et commencent à bâtir leur nid en forêt !

Samedi 24 : On entend le bruit des bottes

Nous avons du faire face à un énorme dispositif policier. On compte une bonne centaine de gendarmes qui patrouillent dans les villages, interpellent et controlent les habitants du coin. L’hélicoptère est venu nous rendre visite plusieurs fois dans le bois, même la nuit. Des grilles anti émeute ont été érigées devant l’Andra pendant que les jeeps militaires sillonnaient les routes de campagne.  Sacrée ambiance !

On a préféré ne pas sortir ce soir, chanter au coin du feu et aller à la recherche des chauves souris qui peuplent le bois Lejuc !

A Mandres, les flics sont restés toute la nuit sur la place de l’eglise, en faction devant la mairie. Ils surveillaient les maisons des opposant.e.s avec de grandes lampes torches et marchaient dans le village endormi, mitraillette en mains.

Vendredi 23 : Boom! Boom! Boom! Boom!

« On ne considère plus cela comme une fête » titre aujourd’hui l’Est Républicain, citant les paroles du chargé de communication de l’Andra. Une accroche un brin dramatique… Nos amis du nucléaire en sont-ils donc réduits à jouer la carte de la peur et celle du mensonge éhonté (le prétendu sabotage de l’antenne, les fantasmatiques pressions sur les familles des élus) pour essayer de nous dépeindre en brutes sanguinaires? Ironiquement, à l’heure même où le numéro de l’Est Républicain était en train d’être bouclé, son titre était démenti dans les faits par une grande fête costumée non loin du rond-point regroupant hôtel, écothèque et laboratoire. Un peu de contre-propagande s’impose donc : ils ne considèrent plus cela comme une fête? Tant pis, nous considérons toujours cela comme une boom!

Hier on a tenté de nous diviser, de nous tendre un miroir d’ultra-violents pour voir si nous accepterions de jouer le jeu en tenant la partition que la préfecture aimerait tant nous voir jouer. Tout était prêt : le PSIG, fusil automatique à la main, paradant devant l’ancienne gare de Luméville, des dispositifs anti-émeute aux abords du laboratoire, des dizaines de fourgons de gendarmes mobiles, probablement bien plus nombreux que nous, un canon à eau aperçu sur une route des environs plus tôt dans la soirée… Bien tenté, mais on ne nous impose pas le tempo de notre radicalité. A partir de 22h, nous avons donc répondu en musique et en moquerie, en chansons et en feu d’artifice, en dance kitsh, en punk haletant, en salsa chaloupée.

« Gendarmerie nationale, dispersez-vous » : même ces mots-là sonnaient comme une tentative risible de nous faire rentrer dans leur concept, de faire de la danse un « attroupement ». Raté, nous ne sommes pas réductibles aux mots de la police. Nous avons ri et profité en musique des douces heures du soir, puis nous avons rebroussé chemin. Sur le retour, un boîtier vert contenant des outils de mesure installés par l’Andra a été incendié. Puis la gendarmerie s’est encore une fois illustrée par sa balourdise en suivant le cortège, en mettant pied à terre à l’entrée de Bure, tentant de déclencher l’affrontement qui n’est pas venu cette fois.

Alors oui, c’est toujours une boom d’anniversaire! Et sous le scandale des gros titres, dans la forêt, ce sont des solidarités qui se tissent, des discussions riches et puissantes sur notre propre radicalité, des chantiers qui avancent… Casseur-euses, danseur-euses, rêveur-euses : nous sommes tout cela à la fois, et bien plus. Bien plus en tout cas que leurs grossières tentatives pour nous étiqueter.

Il reste trois jours à celle belle semaine : on vous attend !

Jeudi 22 : Un communiqué très fair-play

Suite aux événements d’hier, nous avons reçu un communiqué du conseil d’administration de l’Andra qui remet, une fois n’est pas coutume, les pendules à l’heure. Coucou M. Bouillon !

C’est ici, à lire avec délectation !

PS – Méfiez-vous des imitations

Edit : Nous publions également une mise au point sur l’action du 21 juin et la propagande de l’Andra, qui vient compléter le communiqué de presse de la veille.

(suite…)

Sept semaines avant les Burelesques

Le festival Bure’lesques en soutien à la lutte contre Cigéo se tiendra du 11 au 13 août entre Couvertpuis et Biencourt. Co-organisé par plusieurs associations anti-nucléaires locales, il se veut un moment festif, informatif et familial. Il y aura de la musique, du théâtre, du cirque, des lectures, des débats, des conférences, des projections, des ballades, des ateliers pour enfants… Venez nombreux et nombreuses !

  • Le site internet : burefestival.org
  • Inscription à la newsletter du festival : burelesques_info-subscribe@lists.riseup.net (pour être tenu.e au courant de la programmation, des besoins en bénévoles etc.)
  • contact publique : info@burefestival.org (information, inscription comme bénévole, participation aux chantiers préparatoires)
  • contact presse : media@burefestival.org

Mise au point sur l’action du 21 juin et la propagande de l’Andra

Aujourd’hui voici qu’une polémique enfle autour d’une action qui s’est déroulée le 21 juin au matin sur l’hôtel-restaurant Bindeuil du complexe de l’Andra. Dans la presse on parle d’un « début d’incendie », d’une alarme qui s’est déclenchée, de clients de l’hôtel terrorisés. Le conseil d’administration de l’agence, dans une délibération rédigée avec « solennité », parle d’une « radicalisation extrême des opposants […] qui s’en prennent aux populations et au territoire » et constate « qu’un cap nouveau et inédit dans la violence de l’opposition a été franchi hier ».

Ce qui se dessine derrière c’est une tentative de déshumaniser les personnes portant ces actions, de construire une figure de radical-cagoulé marginal et sanguinaire qui aurait voulu blesser les personnes présentes dans l’hôtel, qui voudrait s’en prendre aux riverains des villages. À chaque fois qu’un mouvement de résistance prend un peu d’ampleur et de consistance il s’agit de construire une figure de grand méchant loup pour le diviser de l’intérieur. Quand la rhétorique des « méchants casseurs » ne suffit plus, voici qu’on compare carrément l’opposition à une mafia sans vergogne qui, selon la Préfecture, ciblerait « des entreprises, des sites et des personnes sans lien direct avec le projet Cigeo ». Soyons sérieux. De qui se moque-t-on ?

Dans sa délibération, l’établissement ose même affirmer son « soutien aux élus et aux riverains […] qui s’engagent au quotidien dans un projet d’intérêt général et vivent dans le territoire avec l’Andra ». C’est l’hôpital qui se fiche de la charité. On rappelle bien qu’il s’agit ici du « soutien » d’une agence qui distribue des centaines de millions pour se rendre indispensable depuis vingt ans ; qui envoie un de ses hommes de mains, Emmanuel Hance, intimider les agriculteurs et propriétaires, ou verser de l’essence à 10 cm d’opposants arc-boutés sur une barricade des opposants ; qui met la pression sur quelques habitants qui osent relever la tête (procès, intimidations). La seule entité qui « s’en prend aux populations et au territoire » ce ne sont pas les « opposants », mais l’Andra, de manière systémique.

Personne, en ce matin du 21 juin, n’avait pour objectif de s’en prendre aux personnes présentes dans l’hôtel, employés ou clients, et les terroriser. Ou bien de s’en prendre à des installations sans lien direct avec le projet. Ce qui est visé, c’est toute la logique économique qui sous-tend l’implantation de l’Andra et du nucléaire dans la région : la construction, à coup de carotte et de bâton d’une mono-industrie se rendant indispensable partout. Le 21 juin, en brisant quelques tables, chaises, verres, il s’agissait de contribuer à fissurer le règne de l’Andra sur l’économie locale, toute son entreprise de pénétration des consciences et du tissu économique. Cet hôtel n’est pas la propriété directe de l’Andra mais sa créature.

Depuis deux jours la campagne de propagande de l’Andra et de la Préfecture est digne de la chronique de faits divers : sur la page d’accueil de son site internet l’agence attribue aux opposants la destruction d’une antenne atmosphérique le 20 juin, alors que c’est l’entreprise elle-même qui est venue la démonter. Ensuite, l’agence atteste que le 21 juin « le personnel n’était pas présent dans ces espaces à cette heure », tandis que dans son article l‘Est Républicain donne la parole à un cuisinier sous le choc qui aurait été sur place…

Elle mentionne aussi des « pressions sur les habitants, les familles des élus ». Pour qui nous prend-on ? Ce qui fait que la résistance s’est redéployée lors des dernières années c’est justement la construction de liens forts avec des habitants du coin, un ancrage patient qui se manifeste aujourd’hui non seulement par l’occupation d’une forêt mais par des installations dans tout le territoire. Nous assumons par contre que M. Xavier Levet, en tant que personne publique, maire de Mandres, est un élu criblé de conflits d’intérêts, véritable VRP de l’Andra et devra être tenu comptable de ses actes. Mais en aucun cas sa famille n’a été cible de pressions.

Malgré toute la propagande, derrière les masques et les cagoules des gens qui agissent de cette manière, il n’y a pas de dangereuses personnes sanguinaires et inconscientes des conséquences de leurs actes. Il y a des êtres humains de chair, d’os, qui pensent et qui ressentent des émotions. Il y a des personnes qui ont grandi dans la région, d’autres qui sont venues s’installer plus tard, d’autres de passage, dans tous les cas des êtres humains qui ont à cœur le devenir de ce territoire. Les mains qui sabotent sont les mêmes que celles qui construisent des cabanes, retapent des maisons, font fleurir des potagers, animent des cantines collectives.

Depuis 20 ans, l’Andra prétend apporter développement, emplois, redynamisation du tissu local. Ces promesses sont fausses et de plus en plus de riverains comme d’élus ne sont plus dupes. L’industrie nucléaire s’implante sur les ruines d’un tissu économique régional qu’elle prétend rebooster… en accélérant sa chute. Qui voudra venir s’installer ou s’implanter à côté de la plus grande poubelle nucléaire du monde ? Une fois que tous les villages auront été vidés, ce qui se prépare c’est un désert radioactif militarisé, grillagé, saupoudré ça et là d’un hôtel-restaurant ou d’une supérette pour cadres du nucléaire de passage quelques jours – en aucun cas des personnes implantées sur le territoire comme voudrait le faire croire l’Andra.

Que ce soit dans les années 90 lorsque les premières grilles tombaient ou que des bottes de paille étaient incendiées, lors de la campagne d’action décentralisée Bure365 en 2014, ou bien l’occupation du bois Lejuc et l’attaque des grilles de l’Ecothèque lors de la dernière année, la logique est la même : s’en prendre non pas aux personnes mais à un projet aberrant et à tout le système qui le sous-tend.

Des hibouxes et gravitant-e-s de Bure.